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Politique

Couillard – Trudeau, ça chauffe dans la maison !

Baba-Idriss FOFANA

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| Photo: Jacques Boissinot - La Presse canadienne |

Alors que le « débat constitutionnel » a refait surface, les deux chefs de gouvernement provincial et fédéral sont acculés de part et d’autre. Et les sorties de Couillard et Trudeau n’en finissent pas pour calmer les esprits.

Il est de plus en plus question de l’importance de la province du Québec dans le Canada. Alors que jeudi 1er juin, le premier ministre québécois, Philippe Couillard, annonçait sa « stratégie pour que le Québec retourne dans le giron constitutionnel » dans un document de 200 pages. Comme grandes lignes, il s’agit, entre autres, de : la reconnaissance constitutionnelle de la Nation québécoise ; la participation du Québec à la nomination de ses trois juges de la Cour suprême ; un droit de véto sur les modifications constitutionnelles ; l’entente sur l’immigration enchâssée dans la constitution et l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser.

À chaud, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a réagi en laissant entendre, sourire au visage : « On ne couvre pas la constitution ». Si bien que le ministre de la Santé du Québec n’a pas manqué de faire savoir, samedi 3 juin, qu’il « se sent en exil » au Canada « sur le plan constitutionnel ». Car, dira-t-il, « le Québec n’a toujours pas adhéré à la Constitution de 1982 ». C’était en marge du conseil général qui réunit 300 militants libéraux pour discuter du militantisme où plusieurs élus ont commenté la stratégie du gouvernement Couillard qui déposait, jeudi, sa position constitutionnelle.

Trudeau : « On ne rouvre pas la constitution » !

Au moment où une partie de l’opposition, notamment le Parti québécois (PQ), Québec solidaire (QS) soutienne que « le débat constitutionnel n’est pas une priorité » pour le Parti libéral du Québec (PLQ) actuellement au pouvoir. Le président du Conseil du Trésor, le ministre Pierre Moreau, a riposté, lors de la rencontre des Libéraux, pour dire que la « politique d’affirmation » de jeudi n’est pas un appel à la réouverture du débat constitutionnel, mais le début d’une « conversation ». Il a rappelé à l’opposition que « cette réflexion avait été promise par le premier ministre durant la campagne électorale, ce n’est pas de l’artifice, les gens doivent savoir quelle est la position du gouvernement sur la question constitutionnelle ».

Malgré tout, le nouveau député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, est revenu à la charge mercredi 7 juin. Alors qu’il faisait sa première intervention en chambre, le jeune élu de 27 ans a interpellé le premier ministre Couillard sur sa démarche constitutionnelle dévoilée la semaine dernière. « Alors que le premier ministre veut entamer un dialogue avec le ‘‘rest of Canada’’, il n’a pas cru bon, d’abord, d’en débattre avec son propre peuple, le peuple québécois. […] Est-ce que le premier ministre peut s’engager à impliquer la population québécoise en amont avant d’entreprendre sa grande entreprise de séduction pancanadienne? » lui avait demandé Gabriel Nadeau-Dubois.

Couillard : « Il n’y a pas un Québécois qui veut vraiment ça » !

En retour, Philippe Couillard a admis que le Québec a les moyens de devenir souverain, mais seulement au prix d’une dizaine d’années de pauvreté. « Quel est le degré d’oppression, d’humiliation, de souffrance, au Québec, qui nécessiterait d’assécher nos services publics pendant, probablement, au moins une dizaine d’années —Mme Marois était très généreuse avec ses cinq ans — de sacrifier nos programmes sociaux, de nous trouver en état de pauvreté plutôt que d’être citoyens d’un membre du G7 ? » a-t-il déclaré au Salon bleu. « Voyons donc ! Il n’y a pas un Québécois qui veut vraiment ça », a-t-il ajouté en réponse à une question du nouveau député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Même si celui-ci s’est dit « heureux » d’entendre le premier affirmer que « le Québec avait les moyens d’être un État indépendant ». « À notre connaissance, il ne l’avait jamais reconnu aussi clairement que ça », dit-il.

Toutefois, le premier ministre québécois a révélé que la majorité des citoyens de la province ne serait pas prête à quitter la fédération canadienne. « […] L’option que Québec solidaire et l’opposition officielle véhiculent, en tout respect, a excessivement très, très, très peu de chances d’un jour en venir à la réalité pour une raison désespérément simple : il n’y aura pas de majorité de Québécois et de Québécoises prêts à abandonner leur citoyenneté canadienne. C’est aussi simple que ça », a martelé Philippe Couillard. Qui, une semaine après avoir rendu publique sa politique sur « la place du Québec au sein du Canada », est quand même passé de la parole aux actes en modifiant, dès aujourd’hui, jeudi 8 juin, la structure gouvernementale.

De la parole à l’acte, les lignes bougent…

Couillard se serait entretenu avec les sous-ministres du gouvernement pour leur enjoindre de créer dans chacun de leur ministère une unité de « relations canadiennes », et ce, dès cet été. À en croire l’agence de presse, La Presse canadienne, « ces unités, bientôt présentes dans tous les ministères, auront le mandat de multiplier les initiatives du Québec visant à assurer sa présence d’un bout à l’autre du pays, dans tous les secteurs d’activités. Les ministères devront participer à tous les colloques, congrès, forums ou autres activités susceptibles d’offrir une tribune au Québec, où il pourra afficher ses idées et sa différence ».

Pour finir, le premier ministre du Canada aurait mis ‘’de l’eau dans son vin’’ en assouplissant sa ‘’ligne dure’’ envers Philippe Couillard. En conférence de presse à La Malbaie ce jeudi, en vue du sommet du G7 de 2018, Justin Trudeau s’est montré un peu plus ouvert aux « propositions pour améliorer le fonctionnement du pays » faites par le gouvernement Couillard, tout en refusant la conclusion ultime, c’est-à-dire des négociations assorties de conditions pour réintégrer le Québec dans la Constitution de 1982. « Je suis fier de cette réflexion qui nous amène à réfléchir (sic) à comment les Québécois peuvent encore plus se sentir chez eux au sein du pays », a-t-il déclaré après avoir précisé qu’il avait lu et étudié le document de 200 pages du Québec de « façon approfondie». M. Trudeau a dit être content de travailler avec le gouvernement Couillard pour « améliorer notre fonctionnement », tout en ajoutant, comme il l’avait dit plusieurs fois, « cela ne passe pas par des négociations constitutionnelles ».

Ces propositions et réactions des deux premiers ministres vont-elles calmer les esprits au sein de l’opposition ? En attendant, la vie suit son cours dans les 10 province du Canada. Et comme on le dit, le temps n’est que l’autre nom de Dieu.

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| Photo: Jacques Boissinot - La Presse canadienne |

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Chroniques

Sacrifier la Francophonie sur l’autel des intérêts !

Baba-Idriss FOFANA

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Le drapeau de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sa symbolique.

OPINION. C’est la pire nouvelle du mois, en ce qui concerne la Francophonie. Je parle de cette Organisation internationale, qui rassemble 84 États et gouvernements membres ou observateurs de l’OIF. Ce dispositif institutionnel censé promouvoir la langue française, des valeurs et les relations de coopération aux quatre coins du monde, est en train de devenir un “instrument” politique de rapprochement entre la France et le Rwanda.

Le soutien de la France, annoncé en grande pompe le mercredi 23 mai, à une candidature en provenance du Rwanda pour diriger la Francophonie est scandaleux. Pourquoi ? bah, c’est un peu comme se foutre des francophones, des États et gouvernements qui se battent au quotidien pour accorder une place au français, aux valeurs défendues par l’Institution Cette annonce démontre à quel point la France n’accorde pas d’importance à cette institution qui est l’OIF mais à ses intérêts.

Quand j’apprends des médias français que Paris a officialisé son soutien à la candidature de Louise Mushikiwabo [je n’ai rien contre sa personne], la cheffe de la diplomatie rwandaise à la tête de l’OIF et que désormais Emmanuel Macron est le bienvenu à Kigali, allez-y comprendre le deal avec le président rwandais Paul Kagame. Celui-là même qui n’a hésité un seul instant à tourner le dos à la francophonie. Le Rwanda, de tradition francophone, est devenu officiellement en novembre 2009 le 54e membre du Commonwealth. Bien avant, M. Kagame qui ne parle aucun mot français, a fait adopter l’anglais comme langue officielle [depuis 2003] au pays des mille collines.

Si tel était le souhait de la France : faire déguerpir Michaëlle Jean pour mieux promouvoir la Francophonie, parce parce qu’il n’y aurait pas de transparence, cela regarde la France et les Français. Je n’ai rien à dire! 

Comme le mouton broute là où il y a de l’herbe, la France veut aller certainement faire du ‘’broutage’’ au Rwanda. Un pays qui [20 ans après le génocide des Tutsis qui a fait environ 800 000 morts en trois mois], fait rêver par son modèle économique en Afrique. Qu’est-ce que la France ne ferait pas pour retourner dans ce petit pays d’Afrique de l’Est d’environ 12 millions d’habitants ?

Certes, la France est une puissance mondiale respectable, mais elle ne devrait pas sacrifier la Francophonie sur l’autel de ses intérêts politiques, diplomatiques et économiques. Surtout lorsqu’elle n’est pas le patron de cette institution qu’est l’OIF. C’est vrai que le siège de l’organisation en question est basé à Paris. Toutefois on ne nous dira pas que c’est seulement l’argent du contribuable français qui fait fonctionner la machine « F » ; du moment où la contribution de la France au budget de l’OIF baisse de plus en plus par rapport au Canada.

Les franco-canadiens doivent se réveiller, le Québec surtout. La réaction suiviste du gouvernement québécois suite à la position affichée hier (mercredi 23 mai) par la France m’a laissé pantois.

On peut comprendre que la France ne veut plus de Michaëlle Jean, désignée Secrétaire générale de la Francophonie [pour un mandat de quatre ans renouvelables] les 29 et 30 novembre 2014 à Dakar lors du XVe Sommet de la Francophonie par les Chefs d’État et de gouvernement. Et si tel était le souhait de la France, c’est à dire : faire déguerpir Mme Jean pour mieux promouvoir la Francophonie, parce que les finances ne seraient pas bien gérées, cela regarde la France et les Français. Mais de là, à vouloir faire un marchandage politico-diplomatique à la tête de l’organisation, ce serait gravissime pour l’avenir de l’OIF et de la langue française.

Les franco-canadiens doivent se réveiller. Le Québec surtout qui occupe un siège distinct de celui du Canada dans toutes les instances décisionnelles de la Francophonie. D’autant plus que la province canadienne siège en tant que membre à part entière, avec une voix délibérative. La “réaction lâche” du gouvernement québécois suite à la position affichée hier (mercredi 23 mai) par la France m’a laissé pantois. Mais au fond, je ne suis pas si surpris que ça ! Le premier ministre Couillard qui n’a pas hésité au cours d’un récent voyage en 2018 à Paris pour rappeler à une « saine gestion » de l’argent de la Francophonie pourrait, lui-aussi, envisager le départ de l’actuel Secrétaire générale. Si c’était le cas, c’est son choix.

Francophonie : Le Québec, lèche-bottes de la France ?

Le problème, c’est de ne pas être capable de dénoncer ce soutien de Macron [je parle de la France] à une candidature rwandaise. C’est aussi ça, défendre le français en tout temps. On ne va pas attendre que le gérant de la boutique Adidas dise « un mot en français pour accommoder la ville de Montréal » et se sentir blesser après. Le Québec devrait être toujours prendre position quand le français est en danger. Sinon à quoi bon d’être considéré [Le Québec] comme l’un des membres les plus actifs de l’OIF, notamment en matière de promotion de la langue française et de diversité culturelle ? Je crois que la langue française est une identité du Québec, un patrimoine fondamental des Québécois. Alors, si on à une voix, il faut savoir la rendre audible.

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Le drapeau de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sa symbolique.
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Actualités

L’immigration au Québec, le PQ dévoile sa stratégie pour passer de l’échec au succès

Baba-Idriss FOFANA

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Couverture du document: Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023 présentée par le gouvernement québécois

Une semaine après la Coalition avenir Québec (CAQ), c’était au tour du Parti Québécois (PQ) de mettre les pieds dans le plat de l’immigration. Mardi, en direct de la permanence du parti à Montréal, les péquistes ont présenté leur stratégie « Pour passer vraiment de l’échec au succès ». Pendant ce temps, les libéraux n’ont pas chômé. Constamment critiqué au cours de cette conférence du PQ sur leur échec a trouvé des solutions sur la crise de la main-d’œuvre qui secoue le Québec, le gouvernement Couillard a profité pour dévoiler sa Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023.

Pas étonnant que la question de l’immigration continue d’alimenter le débat politique au Québec. À moins de cinq mois de l’élection générale, chaque parti profite de chaque occasion pour se faire de la place. Surtout lorsque le sujet polarise, certains profitent des failles du plan de l’adversaire pour présenter leur solution. Et le Parti québécois estime que les solutions proposées par la Coalition avenir Québec, la semaine dernière, sont « insensées ». En retour, le chef Jean-François Lisée et son équipe ont annoncé avoir des « propositions réalistes et pragmatiques » pour répondre directement aux pénuries d’emplois; pour s’assurer que les candidats à l’immigration disposent d’une connaissance suffisante du français; qu’ils adhèrent aux valeurs et aux lois québécoises.

Libéraux et caquistes : Lisée enfonce le clou !

« Aujourd’hui, on a le grand plaisir de vous présenter le document le plus complet, le plus réfléchi que le Parti québécois présente sur la question de l’immigration. Une question qui est important, essentielle dont les éléments et les variables changent un petit peu. Contrairement aux discussions qu’on pouvait avoir il y a quatre ans, nous sommes en ce moment aux prises avec une pénurie de main d’œuvre notamment dans les régions québécoises. Dans la réflexion que nous devons mener pour la résolution de ses problèmes-là, nous devons nous adapter à cette nouvelle problématique tout en ayant en tête le succès du parcours de chaque nouveau québécois ainsi que le succès du français comme langue officielle et commune des québécois », a déclaré d’entrée de jeu, M. Lisée.

Notre solution à nous, elle est pragmatique, elle est réaliste, elle ne dépend pas de l’avis du gouvernement fédéral. Elle dépend entièrement de notre capacité d’agir pour le français, notre capacité d’agir pour les régions, notre capacité d’agir pour assurer le succès de chaque immigrant qu’on reçoit.

   – Jean-François Lisée, chef du PQ

Selon lui, les propositions de son parti « pour vraiment passer de l’échec aux succès », sont un ‘’contraste énorme’’ entre un bilan de 15 ans de gouvernement libéral qui a « échoué à répondre aux besoins de main d’œuvre en région, échoué à retenir les nouveaux Québécois ». « Le gouvernement libéral a échoué aussi à sélectionner les immigrants francophones, son objectif c’est d’avoir seulement 15% des travailleurs qualifiés qui ne connaissent pas le français. Or, il y en a plus de 40% qui ne le connaissent pas. Et au total dans l’immigration québécoise, il y a 60% des nouveaux arrivants qui ne connaissent pas le français au point d’entrée. Comme vous le savez, seulement une minorité d’entre eux prennent des cours de francisation et 90% de ceux qui prennent les cours de francisation échouent », a-t-il affirmé.

La ‘’voie rapide’’ pour l’obtention du CSQ…

Enfonçant le clou, le chef péquiste croit savoir que la solution n’est pas de faire venir 50 000 ou 55 000 immigrants chaque année au Québec. Car, a-t-il déploré, « on a beau en faire venir 50 000 ou 55 000, si le tiers ou la moitié quitte après quelques années, c’est un échec complet pour la société d’accueil et pour ces candidats à l’immigration ». Pour Jean-François Lisée, la proposition de la CAQ en la matière est « irréalisable » puisqu’il repose entièrement sur la volonté d’un autre gouvernement du Canada de créer une nouvelle catégorie d’immigrant temporaire de trois ans qui, après, pourrait devenir sans statut s’il ne passe pas un des trois tests de la CAQ. « C’est un programme qui ne se réalisera jamais. S’il se réalisait, ça empirerait la situation notamment du français », a laissé entendre M. Lisée.

Ainsi, le Parti québécois se propose d’améliorer la régionalisation de l’immigration et faire en sorte que 25% des nouveaux Québécois puissent s’installent en région si le PQ gagne l’élection du 1er octobre prochain. A cet effet, les péquistes entendent utiliser la ‘’voie rapide’’ qui existe déjà pour sélectionner des travailleurs temporaires.

Stratégie en région, face au vieillissement de la population !

« On considère que la voie la plus facile pour sélectionner des gens qui répondent à nos besoins en main d’œuvre ici au Québec, c’est en passant directement par les employeurs. Les employeurs sélectionnent déjà aujourd’hui des travailleurs temporaires et grâce au Programme pour une expérience québécoise (PEC). Ce programme a fait ses preuves, on souhaite le rendre permanent pour être en mesure de répondre aux besoins en main d’œuvre », a annoncé la députée péquiste Catherine Fournier, également porte-parole du parti en matière de diversité.

Le principe du programme qui est la voie rapide pour l’obtention d’un CSQ, on souhaite également l’appliqué pour les étudiants étrangers de sorte que quelqu’un qui voudrait rester au Québec après ses études puissent obtenir plus rapidement son CSQ, parce que quand ça prend trop de temps, ça décourage et la personne peut finalement retourner dans son pays d’origine. Alors nous on souhaite garder ces talents chez nous. 

   – Catherine Fournier, députée péquiste

Abordant la question démographique, notamment le vieillissement de la population confronté à la pénurie de main-d’œuvre dans les régions, le porte-parole péquiste en matière de développement des régions et de décentralisation, Sylvain Gaudreault, a dénoncé le faible nombre de point accordé aux immigrants qui envisagent s’installer au Québec. « C’est une aberration de constater aujourd’hui que 90% de l’immigration s’installent dans la grande région métropolitaine et que dans la grille de sélection actuelle un immigrant qui veut travailler en région reçoit seulement deux points de plus sur les 99 points que s’il dit qu’un emploi est valable pour lui à Montréal ».

J’ai immigré de l’Asie, je suis née pendant la guerre du Vietnam. Il y a une quarantaine d’année que je suis au Québec. À mon arrivée, j’ai été adoptée par une famille qui était en région, en Montérégie. J’ai fait mes études à Rimouski, j’ai fait toute ma carrière en région. Ma municipalité où je travaille en ce moment, sur 6 employés il y a 3 qui sont issus de l’immigration et ils sont à des postes assez stratégiques.

   – Ève-Mary Thaï Thi Lac, vice-présidente du PQ

Le PQ souhaite donc « doubler le nombre de point pour l’immigrant qui souhaite s’installer en région », étendre à toutes les régions le programme « un emploi en sol québécois » initié par la Fédération des chambres de commerce (FCC) et qui vise à encourager les personnes déjà installées à Montréal, à partir en région. « Ça date de l’automne dernier, c’est un projet pilote qui marche bien. Déjà, il y a eu 2500 emplois disponibles dans différentes régions du Québec. Mais le problème, ce programme ne s’applique pas dans certaines régions, nous allons le pérenniser et l’étendre dans toutes les autres régions où le programme ne s’applique pas encore », a indiqué M. Gaudreault, tout en annonçant l’ouverture des bureaux du ministère de l’Immigration qui ont été fermés dans les régions depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir. « Ce qui est complètement absurde », a-t-il critiqué.

CV cachés pour aider au recrutement des immigrants qualifiés!

Le débat sur l’immigration ne peut épargner toutes ces personnes qui sont déjà surplace au Québec et qui peinent à avoir un emploi dans leur domaine de compétence. Sur la question, le président du Comité de la diversité du PQ et candidat dans Saint-Henri Sainte-Anne, Dieudonné Ella Oyono, pense qu’il y a de « l’espoir ». Présent au Québec depuis 18 ans, cet économiste dit avoir travaillé avec ses diplômes obtenus à l’extérieur du Québec que ce soit au gouvernement ou à la Ville de Montréal. « Les diplômes que j’ai eu à l’extérieur ont été reconnus », a-t-il avoué.

L’idée, ce n’est pas d’offrir des emplois à ceux qui ne les méritent pas mais donner la possibilité d’avoir une entrevue. Au cours de toute ma carrière, ceux qui ont eu la chance d’avoir une entrevue ont été recrutés parce que les gens que le Québec va chercher à l’étranger sont compétents. – Dieudonné Ella Oyono, président du Comité de la diversité au PQ

Néanmoins, M. Oyono reconnaît également que depuis ces 15 dernières années, sous les libéraux, « les gens n’ont même pas la chance d’aller en entrevue, parce qu’on ne reconnaît pas leur diplôme et leur compétence acquise à l’extérieur ». Pire, précise le péquiste de la diversité, on leur exige une expérience québécoise qu’ils n’ont pas. « C’est pour cela, il y a quelques semaines, le Parti québécois a déposé le projet de loi 998. En gros, c’est un problème qui se doit d’être réglé et l’une des façons de le régler, ce sont les CV anonymes », a-t-il fait valoir.

En attendant que les ‘’rêves péquistes’’ se réalisent, ceux qui gouvernent encore le Québec ont dévoilé, mardi 22 mai, la Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023. Selon le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, elle résulte d’une vision concertée de l’ensemble des partenaires du marché du travail. La Stratégie annonce plus de 1,3 millions de postes à pouvoir d’ici 10 ans, pour 1,3 milliard de dollars d’investissement sur cinq ans dont près de 400 millions de dollars pour « améliorer la flexibilité et l’agilité des compétences ».

Cette annonce gouvernementale, pour en finir avec la pénurie de main-d’oeuvre, porte à croire que le Québec devra maintenir voire augmenter le nombre d’immigrant a accueilli dans la province. Or, il se trouve que la CAQ et le PQ sont prêts à réduire le taux actuel lorsqu’ils parviendront au pouvoir. Cela dit, le dernier mot le dernier mot reviendra au parti qui aura gagné le scrutin du 1er octobre 2018.

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Couverture du document: Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023 présentée par le gouvernement québécois
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Moyen-Orient

Après 60 morts et 2500 blessés à Gaza : le Canada se réveille, Trudeau dit non !

Baba-Idriss FOFANA

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Justin Trudeau / Photo: Dan Toulgoet

Le transfèrement de l’ambassade des Etats-Unis, lundi 14 mai, à Jérusalem, s’est fait dans la douleur. Résultat : 60 morts et environ 2 500 blessés ont été dénombrés côté palestinien. Ce nouveau décor a fait changer la position du Canada qui s’était abstenu de voter la résolution condamnant la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre dernier.

La position du Canada avait été critiquée par plusieurs Canadiens et Québécois. C’est un attaché de presse qui avait réagi aux premières heures des heurts survenus lundi dans la bande de Gaza. Au nom du gouvernement canadien, il avait condamné le Hamas pour « son implication dans les violences » survenues à Gaza alors que certains opposants canadiens comme Jagmeet Singh, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), avaient réclamé une enquête indépendante dans les heures qui ont suivi.

Honteusement, le Canada a joint sa voix aux faucons qui appuient les pires exactions de l’État d’Israël

   – Amir Khadir, député Québec solidaire

Tout comme M. Singh, un député de Québec solidaire n’a pas hésité a posté une courte vidéo d’environ trois minutes pour parler d’une une « grande injustice » qui accable le peuple palestinien, avant de critiquer la « position honteuse » du Canada. « Cela fait 60 ans qu’une grande injustice accable le peuple palestinien, un peuple littéralement emprisonné dans une partie de son territoire. Honteusement, le Canada a joint sa voix aux faucons qui appuient les pires exactions de l’État d’Israël », s’est indigné Amir Khadir.

Finalement, c’est Justin Trudeau qui est revenu à la charge. Emboîtant le pas aux dirigeants européens, le premier ministre canadien a dénoncé « la violence, l’incitation à la violence, et l’emploi de force excessive » avant de réclamer une enquête indépendante. « Le Canada réclame qu’une enquête indépendante soit réalisée immédiatement afin d’évaluer la situation sur le terrain, notamment la violence, l’incitation à la violence, et l’emploi de force excessive », a fait valoir M. Trudeau par voie de communiqué.

L’emploi présumé d’une force excessive et de munitions réelles est inexcusable

   – Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Estimant que « l’emploi présumé d’une force excessive et de munitions réelles est inexcusable », le numéro 1 Canadien a indiqué qu’il est impératif d’éclaircir les faits concernant la situation à Gaza. Justin Trudeau a donc proposé la participation du Canada à l’enquête indépendante qu’il a réclamé. « Le Canada est prêt à contribuer à cette enquête. Nous travaillerons de près avec nos partenaires internationaux et au sein d’organismes internationaux afin de répondre à cette grave situation », a-t-il déclaré mercredi.

De son côté, le Conseil de sécurité n’avait pas tardé a exprimé son « indignation et sa tristesse » face à la mort de « civils palestiniens exerçant leur droit à manifester pacifiquement ». L’organe exécutif de l’ONU a même appelé, lundi, à une enquête indépendante sur les événements meurtriers dans la bande de Gaza, mais la Maison-Blanche aurait pesé de tout son poids pour bloquer le communiqué onusien.

Alors que les États-Unis sont résolus à défendre Israël envers et contre tous, cette nouvelle posture du Canada dans le dossier ne serait pas du goût du voisin américain. La crise devient diplomatique; les rappels et renvois d’ambassadeurs se multiplient. Sauf que ni les cris de colère et de joie ni les va-et-vient ne pourront ramener la paix au proche orient. En attendant, ce sont des familles qui en souffrent le martyr.

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Justin Trudeau / Photo: Dan Toulgoet
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