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Chroniques

Coderre-Plante : vers la victoire de la raison

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit: Affiches des candidats reçues par la rédaction/Avant Première
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C’est avec beaucoup d’attention que j’ai suivi le débat Plante –  Coderre, jeudi 19 octobre, dans les locaux d’une télévision locale. Suite à quoi, nous avons été conviés sur un plateau télévisé pour débattre de la prestation des deux candidats à la mairie de Montréal.

En attendant le 5 novembre, mon intention n’est pas de refaire le débat Coderre-Plante, encore moins le débat du débat auquel j’ai été convié. J’ai souhaité en parler dans ce billet parce qu’on a entendu beaucoup d’élucubrations après le débat organisé par la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain (CCMM). Je voudrais juste rappeler à la raison.

À entendre certains laudateurs, il y aurait eu un cataclysme. Lequel ? Valérie Plante aurait réussi à « planter » Denis Coderre avec sa dernière énergie. Elle serait donc en roue libre pour terrasser le maire sortant, qui n’aurait pas bien préparé le débat, qui aurait sous-estimé le débat parce que son bilan serait indéfendable. Et ça jubile ! Faut-il pour autant croire qu’une élection se gagne en regardant la télévision pendant une heure de temps ? Non !

Je suis d’accord que Mme Plante est comme un électron libre, qui n’a de compte à rendre à personne. Elle a des ambitions, elle fait rêver. Mais n’ayons pas la mémoire courte. Montréal de 2013, ce n’est pas Montréal en 2017. Balayer du revers tout ce qui a été accompli par l’administration Coderre, c’est vouloir cacher le soleil avec une main. C’est donc perdre la raison !

Disons-le tout net. Si Coderre doit perdre, ce n’est pas parce que Plante est à la hauteur. Ce n’est pas à cause d’une quelconque gestion. Ce n’est pas que Montréal fait pitié. Ce sera juste le vent du changement. Mais quel changement ? Pour ma part, je conviens avec cette citation de Dan Millman qui dit que : « Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas pour se battre contre l’ancien ».

À bon entendeur !

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Actualités

Oxfam : De l’aide à l’inconduite humanitaire…

Baba-Idriss FOFANA

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Photo libre de droit

La nouvelle continue de faire couler beaucoup d’indignation depuis le vendredi 9 février 2018. Des employés d’Oxfam en Haïti s’offraient des prostituées grâce à de l’aide humanitaire, peu après le séisme qui a fait près de 300 000 morts en 2010. Et ce n’est pas tout ! Dans ce scandale sexuel, on parle aussi du Tchad, du Sud-Soudan, du Liberia et même d‘agressions sur des mineurs.

C’est un secret de polichinelle. Du Tchad au Sud Soudan en passant par le Liberia et Haïti, la réputation de l’organisation caritative vient de prendre un sérieux coup dans le “monde sensible”. Les révélations du quotidien britannique The Times selon lesquelles plusieurs employés d’Oxfam Grande-Bretagne se sont offert les services de prostituées haïtiennes dans des résidences payées avec de l’aide humanitaire [pourtant destinée à alléger les souffrances de la population après le séisme de 2010] risque d’entacher sa crédibilité durablement.

#MoiAussi, #OxfamAussi !

S’il est vrai que « Oxfam » est une confédération composée de vingt organisations indépendantes de même sensibilité qui agissent « contre les injustices et la pauvreté ». Cependant, aucune d’entres elles n’avait eu le courage jusqu’ici de se prononcer contre ces inconduites sexuelles du directeur local d’Oxfam en Haïti, Roland van Hauwermeiren qui aurait admis avoir reçu des prostituées dans la villa qui avait été louée pour lui. En lieu et place de son renvoi, M. Hauwermeiren s’est plutôt vu offrir la possibilité de démissionner et l’affaire était étouffée. Mais sept ans après, le prix à payer est-il moins ou plus lourd?

Lundi 12 février, c’est la directrice générale adjointe d’Oxfam, Penny Lawrence, qui a annoncé sa démission, tout en exprimant sa « tristesse » et sa  « honte » dans un communiqué. D’ailleurs, Mme Lawrence a déploré la façon dont son organisation a ‘’géré’’ l’affaire sachant que les comportements inappropriés « du directeur pays officiant au Tchad et de son équipe » avaient été « signalés avant qu’il ne se rende en Haïti ».

Comme le phénomène #Metoo ou #MoiAussi, mardi 13 février, la directrice de la prévention interne à Oxfam entre 2012 et 2015, Helen Evans, a dénoncé sur Channel 4 l’existence d’une « culture d’abus sexuels au sein de certains bureaux ». En brisant le silence, Mme Evans a fait état de viols ou tentatives de viols au Sud-Soudan ou d’agressions sur des mineurs bénévoles dans des magasins tenus par l’organisation caritative au Royaume-Uni.

« Oxfam-Québec outré et choqué »

De son côté, la directrice générale d’Oxfam-Québec a affirmé lors d’une entrevue accordée à la Société d’État, Radio-Canada, qu’elle était au courant de l’histoire du Times depuis 2011, et qu’elle en avait été outrée. « Oxfam-Québec et l’ensemble de la confédération internationale d’Oxfam avaient été outrés et choqués par ces événements à l’époque. Ces sentiments sont toujours aussi vifs 7 ans plus tard. En tant qu’organisation qui défend les droits des femmes, notre priorité est de protéger nos partenaires, nos employés, nos volontaires et l’ensemble des personnes, particulièrement les femmes et les jeunes, des abus et de l’exploitation sexuelle », a fait valoir Denise Byrnes, dans une déclaration sur le site Internet d’Oxfam-Québec.

Pour tenter de rassurer leurs donateurs, Mme Byrnes précise que « ni les employés, ni les fonds d’Oxfam-Québec n’étaient en cause dans ces événements » en Haïti. « En 2011, chaque Oxfam avait son bureau, ses équipes et gérait ses propres fonds. Oxfam-Québec est toujours présente en Haïti. Nos activités s’y poursuivent, avec nos partenaires haïtiens », s’est défendue la première responsable d’Oxfam-Québec.

En attendant l’aide, le moins que l’on puisse dire, Oxfam ne devrait pas agir seulement « contre les injustices et la pauvreté ». Elle doit aussi combattre dorénavant – à travers ses missions dites humanitaires – toute sorte d’inconduite humanitaire.

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Chroniques

Commémoration au Québec : Laissons les divergences à demain

Saoud Maherzi

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Il y a un an, jour pour jour, les Québécois ont vécu une expérience qui les aura profondément atteints. L’attentat de Québec a été plus qu’un fait divers. Un an après, on se pose encore la même question : Comment, dans une société comme la société québécoise, de tels actes peuvent survenir ? Toute réponse est à considérer sans animosité, sans renferment sur soi.

La commémoration des victimes est nécessaire. Elle nous rappelle que toute société a ses parts d’ombre, quelles qu’elles soient, et qu’il ne faut pas prendre pour acquis la paix sociale, la sécurité, la communion. Rousseau disait que ‘’tout ce que les hommes ont fait, les hommes peuvent le détruire’’. C’est une réalité qu’il nous faut garder à l’esprit alors qu’on rend hommage à Khaled Belkacemi, Azzedine Soufiani, Abdelkrim Hassane, Aboubaker Thabti, Mamadou Tanou Barry et Ibrahima Barry. La commémoration est nécessaire, et elle se doit de porter un message, celui d’une communion, et rien d’autre.

Petit rappel pour une commémoration : aucune instrumentalisation politique ; ni les groupes associatifs, ni les partis ne doivent s’approprier la commémoration. Il s’agit d’unir les Québécois de tout bord, de toute pensée politique autour d’un hommage, autour d’un refus partagé de voir de tels actes se produire au Québec. L’hommage véritable est celui qui sait tenir compte de la solennité du moment et se refuse de diviser par l’idéologie.

La politique saura reprendre naturellement sa place dans l’espace public, et les débats devront revenir de plus bel. Mais pour cette journée d’hommage, qu’elle aille faire un tour, qu’elle nous laisse rendre un hommage digne de ce nom, en tant que société québécoise, à six victimes québécoises. C’est tout ce qui compte.

Laissons à demain les querelles, les désaccords, les partis pris, les divergences. Ces différences sont importantes par ailleurs. Mais, laissons-les à demain.

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Chroniques

États-Unis, Enfants Jetables

Saoud Maherzi

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C’est le titre du documentaire. Après avoir bouffé un plat de pâtes et une pomme, je me suis assis avec ma blonde, et on a écouté ça!

L’histoire est très simple. Aux États-Unis, quand des personnes adoptent des enfants, ils peuvent les désadopter. Alors, ça crée un marché d’occasion.

C’est à dire que t’as des petits gars et des petites filles, des enfants d’occasion, qui ont été laissés par leur famille adoptive. On ne sait pas toujours pourquoi. Défauts de fabrication, dysfonctionnement à l’adolescence, coût d’entretien élevé, perspective d’avenir peu rentable. Et donc, ils sont remis sur le marché. C’est un peu comme une friperie de gamins.

Y a même des défilés d’enfants pour la ré-adoption. Ils défilent, une dame au micro crie leurs qualités, et toi, tu notes. Et à la fin, tu choisis. Bientôt, y aura peut-être des enchères. ‘’Pour Jimmy, 1000 dollars une fois, 1000 dollars deux fois, 1000 dollars trois fois ! Adjugé, à la grosse madame avec la moustache et la robe rose au fond!’’. Après ça, la grosse madame a même droit à une période d’essai. Comme les quinze jours chez FIDO où t’as le droit de rendre ton dernier iPhone sans frais.

C’est beau la liberté, n’est ce pas ?

Et puis, niveau éducation, tu ne te casses pas la tête. S’il t’emmerde, s’il veut un nouveau téléphone, s’il devient trop cher à entretenir, s’il ne fait pas son lit, s’il n’a pas de bonnes notes à l’école, s’il ne mange pas ses carottes, s’il te déçoit, la solution est simple. Tu le jartes le petit criss, tu le renvoies à l’usine, et tu laisses le service des retours se débrouiller avec ça.  Après, ils mettront une petite annonce sur Facebook, un truc du genre :

« ATTENTION ! À partager svp.

Le petit Jessie a besoin d’une nouvelle maison. En effet, sa famille actuelle ne peut plus le garder et s’en est séparée pour des raisons personnelles.

Il a été adopté, il y a un an, d’un pays africain (de merde ?). Il est très gentil, aime les animaux, le dessin et n’a jamais blessé personne. Il a aussi de très bonnes notes à l’école (relevé de notes disponible sur demande). Il est prêt à participer aux tâches ménagères, et serait très heureux de s’occuper de ses futurs frères et sœurs.

Cet enfant est disponible dés aujourd’hui. Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à nous contacter. »

Et le tour est joué!

Ceci dit, l’offre est encore défaillante. Une cadre de 40 ans qui a fait toutes les foires d’adoption, et qui cherche du 0-6 ans, se plaint de ne pas trouver son bonheur dans le catalogue (oui, y a vraiment un catalogue). Il reste du boulot de ce coté là. C’est comme si tu voulais t’acheter un t-shirt, et que tu ne trouvais que du L et du XL, pas de XS. Et la satisfaction du consommateur alors ?

Il faut rester optimiste. Le libre marché s’ajustera selon l’offre et la demande, et tous les clients en auront pour leur argent. Y aura même des soldes pour le Black Friday, et le Boxing Day aussi : Un enfant adopté, le deuxième est offert.

En attendant, j’ai dégueulé mes pâtes et ma pomme en chantant « America, America ».

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