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Carole Poirier: La whip de l’opposition s’exprime

Saoud Maherzi

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Avant Première.
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Nous avons été reçus par la députée et whip du caucus péquiste, Carole Poirier, dans son bureau de circonscription à Hochelaga-Maisonneuve pour une discussion engagée à propos des actualités du moment (de la proposition de loi d’intégration et lutte contre la discrimination à la polémique Guy Nantel), et de sa circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve. Bonne lecture !

Avant Première (AP) : Ces derniers temps, on a parlé d’une grogne au PQ. On a dit que M. Lisée était isolé. Qu’en dit la whip ? 

Carole Poirier (CP): J’appelle ça du commérage. M. Lisée n’est pas du tout isolé. L’article auquel vous faites référence c’est qu’il y a une information qui a coulé à l’effet que dans le caucus il y a eu une forte discussion. Ça arrive, comme dans toutes les familles. Est ce que c’est la première fois que ça arrive ? Non. Est ce que c’est la dernière ? Surtout pas. Le PQ est un parti de débat, puis s’il y a un endroit où ça débat, c’est au caucus. Mais, ce qui se passe au caucus reste au caucus. Que les membres du caucus débattent fortement entre eux, c’est très sain.

AP: Vous avez proposé une loi d’intégration et lutte contre la discrimination. Que propose t-elle de nouveau ?

CP: Moi, j’ai été nommé porte parole en matière d’immigration et de communautés culturelles en octobre, l’an passé. Ce n’est pas un sujet que je connaissais vraiment. Bon, je connaissais comme tout le monde mais qu’est ce que ça veut dire ? Comment ça fonctionne ? Quelles sont les problématiques précises en tant que tel ? Pas vraiment une connaissance pour être capable d’en parler sérieusement. Donc, durant l’automne, j’ai fait une tournée de groupes de différentes communautés. J’ai beaucoup jasé avec des intervenants terrain qui vivent les problématiques de l’immigration. Je les ai écoutés. J’allais juste écouter, apprendre, analyser et en début février, on a sorti ce qu’on a appelé les 20 propositions. Les 20 propositions pour la réussite des personnes immigrantes et réfugiées. C’était assez audacieux, je dois vous avouer, mais ma profonde conviction c’est que la réussite de l’immigration passe par le travail. Ça, j’en suis convaincue à 100%. Pas juste par le travail mais comme axe principal, le travail. Et aussi, dans ce processus, quand on a déposé ces 20 propositions, sont arrivés des évènements. Est arrivée quelques jours avant la mosquée de Québec, et est arrivée cette volonté de cette consultation sur la discrimination et le racisme. Pour nous, cette consultation là, c’était inutile. Inutile parce que c’était la troisième depuis 2006. Alors à un moment donné, il faut comme arrêter de consulter puis de passer à l’action. Alors je vous dirais que si vous prenez ces 20 propositions là, il y a une partie qui viennent du plan d’action du gouvernement actuel. On n’a même pas eu besoin de se forcer, on est retourné dans leur plan d’action pour constater qu’il n’y avait rien, rien, rien qui avait été mis en place. En tout cas, des trucs significatifs. Surtout en ce qui concerne l’État. Et là on est allé voir des statistiques au niveau du gouvernement du Québec, à savoir la diversité est où dans les fonctionnaires au gouvernement du Québec ? Ben, est pas là ! C’est aussi simple que ça, est pas là ! On s’est dit en déposant ces 20 propositions là, ben si on peut donner une espèce de souffle en disant ‘’au lieu de consulter les gens encore, si on appliquait des mesures concrètes ?’’. Des trucs que le gouvernement peut faire juste par volonté politique, je pense qu’on changerait les choses. Et on est parti de ces 20 propositions. On a discuté avec la ministre de l’époque, Mme Weil, on lui a présenté les 20, et elle a fait comme ça [geste dédaigneux de la main]. Elle a rejeté ça du revers de la main. Alors, on a dit « bon, on ne s’arrêtera pas là, on est capable de continuer ». Alors moi j’ai continué à rencontrer des groupes, mais avec les 20 propositions, et les gens nous disaient « ça a ben du bon sens. C’est vers là qu’il faut aller » au lieu de la fameuse consultation. Dans cette proposition de loi, on a dit qu’on voulait avoir trois plans d’action dont un sur l’analphabétisme. Alors on a annoncé des États Généraux sur l’analphabétisme. Pourquoi ? Parce qu’un des constats, dans les personnes qui arrivent au Québec qui disent connaître le français, une grande proportion ne savent pas écrire en français. C’est beau parler, mais si je veux aller sur le marché du travail, il faut que je sache écrire. Et je regardais encore le bilan trimestriel du ministère. Dans les trois premiers mois de 2017,  42% de l’immigration qui est entrée connaissent le français. Y a donc 58% qui ne le connaissent pas. Donc ça, c’est des gens qu’il faut franciser. Donc c’est nous qui paye là. Et lors de notre congrès, il y avait une proposition qui est sur le français et qui dit que dorénavant c’est 100% de l’immigration qui devra parler français.

Crédits: Avant Première.

AP : Gabriel Nadeau Dubois a dit, dans une récente interview avec AP : « il y a deux partis politiques qui récupèrent les inquiétudes (comme dans le cas des demandeurs d’asile haïtiens); qui alimentent les craintes des gens, pour marquer des points électoraux : le Parti Québécois (PQ) et la Coalition Avenir Québec (CAQ). » Que répondez-vous ?

CP : C’est un peu court et un peu simpliste comme affirmation. Moi cet été quand j’ai vu des dizaines et des dizaines de personnes passer les frontières. Ça avait commencé tout ça dès le mois de novembre. Moi j’ai commencé à questionner là dessus au mois de novembre de l’année passée. J’ai vu des gens arriver au centre Pauline Julien les mains, les pieds gelés qui avaient traversé la frontière de façon irrégulière. Pas de bottes pas de manteau là, en plein hiver dans le banc de neige. Moi pour moi, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas là. Je ne trouve pas ça normal. Je ne dis pas qu’il ne faut pas les accueillir, ce que je dis c’est que je ne trouve pas ça normal en Amérique. Qu’on puisse accepter que des gens aient le sentiment profond qu’ils sont chassés de leur lieu de résidence, et qu’ils sont obligés d’aller se réfugier ailleurs. Ça pour moi ce n’est pas ça l’entente des pays tiers surs. L’entente des pays tiers surs devrait protéger les gens, non pas les rendre vulnérable. Alors, je trouve la déclaration de M. Nadeau Dubois simpliste, là. Nous on était plutôt alerte, il faut faire attention à ces gens là. Il faut leur donner des conditions de vie qui ont de l’allure. Pas les accueillir dans la vulnérabilité. Et c’est ce qu’on dit pour l’ensemble des immigrants d’ailleurs. Arrêtons d’accueillir les gens sans prévoir l’arrivée en tant que tel. Et on est capable de la prévoir, l’arrivée. On est capable. Faut juste se donner les moyens.

AP : Parlons de votre circonscription. Quelles sont les principaux défis que rencontre la communauté d’Hochelaga-Maisonneuve ? Et puis comment répondez-vous aux attentes des citoyens ici ?

CP : C’est le plus beau comté du Québec. Les défis sont nombreux, c’est un quartier en transformation. C’est un quartier qui a vu son bâti se transformer. Vous savez, dans les années 70-80, on a vécu nous aussi la mondialisation. Donc le départ des grandes entreprises qui étaient établies ici. De grandes usines qui employaient des milliers de personnes. Tout ça a disparu en l’espace d’une vingtaine d’années. Et en même temps on a vu les taux d’intérêts hypothécaires grimper follement. Donc perte d’emploi, les gens vont vivre ailleurs. Les taux d’intérêts montent. Il y a des propriétaires qui n’ont plus les moyens de garder leur parc immobilier. J’ai vu des propriétaires remettre les clés à la Caisse Populaire et dire : « Je ne suis plus capable. Garde les meubles, moi je ne suis plus capable ». J’ai assisté à l’époque à des rencontres de directeurs de caisses, de banques assis tous ensemble en disant « qu’est ce qu’on fait ? on n’est plus capable là. Il y a quelque chose qui va péter. » Et le mouvement populaire – parce que Hochelaga Maisonneuve, c’est un quartier ouvrier, un mouvement populaire, du monde qui se retrousse les manches qui disent solidairement « on va s’en sortir », ça c’est extraordinaire. Sont nés ici les plus beaux mouvements de solidarité – les premiers CLSC dans les années 70, les premières cuisines collectives, y en a 5000 au Québec aujourd’hui, les entreprises d’économie sociale en insertion à l’emploi qui ont créé le chantier d’économie sociale etc. donc je suis très fière. Mais ça c’est né de la réaction des citoyens à des problématiques qu’ils vivaient et de cette nécessaire solidarité qu’on devait avoir entre nous. Alors là, on passe ces années là, on se lève les manches dans les années 90, et on se dit qu’il faut impulser quelque chose. Et là on se met à transformer nos vieilles usines en immeubles à logements. Certaines en condos, certaines en logement social. Mixité. Le nombre de condos s’est installé de façon importante, particulièrement dans les vieilles usines.  Et là s’est créé une autre catégorie de citoyens, des gens un peu plus fortunés, plus scolarisés qui demandaient autre chose comme offre de commerces. Et là, la rue Ontario s’est transformée qui est notre artère commerciale. Et là on a vu apparaître les petits cafés, les petits restaurants un peu plus branchés. C’est devenu un peu plus attrayant. C’est le même phénomène que le Plateau a vécu, que Rosemont a vécu, que Petite Patrie aussi. Et on vit exactement la même chose. Bon, c’est de la gentrification qui est nommée. Moi je vais appeler ça de la revitalisation. Parce qu’on était tellement bas là que ce mouvement là qui s’est installé de revitalisation du quartier a créé de la gentrification. Mais c’était un mouvement de revitalisation. La volonté populaire était de la revitalisation. Mais la revitalisation comme partout dans le monde donne bien souvent de la gentrification où là tu vas attirer des propriétaires dans un quartier où on était presque à 90% locataires.

AP : Donc la volonté populaire ouvrière de base a en quelque sorte expulsé les ouvriers.  

CP : Non. L’effet condo partout fait monter le prix des loyers. Mais aussi l’économie montréalaise qui fait monter les loyers. Et là comme on a une classe populaire qui a des revenus plus modestes, ben quand on augmente les loyers de ces gens là, c’est aussi les chasser. Alors ils vont se déplacer. Ils se sont beaucoup déplacés à l’Est où les loyers étaient encore moins chers. Et là on voit que ça bouge, ça s’en va encore plus à l’Est. Ce qui est totalement triste, ce qui est totalement inacceptable.

Crédits: Avant Première.

AP : Que pensez-vous de la polémique actuelle à propos de l’humoriste Guy Nantel ?

CP : Écoutez, moi la liberté d’expression je trouve ça important. Je trouve ça tellement important. Que ce soit un humoriste, que ce soit quiconque, je trouve ça important. J’ai tellement peur à (de) la rectitude politique. J’ai peur de ça. Et si on se met à aseptiser tout ce qu’on dit, ça n’existe plus la liberté de parole. Alors c’est ce que je pense de ce qu’a fait Guy Nantel. Je vais lui laisser son droit de parole.

AP : Une dernière déclaration ?

CP : Moi je pense que faire de la politique c’est la chose la plus merveilleuse. Il faut y croire, il faut avoir des aspirations il faut avoir des valeurs. Je crois profondément que le Québec doit devenir un pays. Je suis venu en politique parce que j’y crois. Je crois qu’on a tous les attributs au Québec. On a les ressources, tant les ressources humaines que les ressources naturelles pour faire de ce bel environnement que nous avons un pays fort agréable à vivre. Et actuellement, il y a quelqu’un d’autre qui prend les décisions à notre place et ça pour moi c’est inadmissible. J’ai un collègue qui s’en va à la COP 23 avec le Québec, avec le gouvernement du Québec, parce que le gouvernement amène tout le temps un parlementaire de l’opposition. Mon collègue est fier parce que nous, le Québec, on va aller parler d’électrification des transports, on va aller parler d’hydroélectricité. De quoi va aller parler le Canada ? Il va aller parler des sables bitumineux. Ils n’ont aucune ambition en matière environnementale. Le Canada est zéro en matière environnementale. Ils n’ont fait aucun progrès. Nous on se bat comme des diables dans l’eau bénite au Québec. On s’est payé Hydro Québec, les québécois. Pendant ce temps là, le Canada donne des prêts à Terre-Neuve pour nous concurrencer une ligne hydroélectrique pour vendre aux États-Unis. Alors moi je ne pense pas que le Québec a encore quelque chose à faire dans ce pays là qu’est le Canada. Et en sortir au plus vite pour être bien surs que le Québec puisse continuer à avoir cette belle qualité de vie là qu’on a.

Crédits: Avant Première.

Diplômé de HEC Montréal, Saoud a écrit depuis 2013 dans divers médias. Il dédie le plus clair de son temps libre à la lecture, l’écriture et à la boxe trouvant une cohérence dans l'unité de ces activités. "Find what you love and let it kill you" - Bukowski

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Journalisme : Radio-Canada adapte un nouveau modèle numérique

Baba-Idriss FOFANA

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Dans le cadre des “Matinées numériques Montréal” organisées par l’organisme Espaces temps [entreprise d’économie sociale à but non lucratif], Gigi Huynh, Stratège d’engagement et d’impact à Rad, s’est prononcée sur les « nouveaux modèles innovant du journalisme numérique » : une rencontre animée par Élodie Gagnon en présence de passionnés de journalisme et du numérique au Pavillon Judith Jasmin de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) à l’occasion de cette septième édition.

Rad. C’est le laboratoire de journalisme de Radio-Canada Information. Cela fait environ une année que la Société d’État expérimente un nouveau modèle de journalisme numérique. En attendant sa vulgarisation totale, son but est de « développer de nouveaux formats pour traiter d’actualité et d’enjeux de société pour les 18-34 ans, mais aussi pour tous les citoyens numériques » selon Gigi Huynh, Stratège d’engagement et d’impact à Rad. « c’est comme un mix de stratégie marketing » dit-elle.

Reformer l’info pour les milléniaux

Imprime écran du site Internet de RAD.

À la base, Mme Huynh [Québécoise d’origine asiatique], plutôt plongée dans le monde des jeux vidéos et du digital, n’a jamais fait de journalisme. Son travail ne consiste donc pas à faire du journalisme au sens du terme dans le laboratoire journalistique mais de repenser la manière de rendre l’information aux milléniaux. « Au sein de l’équipe constituée de trois personnes, c’est le chef éditorial qui s’occupe du contenu. Le journaliste a son droit de veto sur la façon de faire le journalisme. En tant que stratège, je m’occupe de tout ce qui est visuel et de l’engagement », explique-t-elle.

Pour la septième édition de Matinées numériques Montréal, Gigi Huynh, Stratège d’engagement et d’impact à Rad, le…

Posted by Matinées numériques Montréal on Monday, February 19, 2018

Mais l’objectif que Radio-Canada veut atteindre, au dire de la Stratège, c’est de produire des articles journalistiques qui non seulement répondent aux normes journalistiques mais qui doivent impacter ou toucher les milléniaux quel que soit le sujet. Car après constat, avance Gigi Huynh, ce qui identifie les 18-35 ans, c’est le numérique : « Notre format est beaucoup visuel, organique et diffèrent du format numérique classique. C’est comme des minis documentaires qui peuvent aller de 3 à 15 minutes selon la portée du sujet ».

En gros, “Rad se distingue par une créativité dans le montage, par la qualité des images et l’animation graphique de ses vidéos, tout en mettant l’accent sur l’interaction avec les internautes sur les réseaux sociaux”, souligne pour sa part  la cheffe éditoriale Johanne Lapierre, dans la présentation du projet sur le site Internet de ici Radio-Canada, section médias numériques.

« Pas de barrière générationnelle »

Loin d’être du “journalisme de marketing”, Mme Huynh révèle que « chaque mois, les journalistes font des ‘’pitchs’’ de 5 mn pour présenter succinctement des sujets sur lesquels ils aimeraient travailler ». « À la suite de cela, poursuit-elle, il y a des délibérations qui se font pour déterminer les sujets et les équipes. Les dossiers peuvent aller jusqu’à deux semaines. Mais un dossier n’est jamais fermé, on peut toujours l’ouvrir tant qu’il y a de l’évolution sur le sujet ». Toutefois, précise la Stratège d’engagement et d’impact, « il ne s’agit pas de créer une barrière générationnelle. Sur un sujet qui sort du laboratoire, d’autres journalistes de la Radio ou de la télé peuvent se mettre à contribution et travailler ensemble ».

Imprime écran du site Internet de RAD.

À la question de savoir si cette nouvelle forme de journalisme numérique d’engagement et d’impact pourrait remplacer le format classique numérique [sachant la place qu’occupe le numérique et les milléniaux sur Internet], Gigi Huynh soutient que les médias ne doivent pas avoir peur de créer et d’innover pour s’adapter aux nouvelles réalités. Car tenez-vous bien ! le sujet le plus populaire depuis le lancement de “Rad” a été le dossier réalisé sur « Les jeunes touchés par l’aide médicale à mourir ou pas ? ».

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Québec arrive à son Rendez-Vous Cinéma avec des chiffres positifs

Hanen Hattab

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Rendez-Vous Québec Cinéma commence demain mercredi 21 février. Il est réjouissant à cette occasion de savoir que l’industrie du cinéma s’est bien portée en 2017. Un des films sélectionnés dans la rubrique Rendez-vous chez vous! par cette 36e édition du festival, a raflé la première position des fictions les plus vues dans la province.

Une enquête sur les projections cinématographiques au Québec a été réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut de la statistique du Québec. Avec les chiffres révélés aujourd’hui 20 février, l’industrie commence l’année 2018 sur une note positive.

Le secteur a connu une forte hausse de fréquentation des films québécois. Parmi les films les plus vus, la première position revient au film De père en flic 2 d’Émile Gaudreault, au troisième rang, Bon Cop Bad Cop 2, d’Alain Desrochers. « C’est la première fois que deux des trois premières places au palmarès sont occupées par des films québécois depuis 2003.», mentionne le Bulletin optique culture. Les huit autres places du classement des films, toutes origines confondues, diffusés sont raflées par des films américains, sachant que ces derniers ont observé une baisse de -7% par rapport à 2016.

La moitié des fictions québécoises vues par le public sont des comédies, parmi lesquelles le bulletin cite Votez bougon de Jean-François Pouliot et Les rois mongols de Luc Picard, classées, respectivement, dans le cinquième et huitième rang du Palmarès des films québécois diffusés dans les salles de cinéma en 2017. Dans cette catégorie De père en flic 2 et Bon Cop Bad Cop 2 ont récolté « à eux seuls 50% de l’assistance aux productions québécoises en 2017. »

Cette augmentation de la consommation des productions cinématographiques de la province va de pair avec celle de la fréquentation des salles obscures. Celle-ci a enregistré une hausse de 4% par rapport à 2016 en atteignant 19,5 M d’entrées.

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Montréal – Cap Haitien : Entrepren’Elle retourne aux sources pour innover

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit Photo: Baba I. F /Avant-Première MTL

Passé le temps du « goudougoudou » [tremblement de terre en créole] et les interminables crises politiques, la Québécoise d’origine haïtienne, Luckny Guerrier, a lancé la Mission Exploratoire Économique Entrepren’Elle (M3E) afin de sortir la jeune femme haïtienne du secteur informel. Une initiative qui passe selon la Cheffe de mission par un « retour aux sources » de la diaspora pour non seulement s’impliquer, mais aussi se ressourcer pour mieux rebondir.

Avant le « Retour aux sources », du 4 au 11 mars 2018 au Cap-Haitien [deuxième grande ville d’Haïti], Luckny Guerrier nous a reçu au « Casserole Kréole » pour nous en dire un peu plus sur ses “motivations entrepren’Elle”. « Cela fait déjà trois ans que nous existons. Les deux premières éditions ont eu lieu à Port-au-Prince. Suite à une invitation de Mme Dieudonne Luma [1ère femme sénatrice d’Haïti], cette année, j’ai décidé de sortir de la capitale pour aller dans les régions et mieux connaître les réalités des jeunes femmes dans le reste du pays », précise la Cheffe de Mission Entrepren’Elle qui entend « créer une alliance entre les femmes du Québec et d’Haïti ».

La diaspora et ses racines : rectifier le tir

C’est justement dans ce cadre qu’une conférence se tient, jeudi 22 février, sous le thème « Entrepreneuriat, Innovation et Créativité au féminin : Retour aux sources », au Centre des Arts de la Maison d’Haïti, à Montréal. Et pour Mme Guerrier, le retour aux sources, n’est rien d’autre qu’une « reconnexion avec ses racines ». Car pour elle, “pour mieux créer et mieux innover, il faudra connaître d’où l’on vient pour savoir où l’on va”. « Je crois que les jeunes de la diaspora ont besoin d’une connexion avec leur origine pour mieux avancer au Québec ou au Canada. J’ai décidé d’utiliser la voie de l’entrepreneuriat féminin pour pouvoir atteindre cet objectif », dit-elle avant de souligner les raisons qui ont motivé le choix de la première vice-présidente du Québec, Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique en qualité d’invitée d’honneur.

Des modèles de femmes à jour…

Luckny Guerrier, Cheffe de la M3E, prône une alliance entre les femmes du Québec et d’Haiti. Photo : Baba I. Fofana

À en croire Luckny Guerrier, les jeunes femmes de la diaspora haïtienne doivent commencer à avoir des modèles à jour. « Et je peux vous dire sans risque de me tromper que Mme Anglade est un modèle à jour pour ces jeunes femmes. Non seulement son profil et son parcours inspirent les femmes au Québec et en Haïti, mais aussi c’est une Haïtienne qui pense au développement de son pays d’origine. En plus, elle est ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la stratégie numérique. Chose qui cadre avec le thème de cette troisième Mission Exploratoire Économique (M3E) », soutient celle qui pense que les populations haïtiennes doivent se réveiller et se prendre en main.

« Qu’on arrête de s’impliquer aux côtés des hommes politiques et se consacrer à nos propres affaires. L’entrepreneuriat est une solution qui pourra aider à relever les femmes et le pays. Une fois que le secteur économique ira mieux, tout ira de mieux en mieux pour chaque Haïtien », conscientise Mme Guerrier tout en reconnaissant que l’entrepreneuriat au féminin ne date pas d’aujourd’hui en Haïti. « Sauf que, poursuit-elle, la majorité de ces femmes évoluent dans l’informel. Je pense que cela est une réalité dans la plupart des pays du Sud. C’est ce que nous voulons changer ».

Entre intentions et actions

Sachant qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, la Cheffe de M3E compte passer à l’action, lors de la conférence du 7 mars prochain, dans la ville du Cap en abordant spécialement la question de l’accès au financement. « Nous allons voir comment les femmes peuvent avoir un accès facile au financement de leur projet. Cette problématique est une réalité en Haïti tant bien du côté des femmes que des hommes. Nous allons également aborder la question des outils en matière de création d’entreprise avec le plan d’affaire et initiés des ateliers sur le business model. Mais aussi, on aura un défi de créer collectivement un incubateur cette journée-là », rassure Luckny Guerrier, ex-déléguée de la diaspora du Gouvernement jeunesse d’Haïti.

Mme Guerrier veut reconnecter Haiti et “ses origines africaines”. Crédit : Baba I. Fofana

Celle qui est née au Canada, qui y a étudié et travaillé dit être tombée en amour pour Haïti après avoir participé à la Semaine de la diaspora en Haïti et au premier Forum jeune avec Élan Haïti en 2014. Avec sa compagnie M3E, la jeune « Guerrier » a “élu domicile dans l’avion” pour pouvoir étendre sa toile dans le monde entier, mais aussi de pouvoir connecter Haïti à ses racines : « Je n’ai jamais créé d’événements à Montréal, parce que mon bureau est dans l’avion. Je suis plus dans les projets à l’international. J’ai décidé de commencer par Haïti. Mais mon objectif, c’est de travailler à travers le monde, surtout aller vers mes racines ». Et aller vers ses racines, c’est aussi « le retour à la source » en Afrique : avec l’ambition de conduire une toute première Mission Entrepren’Elle sur le continent en 2020.

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