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Économie

Québec – Afrique : Vers la création de ponts entrepreneurials autour du numérique

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit photo: Ilias Benjelloun / Montréal NewTech

« L’Afrique Numérique : de l’Opportunité à l’Action ». Tel était le thème du 5 à 7 organisé par Montréal NewTech et Afrique Numérique, le jeudi 5 avril, au Desjardins Lab. En toile de fond : un ‘’Founder Lounge’’ avec un entrepreneur africain à succès et un panel d’experts pour échanger sur les défis, opportunités et actions, visant à connecter les Québécois et la diaspora africaine à travers des projets numériques.

« On est passé du mythe à la réalité en Afrique » selon Destiny Tchéhouali. Ouvrant la série des échanges, ce consultant international en matière de stratégie numérique et gouvernance numérique a rappelé qu’en 2005, le débit de l’Internet en Europe était 20 fois plus supérieur au débit de la bande passante qu’on pouvait y avoir dans les pays africains. Mais aujourd’hui, dit-il, la donne a changé en passant à 16 fois moins supérieur. « On est passé à une proportion de quatre fois supérieure au lieu de 20 fois. Cela montre qu’il y a eu des progrès en matière d’infrastructures numériques sur le continent », a souligné M. Tchéhouali.

Un « saut technologique » sur le continent !

Destiny Tchéhouali vante l’expertise locale en Afrique. Crédit photo: MTL Newtech

Béninois d’origine, Destiny est en ce moment chercheur associé au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où il mène des recherches sur l’impact de l’innovation et de l’économie numérique sur la transformation des sociétés et des cultures. De ses nombreuses années d’expérience, il estime que l’exemple de l’Afrique peut être inspirant pour certaines régions des pays du Nord où la fracture numérique existe encore en termes de connectivité.

D’après lui, le continent a fait un « saut technologique » au point où, indépendamment des contraintes liées au déploiement des infrastructures Internet, des écosystèmes sont devenus le fer de lance dans l’innovation dans les services. D’ailleurs, fait valoir Destiny Tchéhouali, cet élan pour combler la fracture numérique est tiré par les entrepreneurs qui poussent l’innovation à son extrême.

« La technologie du Nord, les usages de l’Afrique »

L’Afrique, un continent d’opportunité numerique. Crédit photo: Montréal NewTech

Mariam Sy Diawara, promotrice de Africa Web Festival abonde dans le même sens : « les États africains n’ont pas raté le virage numérique ». Selon elle, le livre Le digital en Afrique, co-écrit par Jean-Michel Huet et Stéphane Richard, donne une idée du progrès numérique sur le continent africain. D’autant plus que les auteurs de cet ouvrage le disent clairement : « la technologie vient des pays du Nord, mais les usages les plus avancés viennent de l’Afrique ».

Surnommée ambassadrice 3.0 de l’Afrique, en plus d’être la fondatrice de la Maison de l’Afrique Montréal, et de Passerelle Afrique Canada Transactions et Échanges (PACTE), Mme Sy Diawara se veut depuis quelques années comme un pont entre le Nord et le Sud à travers les structures qu’elle a mises en place.

Quand le fondateur d’Arche Innovation, Noah Redler, pense qu’au-delà des contacts et du carnet d’adresse, « la meilleure façon de créer des ponts, c’est de se déplacer ». Ce serait d’aller sur le terrain, pour apprendre à se connaître et à se familiariser avec l’environnement local.

« Pour créer des ponts, il faut se déplacer »

Mariam Sy Diawara ou l’ambassadrice 3.0 de l’Afrique. Crédit photo: Ilias Benjelloun

Pour Noah, « on n’a pas besoin d’une plateforme pour créer des ponts entre le Québec et l’Afrique ». Un argument botté en touche par la fondatrice de AskPam. Pamela Alfred estime que « l’Afrique, c’est grand. Ce n’est pas aussi simple que ça de créer des ponts ».

À son avis, le premier challenge serait d’arriver à interconnecter les différentes communautés africaines francophones, anglophones etc…, déjà sur place à Montréal. Un travail qu’elle essaye de faire en créant des évènements afin de regrouper des communautés, des gens qui ont des intérêts en commun pour le digital et pour l’Afrique.

Pamela reconnaît tout de même qu’il y a beaucoup d’opportunités en Afrique, parce qu’il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas encore connectées, et surtout que « tout est à réinventer ». Parlant d’opportunité, le fondateur de la Voix du Juriste, Clément Ganemtore, révèle pour sa part que malgré les contraintes liées au développement du numérique en Afrique, le secteur est en plein essor.

En 2017, selon Clément, on prévoyait déjà 350 millions d’appareils connectés en Afrique. Alors que les projections pour 2020 annoncent environ 113 millions de nouveaux abonnés. Pour lui, « c’est un marché qui est en pleine croissance » et cela, représente à ses yeux une opportunité pour le Québec en particulier, et le Canada en général.

« On pense partir avec des solutions miracles »

Le Africa Web Festival 2018 a annoncé ses couleurs. Crédit photo: Montréal NewTech

Si Destiny Tchéhouali approuve la création de ponts entre entrepreneurs africains, québécois et canadiens. Cependant, il conseille qu’il faut « sortir des approches descendantes Nord-Sud », en prenant en compte les compétences qui existent au niveau local. « On pense partir en Afrique avec des solutions miracles. On ne peut pas transposer des savoirs ou des expertises sans forcément tenir compte de toute l’ingéniosité qu’il y a déjà sur place », a prévenu M. Tchéhouali qui assure, en ce moment, la présidence du Conseil d’administration de la Société Internet du Québec.

Notons que cette rencontre a été l’occasion de faire un « bilan positif » du Africa Web Festival depuis la première édition en 2014 à celle de 2017. Les organisateurs de l’événement, considéré comme le plus grand rendez-vous du numérique d’Afrique francophone [7000 participants chaque année], ont également annoncé les couleurs de la 5è édition qui se tiendra entre le 29 novembre et le 1er décembre 2018, à Abidjan. Les thématiques de la prochaine édition seront entre autres : Les Technologies au service de la paix et la sécurité en Afrique; Écosystème Numérique pour l’Afrique ; créer des synergies entre StartUp et Grandes Entreprises; Contribution des TIC et Nouvelles Technologies aux liens intergénérationnels et interculturels en Afrique.

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Crédit photo: Ilias Benjelloun / Montréal NewTech

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Économie

Rapport national : l’emploi au Canada a augmenté de 35 400 en janvier 2019

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Le nombre d’emplois au Canada a augmenté de 35 400 de décembre 2018 à janvier 2019, selon le Rapport national sur l’emploi d’ADP® Canada pour le mois de janvier. Si la plupart des secteurs ont performé, le secteur du commerce aurait connu une « augmentation significative » de l’emploi au Canada.

« L’année 2019 démarre en trombe », selon Ahu Yildirmaz, vice-présidente et codirectrice de l’Institut de recherche d’ADP. Malgré le ralentissement des secteurs de l’éducation et des soins de santé, souligne-t-elle, tous les autres secteurs ont très bien performé. « Le secteur du commerce a connu une augmentation significative de l’emploi, représentant environ un tiers de tous les emplois créés ce mois-ci », fait valoir Mme Yildirmaz.

Largement diffusé au grand public chaque mois, et ce, gratuitement, le Rapport national sur l’emploi d’ADP Canada est produit par l’Institut de recherche ADP®. Le rapport, élaboré à partir des données de paie réelles d’ADP, mesure chaque mois, sur une base désaisonnalisée, la variation totale du taux d’emploi salarié non agricole.   

Taux total d’emploi salarié non agricole au Canada1 : 35 400

Aperçu des industries :

– Secteur de la production de biens : 

  • Fabrication     5 800  
  • Construction     2 900
  • Ressources naturelles et exploitation minière      1 200

– Secteur des services : 

  • Commerce, transport et services publics     12 400                                   
  • Information    3 100
  • Activités financières et services immobiliers     2 000 
  • Services professionnels et commerciaux     8 300 
    • Services professionnels et techniques     2 400 
    • Gestion d’entreprises     200
    • Services administratifs et de soutien     5 700                       
  • Éducation et soins de santé     -4 100 
    • Éducation     -2 200 
    • Soins de santé     -1 900
  • Loisirs et hébergement     2 300           
  • Autres services 2     1 600           

* Les totaux peuvent ne pas correspondre à la somme des éléments en raison des arrondissements. (ADP)

À lire aussi : Hausse de l’emploi et diminution du taux de chômage au Québec en janvier 2019

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Agriculture

La ruée vers les cabanes à sucres a officiellement commencé

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Si les mots sirop d’érable vous mettent l’eau à la bouche, c’est à partir d’aujourd’hui que vous pouvez planifier des échappées gourmandes et les provisions de l’année.

Tant que c’est possible, il est conseillé de remplacer le sucre blanc par le sirop d’érable. On aura mangé sain, consommé local et participé à une économie prospère.

La saison acéricole 2019 a été lancée ce mercredi, 20 février, à l’érablière du Bois-de-Coulonge située dans la capitale nationale. La production du sirop a quant à elle débuté ces dernières semaines.

Même si en 2018 la production de sirop d’érable a chuté de 21,7 % à l’échelle nationale, les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) restent optimistes concernant l’avenir du secteur au Québec. Et ce essentiellement parce que la province demeure le plus grand producteur à l’échelle mondiale.

La communauté acéricole est optimiste

À l’occasion du lancement les PPAQ ont souligné le progrès économique important accompli par ce secteur.

« Les faits montrent que l’arrangement institutionnel actuel a permis de réunir les conditions pour que l’économie de l’érable du Québec relève le nouveau défi de la demande agroalimentaire mondiale », explique François L’Italien, chercheur à l’Institut de recherche en économie contemporaine.

Il est important de rappeler que le Québec produit 72 % du sirop d’érable au monde. À ce propos le PPAQ ont indiqué aussi dans leur communiqué qu’ils « visent des ventes de l’ordre de 185 millions de livres dans un horizon de cinq ans. »

De son côté M. L’italien pense que le modèle économique du secteur est performant. Et ce grâce à la mise en marché collective en acériculture. Celle-ci « a constitué une rampe de lancement pour les producteurs québécois », a-t-il expliqué.

Lire aussi : Agroindicateur 2018 : l’économie agricole du Québec pète la forme

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Tourisme

La Canadienne Liz Palmer, parmi les meilleurs influenceurs du vin 2019

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L’influenceuse et journaliste spécialisée dans le vin Liz Palmer figure désormais dans la liste des « Meilleurs Influenceurs du Vin en 2019 ».

Liz Palmer a été sacrée meilleure influenceuse nord-américaine par un jury qui comprend 45 sommeliers, acheteurs de vin et directeurs de vin américains.

La liste des meilleurs influenceurs du vin est organisée et lancée par Sommeliers Choice Awards et Beverage Trade Network. Ces derniers ont mis en vedette « les meilleurs influenceurs du vin ayant une bonne audience sur Instagram & Twitter. »

Les experts suivants figurent dans la liste : The Wine Wankers, Jancis Robinson, Julien Miquel, Jon Thorsen, Jessica Altieri, Kelly Mitchell, Jeff Kralik, Tim Atkin, Julie Brosterman, Jamie Goode, Luiz Alberto, Joey Casco, Alder Yarrow, Cathrine Todd, Michelle Williams, Marilena Barbera, Meg Maker, Dusan Jelic et Katherine Cole.

L’influenceuse a raflé d’autres distinctions

Mme Palmer est également experte en marketing. Elle a fondé en 2018 l’Upsocial Wine & Spirits Agency (une agence de marketing numérique ), basée à Toronto et à Londres au Royaume-Uni.

Avec cette reconnaissance, l’influenceuse canadienne, basée à Toronto, aurait accumulé ainsi plusieurs distinctions. En effet, elle a été aussi désignée parmi le « Top 20 » des influenceurs de pouvoir des médias sociaux sur les vins et spiritueux en 2019 et a été classée dans le Top 1% de l’ISS de l’industrie.

Lire aussi : Meilleurs sommeliers du monde 2019 : Deux Québécois dans la course

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