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Politique

ANALYSE – La CAQ prend son envol

Saoud Maherzi

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CAQ

Depuis quelques mois, la Coalition Avenir Québec (CAQ) semble avoir le vent dans les voiles. Sa victoire à la partielle de Louis-Hébert, le début octobre, est venue confirmer cette tendance. Les adhérents ont perçu cette victoire comme une promesse pour 2018 et leur confiance dans les chances du parti n’a jamais été aussi solide.
À moins d’un an des élections provinciales, la CAQ a réalisé d’importants progrès dans la politique québécoise et se présente aujourd’hui comme le premier adversaire du parti libéral, et François Legault comme le premier candidat à la succession de M. Couillard en Octobre prochain.

De fier troisième à premier opposant

Fondé en 2011, la CAQ a participé à deux élections dans lesquelles il a cimenté sa place de deuxième opposition avec 19 sièges en 2012, puis 22 sièges en 2014. Le parti semblait ainsi destiné à porter sa voix de fier troisième avec une idéologie qu’elle proclame nationaliste. Toutefois, on a pu constater un accroissement de popularité pour la CAQ. Selon la dernière étude Leger commandée par Le Journal de Montréal, Le Devoir et The Globe And Mail, les caquistes collent aux talons des libéraux et dépassent confortablement le Parti Québécois en récoltant 28% des intentions de vote. D’après la même source, la Coalition aurait l’ascendant aux prochaines élections partout en dehors de Québec et de Montréal.

C’est donc une fulgurante ascension qu’a effectuée le parti, et qui donne du souci tant aux libéraux, moins assurés de préserver leurs avantages, qu’aux péquistes dont la position de premier opposant est déjà remise en question.

Contacté par Avant Première, un responsable du parti proche de François Legault rappelle qu’il ‘’faut être prudent avec les sondages‘’, les élections n’étant que dans 12 mois. « On remarque toutefois que de plus en plus de Québécois ont soif de changement et perçoivent la CAQ comme la seule alternative face à un gouvernement libéral usé, au pouvoir depuis 15 ans », a-t-il déclaré.

Comment expliquer cette évolution ?

La CAQ est un parti dont les prises de positions sont fermes et affichées en toute clarté quelque soit la polémique qu’elles provoquent. En économie, ses positions sont tranchées pour un libéralisme décomplexé, défavorable notamment aux conditions imposées par le gouvernement Couillard à l’entreprise UBER, qui font pourtant consensus partout ailleurs. Sur le terrain social, face aux minorités, aux immigrants, la CAQ prend des positions clivantes qu’elle assume pleinement, notamment lorsqu’il s’agit de remettre en question le seuil d’immigration au Québec ou les accommodements religieux.

La CAQ est également un parti qui n’a jamais saisi le pouvoir et qui n’est donc pas entaché par la gestion effective de l’administration publique. Sa fraîcheur et sa constance idéologique participent à la séduction que la formation politique exerce sur les électeurs. Alexandre, un nouveau sympathisant caquiste contacté par Avant Première, confirme ce sentiment : « Je veux voir un autre parti au pouvoir et je pense que la CAQ peut faire une bonne job. Surtout pour gérer l’argent des contribuables ».

En ce qui concerne les positions visant les immigrants, cet ancien électeur du parti Libéral nous affirme qu’il comprend la position caquiste, « j’aime mieux, affirme-t-il, en accueillir un peu moins et leur donner toutes les ressources possibles pour les aider à s’intégrer plutôt que de les laisser à eux mêmes ». Pour ce qui est de la neutralité religieuse, cette question le laisse indifférent, « qu’ils interdisent ou non, ça ne me dérange pas ».

Inquiétude dans les minorités

Il y en a pourtant que ça dérange. Dans les communautés ethniques québécoises, la stigmatisation que certains croient reconnaitre dans les positions de la CAQ inquiète.

Notre contact au sein du parti répond qu’il « n’y a pas lieu de s’inquiéter […]. On est un parti très ouvert qui a confiance en l’apport des néoquébécois pour la relance économique du Québec ». Il ajoute que « la CAQ sera de tous les combats pour lutter contre le racisme au Québec. [Mais que même s’il] existe des cas de racisme, […] le phénomène n’est pas érigé en système, comme le dit le nom même de la consultation ».

Walid, militant contre le racisme systémique, pense autrement et s’inquiète de la « banalisation du discours de droite identitaire’’ à laquelle la CAQ participe selon lui. « Ça ouvre la porte à toutes sortes de dérives, clame-t-il à Avant Première, et on est en premières loges, nous les minorités, pour récolter les conséquences. »

Au final, bien que la CAQ divise par ses positions, les sondages continuent de lui donner un avantage qu’elle tentera sans doute de concrétiser en octobre 2018. Encore faut-il préserver la constance et l’image d’alternative qu’elle semble véhiculer. Affaire à suivre.

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Diplômé de HEC Montréal, Saoud a écrit depuis 2013 dans divers médias. Il dédie le plus clair de son temps libre à la lecture, l’écriture et à la boxe trouvant une cohérence dans l'unité de ces activités. "Find what you love and let it kill you" - Bukowski

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AQAADI : lueur d’espoir pour les 18 000 dossiers d’immigration annulés par Québec ?

Baba-Idriss FOFANA

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Suite à la décision du gouvernement du Québec d’annuler « 18 000 dossiers d’immigration » pour cause d’une réforme de l’Immigration à travers le nouveau projet de loi PL9, l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI) a décidé, mercredi, d’attaquer en justice cette décision qu’elle juge « illégale ». Elle souhaite que Québec revienne à de meilleur sentiment en traitant avec « urgence » ce dossier.

L’affaire des 18 139 dossiers fait grand bruit non seulement au Québec mais capte aussi l’attention ailleurs dans le monde. Estimés à entre 50 000 et 60 000 personnes, ces candidats à l’immigration ont vu leur « rêve brisé » depuis quelques jours. Cette décision qualifiée « d’inhumaine et d’inacceptable » a été rejetée à l’unanimité par l’opposition québécoise depuis l’introduction du projet de loi PL9 le 7 février dernier par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI).

Le projet de loi PL9 de la discorde…

Déjà le 14 février dernier, dans une lettre ouverte adressée au ministre québécois de l’Immigration, 94 avocats en droit de l’immigration issus de de l’AQAADI, s’étaient clairement opposés à la volonté du gouvernement Legault de jeter 18 000 dossiers d’immigration à la poubelle, tout en l’invitant à changer d’avis. « Dans le meilleur intérêt de tous, nous vous demandons officiellement de traiter ces dossiers, de rassurer la population, et ce, tout en travaillant ensemble à parfaire le nouveau système sans préjudicier nos candidats actuels. Qu’on en prenne plus ou qu’on en prenne moins, avant toute chose, l’important c’est d’en prendre soin », avaient suggéré les avocats signataires.

« Le PL9 vise à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes ; à offrir les bases légales nécessaires pour améliorer la francisation, l’intégration et l’adéquation entre les besoins de main-d’œuvre du Québec et le profil des candidats sélectionnés. »

Le ministre Québécois de l’Immigration, Simon Jolin Barrette, avait émis une « fin de non-recevoir » à cette requête des avocats, voulant plutôt contacter les candidats pour leur fait part des programmes disponibles notamment le Programme d’expérience québécoise (PEQ) et la déclaration d’intérêt à travers le portail Arrima. Or, d’après les révélations de M. Barrette, plus de 91 000 personnes ont fait une demande d’immigration par le biais d’Arrima sans avoir reçu un retour de la part du MIDI en six mois. Et ce, pendant que le Québec fait face à une pénurie de main-d’oeuvre sans « précédent ».

18 000 dossiers d’immigration «encombrants»

Au départ, le gouvernement s’était engagé à payer 19 millions de dollars pour se débarrasser des 18 000 dossiers d’immigration devenus « encombrants » pour mettre en branle la réforme promise par la Coalition avenir Québec (CAQ). Mais les avocats en droit de l’Immigration, tout comme les partis d’opposition, ont soutenu qu’il est « plus judicieux d’investir » ce même montant pour « étudier rapidement » les dossiers en question.

À lire aussi : Québec «hanté et tourmenté» par les 18 000 dossiers d’immigration annulés!

Pour forcer le gouvernement a traité les 18 000 dossiers, l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration a décidé de le poursuivre devant la justice. Est-ce que ce recours est déjà un « soulagement » pour les personnes concernées? Sans connaître l’issue de cette bataille judiciaire qui va se déclencher, tout porte à croire que Québec est tiraillé de tous les côtés sur sa nouvelle vision de l’immigration.

Rappelons qu’au lendemain du dépôt du projet de loi PL9 sur l’immigration par le gouvernement dirigé par François Legault, le gouvernement fédéral dirigé par Justin Trudeau a dit « non » à Québec qui réclamait plus de pouvoir en matière de sélection des immigrants.

À lire aussi : Portail Arrima : Québec a reçu près de 100 000 demandes d’immigration, aucun candidat invité en 6 mois…

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Bernie Sanders peut-il déloger Donald Trump de la Maison-Blanche en 2020 ?

Baba-Idriss FOFANA

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Candidat malheureux aux primaires de 2016 face à Hillary Clinton, qui a finalement été terrassée par Donald Trump, le sénateur indépendant Bernie Sanders, a annoncé son intention de briguer à nouveau l’investiture démocrate pour la présidentielle 2020 aux États-Unis.

Alors que rien ne dit que Bernie Sanders, 77 ans, sera le candidat démocrate qui affrontera Donald Trump, 72 ans, l’année prochaine, certains politiciens ont déjà pris position au Québec. L’un des porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, 28 ans, n’a pas caché sa joie d’apprendre la nouvelle du jour. « L’Amérique a besoin d’espoir. Je ne peux que me réjouir de cette nouvelle », a posté le jeune élu de gauche sur les réseaux sociaux accompagné du mot clé #Bernie2020.

Bernie Sanders, l’homme de la situation ?

L’annonce de la candidature de Bernie Sanders, le septuagénaire, semble avoir plus d’éclat que toute autre actualité aujourd’hui aux États-Unis. Selon les dernières nouvelles, l’homme de gauche semble avoir récolté au moins un million de dollars de dons en soutien à sa candidature au bout de trois heures de temps. Si certains le considèrent comme favoris pour remporter la primaire démocrate, d’autres pensent que c’est « l’homme de la situation » qu’il faut pour déloger Donald Trump, celui-là même que le sénateur du Vermont vient de qualifier de « menteur pathologique, raciste, sexiste, homophobe et xénophobe ».

« Le présent locataire de la Maison-Blanche est une source d’embarras pour notre pays », a déclaré M. Sanders sur les ondes d’une radio du Vermont, État du nord-est des États-Unis.

Il faut rappeler qu’avant l’arrivée de Bernie Sanders dans le starting-block, côté démocrate, plusieurs candidatures étaient déjà en lice. Au nombre de ceux-ci, il faut compter les sénateurs Cory Booker, Kamala Harris, Amy Klobuchar et Elizabeth Warren. Joe Biden, ancien vice-président sous Barack Obama, devrait probablement annoncer sa candidature à l’investiture du futur candidat démocrate.

Hillary Clinton, la défaite est encore vive…

Les démocrates sont décidés à mettre fin au règne d’un président républicain qui à leurs yeux n’honore pas l’Amérique. S’ils ont réussi à renverser la vapeur lors de l’élection de mi-mandat de novembre 2018 en devenant majoritaire au congrès, ils n’ont toutefois pas réussi à prendre le contrôle du sénat qui est resté fidèle à Donald Trump. Au point que toute tentative visant à déclencher une procédure « impeachment » ou destitution contre l’actuel locataire de la Maison-Blanche n’est que « coup d’épée dans la mer ».

À lire aussi : L’état d’urgence décrété aux États-Unis pour construire le « mur de la division »

Finalement, avec toutes ces candidatures qui atterrissent, les démocrates vont-ils pouvoir s’entendre sur le « cheval gagnant » afin de reconquérir éventuellement le pouvoir d’État en 2020 ? Pour l’instant, « rien n’est moins sûr que l’incertain » comme le dit si bien l’humoriste Pierre Dac. Mais la défaite d’Hillary Clinton est encore vive dans les mémoires.

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Portail Arrima : Québec a reçu près de 100 000 demandes d’immigration, aucun candidat invité en 6 mois…

Baba-Idriss FOFANA

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Juste pour illustrer la foule de personnes en attente d'une invitation par le MIDI.

Dans la foulée de ce qu’il convient d’appeler désormais l’affaire des « 18 000 dossiers d’immigration annulés », devenue une patate chaude entre les mains de Québec, le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) a révélé avoir reçu, en date du 11 février 2019, plus de 91 000 demandes à travers le portail Arrima sans avoir émis une seule invitation à un candidat.

Lancé le mardi 18 septembre 2018, suite à l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur l’immigration au Québec le 2 août 2018, le MIDI a mis en place un nouveau système d’immigration basé sur la déclaration d’intérêt. Dénommé Arrima, ce portail permet aux personnes qui désirent immigrer au Québec dans le cadre du Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) de se créer un profil et de soumettre une demande. « 91 307 personnes ont déjà déclaré leur intérêt à venir au Québec en passant par le nouveau système québécois d’immigration », selon des données obtenues en primeur par TVA Nouvelles.

De réforme en réforme…

Le portail Arrima a été lancé sous l’ancien gouvernement libéral. L’objectif était de mettre fin au système du premier arrivé, premier servi, tout en permettant au MIDI d’être plus efficace, plus rapide dans le tri et le traitement des candidatures qui répondent aux besoins des entreprises dans les différentes régions du Québec.

« Sur les 91 307 personnes ayant soumis une déclaration d’intérêts par le biais du portail Arrima, au moins 2160 auraient étudié en soins infirmiers, 720 en génie mécanique alors que 610 seraient spécialisées en électronique industrielle et 5260 en administration. »

– TVA Nouvelles

C’est donc à partir de la banque de déclaration d’intérêts que le Ministère invitera les « bons profils » à soumettre une demande de Certificats de sélection du Québec et une demande de résidence permanente au Canada par la suite. « Éventuellement, un employeur pourra voir les curriculums vitae des gens dans le système et pourra leur envoyer une offre d’emploi. Les immigrants pourront venir beaucoup plus rapidement au Québec », a expliqué le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette.

Le nouveau portail Arrima déjà saturé ?

Dans un nouveau projet de loi N°9, déposé le 7 février 2019, le ministre Barrette annonce une autre réforme de l’Immigration, après celle menée par l’ancien gouvernement Philippe Couillard en Août 2018. Le PL9 vise à offrir les bases légales nécessaires pour améliorer la francisation, l’intégration et l’adéquation entre les besoins de main-d’œuvre du Québec et le profil des candidats sélectionnés pour immigrer au Québec. « Pour que l’immigration contribue de manière significative à accroître la prospérité du Québec et à mieux répondre aux besoins du marché du travail, le Ministère souhaite tirer profit plus rapidement du nouveau système de gestion des demandes d’immigration basé sur la déclaration d’intérêt », peut-on lire sur le site du MIDI.

À lire aussi : Québec «hanté et tourmenté» par les 18 000 dossiers d’immigration annulés!

D’après M. Barrette, les délais de traitement devraient passer de 36 à 6 mois. Alors que jusque-là, aucun immigrant ayant soumis une demande dans ce nouveau système [Arrima] n’a obtenu une invitation à venir s’établir au Québec. Pendant ce temps, le MIDI demande à des milliers de candidats, issus des 18 000 dossiers d’immigration annulées par Québec, de recourir au portail Arrima qui risque d’être saturé très bientôt.

À lire aussi : Créer son profil en 10 étapes sur le nouveau portail Arrima

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