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Culture

Balenciaga, le couturier architecte en visite à Montréal

Hanen Hattab

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Crédit photo Musée McCord

Tailleur de formation, le célèbre Balenciaga a marqué le monde de la mode par sa ligne audacieuse et sculpturale. Ses créations iconiques se dévoileront au public montréalais du 15 juin au 14 octobre 2018 au musée McCord.

Une collection du Victoria and Albert Museum à Londres

La rétrospective consacrée à Cristobal Balenciaga et ses disciples est une première en Amérique du Nord. Une grande partie des 80 robes, chapeaux et accessoires exposés ont traversé l’Atlantique pour débarquer dans la métropole qui a connu le couturier à travers l’enseigne Holt Renfrew et Ogilvy, commanditaire principal de l’exposition.

« Nous profitons de l’occasion pour exposer quelques robes de Cristóbal Balenciaga provenant de notre collection, tout en mettant en perspective l’influence considérable qu’il a eue sur de nombreuses générations de designers, de même que sur l’histoire et l’évolution de la haute couture. Balenciaga a été une véritable source d’inspiration et son influence se perpétue encore aujourd’hui » Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction du Musée McCord.

Le parcours chronologique de l’exposition interroge l’évolution des styles et des silhouettes et aborde les différentes pistes créatives de l’artiste. Ses recherches ont autant porté sur les formes, le montage inédit des pièces que sur la création des matières et des textures.

On peut constater l’engouement pour les volumes simples notamment au niveau des chapeaux. Pour ce faire, le créateur a recours à plusieurs techniques de mise en forme, entre autres le façonnage du tissu sur le corps et la création de gabarit structuré qui supporte le vêtement.

Ses techniques sont expliquées par des vidéos et des croquis de l’artiste. On peut aussi essayer sur place le modèle de la pièce bouffonne qui grâce à sa forme libre peut être portée comme cape, jupe ou bustier.

Une créativité qui puise dans l’art moderne et l’héritage espagnol

La robe sac, la robe baby dole ou la robe enveloppe, sont les modèles phares de l’œuvre de Balenciaga. On retrouve leurs influences dans les pièces des créateurs qui ont appris le métier dans son atelier et ont été influencés par ses détails maximalistes et ses superpositions qui déconstruisent le vêtement tout en épousant les formes du corps.

Le jeu sur les proportions et le déploiement du vêtement dans l’espace lui ont valu le surnom du couturier architecte. L’exposition est ainsi l’occasion de réfléchir sur comment l’artiste espagnol a influencé le travail de Paco Rabanne, Pierre Balmain, Yohji Yamamoto, etc.

« Balenciaga, maître de la haute-couture » est une exposition qui traverse le XXe siècle et témoigne des hyphes que les artistes modernes ont tendu à notre époque.

On apprend aussi que la décoration chrétienne a impacté son style graphique. Les couleurs qui dominent sa palette témoignent d’une présence raffinée de la culture espagnole.

Le rouge, le noir et le blanc se déclinent dans des matières opaques et transparentes évoquant les reflets et les lumières qui font le charme de son pays natal.

La texture et le tombé raide du gazar, le fameux tissu créé par Balenciaga en collaboration avec son artisan de textiles la maison Abraham de Zurich en 1958, en disent long sur sa vision architecturale et son goût pour le contraste entre ombre et lumière. D’ailleurs, la ressemblance entre le mouvement architectonique de son sublime chapeau en spirale (1962) et l’hélice intérieure du musée Guggenheim (1959) de Frank Lloyd Wright est on ne peut plus parlante.

Son Espagne s’épanouit majestueusement dans la dentelle en relief, les broderies et le montage de divers ornements dont l’extrême finesse s’expriment à travers la robe du soir et combinaison en soie et plumes d’autruche créée en 1966.

Les textes et la scénographie de l’exposition mettent l’accent sur son savoir-faire et portraiturent de fait le créateur comme étant un esprit moderniste guidé par l’amour du corps et de la matière.

Crédit photo:
Crédit photo Musée McCord

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Culture

Notre sélection de sorties cinéma

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La saison du popcorn et des salles obscures commence timidement. Alors, quoi de neuf à l’affiche cette semaine ? Beaucoup de cinéma et de folie !

L’Amour à la plage

C’est une romance tournée par Judith Plamondon et Lessandro Socrates. Le film est sorti ce 14 septembre.

Synopsis :

L’Amour à la plage offre un portrait intimiste de quatre hommes et femmes de 70 ans qui vivent des débuts amoureux. Ces snowbirds québécois migrent chaque hiver pour la Floride en quête de soleil, de chaleur et de compagnie. Derrière leur quête d’amour se cache un désir de profiter de cette deuxième -et ultime- jeunesse qui vient avec la retraite. Avec un humour doux-amer, L’amour à la plage témoigne de leurs tribulations conjugales et autres désillusions, mais surtout, de leur grand besoin d’amour. Car ces vieux amoureux caressent tous l’espoir d’avoir quelqu’un avec qui faire le reste du chemin.

Billetterie et salles

La chute de l’empire américain

Ce drame réalisé par Denys Arcand est sorti le 29 juin 2018.

Synopsis :

Pierre-Paul, 36 ans, intellectuel et docteur en philosophie est forcé de travailler comme livreur pour avoir un salaire décent. Un jour, en allant livrer un colis, il tombe sur une scène de vol à mains armées qui tourne mal : deux morts. Il se retrouve devant deux sacs de sport remplis de billets de banques. Pierre-Paul est confronté à un dilemme: repartir les mains vides ou prendre l’argent et fuir?

Billetterie et salles

Laissez bronzer les cadavres

Hélène Cattet et Bruno Forzani ont réalisé ce western français !

Synopsis :

La Méditerranée, l’été : une mer d’azur, un soleil de plomb… et 250 kilos d’or volés par Rhino et sa bande! Ils ont trouvé la planque idéale : un village abandonné, coupé de tout, investi par une artiste en manque d’inspiration. Hélas, quelques invités surprises et deux flics vont contrecarrer leur plan : ce lieu paradisiaque, autrefois théâtre d’orgies et de happenings sauvages, va se transformer en un véritable champ de bataille… impitoyable et hallucinatoire !

Adapté du premier roman du même nom de Jean-Patrick Manchette, l’un des auteurs les plus marquants du polar français, voici un western transposé dans un style post-moderne si particulier au tandem derrière le film qui se joue des conventions et apporte du coup un résultat sensoriel inédit.

Billetterie et salles 

Bientôt dans les salles : Quand les pouvoirs s’emmêlent : Un film sur la femme et la laïcité

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Culture

Le Canada fête la culture scientifique

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Nous célébrons aujourd’hui pour la quatrième fois au Canada la semaine de la culture scientifique. À cette occasion, Ottawa réitère son soutien au programme national PromoScience.

À partir du 17 jusqu’au 23 septembre, plusieurs activités et concours mettront en valeur la science et la technologie partout au Canada.

Une semaine de la culture scientifique qui souligne la lecture

David Saint Jaques, l’astronaute de l’Agence Spatiale Canadienne, participe à la compagne 2018, thématisée « Je lis la science! »

Vous pouvez consulter le programme de la semaine de la culture scientifique au Québec ICI

Un concours est notamment lancé pour gagner des livres et des magazines dont la valeur s’élève à 4500 $.

Des subventions pour appuyer les programmes qui promeuvent la science

La semaine a été lancée par Kirsty Duncan, ministre des Sciences et des Sports, au Musée des sciences et de la technologie à Ottawa.

M Duncan a annoncé l’octroi de 11,9 millions de dollars au titre de 163 subventions par l’entremise du Programme PromoScience.

« Les subventions PromoScience aident à inciter les jeunes Canadiens à faire des sciences une partie intégrante de leurs études, de leur carrière et de leur vie. » M Kirsty Duncan.

À noter que PromoScience est sous l’égide du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

Le programme touche en outre à l’accès au travail. Il s’assure « que les Canadiens ont des opportunités d’emploi « qui permettent de concrétiser leur passion des sciences. »

Parmi les plus importants bénéficiaires de ces subventions, on compte l’organisme Actua qui recevra 936 000 $ sur trois ans. Les subventions profiteront aussi aux programmes Parlons sciences, Scouts Canada et la Carleton University.

À savoir :

Dans le budget de 2018, le gouvernement propose un investissement sans précédent. 4 milliards de dollars seront répartis sur cinq ans dans la recherche et la prochaine génération de chercheurs.

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Culture

De Miró aux sciences naturelles : Québec reçoit des expositions exceptionnelles en 2019

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Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) et le Musée de la civilisation du Québec (MCQ), en partenariat avec la Ville de Québec, annoncent des expositions exceptionnelles, en 2019, dans la capitale nationale : Miró à Majorque. Un esprit libre. Et Un musée grandeur nature. Cette dernière regroupe deux expositions axées sur les sciences naturelles.

Présentés en 2019, ces événements internationaux sont financés par l’Entente de développement culturel entre la Ville de Québec et le gouvernement du Québec. « En favorisant la prestation d’événements culturels grandioses, nous contribuons à créer une ville attrayante, entraînant ainsi des retombées économiques et touristiques substantielles. Nous l’avons d’ailleurs constaté avec les expositions Alberto Giacometti et Hergé à Québec l’an dernier », a souligné Régis Labeaume, maire de Québec.

La subvention totale de 1 million de dollars, divisée en parts égales entre les deux musées, provient de la Mesure d’aide financière à l’intention des musées d’État pour des expositions internationales majeures, précédemment annoncée lors du renouvellement l’Entente de développement culturel 2018-2020.

De Miró au Musée national des beaux-arts du Québec

L’exposition sur Joan Miró, artiste reconnu mondialement, se tiendra en primeur sur le continent nord-américain du 30 mai au 8 septembre 2019. En partenariat avec la Miró Mallorca Fundació (Espagne), elle comprendra un ensemble exceptionnel de plus de 150 peintures, sculptures et œuvres sur papier, dont plusieurs toiles de grand format et travaux inédits. Il s’agit de la première exposition de Miró au Québec depuis plus de 30 ans.

« Un tel événement de calibre international vient renforcer le statut de destination culturelle de la ville de Québec, au bénéfice de ses citoyens comme de ses touristes »

– Christiane Germain, présidente du MNBAQ.

La sélection d’œuvres rend compte de la période où l’artiste s’est établi à Majorque, où il a été particulièrement prolifique pendant 25 ans, créant plus du tiers de l’ensemble de son œuvre.

Le parcours sera construit autour de quatre grands thèmes représentatifs du travail de Miró et se déploiera dans les quatre salles temporaires du pavillon Pierre Lassonde. L’événement sera accompagné d’une riche programmation d’activités culturelles et éducatives.

Deux expositions d’envergure au Musée de la civilisation

L’événement Un musée grandeur nature se tiendra du 24 avril 2019 au 5 mai 2020. Il regroupera de façon simultanée deux expositions d’envergure internationale : Venenum, un monde empoisonné, du musée des Confluences à Lyon, et Trésors du monde naturel, du Musée d’histoire naturelle de Londres.

« Ce geste d’appui d’une importance majeure nous encourage à développer davantage le potentiel attractif extraordinaire que possèdent nos expositions »

– Michel Dallaire, PCA du MCQ.

La première exposition dévoilera les mystères rattachés aux poisons et leurs utilisations par l’Homme. Les visiteurs pourront même observer en toute sécurité des poisons toujours présents dans la nature, dont des spécimens vivants de serpents, batraciens, arachnides et poissons. En 2017, Venenum, un monde empoisonné a été l’exposition hors beaux-arts la plus visitée d’Europe.

La deuxième présentera quelque 200 pièces d’une richesse scientifique remarquable, dont une page manuscrite de la main de Charles Darwin, le squelette d’un tigre à dents de sabre et un panache du plus grand cervidé disparu il y 8 000 ans. Uniques et inusités, les objets raconteront, à leur façon, l’histoire de l’humanité.

Source : MNBAQ

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