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Culture

Claire Denis se confie sur son dernier film High life

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La cinéaste française Claire Denis se confie sur son nouveau film High Life qu’elle a présenté au festival international du film de Toronto. Sa première réalisation en langue anglaise met en scène Robert Pattinson, Mia Goth et Juliette Binoche et raconte l’histoire de criminels envoyés dans l’espace.

Quitterie Hervouet – Pourquoi avoir décidé d’aller dans cette direction au niveau artistique?

Claire Denis – Je ne l’ai pas vraiment envisagé comme un film de science fiction au sens propre d’abord parce que Je n’en avais pas les moyens. J’ai voulu faire un film de prison qui est dans un espace si loin de la terre que les personnages du film ne pourront pas revenir car le temps de leur vie est trop courte, une prison où on ne pourra jamais sortir.

QH – Cette idée vous est venue comment?

CD – C’est l’idée des cobayes. C’est l’idée qu’à la fin des fins dans une économie où la peine de mort existe encore et qu’on peut vendre un rein pour nourrir sa famille, c’est mieux d’envoyer des humains que des chiens dans l’espace. Avec des humains on peut faire des choses plus intéressantes comme dans les camps de concentration on pourrait dire. J’ai été dans le camp de Dachau et il y avait le pavillon médical. Ce sont des choses qu’on n’oublie jamais. Je me suis dit qu’au fond, on n’est pas si loin du fait que certains pays puissent vendre des criminels pour leurs organes ou des tests.

C’est parti également d’une autre idée, le rapport père – fille. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que je fais un film sur ce sujet.

QH – Vous auriez pu faire cette histoire en français, pourquoi avoir décidé de  choisir l’anglais ?

CD – A mon avis, ce qui se passe dans l’espace c’est soit avec des russes, soit avec des américains. De plus en France, il n’y a pas la peine de mort. J’ai donc choisi un pays l’Amérique où il y a la peine de mort. Pour moi, il fallait également que ce soit une langue utilisée dans l’espace. Et il n’y en a que deux aujourd’hui, l’anglais et le russe. Même l’astronaute Thomas Pesquet qu’on a rencontré à Cologne lors du tournage parle anglais et russe.

QH – Pourquoi avoir choisi de travailler avec Robert Pattinson?

CD – Je ne l’ai pas choisi. J’avais pensé à quelqu’un d’autre qui était plus âgé que lui. En fait Robert, c’est choisi. Nous nous sommes rencontrés et au début Je le trouvais jeune et tout d’un coup j’ai compris que c’était lui. Et je dois dire que j’ai fait ce film avec peu d’argent. Les acteurs ont fait des sacrifices. Mais j’aime que l’équipe soit soudée. L’amour que je porte à mes techniciens et à mes acteurs est vraiment important.

QH – Vous avez beaucoup tourné en studio. Vous pourriez m’en parler.

CD – J’ai toujours tourné dans des décors naturels. C’était assez différent de tourner en studio. Il fallait le concevoir, le dessiner ce que j’avais fait dans le scénario. Je savais qu’il y avait le jardin, le « upper level », que ça aurait la forme d’une prison. Le designer Olafur Eliasson, designer a réalisé un travail fantastique et ça correspondait tout à fait à ce que j’avais imaginé.

QH – Vos films sont très différents. Comment arrivez-vous à vous réinventer à chaque fois?  

CD – Vous le trouvez? J’ai l’impression de faire toujours le même film c’est à dire, les relations enfants – parents avec des classes sociales différentes. Des films où il y a peut-être de la violence mais aussi où il y a beaucoup de tendresse.

QH – Feriez-vous un autre film en anglais?

CD – Oui. J’ai d’ailleurs un autre projet en anglais. Tourner en langue étrangère n’est pas une barrière pour moi. Si le film se passe en France alors autant tourner en France. Si le film se passe en Espagne, autant parler espagnol.

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Culture

Montréal : La danse rassemble une musulmane et un juif dans le festival Tangente

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La troisième édition du festival Tangente aura lieu du 10 au 20 octobre prochain. Un nouveau rendez-vous avec la danse qui rassemble les cultures.

Tangente s’associe une fois de plus à Altérité, pas à pas! dans le cadre de l’édition 2019 du festival, dont la mission est de promouvoir la rencontre, le rapprochement, le rassemblement et la création avec l’autre dans la différence.

Pour l’occasion, Tangente présentera trois pièces de chorégraphes provenant du Maroc, de l’Iran et d’Israël, dont deux premières mondiales.

Borderlines

Après des solos remarqués au Festival TransAmériques en 2012 et au Montréal, arts interculturels en 2017, le chorégraphe marocain Taoufiq Izzediou revient à la charge avec une œuvre créée avec cinq jeunes danseurs. Alors que les questions sur les migrations humaines et les frontières alimentent des débats autour du monde, Borderlines met les postes de contrôle sous la loupe, ces barrières visibles autant que celles s’érigeant à l’intérieur de soi.

Premiere

L’Israélien Elad Schechter présentera Premiere, une rare collaboration entre une artiste musulmane et un chorégraphe juif. La pièce est une forme de protestation, une performance initialement mise en scène dans l’ouest de la ville où ils sont nés et ont grandi, Jérusalem. Elad et l’interprète Rand Ziad Taha cherchent à révéler divers aspects de la culture arabe.

La chute

De son côté, le couple créateur composé de la chorégraphe-interprète Nasim Lootij et du dramaturge Kiasa Nazeran se penchera sur la destruction d’œuvres d’art et l’interdiction pour les femmes de danser et chanter en Iran. Dans La Chute, Nasim lutte pour se lever, résistant à des forces hostiles. L’éclairage fragmente son corps telles les branches d’un arbre, une métaphore dramatique pour les efforts des musiciens d’autrefois qui se sont vus empêchés de créer une musique nationale visant à unir les différents groupes ethniques.

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La chute des ventes de disques au Québec se poursuit

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C’est peu dire qu’on n’écoute plus la musique comme nos parents. La vitesse à laquelle l’internet 2.0 et les objets connectés évoluent modifient nos habitudes à un rythme effréné.

Le développement des plateformes web de partage et des supports numériques a engendré à partir des années 2000 la crise du disque. Un phénomène qui se faire ressentir au Québec d’année en année.

En parallèle les ventes des produits numériques n’a pas échappé à la baisse. Comme l’avait pointé un article du Monde en date de 2008 et qui demeure d’actualité, « les habitudes de gratuité acquises par les consommateurs », y est pour grande chose.

Au Québec la baisse (-16%) des ventes d’enregistrements audio se poursuit, selon une étude publiée aujourd’hui par l’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut de la statistique du Québec.

« Sur dix ans, la baisse cumulative des ventes atteint 53 %. Ce déclin est dû vraisemblablement à la popularité des services d’écoute de musique en continu pour lesquels les données détaillées ne sont pas disponibles », précise l’étude.

Par ailleurs, les chiffres dévoilent que la part des produits québécois est en hausse. En effet, on a enregistré un taux de 51 % en 2018 par rapport à 44 % en 2017.

Ventes d’enregistrements audio selon le type de produit, Québec, 2009 à 2018 ( Institut de la statistique du Québec)

Dans l’ensemble, les produits qui ont connu cette baisse sont les suivants :

  • Le CD, -17% par rapport à 2017
  • L’album numérique, -11%
  • La piste numérique, -15%

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Installation immersive, performances et art engagé dans le programme estival du MAC

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Le Musée d’Art Contemporain de Montréal (MAC) a lancé aujourd’hui, 19 juin, sa programmation estivale. Plusieurs sujets d’actualité et pratiques multi-médiatiques seront présentés jusqu’au mois d’août.

L’art engagé de Rebecca Belmore

Les expositions d’été du MAC débutent dès demain 20 juin avec l’artiste anishinaabe Rebecca Belmore. Intitulée Braver le monumental l’exposition réunit une sélection de sculptures, d’installations et de photographies de Belmore remontant à 2001, ainsi qu’une compilation de 10 vidéos de ses performances depuis 1991.

Rebecca Belmore, The Named and the Unnamed, 2002 Collection du Musée des beaux-arts du Canada, achat, 2009. 42607 © Rebecca Belmore Photo : Howard Ursuliak/Morris and Helen Belkin Art Gallery

Ce survol de son travail rend compte de l’étendue de sa pratique et de son engagement politique.

En effet, depuis la fin des années 1980 l’artiste jette un regard sur les conflits et les crises planétaires découlant des changements climatiques, de l’accès à l’eau, de l’utilisation des sols, de l’itinérance, des migrations et des déplacements humains.

L’exposition se poursuit jusqu’au 6 octobre prochain.

Le musée accueille aussi Nadia Myre, Chloë Lum & Yannick Desranleau, Ragnar Kjartansson & The National. Leurs œuvres font échos au thème de la performativité, présent dans la production de Belmore.

Le MAC en collaboration avec MUTEK

Le musée présente ISM Hexadome en première canadienne. C’est une installation vidéo immersive de 360 degrés combinant les arts et la technologie de pointe, inscrite dans la programmation officielle de la 20e édition du festival MUTEK.

ISM Hexadome est une collaboration entre MUTEK et The Institute for Sound & Music de Berlin (ISM) projetant neuf œuvres immersives de plusieurs artistes.

Plusieurs autres événements ponctuent la saison et présentent des collaborations et des créateurs d’ici et d’ailleurs.

Ne ratez pas l’occasion de visiter le musée gratuitement ce vendredi, 21 juin, une initiative qui souligne la Journée nationale des peuples autochtones.

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