Suivez-nous

Culture

Baby-sitter, le féminisme entre confusion des sentiments et cynisme intellectuel

Hanen Hattab

Publié

le

Baby-Sitter est une pièce qui fait entrer le public dans l’intimité d’une petite famille québécoise. David Boutin, Isabelle Brouillette, Victoria Diamond et Steve Laplante interprètent respectivement les rôles de deux jeunes parents, une baby-sitter et un beau-frère.

Catherine Léger, auteure de « Princesses » et de « J’ai perdu mon mari », a écrit une histoire où les personnages sont amenés à réfléchir sur un sujet qui souvent dépasse leurs entendements tout en les poussant vers des pensées existentielles.

On est dans un décor de sitcom. L’événement déclencheur de l’intrigue est raconté au public dans une ambiance psychologique on ne peut plus actuelle. Les dialogues mettent à nu des situations risibles et provocantes de cynisme intellectuel et d’hyper-inconscience collective. Les protagonistes affichent des attitudes contrastées qui soulignent leurs inexorables différences et l’imbroglio comique dans lequel va sombrer le sujet des dialogues.

D’un féminisme à un autre

Tout commence avec la situation ridicule dans laquelle s’est trouvée Cédric (David Boutin). Le jeune père perd son travail après avoir fait une blague sexiste et vulgaire qui devient virale sur internet. Choqué par le comportement inapproprié de Cédric, qui a pris des proportions inattendues, son frère journaliste le pousse à réfléchir sur les causes de sa misogynie.

Le retour sur soi se réalisera en outre à travers le projet d’un livre qui réunit les deux frères. C’est à partir de cet épisode que la baby-sitter fait son entrée au sein de la famille. Le public se trouve désormais face à deux hommes et deux femmes aux profils socio-psychologiques qui permettent d’approcher le sujet du féminisme sous plusieurs angles.

Crédit photo Véro Boncampagni

Or tout cela ressemble à un récit linéaire jusqu’au moment où, pour sortir du cercle vicieux de la solitude et du vide existentiel, la maman s’embarque dans un jeu de rôle douteux avec la baby-sitter. Alors qu’au début les conversations floutaient les frontières entre l’honnêteté intellectuelle et le politiquement correcte, le rôle de la baby-sitter a bouleversé cette structure dramatique en la contaminant par un comportement à la fois absurde et spontané. Le personnage de la nounou s’avère la petite fantaisie romanesque du texte léger et réflexif de Catherine Léger.

La fluidité du passage entre les scènes qui expriment l’éveil de la conscience féministe et celles qui illustrent la complexité de l’auto-subjectivation dans laquelle se sont trouvées la jeune maman et la baby-sitter a été possible grâce à l’adresse des jeux d’acteurs.

Baby-sitter joue ce mercredi, 28 novembre à 19h, à l’Espace le vrai monde.

Lire aussi : Art et endurance, bang bang une performance à couper le souffle

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

Lire la suite
Publicité
1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Pingback: Normal Desires, le laboratoire critique du mouvement circassien - Avant Premiere Mtl

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Culture

Cinq artistes québécois en lice pour le prestigieux prix Sobey

Avatar

Publié

le

La Fondation Sobey pour les arts et le Musée des beaux-arts du Canada ont dévoilé ce mardi, 16 avril, la liste du Prix Sobey pour les arts 2019, considéré comme le plus prestigieux en art contemporain canadien.

Les 25 artistes visuels canadiens nominés par des leaders de communautés artistiques d’un océan à l’autre, ont été sélectionnés pour concourir pour le grand prix de 100 000 $ CA.

Les membres du jury 2019 sont :

  • Peter Dykhuis, directeur/conservateur de la Dalhousie Art Gallery, pour les provinces Atlantiques,
  • Jo-Ann Kane, conservatrice de la Collection Banque Nationale, pour la région du Québec,
  • Swapnaa Tamhane, commissaire, artiste et auteure pour l’Ontario,
  • Lindsey Sharman, conservatrice de du Musée des beaux-arts de l’Alberta, pour la région des Prairies et du Nord,
  • Nigel Prince, directeur de la Contemporary Art Gallery, pour la Côte Ouest et le Yukon et membre du jury international,
  • Henriette Bretton-Meyer, conservatrice du Kunsthal Charlottenborg de Copenhague, au Danemark.

Les prix

Le grand prix de 100 000 $ CA est remis au lauréat, 25 000 $ CA vont à chacun des quatre finalistes et 2000 $ CA sont accordés aux vingt artistes figurant dans la liste préliminaire.

Outre les prix en argent, trois des 25 artistes seront choisis par le jury du Prix Sobey pour les arts pour participer au Programme de résidences Sobey, un programme de résidences internationales dont la durée varie de trois à six mois. Enfin, l’un des finalistes sera sélectionné par Fogo Island Arts en vue de participer à une résidence annuelle.

Les cinq artistes québécois en lice pour le grand prix sont :

  • Marie-Michelle Deschamps
  • Nicolas Grenier
  • Caroline Monnet
  • Celia Perrin Sidarous
  • Sabrina Ratté

Le dévoilement de la liste des finalistes aura lieu le 12 juin, le nom des artistes en résidence suivra le 18 septembre.

L’exposition des cinq finalistes du Prix Sobey pour les arts sera présentée à l’Art Gallery of Alberta à Edmonton du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020.

Le lauréat du grand prix sera connu le 15 novembre 2019 lors d’un gala organisé par le Musée des beaux-arts de l’Alberta.

Le nom du gagnant de la résidence au Fogo Island Arts sera dévoilé dans les semaines suivant le gala.

Lire aussi : Montréal : des installations RV vous plongent dans des peintures célèbres

Lire la suite

Cinéma

Voici les films en tête des nominations du gala Québec Cinéma

Avatar

Publié

le

Québec Cinéma a dévoilé ce jeudi, 11 avril, les finalistes aux prix Iris 2019. Cette année, la grande fête du cinéma québécois dédiera une journée entière à la célébration et au rayonnement du talent de celles et ceux qui sont à l’origine des films d’ici.

Dès 16 h le dimanche 2 juin, Karine Gonthier-Hyndman et Guillaume Lambert donneront le coup d’envoi des festivités avec le Gala Artisans Québec Cinéma, en direct sur ICI ARTV et au RadioCanada.ca/galaquebeccinema.

La fête se poursuivra à 20 h, avec le Gala Québec Cinéma animé par Guylaine Tremblay et Édith Cochrane, en direct sur ICI TÉLÉ et sur Radio-Canada.ca/galaquebeccinema.

Ce sont 46 longs métrages de fiction, 35 longs métrages documentaires, 25 courts métrages d’animation et 25 courts métrages de fiction qui ont été évalués au cours des dernières semaines pour la nomination d’un total de 188 finalistes.

Rappelons que, pour les Iris de la catégorie long métrage de fiction, plus de 1 200 membres votants issus de l’industrie cinématographique ont allié leur voix à celles du jury, lors d’un premier tour de vote pondéré à 50/50.

1991 et À tous ceux qui ne me lisent pas, en tête des nominations du gala Québec cinéma

Ségolène Roederer, la directrice générale de Québec Cinéma s’est réjouie de la forte réponse des membres votants au nouveau système de votation pour le choix des finalistes. « 1200 votes, c’est énorme et cela montre l’intérêt du milieu pour son Gala », a-t-elle indiqué.

 En plus des finalistes qui comptent les films 1991 de Ricardo Trogi et À tous ceux qui ne me lisent pas de Yan Giroux, le public découvrira les œuvres qui se sont démarquées dans les catégories du Prix du public, Meilleur premier film, documentaire, des films qui ont brillé à l’internationale, court métrage et Iris Hommage 2019.

Lire aussi : Karine Gonthier-Hyndman et Guillaume Lambert animeront Le Gala Artisans Québec Cinéma

Lire la suite

Culture

La BAnQ donne accès à 250 000 images aériennes du territoire québécois

Avatar

Publié

le

Les Québécois ont « dorénavant accès aux images de Pierre Lahoud qui documentent de façon magistrale notre histoire nationale récente », a déclaré aujourd’hui Jean-Louis Roy, président-directeur général de BAnQ ».

Pierre Lahoud est photographe et historien du patrimoine qui a traversé la province en avion pour y capter des paysages inédits pendant plus de quarante ans.

Il avait confié dans un article du Devoir en 2016 : « je n’ai jamais vu autant de changements dans le paysage que depuis les dix dernières années. […] Et dire qu’il y en a encore qui ne croient pas au réchauffement de la planète. »

À quoi ressemble le Québec entre 1985 et 2008?

Le fond photographique acquis par la BAnQ est sous la forme de diapositives créées entre 1985 et 2008. Elles couvrent l’ensemble des régions administratives du Québec.

« En quatre décennies, il survole plusieurs fois le territoire de la province de l’Abitibi aux Îles-de-la-Madeleine et de l’Estrie au Nunavik », explique le communiqué de la BAnQ.

L’héritage de Lahoud illustre à travers des photographies aériennes l’évolution du territoire habité et naturel du Québec. On peut y découvrir les transformations des villes et des villages, les modifications de l’aménagement du territoire, et ce, sur une période d’un peu plus de 20 ans. Ils comportent notamment des informations rares sur le contexte de création des documents.

Les 250 000 photographies peuvent être consultées à la BAnQ Québec, pavillon Louis-Jacques-Casault du Campus de l’Université Laval, 1055, avenue du Séminaire, à Québec.

Les archives photographiques de l’historien Pierre Lahoud.
Crédits photo Pierre Lahoud.
Crédits photo Pierre Lahoud.
Crédits photo Pierre Lahoud.
Crédits photo Pierre Lahoud.

Lire aussi : Montréal : des installations RV vous plongent dans des peintures célèbres

Lire la suite
Publicité

Nous suivre sur Facebook

en-avant