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Du dandysme 4.0

Hanen Hattab

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Crédit photo Avant Première

Les gens pressés font leurs achats sur le web, au risque parfois de perdre du temps parce que le produit sélectionné sur l’écran ne correspond pas à leurs attentes. Jean Sébastien Siow a résolu ce hic du commerce électronique dans un domaine des plus pointilleux : l’habillement sur mesure.

Le dandy 4.0

Grâce aux outils de conception faciles et rapides, le féru d’élégance vestimentaire peut se proclamer créateur-couturier. Sur le net, une grammaire de la mode aux inspirations illimitées l’attend pour cultiver une apparence et une esthétique vestimentaire personnelle et distinguée.

« La plus belle réussite d’un dandy est l’emploi de son temps, et non son argent. Car il méprise l’or dans lequel croupissent les bourgeois. Son chef-d’œuvre est sa liberté, l’acquisition de sa liberté. », Michel Onfray (1996).

Les boutiques en ligne offrent une panoplie de pièces, catalogues de tissus et détails pour créer son propre complet ou chemise et visualiser le résultat avant de commander. Or, l’avatar virtuel, créé à partir d’une quinzaine de mesures du corps, risque parfois de faire faux bond. Parce que rien ne remplace les ajustements faits directement sur le corps, Jean Sébastien Siow a créé une solution numérique pour le dandy 4.0.

Une précision à fleur de peau

À partir de la laine super 140S, un tissage d’épaisseur moyenne et durable et d’autres matières nobles, Suitablee, une PME, codirigée par Jean Sébastien Siow et Jérémie Siow propose une expérience de mode hybride. L’entreprise conçoit des complets, des manteaux et des chemises. Le contact direct avec les clients était à la fois une stratégie de démarrage de l’entreprise et une solution pour améliorer le service de vente des vêtements personnalisés et sur mesure en ligne.

Jean Sébastien Siow dans le showroom de Suitablee. Crédit photo Avant Première.

« J’ai vu autour de moi plusieurs entrepreneurs échouer. Ce n’est pas parce qu’on a lancé un site de commerce électronique que les gens vont commencer à acheter », a confié M. Siow.

L’équipe Suitablee se déplace chez les clients qui ont préalablement choisi et composé sur le site de la compagnie les étoffes, couleurs, textures, motifs, accessoires, modèles et styles des pièces.

« Nous donnons la possibilité à nos clients d’imaginer leurs vêtements, de l’allure jusqu’aux détails de couture. À chaque saison, nous renouvelons notre palette en proposant les matières et les couleurs tendances. Les conseils sur la morphologie, les codes vestimentaires et la mode font aussi parties de nos services. », a t-il précisé.

La prise des mesures se fait grâce à un petit scanner tridimensionnel nomade. Un algorithme, créé par l’entreprise, convertit les informations visuelles recueillies en données numériques permettant de réaliser directement le patron de la pièce.

« On a développé une technologie qui permet de gagner en précision de 90 à 95%. Cela veut dire que 10 à 5 % seulement des clients ont besoin de retouches finales. C’est incroyable parce que dans cette industrie, la réalisation d’un complet ou un manteau nécessite six à huit semaines de travail et plusieurs rencontres avec le client ; alors qu’avec notre outil, le travail se fait en trois à quatre semaines et seulement deux rendez-vous. Mais si nos clients l’exigent, nous pouvons atteindre deux semaines. », a t-il déclaré.

L’ingénieur a précisé notamment que l’algorithme optimise considérablement le travail du tailleur puisqu’il permet de visualiser le corps et calculer les mesures correspondant à la coupe et au style choisis. Le tailleur ne dispose plus seulement de quinze mesures interprétés de façon approximative en patron selon le modèle, mais d’une centaine de mesures convertibles grâce aux calculs en coupes, styles et formes proposés en ligne.

« Cet outil nous permet de conserver les métadonnées du client alors que les autres entreprises, travaillant avec plusieurs tailleurs, ne possèdent pas une banque d’informations intelligente. », a-t-il ajouté.

L’entreprise est en train de développer une nouvelle technologie combinant les concepts futurs de la réalité augmentée et du commerce électronique. Au dire de M. Siow, l’expérience sera 100% virtuelle.

Pour plus d’informations sur Suitablee : https://suitablee.com/fr/accueil/

 

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Crédit photo Avant Première

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Facebook ne soutient plus les campagnes électorales

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Facebook a déclaré ce jeudi, 20 septembre, qu’il changera les modalités des services offerts aux partis politiques pendant les élections.

Après le scandale de Cambridge Analytica, Facebook a décidé de revoir ses rapports avec les partis politiques.

Selon Bloomberg, le réseau social continuera de proposer ses services aux compagnes et organisations politiques. Il sera, par ailleurs, plus distant.

En effet, l’entreprise veut éviter de se salir les mains sur la question de la protection des informations personnelles des abonnés.

Le réseau de Zuckerberg va, pour ce faire, cesser de fournir des conseils stratégiques ciblés. Il réduira notamment ses visites aux quartiers généraux des partis politiques, comme c’est le cas pendant 2016.

Pour rappel, le PDG de la plateforme avait promis aux parlementaires américains de s’assurer de protéger les données des utilisateurs pendant les élections, partout dans le monde.

Facebook avait admis aussi avoir fourni un soutien particulier à l’équipe de Trump en 2016.

Est-ce parce ce qu’il était un gros client ?

Dans une analyse interne de Facebook, obtenue par Bloomberg en 2018, un scientifique de l’entreprise a expliqué que la propagande de Trump était plus élaborée que celle de Clinton.

De juin à novembre 2016, l’équipe du locataire de la maison blanche s’est bien servie des outils de la plateforme.

Alors que la campagne de Trump a déboursé 44 millions de dollars sur les publicités de la plateforme, Clinton a seulement dépensé 28 millions de dollars.

Les élections 2020 se dérouleront elles sans le soutien de Facebook ?

Afin d’adopter une approche plus neutre, l’entreprise se concentrera sur l’interface de son portail politique. Elle optimisera l’accés aux informations dont les clients ont besoin.

Cependant, les campagnes et les organisations peuvent toujours contacter directement l’entreprise. Ils pourront recevoir des formations de base sur l’utilisation des annonces et demander de l’aide pour les faire approuver.

Lire aussi : Le niet à la neutralité du net…

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Éthique et Intelligence Artificielle : ses usages au Canada

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La question éthique est-elle prise en considération dans les entreprises canadiennes qui manipulent l’Intelligence Artificielle (IA) ? Un rapport réalisé par SAS, Accenture Applied Intelligence, Intel et Forbes Insights a tenté d’apporter un éclairage sur le sujet.

© SAS, Accenture, Intel 2018

Le rapport est basé sur un sondage réalisé en juillet 2018. 305 chefs d’entreprise de partout dans le monde y ont participé. L’échantillon canadien a été important : 44 entreprises du pays ont répondu au sondage.

Selon l’étude, publiée ce jeudi 20 septembre, les entreprises qui utilisent l’IA représentent 72% des organisations dans le monde. Au Canada, ils représentent 68%.

À l’échelle mondiale, 70% des entreprises offrent une formation en éthique à leurs technologues. Et 63% ont des comités d’éthique qui observent l’utilisation de l’IA.

Au Canada, le nombre des entreprises qui ont adopté une démarche éthique est un peu plus faible :

  • Formation en éthique des technologues : 67%
  • Comités d’éthique pour examiner l’utilisation de l’IA : 73%

Quels sont les enjeux d’une démarche éthique en IA ?

Comme l’indiquent les chiffres présentés ci-haut, l’étude s’est intéressée aux méthodes d’intervention des entreprises afin de sensibiliser ses collaborateurs sur l’éthique. Or, Rumman Chowdhury, chef de l’IA chez Accenture, souligne que « les organisations doivent aller au-delà des codes d’éthique directionnels. »

© SAS, Accenture, Intel 2018

« Elles doivent fournir des lignes directrices prescriptives, précises et techniques pour élaborer des systèmes d’IA sûrs, transparents, explicables et responsables », a-t-il précisé.

L’étude a observé le déploiement d’une démarche éthique qui a notamment des enjeux sociaux. Il s’agit de la surveillance des résultats obtenus par l’IA.

Ce volet de l’étude interroge donc l’implication de l’humain dans les activités qui ont recours à l’IA.

74 % des entreprises ont déclaré avoir adopté une surveillance étroite de leurs activités. Et ce grâce « au moins à un examen ou une évaluation hebdomadaire des résultats. »

Les taux des entreprises canadiennes qui ont recours à ce processus sont les suivants :

  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par des chefs de file de l’IA : 55%
  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par le reste des adoptants de l’IA : 42%

L’étude veut montrer aussi que cette démarche éthique impacte les relations entre une entreprise et ses partenaires.

« La capacité à comprendre comment l’intelligence artificielle prend des décisions renforce la confiance et permet une surveillance humaine efficace. » Yinyin Liu, responsable de la science des données chez Intel AI.

Pour consulter le rapport : Critical mass: Managing AI’s unstoppable progress

Lire aussi : Forum sur l’intelligence artificielle, Montréal entame le débat sur l’éthique

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Canada : Les données personnelles des électeurs en danger

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Les gardiens du droit d’accès à l’information et du droit à la vie privée exigent que les partis politiques respectent les principes de protection de la vie privée reconnus mondialement. Ce, afin d’assurer aux Canadiens un accès aux renseignements personnels qu’ils détiennent à leur sujet et de permettre à un organisme indépendant de vérifier le respect des règles en matière de protection des données personnelles.

Dans une résolution conjointe, Assurer la confiance et la confidentialité dans le processus électoral du Canada, en date du 17 septembre, les commissaires et les ombudsmans à l’information et à la protection de la vie privée au Canada ont invité les gouvernements à adopter des lois qui exigent que les partis politiques respectent les principes de protection de la vie privée reconnus mondialement.

La collecte de données massives de plus en plus sophistiquées soulève de nouvelles préoccupations en matière d’éthique et de vie privée, et mettent en évidence le besoin d’en accroître la transparence.

Des événements récents ont mis en lumière la manière dont les partis politiques recueillent et utilisent les renseignements personnels ou données personnelles pour cibler de façon précise et unique des individus afin d’en retirer des avantages politiques. Des outils numériques collectent une grande quantité de renseignements personnels provenant de diverses sources, souvent à l’insu de l’intéressé ou sans son consentement.

Mettre les données personnelles à l’abris des partis politiques!

Daniel Therrien, commissaire à la protection de la vie privée du Canada, souligne que : « de récentes enquêtes menées dans divers pays ont révélé que les partis politiques recueillent des quantités importantes de renseignements personnels sur les électeurs alors qu’ils adoptent de nouvelles techniques de ciblage ».

Plusieurs renseignements personnels recueillis par les partis politiques au sujet des électeurs, comme les opinions politiques et les intentions de vote, sont de nature sensible.

Selon lui, « l’information au sujet de nos opinions politiques est très sensible ». Il est clairement « inacceptable », selon M. Therrien, que les partis politiques fédéraux et provinciaux ne soient pas assujettis aux lois sur la protection de la vie privée.

Le respect de la vie privée est un droit fondamental de la personne qui permet la liberté d’association, de pensée et d’expression, dont l’affiliation, la participation et le débat politiques.

« Le projet de loi C-76, qui est la réponse du gouvernement fédéral face aux préoccupations du public concernant la façon dont les renseignements personnels sont utilisés dans le processus électoral, n’offre rien de concret sur le plan de la protection de la vie privée. Le temps est venu d’agir pour mieux protéger les droits des Canadiens », a critiqué le commissaire à la protection de la vie privée du Canada.

Des techniques de microciblage peu éthique ?

Rappelons que de récentes enquêtes hautement médiatisées menées au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et dans d’autres pays ont révélé que les partis politiques recueillent des quantités importantes de renseignements personnels sur les électeurs alors qu’ils adoptent des techniques de microciblage. Les partis politiques détiennent également des renseignements personnels sur les bénévoles, les employés et les candidats.

Ces pratiques peuvent avoir d’importantes répercussions sur la vie privée des citoyens et miner leur confiance à l’égard du système démocratique.

À l’heure actuelle, la Colombie-Britannique est la seule administration au Canada où les partis politiques sont assujettis à des lois relatives à la protection de la vie privée. C’est également la seule province où les électeurs peuvent déposer des plaintes auprès d’un organisme indépendant quant aux pratiques d’un parti politique relatives à la protection des données personnelles.

Lire aussi : Pour voter, vérifier votre inscription sur la liste électorale.

Faut-il le rappeler, la résolution conjointe des gardiens du droit d’accès à l’information et du droit à la vie privée a été prise lors de la réunion annuelle des commissaires et ombudsmans fédéraux, provinciaux et territoriaux à l’information et à la protection de la vie privée, tenue du 11 au 13 septembre 2018, à Regina en Saskatchewan.

Source : Commission d’accès à l’information

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