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Éducation au Québec, entre promesse et bataille électorale

Baba-Idriss FOFANA

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À la veille de l’élection générale du 1er octobre 2018 au Québec, l’Éducation prend une place centrale dans les discours politiques de la plupart des partis. Ce n’est pas le parti au pouvoir qui dira le contraire.

En un temps record, d’importantes annonces en faveur du système éducatif ont été faites. Au nombre de celles-ci, il faut citer la toute nouvelle stratégie relative aux services éducatifs offerts aux enfants de 0 à 8 ans. Intitulée Tout pour nos enfants, elle a été élaborée en application de la Politique de la réussite éducative, selon le gouvernement québécois. D’autant plus que le premier ministre, Philippe Couillard, reconnaît lui-même qu’au Québec, « 800 000 enfants sont âgés de 0 à 8 ans et représentent un dixième de notre population ».

Précieux à ses yeux, le numéro des Québécois soutient que la jeunesse constitue la plus grande richesse collective de la province. Justifiant ainsi pour le gouvernement le devoir de « donner à tous ces jeunes des chances équitables d’arriver plus tard à la destination qu’ils auront choisie ». « Ensemble, assurons-nous que chaque jeune puisse grandir dans un Québec confiant, prospère et plus équitable, capable de lui donner un bagage solide pour prendre la route de la réussite ! », a fait valoir récemment Philippe Couillard, dans un communiqué émanant de son Cabinet.

Éducation, enjeu électoral ?

À en croire les Libéraux, d’ici 2022, près de 1,4 G$ sera investi pour offrir aux 800 000 enfants de 0 à 8 ans les mêmes chances de réussir. Et cela passe par la mise en œuvre de la stratégie qui elle-même poursuit cinq objectifs à savoir : favoriser l’égalité des chances pour tous les enfants (1,135 G$) ; assurer aux enfants de 0 à 8 ans un parcours éducatif continu et des transitions harmonieuses (30,3 M$) ; implanter ou consolider des pratiques éducatives et pédagogiques de qualité (96,9 M$) ; permettre à tous les enfants d’acquérir les compétences essentielles en lecture, en écriture et en mathématiques à la fin de leur 2e année du primaire (32,2 M$) ; accompagner les parents et favoriser la mobilisation et la concertation des acteurs (97,1 M$).

Cette nouvelle, comme il fallait s’y attendre, a soulevé le courroux de certaines personnes. Dans son éditorial du 20 janvier dans Le Devoir, Brian Myles a plutôt proposé l’expression « Tout pour notre réélection » à la place de l’intitulé « Tout pour nos enfants » de la « Politique pour la réussite éducative ». « Depuis quelques mois, les libéraux multiplient les annonces en éducation, la nouvelle priorité sociétale, pour faire oublier les mesures de rigueur budgétaire qui ont été sévèrement critiquées dans la première partie de leur mandat », a martelé l’éditorialiste.

« Écrans de fumée de la #CAQ + #PLQ.. »

Bien avant, c’est le député de Chambly, Jean-F. Roberge, qui ‘’riait’’ des investissements « sans précédent » de 740 millions de dollars annoncés pour rénover les écoles du Québec en 2018 et dont se félicitait le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx. Faisant référence à un article paru dans La Presse, le Caquiste Porte-parole en matière d’Éducation écrivait ceci sur Twitter : « Après 15 ans de gouvernement libéral, nos écoles sont en piteux état. Et malgré les belles paroles du min. Proulx, elles continueront de se dégrader cette année encore ! (..) ».

Pendant ce temps, c’est la Coalition Avenir Québec (CAQ) – en tête des récents sondages – qui promet un taux unique de taxe scolaire pour l’ensemble du Québec en cas de victoire au soir du 1er octobre. Cela devrait permettre de « remettre plus d’argent dans le portefeuille des familles » selon le chef caquiste François Legault. Une déclaration qui a vite été balayé par Véronique Hivon, député péquiste et promue fraîchement vice-présidente du Parti Québécois (PQ). « Fausses bonnes idées et écrans de fumée de la #CAQ + #PLQ en matière d’éducation et de petite enfance », écrit-elle sur son compte Twitter.

À cette allure, à qui les parents devront « faire confiance » pour l’avenir de leurs enfants et de l’école au Québec ? Comme disait la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, « le système d’éducation, ce n’est pas d’un changement de structure qu’il a besoin. C’est d’un changement de vision qui s’appuie sur les besoins des élèves ».

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Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Réouverture d’une grande affaire de contrefaçons d’œuvres de Rodin

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L’affaire a commencé en 2001 lorsque le musée Rodin a déposé plainte concernant la circulation de copies illégales réalisées à partir des œuvres du sculpteur français.

Les reproductions des sculptures « Le penseur », « Le baiser », « La main de Dieu » et d’autres œuvres, ont été exposées et vendues à l’étranger comme étant des originaux.

Selon l’AFP, quatre hommes et la société italienne « Gruppo mondiale » ont comparu devant la cour d’appel de Paris, ce mercredi, 20 février. Le nombre des reproductions est impressionnant. On estime que 1.700 pièces ont été tirées à partir de 52 oeuvres de l’artiste.

Lire aussi : Échec de la vente aux enchères des tableaux d’Hitler

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AQAADI : lueur d’espoir pour les 18 000 dossiers d’immigration annulés par Québec ?

Baba-Idriss FOFANA

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Suite à la décision du gouvernement du Québec d’annuler « 18 000 dossiers d’immigration » pour cause d’une réforme de l’Immigration à travers le nouveau projet de loi PL9, l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI) a décidé, mercredi, d’attaquer en justice cette décision qu’elle juge « illégale ». Elle souhaite que Québec revienne à de meilleur sentiment en traitant avec « urgence » ce dossier.

L’affaire des 18 139 dossiers fait grand bruit non seulement au Québec mais ailleurs dans le monde. Estimés à entre 50 000 et 60 000 personnes, ces candidats à l’immigration ont vu leur « rêve brisé » depuis quelques jours. Cette décision qualifiée « d’inhumaine et d’inacceptable » a été rejetée à l’unanimité par l’opposition québécoise depuis l’introduction du projet de loi PL9 le 7 février dernier par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI).

Le projet de loi PL9 de la discorde…

Le 14 février dernier, dans une lettre ouverte adressée au ministre québécois de l’Immigration, 94 avocats en droit de l’immigration issus de de l’AQAADI, s’étaient opposés à la volonté du gouvernement Legault de jeter 18 000 dossiers d’immigration à la poubelle, tout en l’invitant à changer d’avis. « Dans le meilleur intérêt de tous, nous vous demandons officiellement de traiter ces dossiers, de rassurer la population, et ce, tout en travaillant ensemble à parfaire le nouveau système sans préjudicier nos candidats actuels. Qu’on en prenne plus ou qu’on en prenne moins, avant toute chose, l’important c’est d’en prendre soin », avaient suggéré les avocats signataires.

« Le PL9 vise à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes ; à offrir les bases légales nécessaires pour améliorer la francisation, l’intégration et l’adéquation entre les besoins de main-d’œuvre du Québec et le profil des candidats sélectionnés. »

Le ministre Québécois de l’Immigration, Simon Jolin Barrette, avait émis une « fin de non-recevoir » à cette requête des avocats, voulant plutôt contacter les candidats pour leur fait part des programmes disponibles notamment le Programme d’expérience québécoise (PEQ) et la déclaration d’intérêt à travers le portail Arrima. Or, d’après les révélations de M. Barrette, plus de 91 000 personnes ont fait une demande d’immigration par le biais d’Arrima sans avoir reçu un retour de la part du MIDI en six mois. Et ce, pendant que le Québec fait face à une pénurie de main-d’oeuvre sans « précédent ».

18 000 dossiers d’immigration «encombrants»

Au départ, le gouvernement s’était engagé à payer 19 millions de dollars pour se débarrasser des 18 000 dossiers d’immigration devenus « encombrants » pour mettre en branle la réforme promise par la Coalition avenir Québec (CAQ). Mais les avocats en droit de l’Immigration, tout comme les partis d’opposition, ont soutenu qu’il est « plus judicieux d’investir » ce même montant pour « étudier rapidement » les dossiers en question.

À lire aussi : Québec «hanté et tourmenté» par les 18 000 dossiers d’immigration annulés!

Pour forcer le gouvernement a traité les 18 000 dossiers, l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration a décidé de le poursuivre devant la justice. Est-ce que ce recours est déjà un « soulagement » pour les personnes concernées? Sans connaître l’issue de cette bataille judiciaire qui va se déclencher, tout porte à croire que Québec est tiraillé de tous les côtés sur sa nouvelle vision de l’immigration.

Rappelons qu’au lendemain du dépôt du projet de loi PL9 sur l’immigration par le gouvernement dirigé par François Legault, le gouvernement fédéral dirigé par Justin Trudeau a dit « non » à Québec qui réclamait plus de pouvoir en matière de sélection des immigrants.

À lire aussi : Portail Arrima : Québec a reçu près de 100 000 demandes d’immigration, aucun candidat invité en 6 mois…

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STM : les salariés des services d’entretien sommés de cesser tout ralentissement de travail

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À la suite de l’audience publique tenue les 14 et 15 février derniers, le Tribunal administratif du travail (TAT) déclare que le ralentissement de travail et d’activités exercé par les employés des services d’entretien de la Société de transport de Montréal (STM) est illégal.

Le Syndicat du transport de Montréal (qui représente les personnes salariées des services d’entretien), ainsi que ses membres, ses représentants ou ses mandataires ont été sommés de prendre « immédiatement » les mesures requises pour que cesse tout ralentissement de travail et d’activités concerté. De plus, TAT ordonne que les membres du Syndicat fournissent le travail habituel requis par l’employeur en exécutant toutes et chacune de leurs tâches usuelles, sans moyen de pression.     

Le Tribunal retient que les données présentées par l’employeur démontrent une diminution du nombre d’autobus disponibles, et ce, malgré le nombre d’heures travaillées supérieur à celui des autres années.

Par exemple, le 4 février dernier, sur 1800 autobus de la STM, 1 270 étaient disponibles alors que 1 424 sont requis en cette période de l’année. Le 8 février également, le directeur général de la STM, Luc Tremblay, avait reconnu à l’émission Gravel le matin, que près du tiers de tous les autobus de la STM sont en réparation.

Le Tribunal précise dans sa décision que le procureur syndical a fait un travail considérable pour mettre en relief les différents éléments susceptibles d’affecter le nombre d’autobus en circulation. Cette preuve pourrait expliquer une certaine variation, mais pas de l’ampleur de celle qui est constatée.

À lire aussi : Métro de Montréal : un renfort de 153 nouvelles voitures de type Azur

Enfin, le Tribunal autorise le dépôt de sa décision au greffe de la Cour supérieure du district de Montréal et il rappelle aux parties que ce dépôt confère à l’ordonnance le même effet que s’il s’agissait d’un jugement de la Cour. Le défaut de s’y conformer peut-être sanctionné par une procédure d’outrage au Tribunal.

À lire aussi : Licenciements, ADT Canada reconnue coupable d’action antisyndicale

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