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Défense : un ministre canadien dans de beaux draps

Baba-Idriss FOFANA

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( ©Adrian Wyld / THE CANADIAN PRESS)
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Le ministre de la Défense du Canada est la cible de l’Opposition officielle depuis lundi, alors que les travaux à la Chambre des communes reprenaient après le congé pascal de deux semaines.

Harjit Sajjan va-t-il céder à la pression ? Le ministre de la Défense canadienne qui revient d’une visite officielle en Inde, le 18 avril dernier, est « attaqué » de toute part par l’opposition. En cause, le ministre Sajjan se serait « approprié des faits d’armes » lors de la plus célèbre opération de combat du Canada en Afghanistan. Le lieutenant-colonel à la retraite avait affirmé, à l’occasion de sa visite dans son pays d’origine, d’avoir été « l’architecte de l’opération Méduse, qui a permis le retrait du champ de bataille de 1500 combattants talibans ».

L’Opposition fait front commun !

Des propos que l’Opposition officielle juge « inacceptable » de sa part : « Le ministre est devenu la risée dans les Forces armées canadiennes. Il a perdu toute crédibilité envers les militaires canadiens et envers ses collègues des autres pays. De s’approprier des faits d’armes, c’est inacceptable. C’est la base de l’éthique des Forces canadiennes. C’est une disgrâce totale », a commenté le député Pierre Paul-Hus, un ancien militaire.

Accusé d’avoir minimisé le rôle de ses anciens collègues des Forces armées canadiennes dans une bataille, en Afghanistan, en 2006, les partis d’opposition à Ottawa ont fait front commun contre M. Sajjan en réclamant sa démission. La chef par intérim du parti conservateur, Rona Ambrose, a même reproché au ministre de la Défense d’avoir pris le crédit pour les actions des autres. Le Nouveau Parti Démocratique (NPD) a aussi critiqué les propos du patron de la Défense canadienne, en demandant une nouvelle enquête sur le mauvais traitement de détenus afghans.

Face à cette « fronde », le ministre Sajjan a été forcé de s’excuser à plusieurs reprises, depuis le 28 avril dernier. Encore samedi, il a admis son « erreur » en tentant d’expliquer sur sa page Facebook ce qu’il voulait dire réellement sans vouloir nier le rôle de ses compagnons d’armes et de ses supérieures. « J’ai commis une erreur en décrivant mon rôle. Je souhaite rétracter cette description et m’en excuser. Je le regrette sincèrement. Quoique je sois fier du rôle que j’ai joué lors de mes déploiements en Afghanistan, mes commentaires n’avaient jamais l’intention de diminuer les rôles de mes anciens supérieurs ni de mes compagnons d’armes. Je souhaite leur offrir mes excuses les plus sincères », a regretté Harjit Sajjan.

Sajjan se débat, Trudeau à la rescousse

A l’en croire, il aurait dû parler de ce « succès militaire » comme étant « le résultat du leadership, du service et du sacrifice des nombreux hommes et femmes dévoués aux Forces canadiennes ». Et de préciser : « l’opération Méduse fut un succès en raison du leadership du Général Fraser et de l’équipe extraordinaire au sein de laquelle j’avais l’honneur de servir ». Tout en se disant « fier » d’avoir servi auprès de soldats canadiens, américains et afghans qui ont fait de l’opération Méduse un succès. « Je suis honoré de pouvoir servir aujourd’hui, en tant que Ministre de la Défense nationale, au service des femmes et des hommes de nos Forces canadiennes », a conclu M. Sajjan dans sa note d’excuse.

Malgré tout, l’opposition a continué de ‘’clamer haut et fort’’ que le premier ministre Justin Trudeau devrait « retirer sa confiance » en l’homme. En réponse, le Numéro 1 canadien a dit avoir pris acte des ‘’remords’’ de son ministre. Il a été plus clair face aux « demandes incessantes » de limogeage réclamées par l’opposition. « Le ministre a fait une erreur. Il a reconnu sa responsabilité et s’est excusé pour cela ; c’est ce à quoi les Canadiens s’attendent quand quelqu’un fait des erreurs », a tranché M. Trudeau, en chambre parlementaire.

Ces propos du premier ministre vont-ils réussir à calmer les ardeurs de l’opposition ? L’éventuelle démission du ministre n’est-elle pas un ‘’stratagème’’ de l’opposition pour affaiblir, de plus en plus, le Parti libéral face aux prochaines élections à venir au Canada? L’avenir nous le dira !

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Actualités

Au Parlement français, Trudeau s’attaque aux inégalités et au populisme

Baba-Idriss FOFANA

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Justin Trudeau, le 1er des premiers ministres canadiens à être reçu dans hémicycle français. Crédit: François de Rugy/Twitter

Dans le cadre de sa visite en France, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a été reçu à l’Assemblée nationale mardi 17 avril. Dans un discours prononcé, suivi en direct via les réseaux sociaux, le numéro 1 Canadien a bien voulu défendre entre autres la vision de son pays face aux inégalités et à la montée du populisme dans la société.

Grand oral de Justin Trudeau au Parlement français. C’était une grande première pour un premier ministre canadien, mais pas seulement. M. Trudeau est aussi le premier [parmi les chefs d’États ou de gouvernements] à être invité à se prononcer depuis la mise en place de la XVe législature le 21 juin en France. Pour une telle occasion, le premier des Canadiens n’a certainement pas manqué sa sortie. Il a même eu droit à des “standing ovation tout au long de son discours.

« À une époque ou des courants politique exploitent l’inquiétude bien réelle de leur concitoyen, le Canada a choisi de contrer le cynisme en faisant preuve d’audace et d’ambition » – premier ministre Trudeau.

À l’entame, il a indiqué que malgré les politiques de leurs prédécesseurs [qui se sont employés] « à rendre le monde meilleur », « l’anxiété se fait pernicieuse » aujourd’hui. Au point que « bien que nos concitoyens soient en meilleurs santé, plus riches et plus instruits que jamais, nombreux sont ceux qui s’inquiètent de leur avenir et celui de leurs enfants ». La raison selon Justin Trudeau : l’augmentation du coût de la vie alors que les salaires stagnent, la précarisation des emplois par les écarts qui se creusent entre les riches et les pauvres, pendant qu’on assiste à une classe moyenne qui s’amincit par la polarisation du discours politique, par des sentiments de dépossession et d’impuissance « chez nous et au-delà de nos frontières ».

L’invité de François de Rugy [président de l’Assemblée nationale française] est monté au créneau pour dénoncer la montée du discours populiste, pendant que « la démocratie s’érode ». Or, dira M. Trudeau, « changement n’est pas toujours synonyme de progrès ». « Dans trop de pays, le populisme se repent, la démocratie s’érode: Des symptômes d’un malaise qui afflige notre monde intégré. Ailleurs, des millions de gens prennent la route, risquant leur vie en quête d’un avenir meilleur. Et on ne peut passer sous silence les températures qui grimpent et un climat qui change ».

« Alors que de nombreux pays se définissent en s’opposant, le Canada s’affirme »

S’il a reconnu les liens de partenariat et d’amitié qui unissent la France et le Canada, il a également indiqué que les démocraties libérales portent la responsabilité d’articuler une “vision claire et convaincante” de l’avenir auxquelles elles aspirent, du monde qu’elles espèrent bâtir. « Il s’agit là du mandat que nous ont confié nos concitoyens », a précisé le premier ministre canadien, ajoutant que « la France est appelée à réfléchir à son rôle au sein de la construction européenne, et conséquemment de l’ordre mondial ».

Tout en saluant « l’engagement » du président Macron dans ses efforts visant à relever les « grands défis de notre époque », Trudeau a également partagé les réflexions du Canada sur l’état de la planète, la crise de la mondialisation et sur la place que le pays veut occuper « dans un monde qui évolue constamment et rapidement ». « Nous nous interrogeons sur l’état de notre planète, et notre capacité à alléger ses mots. La crise de la mondialisation devrait-elle nous mener à nous isoler, à nous replier? Le Canada devrait-il laisser la peur et l’inquiétude dicter son avenir et surtout décider de celui de ses enfants ? Alors que de nombreux pays se définissent en s’opposant, le Canada s’affirme », a-t-il fait valoir.

Devant son homologue Édouard Philippe et les élus français, qui n’ont cessé de l’acclamer, M. Trudeau a déclaré que le Canada est « pour le commerce progressiste, pour la diversité, pour l’immigration, pour la protection de l’environnement, pour l’égalité des sexes, pour la règle de droit, pour la démocratie, pour l’égalité et pour la liberté » afin de « contrer le cynisme » politique qui prend des “proportions inquiétantes” dans le monde.

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Politique

Philippe Couillard : « la peur, ce n’est pas quelque chose qui est fréquent en moi »

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit photo: Page Facebook du premier ministre

À moins de six mois de la fin de son mandat, nous avons eu l’occasion de poser trois questions au premier ministre du Québec, Philippe Couillard. C’était en marge du « Grand rassemblement de la diversité » organisé, samedi 7 avril, par la Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec (CCCPLQ). Le chef des libéraux a répondu aux questions du magazine Avant-Première MTL, sans langue de bois. M. Couillard explique comment les lignes vont bouger au PLQ d’ici le 1er octobre, afin de solliciter un prochain mandat de quatre ans.

B.I.F : Nous sommes à moins de six mois des élections et le parti libéral est toujours talonné dans les sondages. On a l’impression que les libéraux dorment un peu sur leur laurier. Est-ce que vous n’avez pas un peu peur de ce qui s’en vient ? Sinon, à quand le décollage de la machine libérale ?

P.C : Je dirais d’abord que la peur, ce n’est pas quelque chose qui est fréquent en moi. Par compte, vous pourriez dire que le budget qu’on a déposé, c’est le début d’une communication beaucoup plus intensive de notre bilan et de nos propositions. À partir de ce budget, tout va s’accélérer de façon organisée jusqu’à l’élection du 1er octobre 2018. Je pense qu’on va voir ça.

” Sur la question du port de signe religieux à la police, je ne changerais pas ma position “

En ce qui concerne les sondages, nous, on ne pense pas que la politique fait les sondages. On parle de la politique sur les opinions et les convictions. Par exemple, sur la question des uniformes de police [le port de signes religieux], disons qu’un sondage est publié où les gens en majorité disent qu’ils ne sont pas d’accord avec moi, je ne changerais pas ma position. Cette position est basée sur des valeurs et des principes. Et ça, c’est important.

Pour ce qui est de la communication de notre parti, de notre gouvernement, je pense que vous pouvez considérer que le grand début a été le dépôt du budget qui vient d’être fait, il y a quelques semaines.

B.I.F : Pour ce budget qui est considéré comme « du jamais vu », on vous accuse d’avoir attendu à la dernière minute pour le sortir. Comment expliquez-vous cela ?

P.C : La réponse est facile. D’abord, on avait dit exactement qu’on ferait ça. On avait dit, au début en 2014, souvenez-vous qu’on va établir l’équilibre des finances publiques. Quand nous sommes arrivés aux affaires, on a découvert sept milliards de dollars de déficit [On a fait une loi pour que cela n’arrive plus une autre fois]. Est-ce qu’il fallait laisser ce déficit comme tel ? Non ! Ça nous a pris deux ans de travail. Les deux premières années du mandat nous ont occupés à rétablir l’équilibre des finances publiques.

Philippe Couillard

Philippe Couillard lors des réponses aux questions. Crédit: Baba Idriss Fofana

Après, on a eu des marges de manœuvre. Et dès qu’on a eu des marges de manœuvre, on a investi dans les services publics. C’est donc la continuation de ce qu’on avait dit qu’on ferait et du plan gouvernemental depuis le début. La première somme qu’on a investi dans l’éducation, c’était en décembre 2015. Là, l’économie du Québec, elle va tellement bien en grande partie grâce à nos politiques ; les revenus du gouvernement sont très élevés et on est capable d’investir massivement en immigration, en éducation, en santé et pour continuer à moderniser l’économie : parce que l’économie va bien, pas parce qu’on sent l’obligation de le faire pour les élections.

L’autre grand message, c’est que le budget reste équilibré. Ce qui aurait été très mauvais, c’est de dire avant les élections : on va faire un autre déficit pour donner des politiques populaires. On a gardé le budget équilibré, parce qu’on est capable de le faire, parce que l’économie va tellement bien, parce que les revenus en l’état actuel permettent de faire ça.

B.I.F : Faut-il comprendre que le budget Leitão est suffisant pour les libéraux de regagner la confiance des Québécoises et Québécois en vue d’obtenir un prochain mandat ?

P.C : Non, non ! il ne faudrait surtout pas comprendre ça. On va faire campagne en grande partie sur notre bilan, mais pas seulement sur notre bilan. On va dire aux gens en 2014, on vous avait dit « ceci-ceci, cela » et on a fait exactement ce qu’on vous avait dit qu’on ferait. C’est la première étape de la conversation. Une fois que la plupart des gens disent « c’est vrai », nous allons leur proposer notre projet pour les prochains quatre ans.

On va avoir des projets qui vont être basés sur les finances, l’économie, l’emploi mais également l’éducation, la société du savoir, la qualité de vie et l’équité dans la société. Ça, c’est notre projet qu’on va déposer. Les gens vont dire : « la première fois, ils ont tenu parole. Ils ont fait exactement ce qu’ils avaient dit qu’ils feraient. On croit que cette fois encore, ils vont tenir parole ». C’est comme ça qu’on va procéder. Ce n’est pas difficile, mais c’est important.

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Politique

Grand rassemblement de la diversité, les libéraux brisent le silence à Montréal

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit photo: CCCPLQ

La Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec (CCCPLQ) a organisé son « Grand rassemblement de la diversité », samedi 7 avril, au Collège Notre Dame à Montréal. C’était l’occasion d’échanger sur les défis de l’inclusion, de valorisation la diversité et du vivre ensemble ‘’cher’’ aux libéraux. Le premier ministre Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ) était l’invité surprise.

Salle comble dans une ambiance chaleureuse. Des centaines d’invités [300 selon les organisateurs] issus d’une trentaine d’origines ont répondu à l’invitation de Mohammed Barhone, président de la CCCPLQ. Au nombre de ceux-ci, deux invités d’honneur: Me Shahad Salman, avocate et militante pour les droits de la personne et Saul Polo, député de Laval-des-Rapides, adjoint parlementaire du ministre des finances et ancien président du PLQ ont engagé les échanges. Ils ont abordé des questions qui touchent la vie des immigrants mais aussi considérées comme faisant partie des enjeux de l’élection générale du 1er octobre 2018.

Salman : « Les Québécois ont arrêté de se parler »

Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec

Me Shahad Salman, en hijab. Crédit photo: CCCPLQ

« Je veux vraiment amener les gens à plus se parler. Se parler parce que j’ai l’impression que depuis les dix dernières années, on continue d’aborder les mêmes sujets. Malheureusement, on a l’impression que le débat continue sans direction. J’ai eu goût qu’on puisse se parler davantage plutôt que de débattre. C’est bien beau de débattre sur la place publique, cependant, j’ai l’impression qu’on a oublié une chose qui est de se parler », a plaidé Me Shahad Salman, née à Montréal de parents d’origine irakienne.

L’avocate, qui préside en ce moment le comité de la diversité du Barreau du Québec, a déploré que les débats polémiques sur l’existence ou non de la commission sur le racisme systémique aient amené les Québécois à ne plus se parler. Non sans rappeler que le « malheureux épisode de la charte des valeurs » a fait en sorte que « nous sommes, dix ans plus tard, toujours un peu ancrés dans ce débat sans nom ».

Le vœu de Me Salman, c’est de voir le Québécois moyen ne pas se sentir exclu par la présence de gens différents. C’est de « reconnaître que nous sommes différents mais que nous nous rapprochons sur plusieurs aspects » dont l’importance accordée à la langue française. L’engagement citoyen et social qui fait partie de son parcours, elle entend le poursuivre à la « Table de réflexion sur la diversité et la lutte aux discriminations à la Ville » de Montréal, afin de « reconnaître l’apport de chacun peu importe d’où il vient ».

Polo : « Je me suis réconcilié avec mes identités »

Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec

Saul Polo, député de Laval-des-Rapides. Crédit photo: CCCPLQ

De son côté, le député de Laval-des-Rapides, Saul Polo, a indiqué que « ce rassemblement » est une façon pour eux de se rappeler les enjeux de ce pourquoi les gens s’impliquent ou s’identifient au parti libéral. Ces enjeux actuels et le positionnement du PLQ sont, selon lui, des éléments de motivation pour aider à accompagner tous leurs collègues candidats à bien défendre “le message” en vue de gagner les prochaines élections.  « Je suis moi-même immigrant, arrivé au Québec à l’âge de six ans de la Colombie. J’ai pris ma carte de membre du parti en 2005. C’est à partir de là que j’ai retrouvé une famille ou les candidats, les députés, les militants, les bénévoles se respectent et se tiennent solidement. Ce sont des valeurs qui ont consolidé mon appartenance au parti libéral », a fait valoir celui qui a été président du Parti libéral du Québec.

Avec un passé académique et professionnel tracé dans le monde de la finance et de l’économie, différent du monde de la philosophie et de la sociologie, M. Polo dit s’être inspiré du livre [Les Identités meurtrières] d’Amin Maalouf. Un livre qui l’a réconcilié avec ses identités québécoise, colombienne et montréalaise en 2007, lors du débat sur les accommodements raisonnables/religieux. « On transporte tous de multiples identités. Ce livre est venu renforcer mon sentiment d’appartenance à la famille politique libérale. À l’âge de 28-29 ans, j’ai compris que je n’avais pas fait un choix pour me sentir Québécois, que je n’avais pas fait un choix d’être plus Colombien, plus Canadiens parce que je pouvais porter toutes ces identités en moi et qu’elles étaient respectées et valorisées encore plus au Parti libéral », a précisé l’élu lavallois, également adjoint parlementaire du ministre des Finances.

Couillard : « Pas capable, c’est pas Québécois » !

À sa suite, Philippe Couillard a souligné la contribution significative des personnes issues de l’immigration dans la vie québécoise. Le premier ministre ne croyait pas si bien dire en précisant que « le Québec a besoin de tout le monde pour devenir plus prospère ». Il a vanté les « exploits sans précédent » de son gouvernement en matière d’équilibre budgétaire, de baisse d’impôts et de la création de 238 000 emplois, six mois avant la fin de leur mandat.

« Souvenez-vous de ce que les autres ont dit : « ils ne seront pas capables ». Pour moi, pas capable, c’est pas Québécois. On va l’atteindre les 250 000 emplois. En passant, puisqu’on parle d’emploi, c’est aussi la réussite de tous les Québécois issus de l’immigration. Le pourcentage de nouveaux emplois, depuis quelques années, qui ont été occupés par les personnes issues de la diversité est de 50% », a laissé entendre M. Couillard, ajoutant que « si les personnes issues de l’immigration n’avaient pas été là, ainsi que leurs familles, depuis quelques générations pour faire en sorte que ces emplois soient occupés, le Québec serait moins riche qu’il ne l’est aujourd’hui ».

Abordant la question qui fâche, le chef du Parti libéral croit savoir que la meilleure façon de parler de la diversité n’était pas de mettre en place la commission sur le racisme systémique. Philippe Couillard a révélé qu’à la suite à des rencontres menées par le ministre de l’immigration, David Heurtel, dans les communautés à Montréal, ladite commission n’était plus la bienvenue. « Ce que David a entendu, rapporte M. Couillard, les gens ont dit qu’ils sont un peu tannés qu’on parle juste des autres de cette façon-là. Ce qui les intéresse, c’est l’emploi, c’est d’être des citoyens (…) ».

Sachant la tournure du débat politique en cette période électorale, le numéro un des libéraux a dit que ce sera l’occasion de faire des choix politique. Philippe Couillard n’a pas manqué d’inviter « chacun et chacune » à faire le « choix libéral » en allant exercer son droit démocratique de citoyen le 1er octobre prochain pour “barrer la route” à ceux qui ne proposent pas mieux que le PLQ.

Barhone :  « On ne peut rien changer les bras croisés »

Pour sa part, le président de la Commission des communautés culturelles du PLQ, Mohammed Barhone, a indiqué que les défis des familles issues de l’immigration, et celles dites de souche sont pareils. « C’est un seul objectif, c’est de mieux répondre aux besoins de leurs enfants, c’est avoir à travailler pour assurer un meilleur avenir pour leurs enfants ».

Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec

Mohammed Barhone, président de la CCCPLQ. Crédit photo: Rita de Santis

Tout en s’inspirant de ses 16 années d’engagement dans le milieu communautaire, l’organisateur de ce “grand rassemblement” a encouragé les personnes issues de la diversité à sortir de leur zone de confort en s’impliquant socialement, politiquement ou dans les collectivités. Car pour M. Barhone, « il ne peut y avoir de changement si on reste les bras croisés ».

« Cette opportunité de travailler dans le milieu communautaire m’a permis de réaliser une chose très importante. C’est que l’engagement citoyen porte toujours ses fruits à un moment donné. Je voudrais dire à toutes ces personnes issues de l’immigration de s’engager. Le parti libéral est ouvert, venez enrichir la réflexion. On veut un changement réfléchi qui va améliorer nos conditions de vie, mais pas un changement qui va détruire ce qu’on a acquis ensemble », a souhaité le président de la CCCPLQ.

Mohammed Barhone a par ailleurs indiqué que cette rencontre était la première de plusieurs événements du genre qui devraient se tenir d’ici l’élection générale d’octobre au Québec.

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