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AEUMC : que gagne le Québec dans le nouvel accord commercial nord-américain signé ?

Baba-Idriss FOFANA

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Justin Trudeau et Donald Trump @The White House | Flickr

Après plusieurs menaces de la part de Donald Trump, un nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) a finalement été signé, vendredi 30 novembre, en marge du Sommet du G20 à Buenos Aires, en Argentine. Si le Québec a appuyé la signature de l’AEUMC, toutefois la province canadienne se retrouve confrontée à une situation dont il n’est pas aisé de se dépêtrer.

L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), ce traité entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1994 pour instituer une zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, couvrant environ 480 millions d’habitants, est sur le point de mourir. Une nouvelle entente de libre échange [AEUMC] entre le Canada, les États-Unis et le Mexique a été signée sous pression. C’est sans doute une grosse victoire pour le président américain, Donald Trump, qui ne voulait plus entendre parler de l’ALENA depuis sa prise de fonction le 20 janvier 2017, estimant que ce vieil accord datant de près 25 ans était défavorable aux Américains.

AEUMC, une victoire pour Trump…

Le locataire de la Maison-Blanche est parvenu à forcer la main de ses voisins, mexicain et canadien, après l’instauration de plusieurs mesures protectionnistes. Le président Trump est allé jusqu’à accuser le Canada de « très mal traiter les agriculteurs américains et d’imposer des mesures commerciales très restrictives ». Il avait alors imposé, fin mai 2018, des taxes de 25 % sur les importations américaines d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium en provenance de l’Union européenne ainsi que du Canada et du Mexique pour des motifs de « sécurité nationale » d’après lui.

Malgré la résistance du Canada et la détermination affichée par la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, pour faire reculer le président américain sur ses mesures protectionnistes, l’AEUMC a pris le dessus. Puisque Trump menaçait d’exclure le Canada pour signer un accord bipartite avec le Mexique, Trudeau a dû faire des concessions aux dépens des producteurs et des tarifs douaniers imposés sur l’acier et l’aluminium.

« Les industries de l’acier et de l’aluminium du Québec et du Canada ne constituent en aucun cas une menace à la sécurité nationale américaine. » – Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec.

Et cette posture d’Ottawa n’a pas fait que des heureux au Québec. Dans un communiqué, le gouvernement québécois a déploré le maintien des tarifs sur l’acier et l’aluminium québécois exportés aux États-Unis, en plus de s’inquiéter des conséquences qu’aura le nouvel accord sur les secteurs liés à l’agriculture qui sont sous gestion de l’offre. « Cet accord permet de conserver un environnement d’affaires stable avec notre principal partenaire commercial, les États-Unis. Il est toutefois inconcevable que les tarifs sur l’acier et l’aluminium soient maintenus, et ce, malgré la signature de l’AEUMC », a déclaré Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation.

La pression monte au Québec

Si M. Fitzgibbon entend continuer à travailler avec le gouvernement canadien afin de « retirer entièrement » ces tarifs imposés par les Américains, il souligne toutefois que la signature de cette entente [l’AEUMC] permet de préserver l’accès privilégié du Québec au marché américain, de dissiper l’incertitude entourant le maintien des relations commerciales privilégiées en Amérique du Nord et d’assurer une stabilité et une prévisibilité des marchés pour les entreprises québécoises.

En plus de renforcer la relation commerciale trilatérale, l’AEUMC maintiendrait des éléments importants de l’ALENA qui constituaient des priorités pour le Québec : la mobilité simplifiée pour les gens d’affaires sur le territoire américain, l’exception culturelle permettant au Québec d’adopter des mesures pour protéger et promouvoir sa culture ainsi que le mécanisme de règlement relatif aux droits antidumping et compensateurs, qui a été utilisé à plusieurs reprises avec succès dans le dossier du bois d’œuvre.

S’agissant des secteurs liés à l’Agriculture, le gouvernement canadien s’est engagé à l’égard des producteurs et des transformateurs des secteurs sous gestion de l’offre [notamment l’industrie laitière] à les compenser. « Il est maintenant temps pour le gouvernement fédéral de tenir ses promesses. En sus des compensations, il doit offrir un environnement stable aux producteurs et aux transformateurs afin d’assurer la vitalité de la production, de la transformation et des régions affectées par les accords de commerce », a laissé entendre André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Trudeau a encore des munitions…

En attendant l’approbation de l’AEUMC par le Congrès dans six mois, même si des élus s’opposent déjà, Donald Trump se réjouit d’avoir conclu l’accord commercial « le plus important de l’histoire des États-Unis », qui va « attirer de l’argent et des emplois ». Tout comme lui, Justin Trudeau se dit également soulagé, du fait que cet accord de libre-échange va protéger au moins 70 % des exportations canadiennes, des millions d’emplois à travers le pays, renforcer la classe moyenne et créer de nouvelles opportunités pour les entreprises.

À lire aussi : Trump vs Trudeau, bravo capitaine Canada

Toutefois, le premier ministre canadien veut aller jusqu’au bout, notamment avec la plainte déposée par le Canada devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), pour faire tomber les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump. Et la ministre Freeland qui parle de « tarifs injustes, illégaux et absurdes » se dit confiante de voir le Canada remporter la cause qui l’oppose aux États-Unis dans cette affaire. Pour l’heure, Québec va devoir faire avec.

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Québec : Un hiver plus froid, des factures plus élevées

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Les Québécois pourront recevoir des factures d’électricité plus élevées que d’habitude selon Hydro Québec. Et pour cause un mois de novembre plus froid que d’habitude. L’hiver fera un peu mal au portefeuille cette année !

Environnement Canada avait annoncé de son côté que les températures aux mois de février et de mars descendront encore plus bas. La consommation d’électricité augmentera en conséquence et particulièrement si on ne prend pas de bonnes habitudes.

Concernant le mois de novembre Hydro Québec a déclaré que « la hausse pourrait être de 3$ pourun appartement 5½ et de 18$ pour une maison moyenne de 158 m2 ».

Conseils à suivre pour réduire sa consommation :

  • Baisser de un ou deux degrés la température durant la nuit et en tout temps dans les pièces inoccupées.
  • Réduire les infiltrations d’air froid en mettant des plastiques autour des fenêtres s’il y a des courants d’air.
  • Limiter la consommation d’eau chaude en prenant des douches plus courtes et en lavant les vêtements à l’eau froide.
  • Utiliser des ampoules éco-énergétiques. Les ampoules à DEL sont environ 85 % plus efficaces que les ampoules à incandescence et durent 25 fois plus longtemps.

Pour plus d’informations ICI

Lire aussi : Un hiver doux et glacial au Canada ?

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Montréal, les routes fermées durant la fin de semaine

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Des routes au niveau de l’échangeur Turcot seront fermées à partir du vendredi 14 jusqu’au lundi 17 décembre.

Le ministère de transport informe aussi qu‘un « nouveau tronçon de l’autoroute 20 en direction est sera ouvert à la circulation entre les échangeurs Angrignon et Turcot. Les usagers sont invités à porter une attention particulière à la signalisation. »

Voici les fermetures du vendredi 23 h 59 à lundi 5 h :

  • Fermeture de l’autoroute 20 en direction est entre la sortie n° 63 – 138 ouest / Pont H.-Mercier et l’échangeur Turcot
    • Fermeture de la bretelle menant de la route 138 en direction est (en provenance du pont Honoré-Mercier) à l’autoroute 20 en direction est                                
    • Fermeture de la bretelle menant de l’autoroute 20 en direction est à l’autoroute 15 en direction nord
    • Fermeture de la bretelle menant de l’autoroute 20 en direction est à l’autoroute 15 en direction sud
  • Fermeture partielle (1 voie disponible) de la route 136 en direction est   (A-720) entre l’échangeur Turcot et la sortie n° 2 – Av. Atwater
  • Fermeture de la route 136 (A-720) / autoroute 20 en direction ouest dans l’échangeur Turcot
  • Fermeture de l’autoroute 15 en direction nord dans l’échangeur Turcot, à partir de la sortie n° 63 – P.-E.-Trudeau /A-20 ouest / Toronto

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Canada : le Bureau de la Concurrence alerte sur les jouets intelligents

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On est en plein période d’achats des cadeaux, surtout pour les enfants, parfois sans faire attention à certains détails. À l’heure de l’Internet des Objets, même les plus petits n’échappent pas à la collecte des données personnelles.

En fait, certaines plateformes utilisent les jouets comme un pont pour faire du marketing caché. C’est pour cette raison que le Bureau de la Concurrence a lancé ce mardi, 11 décembre, un appel aux consommateurs afin de faire attention avant d’acheter et lors de l’usage des jouets connectés.

Qu’est ce que le marketing caché et comment passe t-il par les jouets pour atteindre ses consommateurs potentiels ?

Il existe des jouets qui peuvent être connectés à des applications pour fonctionner ou pour proposer d’autres options de jeux. Or ce type de jouet peut être muni de dispositif d’écoute pour capter les conversations à proximité. L’objet se transforme ainsi en espion insoupçonné et ludique. En effet, à partir de mots clés détectés dans la conversation la tablette ou le cellulaire intelligent affichent des publicités ciblées. Il s’agit dans ce cas du marketing caché. Dans la même veine, certains jouets sont programmés pour émettre des messages publicitaires confinés dans l’interaction avec l’enfant.

Le Bureau de la Concurrence alerte notamment sur les jouets qui sont mal conçus et qui comportent des failles de sécurités. En s’y connectant, on s’expose ainsi aux attaques des cyber-pirates.

Or les jouets intelligents ne sont pas tous à craindre.

À retenir avant d’acheter des jouets intelligents

Pour éviter de faire des mauvais choix voici les conseils du Bureau de la Concurrence :

  • Se renseigner au préalable sur les risques ou les problèmes connus du jouet
  • Lire attentivement toutes les modalités d’utilisation du jouet
  • S’informer sur le fabricant et n’achetez que de marques connues et bien réputées
  • Apprendre la méthode de fonctionnement du jouet
  • S’informer sur les renseignements qui seront recueillis et la façon dont ils seront utilisés, conservés et partagés
  • Utiliser des réseaux Internet sécurisés et dignes de confiance
  • Modifier le nom d’utilisateur et le mot de passe assignés par défaut par le fabricant. Utilisez un mot de passe fort
  • S’assurer de faire les mises à jour de sécurité du jouet
  • Surveiller les activités des enfants lorsqu’ils s’amusent avec le jouet
  • Éteindre le jouet et le déconnecter pour un surcroît de sécurité entre les séances de jeu
  • Apprendre à supprimer les renseignements personnels des enfants si le jouet est perdu ou jet

Lire aussi : Des organismes de protection des consommateurs européens portent plainte contre Google

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