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Attentat de Québec, L’an 1 affronte la haine

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Photo: AMAL-Québec/Facebook

Que retenir un an après l’attentat du 29 janvier ? Cette soirée sanglante de la “violente” fusillade au sein de la grande mosquée de Québec, à Sainte-Foy, avait jeté tout le Canada dans l’émoi, laissant des familles, des enfants, des épouses et proches dans la douleur.

D’abord, retour sur quelques propos “forts” de personnalités politiques de premier rang du pays. « Unissons-nous contre la violence. Solidarité avec les Québécois de confession musulmane », écrivait le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, sur Twitter, le 29 janvier 2017, quelques heures après la fusillade qui a fait six tués et plusieurs blessés dans le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ). « Ces personnes ont été visées uniquement parce qu’elles pratiquaient leur religion. Il s’agit d’un acte terroriste. C’est une attaque contre les valeurs les plus profondes et les plus chères aux Canadiens : l’ouverture, la diversité et la liberté de religion », avait réagi, lundi 30 janvier 2017, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, de retour au Parlement.

Derrière les “beaux” discours

Derrière ces discours, les hommes politiques d’obédiences diverses étaient unanimes que « le mal était profond ». À réentendre le numéro 1 des Québécois, il fallait « extirper de la société québécoise » la haine, les préjugés et le racisme. « Je fais donc le vœu que la mort des six victimes laisse derrière elle un intarissable courant d’espoir et de fraternité. Je sais que nous y arriverons, parce qu’on le fera ensemble. Paix, amour et fraternité pour le monde blessé ; unité, solidarité, espoir pour notre Québec », avait souhaité M. Couillard, un vendredi 3 février 2017, lors des funérailles de trois des six fidèles tués dans la fusillade commis par le « jeune » Alexandre Bissonnette.

Et pourtant, ce ne sont pas les gestes et actes haineux qui ont vu baisser leur cote de popularité, encore moins la propagande de ‘’groupes extrémistes’’ qui s’affichent de plus en plus avec des “comportements peu catholiques”. Des attitudes qui vont à coup sûr à contre-courant de certaines valeurs canadiennes et québécoises rappelées par Trudeau et Couillard après l’attentat de Québec. Si l’on s’en tient aux informations obtenues par le service public d’information, Radio-Canada, « En 2016, le SPVQ a ouvert 57 dossiers liés à des crimes et incidents haineux, dont 21 visaient la communauté musulmane. Ces chiffres ont bondi l’année suivante. Entre le 1er janvier et le 5 décembre 2017, on parlait de 71 dossiers ouverts, dont 42 visaient la communauté musulmane de Québec ».

Des faits, encore grave !

D’ailleurs, certains « faits majeurs » démontrent à quel point “l’intolérance” continue de faire du chemin après l’attentat du 29 janvier 2017. Car, dans la foulée de la tenue du référendum sur l’établissement d’un cimetière musulman à Saint-Apollinaire du 16 juillet 2017, un colis anonyme contenant un Coran détérioré et un message haineux, a été envoyé au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) deux jours avant la journée du vote, soit le vendredi 14 juillet 2017. Puis s’en est suivi « l’incendie criminel » du véhicule du président du CCIQ, Mohamed Labidi, dans la nuit du 5 au 6 août 2017, alors qu’il était garé tout près de sa résidence. En décembre 2017, un homme de Québec a été formellement accusé d’incitation publique à la haine envers la communauté musulmane au palais de justice de Québec.

C’est à juste titre que la « formation obligatoire sur les crimes haineux » requis pour les policiers de Québec vient à point nommer. Ce sont donc les 140 enquêteurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) qui devront suivre cette formation dite « mise à jour » d’ici le printemps 2018. Cela devrait permettre aux flics de « bien distinguer les crimes haineux définis par le Code criminel, tels que le libelle diffamatoire ou l’incitation publique à la haine, des incidents haineux comme les insultes qui ciblent une communauté ».

« Québec, je me souviens »…

Alors que le Centre annonce quatre jours de journées commémoratives (du 26 au 29 janvier), il n’est pas rare de voir des esprits s’échauffer pour dénoncer cela. Or, comme l’a si bien souligné le porte-parole de la mosquée endeuillée, ‘’ces journées commémoratives ne sont pas une partie de plaisir’’. Il s’agit selon le CCIQ de « se souvenir des gens qui ont été fauchés par les balles, se souvenir de leur famille, se souvenir des messages de soutien » et le tout devrait concourir au « renforcement des liens de solidarités » des Québécois et des Canadiens de toutes origines.

« Qu’est-ce que nous allons faire demain, puisque cette haine est entrain de diriger notre société ? », s’est interrogé le vice-président du CCIQ, Boufeldja Benabdallah, aux côtés du maire Régis Labeaume à l’occasion du point de presse, lundi 22 janvier, à l’hôtel de ville de Québec. Avant de poursuivre son propos en ces termes : «La majorité de la population est unanime qu’il y a un virus qui est à l’intérieur de notre société, qu’on doit extirper ».

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Photo: AMAL-Québec/Facebook

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Facebook ne soutient plus les campagnes électorales

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Facebook a déclaré ce jeudi, 20 septembre, qu’il changera les modalités des services offerts aux partis politiques pendant les élections.

Après le scandale de Cambridge Analytica, Facebook a décidé de revoir ses rapports avec les partis politiques.

Selon Bloomberg, le réseau social continuera de proposer ses services aux compagnes et organisations politiques. Il sera, par ailleurs, plus distant.

En effet, l’entreprise veut éviter de se salir les mains sur la question de la protection des informations personnelles des abonnés.

Le réseau de Zuckerberg va, pour ce faire, cesser de fournir des conseils stratégiques ciblés. Il réduira notamment ses visites aux quartiers généraux des partis politiques, comme c’est le cas pendant 2016.

Pour rappel, le PDG de la plateforme avait promis aux parlementaires américains de s’assurer de protéger les données des utilisateurs pendant les élections, partout dans le monde.

Facebook avait admis aussi avoir fourni un soutien particulier à l’équipe de Trump en 2016.

Est-ce parce ce qu’il était un gros client ?

Dans une analyse interne de Facebook, obtenue par Bloomberg en 2018, un scientifique de l’entreprise a expliqué que la propagande de Trump était plus élaborée que celle de Clinton.

De juin à novembre 2016, l’équipe du locataire de la maison blanche s’est bien servie des outils de la plateforme.

Alors que la campagne de Trump a déboursé 44 millions de dollars sur les publicités de la plateforme, Clinton a seulement dépensé 28 millions de dollars.

Les élections 2020 se dérouleront elles sans le soutien de Facebook ?

Afin d’adopter une approche plus neutre, l’entreprise se concentrera sur l’interface de son portail politique. Elle optimisera l’accés aux informations dont les clients ont besoin.

Cependant, les campagnes et les organisations peuvent toujours contacter directement l’entreprise. Ils pourront recevoir des formations de base sur l’utilisation des annonces et demander de l’aide pour les faire approuver.

Lire aussi : Le niet à la neutralité du net…

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Éthique et Intelligence Artificielle : ses usages au Canada

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La question éthique est-elle prise en considération dans les entreprises canadiennes qui manipulent l’Intelligence Artificielle (IA) ? Un rapport réalisé par SAS, Accenture Applied Intelligence, Intel et Forbes Insights a tenté d’apporter un éclairage sur le sujet.

© SAS, Accenture, Intel 2018

Le rapport est basé sur un sondage réalisé en juillet 2018. 305 chefs d’entreprise de partout dans le monde y ont participé. L’échantillon canadien a été important : 44 entreprises du pays ont répondu au sondage.

Selon l’étude, publiée ce jeudi 20 septembre, les entreprises qui utilisent l’IA représentent 72% des organisations dans le monde. Au Canada, ils représentent 68%.

À l’échelle mondiale, 70% des entreprises offrent une formation en éthique à leurs technologues. Et 63% ont des comités d’éthique qui observent l’utilisation de l’IA.

Au Canada, le nombre des entreprises qui ont adopté une démarche éthique est un peu plus faible :

  • Formation en éthique des technologues : 67%
  • Comités d’éthique pour examiner l’utilisation de l’IA : 73%

Quels sont les enjeux d’une démarche éthique en IA ?

Comme l’indiquent les chiffres présentés ci-haut, l’étude s’est intéressée aux méthodes d’intervention des entreprises afin de sensibiliser ses collaborateurs sur l’éthique. Or, Rumman Chowdhury, chef de l’IA chez Accenture, souligne que « les organisations doivent aller au-delà des codes d’éthique directionnels. »

© SAS, Accenture, Intel 2018

« Elles doivent fournir des lignes directrices prescriptives, précises et techniques pour élaborer des systèmes d’IA sûrs, transparents, explicables et responsables », a-t-il précisé.

L’étude a observé le déploiement d’une démarche éthique qui a notamment des enjeux sociaux. Il s’agit de la surveillance des résultats obtenus par l’IA.

Ce volet de l’étude interroge donc l’implication de l’humain dans les activités qui ont recours à l’IA.

74 % des entreprises ont déclaré avoir adopté une surveillance étroite de leurs activités. Et ce grâce « au moins à un examen ou une évaluation hebdomadaire des résultats. »

Les taux des entreprises canadiennes qui ont recours à ce processus sont les suivants :

  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par des chefs de file de l’IA : 55%
  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par le reste des adoptants de l’IA : 42%

L’étude veut montrer aussi que cette démarche éthique impacte les relations entre une entreprise et ses partenaires.

« La capacité à comprendre comment l’intelligence artificielle prend des décisions renforce la confiance et permet une surveillance humaine efficace. » Yinyin Liu, responsable de la science des données chez Intel AI.

Pour consulter le rapport : Critical mass: Managing AI’s unstoppable progress

Lire aussi : Forum sur l’intelligence artificielle, Montréal entame le débat sur l’éthique

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Canada : Les données personnelles des électeurs en danger

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Les gardiens du droit d’accès à l’information et du droit à la vie privée exigent que les partis politiques respectent les principes de protection de la vie privée reconnus mondialement. Ce, afin d’assurer aux Canadiens un accès aux renseignements personnels qu’ils détiennent à leur sujet et de permettre à un organisme indépendant de vérifier le respect des règles en matière de protection des données personnelles.

Dans une résolution conjointe, Assurer la confiance et la confidentialité dans le processus électoral du Canada, en date du 17 septembre, les commissaires et les ombudsmans à l’information et à la protection de la vie privée au Canada ont invité les gouvernements à adopter des lois qui exigent que les partis politiques respectent les principes de protection de la vie privée reconnus mondialement.

La collecte de données massives de plus en plus sophistiquées soulève de nouvelles préoccupations en matière d’éthique et de vie privée, et mettent en évidence le besoin d’en accroître la transparence.

Des événements récents ont mis en lumière la manière dont les partis politiques recueillent et utilisent les renseignements personnels ou données personnelles pour cibler de façon précise et unique des individus afin d’en retirer des avantages politiques. Des outils numériques collectent une grande quantité de renseignements personnels provenant de diverses sources, souvent à l’insu de l’intéressé ou sans son consentement.

Mettre les données personnelles à l’abris des partis politiques!

Daniel Therrien, commissaire à la protection de la vie privée du Canada, souligne que : « de récentes enquêtes menées dans divers pays ont révélé que les partis politiques recueillent des quantités importantes de renseignements personnels sur les électeurs alors qu’ils adoptent de nouvelles techniques de ciblage ».

Plusieurs renseignements personnels recueillis par les partis politiques au sujet des électeurs, comme les opinions politiques et les intentions de vote, sont de nature sensible.

Selon lui, « l’information au sujet de nos opinions politiques est très sensible ». Il est clairement « inacceptable », selon M. Therrien, que les partis politiques fédéraux et provinciaux ne soient pas assujettis aux lois sur la protection de la vie privée.

Le respect de la vie privée est un droit fondamental de la personne qui permet la liberté d’association, de pensée et d’expression, dont l’affiliation, la participation et le débat politiques.

« Le projet de loi C-76, qui est la réponse du gouvernement fédéral face aux préoccupations du public concernant la façon dont les renseignements personnels sont utilisés dans le processus électoral, n’offre rien de concret sur le plan de la protection de la vie privée. Le temps est venu d’agir pour mieux protéger les droits des Canadiens », a critiqué le commissaire à la protection de la vie privée du Canada.

Des techniques de microciblage peu éthique ?

Rappelons que de récentes enquêtes hautement médiatisées menées au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et dans d’autres pays ont révélé que les partis politiques recueillent des quantités importantes de renseignements personnels sur les électeurs alors qu’ils adoptent des techniques de microciblage. Les partis politiques détiennent également des renseignements personnels sur les bénévoles, les employés et les candidats.

Ces pratiques peuvent avoir d’importantes répercussions sur la vie privée des citoyens et miner leur confiance à l’égard du système démocratique.

À l’heure actuelle, la Colombie-Britannique est la seule administration au Canada où les partis politiques sont assujettis à des lois relatives à la protection de la vie privée. C’est également la seule province où les électeurs peuvent déposer des plaintes auprès d’un organisme indépendant quant aux pratiques d’un parti politique relatives à la protection des données personnelles.

Lire aussi : Pour voter, vérifier votre inscription sur la liste électorale.

Faut-il le rappeler, la résolution conjointe des gardiens du droit d’accès à l’information et du droit à la vie privée a été prise lors de la réunion annuelle des commissaires et ombudsmans fédéraux, provinciaux et territoriaux à l’information et à la protection de la vie privée, tenue du 11 au 13 septembre 2018, à Regina en Saskatchewan.

Source : Commission d’accès à l’information

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