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Démission du chef des Armées, comment Macron a frustré le général De Villiers

Baba-Idriss FOFANA

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|Photo : JACQUES WITT/SIPA|

Le général Pierre de Villiers, chef d’État-Major des armées françaises, a fini par rendre sa démission, mercredi 19 Juillet, au président Emmanuel Macron, avec qui, il n’était plus en odeur de sainteté. Le général François Lecointre a été nommé, le même jour, pour sa succession.

C’est un chef des Armées françaises frustré, qui s’est senti obligé de rendre le tablier : une grande première en France, après 60 ans. Est-ce le commencement des « déboires » d’un jeune président de la République, élu à 39 ans ? En tout cas, le général Pierre de Villiers, qui occupait la fonction de chef d’État-Major des armées depuis le 15 Février 2014, a remis sa démission, mercredi, au président Emmanuel Macron avec qui, il était en conflit, en raison de compressions annoncées dans les budgets militaires.

Alors que l’arbitrage d’Emmanuel Macron, quant à la polémique lancée au sujet des économies demandées aux militaires était très attendu, à l’occasion de son discours aux armées le jeudi 13 juillet, à l’Hôtel de Brienne, à Paris, on a plutôt assisté à un recadrage sévère, frôlant l’humiliation du chef des Armées françaises de la part du président de la République. « Il ne m’a pas échappé que ces derniers jours ont été marqués par de nombreux débats sur le budget de la Défense. Je considère, pour ma part, qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. J’ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n’ai ,à cet égard, besoin de nulle pression et de nul commentaire », avait martelé M. Macron, le regard noir.

Macron : « Que la grande muette reste muette… » !

Et comme si cela ne suffisait pas, l’époux de Brigitte a continué de rabrouer le général Villiers, en des termes peu élogieux : « De mauvaises habitudes ont parfois été prises sur ces sujets, considérant qu’il devait en aller des armées comme il en va aujourd’hui de nombreux autres secteurs. Je le regrette ». Dans son discours, Emmanuel Macron a exposé sa conception de la discrétion de l’armée, l’ancienne « Grande Muette », en forme d’avertissement très ferme, à l’égard de Pierre de Villiers : « J’aime le sens du devoir. J’aime le sens de la réserve qui a tenu nos armées où elles sont aujourd’hui. Et ce que j’ai parfois du mal à considérer dans certains secteurs, je l’admets encore moins lorsqu’il s’agit des armées ».

Ainsi, le successeur de François Hollande a décidé que les Armées vont devoir assumer, en 2017, le surcoût des opérations extérieures de 850 millions d’Euros (1,2 milliard de dollars Canadiens) qui était jusqu’ici, réparti entre les autres ministères au nom de l’effort collectif de défense. Leur budget devrait rester en apparence inchangé par rapport à celui voté par le Parlement en 2016 (32,7 milliards d’Euros). Mais elles auront 850 millions de crédits en moins pour leurs programmes d’équipements.

Des décisions qui n’étaient pas du goût du général ; et les propos de Macron tenus le 13 Juillet ont mis le feu aux poudres. Exaspéré, il a rendu les armes. « Je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois, pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays », a déclaré Pierre de Villiers, le mercredi 19 Juillet, dans un communiqué annonçant son départ de la tête des Armées françaises. Non sans prévenir que la réduction des budgets militaires de 850 millions d’euros, envisagée dès cette année 2017 par Emmanuel Macron, compromettra le système national de protection de la France et des Français.

De Villiers, le général et son franc-parler…

Auparavant, le général Villiers, qui est réputé pour son franc-parler, avait tapé du poing sur la table, lors de son audition, devant la commission de la Défense à l’Assemblée nationale, en expliquant que l’armée avait déjà « tout donné  » et que la situation n’était « pas tenable ». « Je ne vais pas me faire baiser comme cela », aurait-il menacé.

Rappelons que le président Macron a annoncé, la semaine dernière, que le budget de la Défense s’élèverait à 34,2 milliards d’Euros (49,7 milliards de dollars Canadiens) en 2018, contre 32,7 milliards (47,6 milliards de dollars Canadiens) cette année 2017. Un porte-parole du président Macron a assuré que, malgré les coupes de cette année, le gouvernement compte porter le budget du ministère de la Défense à 2 % du PIB, d’ici 2025. « Le président de la République a réaffirmé son engagement sur la montée progressive du budget des armées jusqu’à atteindre 2 % du PIB en 2025, avec en 2018 une première marche significative », a expliqué Christophe Castaner, porte-parole présidentiel.

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Affaibli par la maladie, Chirac est mort à 86 ans à Paris

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Maire, député, ministre, premier ministre et président de la République en France, Jacques Chirac a tiré sa révérence le 26 septembre 2019 à 86 ans, a annoncé sa famille. 

 Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en septembre 2005, Jacques Chirac, ancien président français du 17 mai 1995 au 16 mai 2007 était très affaibli depuis ces dernières années. « Le président Jacques Chirac s’est éteint ce matin au milieu des siens. Paisiblement », a déclaré à l’AFP Frédéric Salat-Baroux, époux de Claude Chirac, la fille de l’ancien président.

L’ancien président français, François Hollande, a indiqué que le 5e président de la Ve République a lutté jusqu’à ses dernières forces contre une maladie qui l’avait durement […] éprouvé, mais qu’il avait affrontée avec courage et dignité. « Jacques Chirac vient de s’éteindre. J’adresse à Bernadette Chirac, à sa fille Claude et à ses proches le témoignage de mon respect et de mon affection. Les Français, quelles que soient leurs convictions, perdent aujourd’hui un homme d’Etat, mais aussi un ami», a-t-il écrit dans un tweet.

« Chirac, le courage, la dignité et la fermeté… »

De son côté, le premier ministre du Québec, François Legault a salué la mémoire de Jacques Chirac. « Il a été tour à tour maire de Paris, premier ministre et président de la République. Dans chacune de ces fonctions, il aura été un ami du Québec. J’offre mes sympathies à la nation française, à sa famille et à tous ses proches.»

L’histoire retiendra que la France a adhéré à la monnaie européenne et a aboli le service militaire sous la présidence de Jacques Chirac, celui-là même qui s’est opposé à l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003.

« Il avait été très courageux et très ferme là-dessus », a commenté l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest lors d’une entrevue à RDI Matin.

Rappelons que Jacques Chirac a été président de la République durant 12 ans, de 1995 à 2007, après avoir remporté l’élection présidentielle face au socialiste Lionel Jospin puis face à Jean-Marie Le Pen du Front national. Il a également été deux fois premier ministre : sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (1974-1976), puis du socialiste François Mitterand (1986-1988).

À lire : Legault et Macron soulignent le 71è jour du Drapeau du Québec à Paris

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Europe

Journées Québec à Paris : un ministre et 115 employeurs québécois en route pour recruter… des Français

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Les 1er et 2 juin prochain à Paris, en France, se tiendra la mission de recrutement international des Journées Québec auxquelles participeront le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Mauricie, Jean Boulet et plusieurs employeurs québécois.

Les Journées Québec à Paris existent depuis 2008. À l’occasion de l’édition 2019, le gouvernement Legault annonce qu’un total de 115 employeurs provenant des quatre coins du Québec y seront. Ils rencontreront lors d’entrevues d’embauche des candidats présélectionnés. Les secteurs d’emplois représentés sont entre autres les technologies de l’information, la santé, le génie mécanique, le transport et l’hôtellerie.

« Les Journées Québec à Paris sont un exemple concret de gestes que notre gouvernement pose pour appuyer les entreprises et les organismes québécois dans leurs efforts de recrutement à l’international. »

– Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

À lire : Résidences privées pour aînés : la pénurie de préposé aux bénéficiaires fait rage

Le ministre Boulet profitera de sa présence à Paris pour mettre en lumière les emplois actuellement disponibles au sein des entreprises québécoises, les mécanismes de soutien à l’intégration offerts par Services Québec et la vitalité de l’économie québécoise. Il rencontrera également des partenaires français et internationaux pour échanger et mettre en commun diverses expertises en matière d’emploi et de travail.  

16 708 candidatures présélectionnées seront examinées!

  • Montréal International, Québec International et la Société économique de développement de Drummondville sont présents pour accompagner les entreprises de leurs régions et faire valoir leurs offres de services, tout comme des représentants des régions de Granby, de Rouyn-Noranda, de l’Estrie, de Sherbrooke et de la Chaudière-Appalaches.
  • Pour l’événement en 2019, les entreprises ont présenté 775 offres dans le but de pourvoir 2 883 postes.
  • En tout, 11 641 candidats se sont inscrits aux Journées Québec pour une ou plusieurs entrevues avec des entreprises. Au total, ce sont 16 708 candidatures présélectionnées que les entreprises devront examiner.

À lire aussi : Le secteur touristique recrute en masse au Québec

Pour rappel, de 2008 à 2015, le nombre d’entreprises participantes est passé de 9 à entre 25 et 30 par mission. Le nombre de candidates et de candidats intéressés par l’activité est passé d’un peu plus de 1 000 à plus de 20 000 par année. En 2018, l’inscription des employeurs a plus que doublé pour atteindre 111 employeurs pour l’édition du printemps et 113 employeurs pour l’édition d’automne. Le nombre de candidates et candidats a quant à lui augmenté à plus de 33 700 pour la dernière année.

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Viol d’une touriste canadienne à Paris, prison ferme pour deux policiers français

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Jugés depuis le 14 janvier dernier pour « viol en réunion », les accusés, Antoine Quirin (40 ans) et Nicolas Redouane (49 ans), membres de la prestigieuse Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la police de Paris, ont été condamnés jeudi 31 janvier chacun à sept ans de prison ferme pour le viol d’une touriste canadienne, Emily Spanton (39 ans), en avril 2014 au siège de la police judiciaire de Paris.

« Quatre policiers m’ont violée avec condoms », a-t-elle raconté, dans ses premières déclarations aux enquêteurs.

Les accusés encouraient 20 ans de réclusion criminelle, mais la cour a finalement décidé d’imposer 7 années de réclusion ferme à chacun des désormais ex-policiers qui ont toujours nié les accusations portées contre eux.

Les deux anciens policiers de la prestigieuse BRI devront en outre verser 20 000 euros à la victime. Antoine Quirin a éclaté en larmes à l’énoncé du verdict.

Parmi les éléments pesant contre les policiers, un SMS : C’est une touseuse [partouzeuse, NDLR], dépêche », avait envoyé Nicolas Redouane à un collègue.

Les faits reprochés aux deux agents de police remontent à la nuit du 22 au 23 avril 2014. Les agents avaient amené Mme Spanton, la touriste canadienne, sur leur lieux de travail, soit au 36, Quai des Orfèvres, après avoir fait sa connaissance lors d’une d’une soirée bien arrosée.

Dans son réquisitoire, l’avocat général avait soulevé des « dissimulations évidentes et des incohérences manifestes » dans les versions des policiers qui ont ce soir-là selon lui abusé d’« une proie vulnérable », une étrangère, très fortement alcoolisée.

Selon des témoins, quand Emily Spanton est entrée dans les locaux vers 0 h 40, en titubant, elle était joyeuse, alors qu’à 2 h , la touriste canadienne était en état de choc, effondrée.

Elle affirmait avoir été violée par les deux accusés et par un troisième homme qui n’a jamais été identifié lors des procédures judiciaires qui ont suivi.

La cour a été « convaincue » par « les déclarations constantes de la victime » et par « les éléments scientifiques et techniques », dont les expertises ADN et les analyses de la téléphonie, a expliqué le président de la cour d’assises, Stéphane Duchemin.

Source : Radio-Canada/AFP

À lire aussi : Macron20h, pour mettre fin à la crise des gilets jaunes…

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