Suivez-nous

Actualités

Dans la rue, une nuit avec ”des anges gardiens” pour jeunes sans-abris

Baba-Idriss FOFANA

Publié

le

Crédit photo: Avant-Première

Connus sous plusieurs appellations, les sans-abris, sans domicile fixe, sans logis ou itinérants, vulgairement qualifiées de clochards ou vagabonds – à ne pas confondre avec les mendiants -, sont des personnes qui résident et dorment dans des lieux non prévus pour l’habitation tels que parking, entrepôt, métro, gare, rue, terrain vague, etc. À Montréal, comme dans toutes les métropoles, on les retrouve. Mais comment survivent-ils ? Qui leur vient en aide? Pour en savoir davantage, nous avons réalisé un reportage à l’occasion de l’événement « Une nuit dans la rue », organisé le jeudi 5 octobre, au Centre-ville.

Ils bravent la chaleur, le froid, les intempéries. Ils ‘’supportent’’ la faim, la douleur. Eux, ce sont des jeunes et moins jeunes appelés sans-abris. En 2015, l’opération Je compte MTL 2015  – dévoilée par le maire Denis Coderre – dénombrait un peu plus de 3000 itinérants, ces personnes envers qui la société, en général, porte un regard peu bienveillant. Une ‘’vision étriquée’’ à l’endroit de ces individus qui n’ont pas forcément voulu se retrouver dans la rue. C’est pour changer cette donne que l’événement « Une nuit dans la rue » a été organisé. Et pour la première fois à Montréal, une cinquantaine de personnalités ont bien voulu dormir à la belle étoile. Histoire de vivre un tant soit peu la réalité des jeunes itinérants.

« Conscientiser sur l’itinérance, souligner le travail de Dans la rue »

                                                    Robert Dumas, président de la Financière Sun Life Québec. Crédit : Avant-Première

« La raison de cet événement, c’est de conscientiser les gens en général mais aussi la communauté d’affaires sur le problème d’itinérance chez les jeunes. Nous voulons aussi souligner le travail de certains organismes comme Dans La Rue dans cette cause et les supporter », nous confie Robert Dumas, président de la Financière Sun Life Québec, qui reconnaît que « l’itinérance est un phénomène qui est beaucoup sous-estimé ». « Moi j’ai eu l’occasion d’aller dans ces centres là et de voir les jeunes itinérants, leur condition, mais surtout le support qu’ils obtiennent des gens qui y travaillent », rapporte-t-il.

M. Dumas ne croit pas si bien souligner le travail de l’organisme (Dans la rue) fondé par le Père Emmett Johns ou « Pops » en 1988. « On desserre les jeunes et les moins jeunes qui sont dans la rue. On leur donne à manger, du linge, et même des compensations financières. Nous sommes avec eux, surtout, pour les écouter. Ils ne sont pas tous des drogués, des alcooliques », révèle, pour sa part, Vern Carroll, bénévole depuis 16 ans chez Dans la rue, à bord de la ‘’Roulotte’’.

Ce véhicule agit comme premier contact avec les jeunes. Il sillonne la ville pour distribuer nourriture, boisson et articles de soins personnels à ces jeunes sans-abris. Son « succès » reposerait sur “l’écoute attentive” de 125 bénévoles qui y travaillent comme le souligne M. Carroll : « Il faut dire que les jeunes ne viennent pas seulement pour manger. Ils viennent pour se faire écouter, avoir un support moral ».

La roulotte du bonheur !

                                                                        Vern Carroll dans la Roulotte. Crédit: Avant-Première

À l’image de la Roulotte, plusieurs chapiteaux ont également été installés à Square Dorchester. Sous la tente A, nous rencontrons Myrlande Myrand. Coordonnatrice au sein de l’organisme Dans la rue, elle fait savoir que nous sommes bel et bien au Centre de jour appelé « Chez Pops ». Ce service qui a un volet intégration et académique, se présente comme une sorte de première étape du parcours des jeunes qui veulent “sortir définitivement” de la rue. « Avec le volet académique, on permet à certains jeunes de pouvoir terminer leur secondaire. Le volet intégration social, on aborde des thématiques comme : le budget, cours de cuisine, prendre soin de soi », explique-t-elle.

À en croire Mme Myrand, le « bilan est satisfaisant » surtout du côté Centre de jour. Tout en relevant l’assiduité des jeunes, elle se souvient qu’en 2016, les « 17 jeunes inscrits sont tous restés jusqu’à la fin de l’année scolaire ». D’ailleurs, poursuit la Coordonnatrice de Dans la rue, « cette année 2017, ces mêmes jeunes se sont inscrits pour une nouvelle année ». « C’est aussi le résultat de notre programme d’intégration, qui amène les jeunes à être persévérants », croit savoir Myrlande Myrand, ajoutant que lorsque les jeunes achèvent leur parcours chez Dans la rue, « ils iront soit faire un Diplôme d’Étude Professionnel, soit aller au CÉGEP, soit poursuivre leurs études à l’université ».

Tout comme la Coordonnatrice, David Marin nous présente fièrement le fruit des activités artistiques qu’offre l’organisme. Sous la tente D, on parle d’art et de musique. Mais David, qui est auteur-compositeur, n’aborde pas les questions de peintures : « Personnellement, j’ai été bénévole pour donner des ateliers d’écritures de chanson et de poésie. Le studio de musique est ouvert à tous les jeunes pour pratiquer un instrument. Les jeunes ont accès à un local, un piano, des guitares, des amplis etc. Bref, il y a un peu de tout ce qu’il faut pour faire de la musique, produire une chanson ».

L’école et la musique avec les sans-abris…

                                                             Un groupe d’artiste à la place Square Dorchester. Crédit : Avant-Première 

Justement, le bénévole auteur-compositeur nous apprend que « deux albums ont été carrément enregistrés par les jeunes ». Ce sont des compilations. Le dernier en date serait sorti en 2016. « Il rend un hommage à « Pops », le fondateur de Dans la rue. Ce sont 10 jeunes qui ont été jumelés à 10 artistes professionnels. En quelques jours on a aidé les jeunes à composer une chanson », se réjouit-il. Finalement, ajoute M. Marin, « on a un super album qui ramasse des fonds pour l’achat d’instruments ».

Dans notre randonnée, nous visitons le Service à la famille. C’est la bénévole Elodie Bouchard qui nous accueille. Le travail ici consiste à offrir du répit à des familles ou à des jeunes mères, pendant au moins une année, qui n’ont pas les moyens de se payer des services de garde pour leurs enfants. « Toutes les deux semaines, on se rend dans la famille et on s’occupe des enfants pendant trois heures de temps. Les mères ont le temps d’aller faire des courses, ou passer du temps avec leur copain ou copines. Ça leur permet de respirer un tout petit peu », souligne Mme Bouchard, sous la tente B. « L’objectif est de permettre d’avoir un point de stabilité pour la famille et les enfants », précise celle qui est à sa première année de Bénévolat au sein de Dans la rue.

Si elle reconnaît qu’il n’est pas toujours facile de ‘’gérer’’ les enfants d’un certain âge, Élodie se dit ‘’fière’’ tout de même de son expérience surtout lorsqu’elle arrive à se faire adopter par la famille, à créer des liens avec les enfants : « Cela fait presqu’une année que je travaille avec la même famille. Les enfants ont beaucoup d’aspects de changement dans leur vie. C’est une expérience enrichissante. On arrive à créer un lien avec les enfants. On devient presque membre de la famille. Ils sont toujours contents de nous voir. C’est sûr qu’on a affaire aux enfants. Parfois, il peut y avoir des problèmes, des pleurs etc. ».

Mais Dans la rue n’offre pas que des services dans la rue. Les bénévoles ne rendent pas que des visites aux familles. L’organisme offre également des abris temporaires d’urgence à travers son service “Bunker et Logement” représenté sous la tente C. « Au Bunker, les jeunes viennent prendre un répit de la rue. Ils peuvent y rester cinq ou sept nuits dépendamment de l’âge qu’ils ont et ensuite trouver d’autres alternatives. Ils sont accueillis par un intervenant qui regarde leur besoin. Ils mettent de côté tout ce qui est arme, drogue s’ils en ont. Après, ils peuvent prendre un repas chaud, prendre un bain. Ils ont accès à des lits, et on peut aussi faire laver leurs vêtements afin qu’ils puissent repartir frais le lendemain », détaille Julie Paquin, également bénévole.

Du Bunker au logement, les bénévoles au four et au moulin !

                                                            Échanges avec Myrlande et Philippe (Dans La Rue). Crédit: Avant-Première 

Le travail de Julie consiste à donner le maximum de son temps disponible aux intervenants qui doivent s’occuper des jeunes : « Chaque soir au Bunker, il y a un bénévole et trois intervenants sociaux ». À l’en croire, « les jeunes sont très reconnaissants envers les services qu’ils reçoivent ». Car, indique Mme Paquin, « tout se fait avec beaucoup de respect et de douceur. Les intervenants qui y travaillent ont des qualités professionnelles, ils savent accompagner les jeunes ». « On a affaire à des jeunes qui sont contents d’être avec nous, parce qu’ils sont bien encadrés », se félicite la bénévole.

Toujours sous la même tente, la seconde jeune bénévole que nous rencontrons à cet endroit s’occupe des questions de logements qu’offre Dans la rue. Cette dernière bénéficie encore de ce service depuis 10 mois. « Je suis une jeune qui habite au logement. Avant j’allais au centre de jour, après je retournais dans la rue. C’était une vie un peu chaotique. Mais un jour quelqu’un est venu me dire qu’il y a des logements et que je pouvais faire une demande. C’est ce que j’ai fait et avant deux semaines j’ai été acceptée », raconte-t-elle sous le sceau de l’anonymat.

Selon elle, il s’agit de logements à caractère social pouvant accueillir des jeunes. Les jeunes ont le droit d’y être pour au maximum 5 ans. « C’est une belle place avec un immeuble comportant 17 logements dont deux pour les familles. Moi, ça me fait à peu près 10 mois que j’y suis mais je dois quitter bientôt parce que ma situation s’améliore. J’arrive à joindre facilement les deux bouts aujourd’hui ».

Alors qu’on pourrait penser que ces logements sont offerts gratuitement, la bénévole répond que non : « Les logements sont subventionnés, les jeunes paient 25% de leurs revenus. La majorité des jeunes qui y sont, ce sont des personnes qui ont un revenu d’aide sociale ». S’agissant des personnes qui n’ont aucun revenu, elle croit savoir qu’en accédant à ces logements, « cela amène les jeunes à se battre, à faire quelque chose d’eux-même pour pouvoir se prendre un peu en change », donc à pouvoir payer une partie du loyer.

Un tel décor planté par l’organisme Dans la rue, démontre une ‘’bonne structuration des services‘’ et la prise au sérieux de ce phénomène urbain. Certaines langues pourraient ‘’légitimement’’ se poser la question à savoir que ‘’font encore ces jeunes dans la rue?‘’ D’autres diront que ‘’les itinérants n’ont finalement pas grand-chose à envier‘’. Et pourtant, on pourrait aussi répondre que ‘’tout ne devient pas rose en un claquement de doigt‘’. Si l’on s’en tient aux levées de fonds, l’organisme, en charge de cette situation, fait ce qu’il peut selon les moyens à sa disposition. Surtout que “les dons personnels représentent 94% de son budget”.

Malgré tout, que font encore ces jeunes dans la rue ?

                                                                    Souper servi pour “Une nuit dans la rue”. Crédit: Avant-Première 

Vern Carroll, qui est à sa seizième année de travail avec Dans la rue en sait plus : « Oui, évidement qu’on sent le changement. Beaucoup ont quitté la rue. Souvent, quatre à cinq ans après, certains viennent me remercier pour tout ce que j’ai fait pour eux quand ils étaient dans la rue. Ils me font savoir qu’ils ont une vie normale maintenant, qu’ils ont leur appartement, qu’ils sont mariés, qu’ils ont des enfants etc. ».

L’homme de la Roulotte comprend que ‘’les jeunes ne sont pas dans la rue pour le plaisir‘’. Si bien qu’il hésite pas à nous dire, sans vouloir tomber dans l’émotion, que « c’est dur à dire ».  « Mais, poursuit-il, je peux vous dire qu’une fois j’ai surpris l’un d’entre eux en train de parler au téléphone. Il devait avoir 18 ans. Il se trouve qu’il parlait à sa mère. Je l’ai entendu dire “je veux rentrer chez nous”. Il pleurait et il disait “tu es mon père, tu es mort pour moi”. Ce sont des gens qui ont besoin de l’aide mais qui ne l’ont plus. C’est très touchant ça (..) », relate Vern, l’un des doyens du bénévolat chez Dans la rue.

C’est dans cette volonté de venir en aide aux jeunes en tout temps  que l’événement « Une nuit dans la rue » a réussi à mobiliser un beau monde permettant d’amasser plus de 115 000 $. Une somme qui représente bien plus que ce qui avait été prévu par les organisateurs. « Toute une première pour l’événement Une nuit dans la rue avec près de deux cents visiteurs et une cinquantaine de personnalités qui ont dormi à la belle étoile pour amasser plus de 115 000 $ pour nos services auprès des jeunes sans-abris ! », se félicite l’organisme communautaire sur sa page Facebook. « Une expérience enrichissante à refaire absolument ! », dit l’organisme Dans la rue.

Crédit photo:
Crédit photo: Avant-Première

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

Lire la suite
Publicité
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Actualités

Justin Trudeau : « les réfugiés ont aidé à bâtir le Canada fort, ouvert et prospère »

Redaction Avant Premiere

Publié

le

NSZ

Comme à chaque année, la traditionnelle Journée mondiale des réfugiés est marquée le 20 juin par un triste décompte. Selon les derniers chiffres officiels, aujourd’hui, à l’échelle mondiale, le nombre de personnes déplacées de force s’élève à plus de 68 millions. Parmi eux, beaucoup ont trouvé refuge au Canada et contribuent au développement du pays.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau, président en exercice du G7, a saisi l’occasion de la Journée du 20 juin pour lancer un message fort. « Au fil des générations, fait valoir M. Trudeau, les réfugiés ont aidé à bâtir le Canada fort, ouvert et prospère que nous connaissons aujourd’hui ». « Chaque année, a-t-il poursuivi, des milliers de personnes sont forcées de fuir les conflits, l’insécurité et la persécution. « Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, le nombre de personnes déplacées de force s’élève à plus de 68 millions », a souligné M. Trudeau, tout en reconnaissant que « ces statistiques ne reflètent pas les visages et les histoires derrière les chiffres ».

Dans sa déclaration, Justin Trudeau a demandé aux Canadiens et au monde entier d’être solidaires des réfugiés, des personnes déplacées et de tous ceux qui ont été forcés de fuir leur maison. « Ceux qui sont chassés de leur foyer sont confrontés à d’immenses pertes, obstacles et traumatismes anciens et récents. Ces personnes portent en elles leurs souvenirs, leurs rêves et l’espoir d’un avenir meilleur ».

Nous partageons la responsabilité morale de les aider à trouver refuge et à commencer une nouvelle vie. En tant que Canadiens, nous sommes pleinement conscients des contributions qu’elles apportent à notre société. – Justin Trudeau

Le premier ministre Trudeau a également dénoncé les déplacements forcés et de violations des droits de la personne des milliers de rohingyas. Il a rappelé que le Canada versera une contribution de 300 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour accroître son soutien face à cette crise humanitaire en cours, en mettant un accent particulier sur les besoins des femmes et des filles.

« Suite au travail effectué par mon envoyé spécial auprès du Myanmar, l’honorable Bob Rae, nous mettrons sur pied des initiatives pour promouvoir les droits de la personne et améliorer les conditions de vie des réfugiés rohingyas et des personnes déplacées en raison du conflit qui fait rage au Myanmar. Nous appuierons également les efforts visant à traduire en justice les auteurs de graves violations des droits de la personne », a indiqué Justin Trudeau.

Le Canada, terre d’asile

Historique

1776 : 3 000 loyalistes noirs, parmi lesquels se trouvent des hommes libres et des esclaves, fuient l’oppression de la Révolution américaine et se réfugient au Canada.

1781 : Les Butler’s Rangers, membres d’une unité militaire loyale à la Couronne stationnée à Fort Niagara, sont parmi les premiers réfugiés loyalistes à quitter les États-Unis et à s’établir dans la péninsule de Niagara, sur la rive nord des lacs Érié et Ontario.

1783 : Sir Guy Carleton, gouverneur de la province britannique de Québec, et qui allait devenir plus tard lord Dorchester, fait transporter en toute sécurité 35 000 réfugiés loyalistes de New York à la Nouvelle-Écosse. Certains s’établissent au Québec; d’autres s’installent à Kingston et à Adolphustown, en Ontario.

1789 : Lord Dorchester, gouverneur général de l’Amérique du Nord britannique, reconnaît solennellement les « premiers loyalistes », à savoir les sujets loyaux à la Couronne qui ont fui l’oppression de la Révolution américaine pour s’établir en Nouvelle-Écosse et au Québec.

1793 : Le Haut-Canada est la première province de l’Empire britannique à abolir l’esclavage. En conséquence, au cours du XIXe siècle, des milliers d’esclaves noirs fuient les États-Unis pour se réfugier au Canada avec l’aide du « chemin de fer clandestin », un réseau abolitionniste chrétien.

Fin des années 1700 : Les Scots Highlanders, des réfugiés victimes des Highland Clearances menées au cours de la modernisation de l’Écosse, s’établissent au Canada.

1830 : Des Polonais fuyant l’oppression russe se réfugient au Canada. L’année 1858 marque la première migration massive de Polonais qui veulent échapper à l’occupation prussienne du Nord de la Pologne.

1880-1914 : Des Italiens fuient la dévastation causée par l’unification de leur pays, où les réformes entreprises par le nouvel État chassent les fermiers de leurs terres.

1880-1914 : Des milliers de Juifs persécutés fuyant les pogroms de la région du Pale cherchent asile au Canada.

1891 : Début de la migration de 170 000 Ukrainiens, fuyant principalement l’oppression dans les régions soumises à l’autorité austro-hongroise. C’est la première vague d’Ukrainiens cherchant asile au Canada.

1920-1939 : Deuxième vague d’immigrants ukrainiens, qui fuient le communisme, la guerre civile et l’occupation soviétique.

1945-1952 : Troisième vague d’immigrants ukrainiens, qui fuient le régime communiste.

1947-1952 : 250 000 personnes déplacées de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est viennent au Canada. Ce sont des victimes du national-socialisme (nazisme), du communisme et de l’occupation soviétique.

Années 1950 : Le Canada reçoit des Arabes palestiniens, chassés de leur patrie par la guerre israélo-arabe de 1948.

Années 1950 à 1970 : De nombreux Juifs affluent au Canada, fuyant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

1951 : Création de la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés.

1956 : 37 000 Hongrois fuient la tyrannie soviétique et trouvent refuge au Canada.

1960 : Le premier ministre John Diefenbaker, dont le grand-père était un réfugié allemand des guerres napoléoniennes, présente la première Déclaration des droits du Canada.

Années 1960 : Des réfugiés chinois fuient la violence communiste de la Révolution culturelle.

1968-1969 : 11 000 réfugiés tchèques fuient l’invasion communiste des Soviétiques et des forces du Pacte de Varsovie.

1969 : Le Canada signe la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés et son Protocole; il s’engage ainsi à ne pas renvoyer une personne dans son pays d’origine si cette dernière a des motifs de craindre d’être persécutée.

Années 1970 : Le Canada accueille 7 000 Chiliens et d’autres réfugiés latino-américains arrivés spontanément après le renversement violent du gouvernement de Salvador Allende en 1973.

1970-1990 : Privés de libertés politiques et religieuses, 20 000 Juifs soviétiques s’établissent au Canada.

1971 : Après des décennies de refus du droit de participer adéquatement au gouvernement central pakistanais, des milliers de musulmans bengalis immigrent au Canada lors du déclenchement de la guerre de libération du Bangladesh.

1971-1972 : Le Canada admet quelque 228 Tibétains. Avec leurs compatriotes, ces réfugiés fuyaient leur patrie après son occupation par la Chine en 1959.

1972-1973 : À la suite de l’expulsion des Asiatiques d’Ouganda par Idi Amin, 7 000 musulmans ismaéliens s’enfuient et sont amenés au Canada.

1978 : La Loi sur l’immigration de 1976 entre en vigueur. Elle reconnaît que les réfugiés constituent une catégorie d’immigrants à part et permet aux citoyens canadiens de parrainer des réfugiés à titre privé.

1979 : Des réfugiés iraniens s’enfuient de leur pays à la suite du renversement du schah et de l’imposition d’un régime intégriste musulman.

1979-1980 : Plus de 60 000 réfugiés de la mer trouvent refuge au Canada après la victoire des communistes pendant la guerre du Vietnam.

Années 1980 : Des Khmers cambodgiens, victimes du régime communiste et des répercussions de la victoire communiste dans la guerre du Vietnam, s’enfuient au Canada.

1982 : La Constitution du Canada est modifiée pour y enchâsser la Charte canadienne des droits et libertés.

1985 : La Cour suprême du Canada rend la décision Singh, qui étend les droits prévus par la Charte aux demandeurs d’asile, et mène à la création de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR).

1986 : Le Canada reçoit de l’Organisation des Nations Unies la médaille Nansen pour sa tradition humanitaire exceptionnelle d’accueil des réfugiés.

1989 : La Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada et le nouveau système d’octroi de l’asile entrent en vigueur le 1er janvier 1989.

Années 1990 : Au début des années 1990, les demandeurs d’asile au Canada viennent de tous les pays du monde, en particulier de l’Amérique latine, de l’Europe de l’Est et de l’Afrique.

1992 : 5 000 musulmans bosniaques fuyant le nettoyage ethnique lors de la guerre civile en Yougoslavie sont admis au Canada.

1999 : Le Canada évacue par avion vers une destination sûre plus de 5 000 Kosovars, dont la plupart sont des musulmans.

2002 : La Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés entre en vigueur. Elle énonce les grandes lignes du programme de protection des réfugiés et les principes qui le sous-tendent.

2004 : Le Canada et les États-Unis concluent l’Entente sur les tiers pays sûrs, par laquelle ils se partagent la responsabilité du traitement des demandes d’asile présentées par des ressortissants de pays tiers.

2006 : Le Canada réinstalle plus de 3 900 réfugiés karens provenant de camps en Thaïlande.

2008 : Le Canada entame le processus de réinstallation de plus de 5 000 réfugiés bhoutanais, processus qui s’échelonnera sur les cinq prochaines années.

2010 : Des réfugiés de plus de 140 pays ont été réinstallés ou se sont vu octroyer le droit d’asile au Canada.

2011 : Le Canada accroît ses programmes de réinstallation des réfugiés de 20 % sur une période de trois ans.

2012 : Le système d’octroi de l’asile est modifié en profondeur sous l’effet de la Loi sur des mesures de réforme équitables concernant les réfugiés (LMRER) et de la Loi visant à protéger le système d’immigration du Canada (LPSIC). Entre autres changements, la Section d’appel des réfugiés voit le jour à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada.

2015 : Près de 6 600 réfugiés bhoutanais arrivent au Canada. Le Canada finit d’honorer un engagement échelonné sur sept ans et accueille plus de 23 000 réfugiés iraquiens. Le Canada s’engage à réinstaller 25 000 réfugiés syriens et accueille les premiers d’entre eux.

2016 : Le Canada a réinstallé un nombre record de réfugiés en accueillant 46 000 nouveaux arrivants et en respectant son engagement de réinstaller 25 000 réfugiés syriens avant la fin de février.

2017 : Le Canada annonce que les cibles de son plan pluriannuel prévoient une augmentation record du nombre de réfugiés qu’il réinstallera; il prend aussi de nouveaux engagements pour réinstaller des réfugiés de l’Afrique et du Moyen-Orient.

2018 : Le Canada a réinstallé sur son territoire plus de 1 300 survivants de Daech en 2017 et 2018.

Vous pouvez apporter votre contribution et aider les réfugiés à s’établir au Canada en offrant bénévolement votre temps ou votre expertise ou en faisant un don. Pour en savoir plus.

 

Crédit photo:
NSZ
Lire la suite

Actualités

Affaires “enfants séparés des parents”, les USA quittent le Conseil des droits de l’homme de l’ONU

Redaction Avant Premiere

Publié

le

lavdc

Depuis mars dernier, le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, menaçait de mettre un terme à la participation des États-Unis au Conseil des droits de l’homme des Nations unies si celui-ci ne procédait pas à des « réformes considérables ». Désormais, c’est chose faite!

Dans la foulée des critiques vis-à-vis de l’administration Trump sur sa nouvelle politique de « tolérance zéro » visant à séparer les enfants de leurs parents migrants depuis la frontière mexicaine, les États-Unis ont annoncé, mardi 19 juin, leur retrait du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. 

Pour rappel, entre le 19 avril et le 31 mai, environ 2000 mineurs ont été séparés de 1940 adultes interpellés et détenus par la police des frontières dans l’attente de poursuites. Ces chiffres ont été révélés le vendredi 15 juin par l’administration Trump, qui revendique cette pratique au nom de la « tolérance zéro » contre l’immigration illégale.

Une politique jugée « inhumaine » par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme. Elle a même été dénoncée par la première dame américaine. Melania Trump a dit qu’elle « détestait » voir des enfants séparés de leurs parents sans papiers. Dimanche, elle avait souhaité un « accord bipartisan » au Congrès pour réformer les lois en matière d’immigration. Mais son mari, Donald Trump, n’entend pas quitter sa position. Car, « entrer illégalement aux États-Unis est un délit » et « avoir des enfants » n’est pas une forme de protection pour ces demandeurs d’asile selon le président américain.

Crédit photo:
lavdc
Lire la suite

Actualités

Portrait – L’industrie du cinéma en croissance au Québec

Redaction Avant Premiere

Publié

le

Avant-Première MTL/Welcome MTL Film

Ces résultats sont tirés de la vingt-cinquième édition de la publication Statistiques sur l’industrie du film et de la production télévisuelle indépendante, réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec. La publication présente les résultats d’exploitation des films et contient de nombreuses autres statistiques. De plus, elle porte une attention particulière aux productions québécoises.

En 2017, l’assistance dans les cinémas du Québec s’établit à 19,5 M, en hausse de 5 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance s’explique en partie par la bonne performance du cinéma québécois. C’est ce que révèlent les statistiques publiées, mardi 19 juin, par l’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut de la statistique du Québec.

Le cinéma dans les régions

Des hausses de fréquentation sont observées en 2017 dans l’ensemble des régions. Elles se situent entre 2 %, dans les régions de Montréal et de la Capitale-Nationale, et 19 %, dans Lanaudière. Néanmoins, depuis cinq ans, la région de Montréal connaît une baisse de 12 % de son assistance dans le contexte d’une décroissance de 8 % pour l’ensemble du Québec.

Part de marché des films au Québec

Avec des entrées en salle de 2,6 M en 2017 (1,2 M en 2016), les films québécois obtiennent des parts de marché supérieures à 15 % dans toutes les régions du Québec, sauf à Laval (10 %) et à Montréal (6 %). Cependant, le nombre de nouveaux films québécois offerts en salle est plus élevé dans la métropole (56) et la Capitale-Nationale (50) que dans les autres régions, où la moyenne est de 26.

Fléchissement des entrées aux projections en 3D

Pour l’ensemble du Québec, l’assistance aux films projetés en 3D recule de 16 % en 2017. La part de l’assistance à ce type de projection diminue à 17 % alors qu’elle était de 22 % en 2016.

Films d’aventures en hausse

Avec seulement 5 % des nouveautés, le genre « aventures » remporte 26 % des entrées en salle au Québec en 2017. Ce résultat est attribuable notamment au succès de Star Wars et des films de superhéros. Suivent les genres « animation » et « comédie » qui recueillent chacun 17 % de l’assistance. Les films d’aventures prennent ainsi la place des comédies comme genre le plus populaire depuis trois ans.

La distribution

Parmi les 520 nouveautés projetées en salle au Québec en 2017, 21 % ont été distribuées par les grands studios américains, communément appelés majors. Ces films recueillent 66 % des projections et 69 % de l’assistance.

Source : Institut de la statistique du Québec

Crédit photo:
Avant-Première MTL/Welcome MTL Film
Lire la suite

en-avant

X
X