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Culture

Balkrishna Doshi remporte le « prix Nobel » d’architecture

Hanen Hattab

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Balkrishna Doshi (photo courtesy of VSF)

Le 45e prix Pritzker a été attribué, aujourd’hui 7 mars 2018, à l’architecte indien Balkrishna Doshi. Cette prestigieuse récompense est l’équivalent du prix Nobel.

Doshi est le premier indien à avoir gagné le prix Pritzker. Il le dédie à l’architecte français Le Corbusier qui a considérablement influencé son œuvre en l’amenant à questionner son identité et à conjuguer l’expression contemporaine et l’architecture vernaculaire régionale de l’Inde. Doshi a travaillé aussi avec l’architecte américain Louis Kahn, une autre grande figure de l’architecture moderne du XXe siècle.

Le vocabulaire architectural du maître indien mêle l’artisanat, les traditions et la culture de son pays aux éléments structurels préfabriqués. Il a réalisé une centaine de projets administratifs, résidentiels et culturels. Le prix Pritzker cite l’Aranya Low Cost Housing (Indore, 1989), l’Institut Indien de Management (Bangalore, 1977-1992), inspiré des temples indiens et son bureau Sangath Studio (Ahmedabad, 1980).

Indian Institute of Management, Bangalore (photo courtesy of VSF)

« Doshi est parfaitement conscient du contexte dans lequel ses bâtiments sont situés. Ses solutions prennent en considération les dimensions sociales, environnementales et économiques, inscrivant de facto son architecture dans la durabilité », ont souligné les membres du jury.

Celui qui a passé soixante ans de sa vie à enseigner et à dessiner des bâtiments réputés à l’échelle internationale semble imprégné par l’essence même du vivant.

« Chaque objet qui nous entoure, la nature elle-même, les lumières, l’eau, le ciel et les orages, forment une symphonie », a expliqué Doshi. « L’architecture incarne cette symphonie », a t-il ajouté.

Le jury a aussi été sensible aux fondements poétiques et philosophiques qui caractérisent son travail.

Sa récompense coïncide avec le 40e anniversaire du prix Pritzker financée par la Fondation Hyatt et qui aura lieu en mois de mai au musée Aga Khan, à Toronto, en collaboration avec la faculté John H. Daniels d’architecture, d’aménagement paysager et de design à l’Université de Toronto.

Crédit photo:
Balkrishna Doshi (photo courtesy of VSF)

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Culture

HUB Montréal – Le marché des industries créatives se tient dans la métropole

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La seconde édition de HUB Montréal – « Le marché des industries créatives », se tient dans la métropole du 12 au 14 novembre. L’Organisme à but non lucratif (OBNL) Antenne créative, bénéficie à cet effet d’un soutien du gouvernement pour encourager la promotion et l’expertise du talent québécois.

« Montréal occupe une place enviable au palmarès des villes créatives désignées par l’UNESCO. Au gouvernement, nous avons la conviction que nous devons encourager les initiatives qui, comme Hub Montréal, misent sur la promotion de l’expertise et du talent québécois et mettent en valeur les industries créatives d’ici qui sont créatrices d’emplois et de richesse », a fait valoir Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal.

Hub Montréal est une activité de réseautage qui favorise les maillages d’affaires en créativité numérique dans les domaines de la culture et du divertissement. Destinée aux professionnels, la programmation comprend des ateliers, des conférences, des panels et des activités d’échanges. De nombreux délégués internationaux y sont rassemblés autour de vitrines de technologies de l’industrie créative locale.

Potentiel créatif et savoir-faire des entreprises québécoises

Pour Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications, « HUB Montréal vise à mettre en valeur le potentiel créatif et le savoir-faire des entreprises québécoises dans un contexte favorisant les collaborations et les liens d’affaires ». « Notre gouvernement est fier de soutenir la réalisation de cet événement très attendu et qui contribue activement au dynamisme de l’industrie créative de chez nous », souligne-t-elle.

Le Secrétariat à la région métropolitaine du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation octroie à HUB Montréal un montant de 60 000 $ provenant du Fonds d’initiative et de rayonnement de la métropole. De son côté, le ministère de la Culture et des Communications accorde 19 500 $ provenant du programme Appel de projets pour l’invitation à des diffuseurs et programmateurs hors Québec 2018-2019. La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), une société d’État relevant de la ministre de la Culture et des Communications, soutient également l’événement.

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Culture

The Nutcracker ou l’acousmatique des noix cassées

Hanen Hattab

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Pour le philosophe italien Giorgio Agamben, le geste dans l’art est un mouvement « qui a en soi sa propre fin ». Dans l’oeuvre The Nutcracker, Maria Kefirova mène cette idée en y ajoutant un ingrédient réflexif et esthétique. Grâce à la rencontre du corps en mouvement et sa trace sonore récupérée, l’artiste est parvenue à amplifier l’effet de cette énergie sans fin extérieure.

Durant toute la représentation, l’artiste a agencé des sons pré-enregistrés et d’autres réalisés in situ à partir de ses mouvements, de haut-parleurs, de micros, un caisson en bois et un seau de noix de Grenoble.

Dans des figures abstraites où elle met à rude épreuve son corps, la matière sonore jaillit à partir de plusieurs sources.  Avec une variation du volume, de la qualité et de la propagation du son, s’élabore un jeu entre proche et lointain, mouvement et repos, absence et présence, extérieur et intérieur. Pour exprimer ces dichotomies, Kefirova interroge notamment le rapport entre le son et sa provenance. L’artiste s’est amusé à repositionner l’impact, le coup, le choc et l’empreinte physique du son.

Crédit photo Frederic Chais

Ainsi, d’une part, le récepteur est désorienté sur l’origine de ce qu’il entend. D’autre part, cela permet à la performeuse de créer des coordonnées spatiales qui se situent sur le plan du temps chronique et dans l’espace de la performance. Il en résulte une composition sonore dont Kefirova, en qualité de designer, redouble la structure en dessinant sur le sol une constellation de noix. Elle le faisait en utilisant son corps, en outre, comme outil de mesure. Le plancher se convertissait en canevas sur lequel les repères qu’elle pose jouent le rôle de témoins de cette énergie inutile savamment récupérés par le bruit de fond.

The Nutcracker provoque les affects de l’absurde et de l’appréciation sensorielle

La distribution spatiale des gestes et des sons et le contenu des fragments enregistrés semblent rappeler que le son est une matière qui s’exprime à l’imparfait. C’est à ce niveau que se révèle son talent d’interprète tenace. Kefirova pouvait autant transformer son corps en instrument silencieux, que simuler le devenir objet résonnant. Au début de la performance, on la voyait dessiner sur son visage un rictus glaçant, ravalant ou excavant le bruit de son magnétophone. L’œuvre s’achève sur le craquement des noix écrasées qui se mêlent aux enregistrements de bruits similaires. L’absurdité de la scène était à la fois risible et libératrice.

The Nutcracker est une performance qui ne représente pas de personnages et qui ne raconte pas d’histoire. Elle évite même avec souplesse l’interpellation de référents réels à partir du tableau scénique pour provoquer par l’effet des situations abstraites les affects de l’appréciation sensorielle.

The Nutcracker joue les 13 et 14 novembre à La Chapelle Scènes Contemporaines.

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Culture

Cinq livres pour passer l’hiver

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La foire du livre de Montréal débute la semaine prochaine. Elle aura lieu du 14 au 19 novembre à la Place Bonaventure. Nous vous proposons ici une sélection internationale de livres. On vous laissera de fait le plaisir de choisir des auteurs québécois durant le salon qui les honore en cette 41e édition.

Littérature italienne

L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante, Éditions Gallimard

Résumé : À la fin des années 1950, Elena et Lila vivent dans un quartier défavorisé de Naples. Malgré des études brillantes, Lila abandonne l’école pour travailler avec son père dans sa cordonnerie. En revanche, Elena, soutenue par son institutrice, étudie dans les meilleures écoles. Durant cette période, les deux amies suivent des chemins parallèles, qui tantôt se croisent tantôt s’écartent.

Littérature française

Ronce-Rose d’Éric Chevillard, Éditions de Minuit

Résumé : Si Ronce-Rose prend soin de cadenasser son carnet secret, ce n’est évidemment pas pour étaler au dos tout ce qu’il contient. D’après ce que nous croyons savoir, elle y raconte sa vie heureuse avec Mâchefer jusqu’au jour où, suite à des circonstances impliquant un voisin unijambiste, une sorcière, quatre mésanges et un poisson d’or, ce récit devient le journal d’une quête éperdue.

Littérature hongroise

Abigaël de Magda Szabó, Éditions Viviane Hamy

Résumé : Budapest, Seconde Guerre mondiale. Sans donner la moindre explication, le père de Gina, un général, décide subitement d’envoyer sa fille, orpheline de mère, dans la pension d’une ville de province située au nord-est de la Hongrie.

Littérature américaine

La symphonie du hasard de Douglas Kennedy, Éditions Pocket

Résumé : Un manuscrit, sur les drames et secrets d’une famille américaine dans les années 1960-1970, fait replonger Alice Burns, une éditrice new-yorkaise, dans son propre passé et celui de sa famille.

Biographie

Devenir de Michelle Obama, édition Fayard

Résumé : L’ancienne Première dame des Etats-Unis, première Afro-Américaine à occuper cette fonction, retrace son parcours : son enfance dans le South Side de Chicago, sa formation d’avocate, les années à concilier vie professionnelle et de mère de famille puis les deux mandats passés à la Maison-Blanche. Elle décrit ses victoires et ses défaites ainsi que son engagement en faveur des droits des femmes.

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