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Canada – Arabie saoudite, 7000 étudiants victimes d’humeur diplomatique ?

Baba-Idriss FOFANA

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Photo libre de droit

La relation diplomatique entre le Canada et l’Arabie saoudite a pris un coup dur. En cause, une déclaration faite par la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, via Twitter, suite à l’arrestation de plusieurs militantes saoudiennes des droits des femmes aurait mis le feu aux poudres.

« Très alarmée d’apprendre l’emprisonnement de Samar Badawi, la sœur de Raif Badawi, en Arabie Saoudite. Le Canada appuie la famille Badawi dans cette difficile épreuve, et nous continuons de fortement appeler à la libération de Raif et Samar Badawi », avait twitté la cheffe de la diplomatie canadienne.

Il a fallu 72 heures pour que la réplique tombe et que tout se « dégrade ». Dimanche 5 août, le gouvernement saoudien a donné 24 heures à l’ambassadeur canadien, Dennis Horak, pour quitter le pays. Tout en rappelant son propre ambassadeur à Ottawa, Riyad a annoncé la « suspension de toute nouvelle transaction commerciale avec le Canada et de tout nouvel investissement dans le pays ».

Des étudiants pris dans une crise diplomatique !

Loin d’être satisfait, lundi 6 août, les Saoudiens ont annoncé leur intention de mettre fin aux « programmes de stages et de bourses » de plusieurs milliers d’étudiants saoudiens au Canada. Ces derniers seraient au nombre de 7000, en plus de 5000 membres de leurs familles selon le directeur du département des bourses au sein du ministère saoudien de l’Éducation, Jassem Al-Harbach.

Certains se demandent ce que cherchent les étudiants et leurs familles dans une crise diplomatique entre Ottawa et Riyad, puisqu’ils ne sont pas politiciens. La goutte d’eau a-t-elle fait déborder le vase?

En juillet dernier, lors d’une conférence à Ottawa, l’ambassadeur de l’Arabie saoudite au Canada avait exhorté le gouvernement Trudeau à respecter les décisions des tribunaux du royaume et à cesser de se mêler du dossier de Raif Badawi.

Alors que le Canada, soucieux du respect des droits de l’homme, réclame la libération du blogueur saoudien, Raif Badawi, emprisonné depuis six ans en Arabie saoudite pour avoir critiqué l’islam dans un blogue. Il se trouve que l’une des militantes des droits des femmes saoudiennes arrêtées récemment, Samar Badawi, serait la sœur de Raif Badawi.

Cette nouvelle prise de position d’Ottawa à l’endroit de Samar Badawi ne va-t-elle pas avoir des conséquences sur l’éventuelle libération de M. Badawi, puisqu’en décembre dernier Ensaf Haidar, son épouse, laissait entendre qu’il serait sur une liste de détenus qui obtiendraient un pardon royal.

Le Silence de certaines grandes puissances dénoncé !

En tout état de cause, la suspension annoncée « de toute nouvelle transaction commercial » entre le Canada et l’Arabie saoudite risque d’être bien accueillie par plusieurs activistes défenseurs des droits humains. Ceux-ci dénonçaient la posture d’Ottawa face à Riyad après la vente des centaines de véhicules blindés aux Saoudiens, qui les auraient ensuite utilisés dans la guerre au Yémen, allant jusqu’à tuer des civils.

Véhicules blindés légers de fabrication canadienne vendus aux Saoudiens. Photo rcinet.ca

Mais sur cette question de vente de véhicules de guerre, le gouvernement Trudeau se défend pour dire que « l’entente » entre Ottawa et Riyad avait été conclue avant que les libéraux ne soient aux affaires.

Cela dit, le premier ministre Justin Trudeau est-il prêt à aller jusqu’au bout pour la libération de Raif Badawi sans que cela n’envenime les relations diplomatiques et commerciales, déjà tendues, entre le Canada et le pays dirigé par le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud?

Pour sa part, Amnistie internationale a dénoncé, lundi, le silence de certaines grandes puissances, comme les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, sur les violations des droits de l’homme en Arabie saoudite alors qu’ils auraient une « influence significative » dans le pays. L’ONG de défense des droits de l’Homme souhaite que ces pays occidentaux associent leurs voix à celle du Canada pour faire pression sur les autorités saoudiennes.

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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1 Commentaire

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    Karl

    8 Août 2018 à 6:35

    La petite goutte qui a fait deborder le vase…reaction politique au racisme international. Je ne pense pas que cet événement Saoudie Canadien est le fruit d une seule cause qui l intervention des organisations canadiennes dans la vie privée et l administration du Royaume Saoudien. Les medias occidentaux attaquent tout ce qui est un produit arabe à part les hydrocarbures que ces derniers leur vendent. Beaucoup d’arabes sont critiqués et discriminés par les media et souvent dans l emploi en Occident depuis le début du terrorisme. Tous les arabes et musulmans sont des terroristes, d âpres quelques individus et quelques medias en Occident, comme dans l affaire de Charlie en France. Une atmosphère raciale s est développée contre tous les peuples arabes surtout ceux vivant en occident. Depuis 1973 après le conflit armé Egypte Israël la situation s est encore plus aggravée, en mettant en valeur dans les medias une image négative sur les arabes et les musulmans. La guerre d Algérie 1954-1962 une guerre d’indépendance qui a généré une haine barbaresque poussant la police française a paris à tout simplement jeter des manifestants arabo musulman dans la Seine. Donald Trump qui ne veut plus de refugies musulmans de certains pays arabo musulmans. Le nouveau gouvernement Italien qui prend les mêmes dispositions sur les refugies du moyen orient et d Afrique. Donc tous ce que font les pays arabo musulman et négatif. Avez-vous lu ou vu un seul documentaire positif ou un compliment sur les Arabo musulmans depuis prés d’un siècle. Tous ce que les Arabo musulmans font est négatif. Naturellement quand les pays arabo musulmans achètent des milliards et des milliards de produits et services de l occident, un petit article dans les medias….le business et les gros profits venant du cote des pays arabo musulmans. Par contre quand un citoyen Arabo musulman diplômés universitaires, vivant au Canada, spécialement au Québec se voit rejeter par le monde du travail…Cette histoire entre le Canada et l Arabie Saoudite n est a mon avis que la petite goutte d eau qui a fait déborder en général le gros, gros vase des relations du monde politico économique entre musulmans et l occident.

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Journée nationale des patriotes: Ouvert ou fermé?

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Le Québec fête ce 20 mai, la Journée nationale des patriotes. Voici les établissements qui seront ouverts ou fermés durant le congé.

Dans les autres provinces, les Canadiens célèbrent la fête de la Reine, en l’honneur de la Reine Victoria.

Profitez de cette après-midi pour avoir recours aux services des bureaux administratifs publiques car ils seront fermés lundi prochain.

Ouvert ou fermé?

Ce lundi, 20 mai, les commerces d’alimentation, les centres commerciaux, les pharmacies et les succursales de la SAQ seront ouverts.

Les bus et les métros fonctionnent selon les horaires limités des jours fériés.

Le Casino de Montréal, le jardin botanique et les musées seront ouverts le lundi à l’exception du Musée des Beaux-arts.

Les banques, les bureaux du gouvernement du Québec et ceux du gouvernement du Canada, les succursales de la poste, et certains bureaux des arrondissements seront fermés.

Lire aussi : Où et quand se tiennent les spectacles du Carrousel de la GRC au Québec

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42 233 enfants disparus au Canada en 2018, la GRC veut faire la lumière…

Baba-Idriss FOFANA

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À quelques jours de la Journée nationale des enfants disparus, 25 mai, une journée pour célébrer le retour des enfants disparus retrouvés, pour se souvenir de ceux qui sont toujours portés disparus et pour poursuivre les efforts en vue de les ramener chez eux, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a révélé jeudi qu’en 2018, 42 233 enfants ont été portés disparus au Canada.

En l’honneur de cette journée spéciale, la GRC compte lancer une campagne d’une semaine qui débutera le 20 mai 2019 et qui mettra en vedette des enfants disparus de partout au Canada sur le site Web Disparus-Canada. Cette campagne a pour objectif d’aider à faire la lumière sur les cas d’enfants disparus et d’encourager les personnes susceptibles de détenir des renseignements de les signaler.

La GRC et la Missing Children Society of Canada signeront une entente le vendredi 24 mai afin de renforcer les relations entre les deux organismes et de soutenir leurs efforts respectifs pour retrouver les enfants disparus.

« L’unité de spécialistes de la GRC et ses partenaires travaillent d’arrache-pied et sans relâche pour rendre les enfants à leurs proches chaque année. Cependant, il est toujours possible d’en faire plus. Nous espérons qu’en partageant les histoires de ces enfants disparus, quelqu’un se souviendra peut‑être de quelque chose », a indiqué la Surintendante principale Marie-Claude Arsenault, directrice générale, Centre national des personnes disparues et des restes non identifiés à la GRC.

Partager les histoires pour retrouver les enfants disparus!

Le site Web Disparus-Canada contient des centaines de profils de personnes disparues et constitue un outil d’enquête important. Il est géré par le Centre national des personnes disparues et des restes non identifiés de la GRC, qui aide les organismes d’application de la loi, les médecins légistes et les coroners principaux dans leurs enquêtes sur les personnes disparues et les restes non identifiés partout au pays.

À lire : Ariel Jeffrey Kouakou : 12 mars 2018 – 12 mars 2019, toujours introuvable…

Le 25 mai prochain, la GRC invite les populations à consulter le site disparus-canada.ca et à lire les histoires afin de contribuer au retour des enfants disparus. « Peu importe si l’enquête est en cours depuis de nombreuses années ou si un élément d’information vous semble insignifiant, vous pourriez être en mesure de fournir la pièce manquante du casse-tête », dit-elle.

  • 73 % des enfants et des jeunes portés disparus sont des fugueurs.
  • 62 % des signalements d’enfants ou d’adolescents disparus ont été retirés dans les 24 heures, tandis que 92 % l’ont été dans la semaine.
  • 57 % de tous les signalements de personnes disparues concernent des enfants.

Même si la grande majorité des personnes disparues sont retrouvées après quelques jours, fait remarquer Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, d’autres ne le sont pas. Il reconnaît que ces disparitions bouleversent leur famille et leurs amis, et peuvent s’avérer dangereuses lorsqu’il s’agit d’actes criminels.

À lire aussi : Sign4L : une application pour retrouver les enfants disparus

« Aujourd’hui, nous avons une pensée pour tous ces enfants qui manquent toujours à l’appel et pour leurs proches, qui attendent qu’ils reviennent sains et saufs », a souligné M. Goodale, tout en saluant « les efforts des policiers de tout le pays, qui continuent de travailler sans relâche pour ramener ces enfants chez eux ».

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PL 21 sur la laïcité : l’Archevêque de Montréal met en garde Québec contre un recul des libertés…

Baba-Idriss FOFANA

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Alors que les discussions se poursuivent sur le projet de loi (PL 21) visant à affirmer la laïcité de l’État et à préciser les exigences qui en découlent, « nous ne pouvons que craindre un recul des libertés individuelles », a critiqué jeudi, dans une déclaration, Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal.

Cette sortie de l’Archevêque de Montréal intervient à l’occasion de la dernière journée des consultations particulières sur le projet de loi (PL 21), qui vise à interdire le port de signes religieux à certaines catégories d’employés de l’État, dont les enseignants, et à assurer que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert. « Comment ne pas voir dans l’interdiction du port des signes religieux une entrave à la liberté de conscience et de religion, voire même une atteinte à la dignité humaine de personnes tenues de se cacher ou de taire leur identité au nom d’une présumée neutralité ? », s’est offusqué Monseigneur Christian Lépine.

« Un État qui se dit neutre de manière si subjective ne peut réellement se réclamer du respect de la dignité de ses citoyens, car la société n’est pas homogène »

– Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal

Le projet de loi (PL 21) prévoit en effet modifier la Charte des droits et libertés de la personne en les conditionnant tout comme les droits fondamentaux, au strict respect de la laïcité de l’État. « S’il est compréhensible que l’État puisse affirmer sa neutralité au regard de ses prérogatives, celle-ci est faite pour signifier une ouverture et une bienveillance devant le fait religieux et la diversité de croyances », a martelé l’homme de Dieu.

La religion n’a-t-elle plus sa place dans l’espace public?

L’Évêque montréalais croit savoir qu’« un État qui se dit neutre de manière si subjective ne peut réellement se réclamer du respect de la dignité de ses citoyens, car la société n’est pas homogène ». « Ainsi, comme le soulignait très justement l’Assemblée des évêques catholiques du Québec dans sa déclaration du 6 mars 2019, quel est le bien-fondé d’étendre cette interdiction du port de signes religieux aux enseignantes et aux enseignants sinon de les priver d’un droit fondamental? », a-t-il questionné.

Pour Monseigneur Lépine, si les enseignantes et enseignants ne peuvent pas porter à leur discrétion des signes religieux, le message qui est donné aux enfants et aux jeunes est que la religion n’a pas sa place dans l’espace public, réduisant ainsi les croyants et les croyantes dans leurs droits les plus fondamentaux.

« En tant qu’État de droit, ne pourrait-on pas plutôt envisager une conception de la laïcité à travers laquelle l’État préserverait, protègerait et promouvrait ces libertés dans l’espace public ? »

– Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal

Le guide religieux soutient que le port de signes ou de vêtements comme manifestation d’appartenance à une communauté religieuse est un droit fondamental dans l’exercice de « la liberté de pensée, de conscience et de religion », comme le stipule l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par les États signataires en 1948. « Nous attendons du gouvernement québécois qu’il respecte cet engagement et garantisse ce droit fondamental et inaltérable », a martelé le responsable de l’Archidiocèse de l’Église catholique à Montréal.

À lire : Projet de loi sur la laïcité : un « recul historique » pour les droits fondamentaux ?

Il souhaite que le gouvernement Legault puisse permettre l’établissement d’un dialogue dans le respect mutuel et de découvrir les valeurs et les croyances de toutes les communautés qui constituent et enrichissent « notre société pluraliste et égalitaire », des principes à travers lesquels beaucoup d’autres sociétés jalousent le Québec, selon Monseigneur Christian Lépine.

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