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Candidats indépendants, Zappés de la scène politique québécoise

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C’est bouclé! Les résultats des élections générales québécoises du 1er octobre 2018 sont désormais connus. Seulement quatre des 22 partis politiques en lice ont raflé les 125 sièges de députés. Ni les 18 autres partis politiques, ni les candidats indépendants n’auront un mot à dire à l’Assemblée nationale du Québec.

La Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas que délogé les libéraux du pouvoir. La CAQ de François Legault a aussi emporté les candidats indépendants sur son ‘’passage en force’’ à l’Assemblée nationale. De cinq à la 41è législature, les indépendants sont passés à zéro à la 42è législature du Québec. C’est le constat qui se dégage des résultats des élections générales provinciales du 1er octobre 2018 remportées par les caquistes. Ces transfuges du Parti québécois (PQ) et du Parti libéral du Québec (PLQ) ont fait une « razzia » sur le Québec en mettant fin à 50 ans de règne des deux plus vieilles formations politiques de la province canadienne francophone. Ce choix a été décidé par la majorité des électeurs québécois.

Candidats indépendants, « non merci »!

Ils étaient au total 6 153 465 électeurs inscrits sur la liste électorale en date du 28 septembre. En face, 940 candidats dont 375 candidatures féminines (40 %) et 565 candidatures masculines (60 %). Mais à la veille du 1er octobre, Élections Québec a rapporté que 1 103 206 citoyens ont voté par anticipation du 21 au 27 septembre, soit 17,93 % des personnes figurant sur la liste. Si un peu plus de cinq millions d’électeurs étaient attendu le jour J des élections, finalement ils étaient moins de trois millions, soit 2 997 500 électeurs à accomplir leur devoir citoyen.

Ce sont donc 4 100 706 électeurs qui ont mis fin au suspense électoral qui planait sur plus de 8 millions de Québécois. Ce sont eux qui ont scellé le sort des candidats et redessiné la nouvelle carte politique du Québec.

Le débat est clos. La CAQ a obtenu 74 sièges sur les 125 que compte le Parlement. Contrairement à ce que prédisaient des Instituts de sondages et des analystes politiques, les caquistes, dirigés par François Legault – qui a claqué la porte du PQ pour créer la CAQ en 2011 -, ont la majorité requise pour gouverner le Québec. Ils sont passés de 21 députés (en 3è position à l’Assemblée nationale) lors de la dissolution de la 41è législature le 23 août dernier pour se hisser au sommet. Le PLQ, gouvernement sortant, est passé de 68 sièges à 32 le 1er octobre. Dans cette « dégringolade historique », les libéraux sont « vraiment » sortis du pouvoir. Ils vont devoir se contenter de ne prendre que la tête de l’opposition officielle.

Être quelque part pour exister… au Parlement

À côté des libéraux, il faut compter une nouvelle force politique montante : Québec solidaire (QS). Avec trois députés par le passé, QS est passé à 10 sièges en faisant une “percée historique” aux élections générales de 2018. Le parti orange est allé jusqu’à a délogé le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, dans son château fort de Rosemont. Celui-là même qui ne s’attendait pas à une cinglante défaite dans sa circonscription avait pourtant préparé deux discours pour la soirée du 1er octobre. Trop confiant de gagner cette élection, l’homme se voyait déjà à la tête du Québec avec un gouvernement majoritaire ou minoritaire. Mais le chef ne s’attendait pas à être littéralement terrassé par un néophyte en politique, Vincent Marissal dont l’entrée à Québec solidaire en avril 2018 avait ébranlé les péquistes.

Mais le plus dur pour M. Lisée, qui n’a pas tardé à annoncer sa démission, c’est de voir que sa formation politique a obtenu moins de sièges que les solidaires. De 28 députés, le PQ se retrouve désormais à la queue avec 9 sièges à l’hémicycle. De ce fait, le parti perd non seulement la chefferie de l’opposition officielle mais aussi elle se voit coiffer par Québec solidaire.

Désormais, l’Assemblée nationale du Québec sera aux couleurs de quatre idéologies politiques. Les autres, barrez-vous!

Cette nouvelle configuration politique permet de comprendre que les Québécois sont naturellement idéologistes. Car, aucun des 21 candidats autorisés sous l’étiquette INDÉPENDANTS par le Directeur général des élections (DGE) n’a réussi à se faire élire dans l’une des 125 circonscriptions du Québec. Pour l’ensemble des quatre millions et plus de votants, les indépendants n’ont obtenu que 6 533 votes soit 0,16 % de suffrage exprimé. Cela sous-entend que pour avoir le ticket du « salon bleu » à Québec, il aurait fallu à ces sans idéologies politiques “partisanes” de se fondre dans l’un des quatre grands partis politiques : PQ, QS, PLQ, et CAQ. Car, ces élections ont démontré que même les conservateurs, les néo-démocrates et les verts n’ont pas droit de citer au Parlement, puisqu’aucun candidat de ces formations politiques n’a été élu.

Les électeurs et la question indépendantiste au Québec

Il est vrai qu’au Québec le député indépendant se définit autrement, comme un candidat qui a été élu lors d’une élection sans être associé à un parti politique, ou qui ne fait pas partie d’aucun groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Dans le deuxième cas, il peut s’agir d’un député qui ne fait partie d’aucun parti politique ou dont le parti ne dispose pas d’assez de députés pour former un caucus reconnu.

Sous la 41è législature, le Parlement québécois n’a vraiment pas connu de députés indépendants en tant que tel. Des cinq députés qui y siégeaient sous cette casquette, trois avaient été expulsés dont deux par le Parti libéral du Québec et un par la Coalition avenir Québec. Deux démissions ont été enregistrées, un du côté du PQ et un autre chez les caquistes.

Lire aussi : Quatre visages politiques à la conquête de 6 millions d’électeurs

Pour parler d’élection de député indépendant au Québec, il faut remonter dans le temps. L’histoire électoral de la province apprend que c’est en 1966 que deux candidats indépendants ont été élus lors d’une élection générale. Il s’agit donc de Frank Hanley dans Montréal-Sainte-Anne et Arthur-Ewen Séguin dans Robert-Baldwin.

Il va sans dire que sans drapeau idéologique identifiable, bien déterminé, la probabilité de passer au statut d’élu est improbable dans la province. Cette autre petite page historique sur les indépendants en dit long sur le choix de l’électeur québécois et même sur la question indépendantiste au Québec.

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Bilan de la COP24 : opposition et gouvernement divisés au Québec

Baba-Idriss FOFANA

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Au terme de la 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, tenue du 3 au 14 décembre, en Pologne, c’est l’heure de rendre des comptes. De retour au Québec, l’envoyée du gouvernement à Katowice et ceux de l’opposition ne parlent presque pas le même langage lorsqu’ils font le bilan de la COP24.

Celle qui a conduit la délégation officielle du Québec, du 8 au 12 décembre à Katowice, dresse un bilan positif de la COP24. Une semaine chargée d’événements et d’entretiens qui devrait générer des retombées positives pour les Québécoises et les Québécois. « Cette mission m’a bien sûr donné l’occasion de présenter l’action climatique du Québec et de faire valoir son expertise, mais aussi de tisser des liens avec mes homologues internationaux. (..) Nul doute que cette mission enrichira nos décisions des prochains mois et des prochaines années », a déclaré MarieChantal Chassé, ministre québécoise de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

En attendant les retombées positives des COP…

Mme Chassé se réjouit ainsi d’avoir pu faire rayonner l’expertise des entreprises québécoises et du Québec en matière de tarification du carbone, d’électrification des transports, de technologies propres et de coopération climatique internationale, véritables cartes de visite du savoir-faire québécois.

En la matière, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de PME et d’innovation, Monsef Derraji, ne dit pas le contraire. Après 6 jours à Katowice, le député libéral de Nelligan soutient que cette conférence des Nation Unies sur le climat est « l’endroit tout indiqué pour promouvoir l’innovation du Québec en matière de lutte aux changements climatiques et pour exporter le savoir-faire des entreprises de chez nous à l’international ».

À lire aussi : COP24 : malgré tout, le Québec « bien représenté » à Katowice

D’après M. Derraji, le Québec s’est vu saluer à maintes reprises au cours de l’événement son rôle de leader et sa bourse du carbone. Sauf que, déplore-t-il, la Coalition avenir Québec (CAQ) ne prend aucune mesure concrète ni les moyens financiers pour relancer la diplomatie verte sous leur gouverne et ainsi conserver le rôle de meneur du Québec à l’international.

L’opposition officielle met en garde sur les GES!

Parlant de gaz à effet de serre (GES), le représentant du Parti libéral du Québec à Katowice met en garde le premier ministre François Legault et la ministre MarieChantal Chassé. Car pour lui, « pas question pour le Québec de laisser tomber ses objectifs de réduction des GES pour 2020 ».

D’ailleurs, Monsef Derraji annonce que dans les prochaines semaines les libéraux talonneront le gouvernement afin qu’ils déposent le plus rapidement possible un plan de transition pour atteindre les objectifs de réduction des GES. « La population se mobilise, car l’urgence d’agir est bien présente. C’est au gouvernement de donner le ton », a-t-il martelé.

Et pour donner le ton, la porte-parole de Québec solidaire en matière de transition économique et écologique, Ruba Ghazal, ne passe pas par quatre chemins. Elle demande à la ministre de l’Environnement de « poser un premier geste concret ». « (..) Québec doit se montrer prêt à entamer une transition ambitieuse et à devenir un leader mondial. La ministre Chassé doit poser un premier geste concret: fermer la porte au projet de Gazoduc polluant qui traverserait l’Abitibi-Témiscamingue jusqu’au Saguenay », a exhorté celle qui juge « décevante » la participation du Québec à la COP24.

COP24 « décevante », Ghazal attaque Chassé…

Au dire de la députée solidaire de Mercier, qui s’était rendue à Katowice, « l’accord final de la COP24 est faible et insuffisant pour répondre à l’urgence de la crise » climatique. Mais, reconnait-elle, c’est mieux que de ne pas avoir d’entente du tout. « Mme Chassé est passée en coup de vent à la COP24. Elle est restée seulement 4 jours…le temps de participer à quelques mondanités protocolaires. Une belle occasion manquée de donner une impulsion à son gouvernement en matière de lutte au changement climatique », a critiqué Ruba Ghazal.

À lire aussi : Urgence climatique : la pression monte sur le gouvernement Legault

La solidaire va jusqu’à dire qu’elle commence à « douter que la ministre de l’Environnement ait vraiment reçu le mandat du premier ministre » de réaliser un plan de transition énergétique. « Ce ne serait pas la première ministre de l’Environnement à manquer de marge de manœuvre …c’est un problème chronique », a-t-elle enfoncé.

Au moins, l’opposition et l’envoyée du gouvernement Legault se sont entendus sur une chose : compenser les émissions de gaz à effet de serre générées par l’ensemble des déplacements aériens et terrestres en Pologne.

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Vacances des fêtes : des jeunes remplacent les députés à l’Assemblée nationale du Québec

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La 69e législature du Parlement Jeunesse du Québec (PJQ) réunira du 26 au 30 décembre une centaine de jeunes parlementaires et journalistes. Venant des quatre coins du Québec, ces jeunes âgés de 18 à 25 ans feront l’expérience du système parlementaire québécois en débattant d’enjeux de société de façon non partisane.

Au cours de cette législature du Parlement Jeunesse du Québec, quatre projets de loi rédigés par des participantes et participants occupant le rôle de ministre seront débattus. Les jeunes parlementaires auront l’opportunité de débattre sans être contraints par une ligne de parti. Cette expérience leur permettra d’exprimer librement leurs opinions et d’apprendre à échanger dans un cadre formel. Parmi les thèmes qui seront abordés par les jeunes parlementaires, il sera question de procréation assistée, de transport durable, de justice algorithmique ainsi que d’un projet portant sur le statut de l’artiste dans la société.

À l’expérience du système parlementaire québécois…

À l’occasion de sa 69e législature, le Parlement jeunesse du Québec est fier d’annoncer que Michèle Audette agira à titre de lieutenante-gouverneure lors de notre simulation. Elle présidera la cérémonie d’assermentation des députées et députés de cette législature et prononcera le discours du trône ainsi que le discours de clôture de la simulation, les 26 et 30 décembre.

À lire aussi : Le Parlement jeunesse lance une campagne de recrutement

Mme Audette est une activiste reconnue pour son travail au sein de l’Association des femmes autochtones du Québec et de l’Association des femmes autochtones du Canada. Elle est actuellement commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Pour un recrutement représentatif de la jeunesse québécoise…

En plus d’être plus que paritaire dans sa composition, le Parlement jeunesse du Québec accueillera pour sa 69e législature environ 35 % de représentants et représentantes de différentes communautés culturelles et autochtones du Québec. Il accueillera aussi de nombreux participants et participantes issus des différentes régions de la province, en plus de recevoir des délégations internationales. Ce travail constant depuis des années pour atteindre une grande représentativité porte ses fruits!

Source : AssNat

À lire aussi : Des étudiants s’installent au Parlement québécois

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#Macron20h, pour mettre fin à la crise des gilets jaunes…

Baba-Idriss FOFANA

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En lien avec la crise des gilets jaunes, l’hashtag #Macron20h est l’un des mots clés les plus populaires et suivis ce lundi 10 décembre 2018 sur le réseau social Twitter. En cause, le chef de l’État français, Emmanuel Macron, a décidé de sortir de son mutisme pour s’adresser à ses concitoyens à 20 h, heure de Paris.

Cette allocution d’Emmanuel Macron qui cristallisait toutes les attentions, dans le monde entier, va-t-elle mettre fin à la crise des gilets jaunes qui secoue la France depuis le 17 novembre dernier? En tout cas, le chef a essayé de faire son mea culpa et bien plus que ça!

Tout en décrétant « l’état d’urgence économique et sociale », le président Macron a annoncé une augmentation du SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) de 100 euros par mois dès 2019, la défiscalisation des heures supplémentaires, et une annulation de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités percevant moins de 2000 euros.

Macron déclare l’état d’urgence économique et social…

La sortie du président français était très attendue par le mouvement des gilets jaunes pour désamorcer la crise. Ces derniers, les gilets jaunes, qui dénoncent leur paupérisation, revendiquent entre autres un SMIC à 1 300 euros, la fin de la hausse des taxes sur le carburant, l’indexation à l’inflation du salaire de tous les Français ainsi que les retraités et les allocations, la baisse du prix du gaz, de l’électricité, la limitation des loyers et l’augmentation de logements à loyers modérés, la création d’emplois pour les chômeurs etc. La liste est longue!

Le déploiement de 89 000 forces de l’ordre, une douzaine de blindés de la gendarmerie, n’ont pas suffi a ramené le calme samedi 8 décembre. Les violences engendrées par les manifestations ont occasionné près de 2 000 interpellations dont 1 700 gardes à vue au quatrième jour de la contestation dans l’ensemble du pays. Et le ministère de l’Intérieur faisait état de 31 000 manifestants, 135 blessés, dont 17 policiers.

M. Macron, issu d’un mouvement politique qui ne se réclame ni de la gauche, ni de la droit, qui a gagné la confiance des Français en mai 2017, a vu devant lui depuis quatre semaines, des gens qui eux aussi ne se réclament ni de la droite, ni de la gauche mais très déterminés dans leur revendication.

Malgré ces “mesures fortes”, il est clair qu’Emmanuel Macron ne sera pas capable de satisfaire à toutes les demandes, les exigences et revendications des uns et des autres. Cependant, ce discours pourrait déboucher sur une sorte de dialogue avec les protestataires et mettre fin à la violence que le président a condamné sans resserve.

En attendant la position officielle du mouvement des gilets jaunes, même si certains d’entre eux estiment que les « gestes » du président sont insuffisants, les commentaires et autres spéculations vont bon train sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter avec l’hashtag #macron20h. 

À lire aussi : Macron, un « jeune bourré » de stéréotypes sur les Africains

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