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Société

Français à Montréal : les clés d’une bonne intégration au Québec

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit photo: Baba I. Fofana/Avant-Première MTL

S’il est inévitable de faire de faux pas en arrivant dans un nouveau pays, il n’en demeure pas moins vrai que l’adoption des « codes culturels » pourrait faciliter une « meilleure intégration » au fil du temps. S’inscrivant dans cette dynamique, l’Union française (UF) de Montréal, qui se veut un lieu culturel d’accueil, a organisé mardi 24 avril la conférence « les clés d’une bonne intégration ».

En débarquant au Québec, en provenance de la France ou d’un pays francophone du monde, l’idée d’être dans une province canadienne qui a pour langue principale le français emballe le nouvel arrivant. Pourtant, l’apparence est souvent trompeuse. L’Amérique francophone, n’est ni l’Europe francophone, ni l’Afrique francophone, encore moins l’Asie francophone. L’avantage d’avoir une langue en partage suffit-il à s’intégrer ?

Pas si sûr! Ce n’est pas Cécile Lazartigues-Chartier qui dira le contraire, puisque c’est-elle qui animait la conférence à l’UF. « Le langage peut cacher certaines tendances culturelles qui se traduisent assez mal et créent de la confusion », dit-elle. Soulignant « le pouvoir du langage », Mme Lazartigues-Chartier croit comprendre qu’« au-delà des expressions idiomatiques, les anglicismes et autres, le langage est porteur de valeur ». L’utilisation du vocabulaire est différente, « ici, précise-t-elle, on est dans le pragmatisme ».

La dynamique du temps au Canada, n’est pas la même qu’en Europe ou en Afrique : « Si vous avez un rendez-vous, soyez-là avant l’heure »

Québécoise d’origine française, Cécile s’est installée à Montréal depuis 20 ans. Après tant d’année, elle a fondé « L’Art et la manière », une entreprise de conseil en interculturel. Pour elle, « le changement de paradigme est un levier sine qua non pour l’intégration » des nouveaux arrivants au Québec et au Canada. Du 5 à 7 au bénévolat en passant par le réseau social professionnel LinkedIn, tous ces moyens devraient être mis à profit par ces derniers pour briser la glace et quitter le dépaysement.

Québécois et Français ont répondu présent à l’Union Française de Montréal. Crédit photo: Baba Idriss Fofana/Avant-Première MTL

Parlant du bénévolat, Cécile Lazartigues voit en cette implication comme une bonne façon de prendre sa place dans la société. « C’est une première expérience que vous pouvez valoriser dans votre CV. Si vous êtes un bon monteur en informatique, un bon sportif, si vous cuisinez super bien, si vous traduisez en mandarin, on a besoin de vous avec des jeunes, avec des personnes âgées. En faisant du bénévolat, c’est parce qu’on a quelque chose à offrir ».

« L’humanisme pour moi est fondamentale, l’humain est au cœur de ce que je fais. Mais de façon pragmatique, pour votre intégration ici au Québec, au Canada, c’est incontournable. »

    – Cécile Lazartigues, L’Art et la manière.

D’ailleurs, souligne la consultante Interculturel, « le bénévolat permet de créer des connexions entre des gens qui ont des intérêts en commun. Mais aussi, poursuit-elle, c’est là où vous pouvez faire toutes vos ‘’bêtises interculturelles’’ qu’on fait tous immanquablement. On est dans la communauté au sens large et non dans le judéo-chrétien » comme en France ou en Europe.

Selon Cécile Lazartigues, chaque nouvel arrivant peut incarner ce qu’il a en lui. Crédit: Baba Idriss Fofana/Avant-Première MTL

Elle exhorte les nouveaux arrivants à « embrasser » la culture québécoise pour mettre fin au spectre de l’enfermement. « Si vous aimez la pêche, aller chercher un magazine de pêche québécois. Prenez votre carte de bibliothèque, il y a des films, les livres, des journaux, etc. Il y a des programmations de fou dans les Maisons de la culture et c’est gratuit. Intégrez-vous, imprégnez-vous. Vous ne pouvez pas dire je n’aime pas le cinéma québécois : il y a tout. Il faut embrasser cette nouvelle réalité », encourage Cécile.

À lire aussi : Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec 2018

À l’endroit des hommes d’affaires français qui souhaitent s’implanter au Canada, Cécile consent qu’il y a à boire et à manger dans le pays. Cependant, celle qui est également consultante en stratégie et développement tient à mettre en garde en cas d’un premier échec. « En France, a-t-elle déploré, quand vous lancez un projet qui échoue, vous êtes un bon « looser » et on est les premiers à utiliser cette expression fantastique : ‘’je suis trop con’’ ». À l’inverse au Québec, a-t-elle vanté, on dit ‘’tu es capable’’ ». Cela démontre à quel point “on est dans les extrêmes” selon Cécile.

Quelques pistes pour quitter sa « zone de confort » selon Cécile. Crédit: Baba Idriss Fofana/Avant-Première MTL

Contrairement à d’autres endroits dans le monde, Mme Lazartigues-Chartier pense qu’ici les nouveaux arrivants ou expatriés peuvent incarner ce qu’ils ont en eux. « Est-ce que ça va être facile ? Non! Est-ce que tout est possible quelque part ? Oui! Néanmoins, si vous avez envie d’essayer quelque chose, essaye-le! Dire : je suis trop vieux, je suis trop jeune, je ne suis pas assez formé, le marché n’est pas ceci-cela. Ok! si tu as envie de faire quelque chose, essaye! Tu vas apprendre, tu vas comprendre et ça va marcher ».

Comme pour paraphraser le Paléontologue anglais Charles Darwin : « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements ».

À lire aussi :

Montréal inclusive, un premier plan d’action en matière d’immigration et d’intégration des nouveaux arrivants

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

Éducation

Formation générale au Cégep : « évitons le nivellement par le bas »

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À la suite des propos tenus en début de semaine par le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, quant à une éventuelle modernisation de la formation générale dans les cégeps, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) tient à rappeler l’importance de défendre une vision large de la réussite éducative qui englobe l’ensemble du développement de la personne et qui ne se réduit pas à une approche comptable axée strictement sur le taux de diplomation.

Certains propos tenus dans les médias cette semaine laissent entendre qu’il faut « moderniser » et rendre plus « attrayante » la formation générale pour augmenter le taux de diplomation, en particulier les cours de français et de philosophie. 

« Il s’agit d’une équation simpliste sans fondement qui ressemble à s’y méprendre à du nivellement par le bas : les établissements collégiaux appartiennent à l’enseignement supérieur qui suppose une complexité des savoirs, qu’on se destine au milieu du travail ou aux études universitaires. », affirme Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ-CSN.

Une formation incontournable pour mener à la réussite éducative!

La formation générale fournit précisément un socle commun de connaissances et d’aptitudes qui préparent à la citoyenneté : il s’agit d’un apport considérable au développement de la personne qui enrichit considérablement l’ensemble de la société québécoise. 

« La formation générale est incontournable pour mener à la réussite éducative puisqu’elle forme des citoyennes et des citoyens outillés de façon assez large et durable pour comprendre la société dans laquelle ils vivent et être en mesure d’y contribuer et de s’adapter aux changements », explique Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ-CSN.

Les enseignantes et les enseignants des cégeps, experts disciplinaires et pédagogiques, sont au cœur des processus de révision, d’implantation et d’évaluation des programmes et la responsabilité de la qualité de l’enseignement leur incombe. 

« Les enseignantes et les enseignants ne sont pas déconnectés de la société et la question de la mise à jour de la formation fait partie de leur quotidien. Leur expertise ainsi que l’autonomie professionnelle dont ils jouissent leur offrent la latitude nécessaire pour rendre les cours plus  » attrayants  » à l’intérieur des balises ministérielles. Présenter les cours comme des entités figées, donc désuètes, c’est méconnaître le dynamisme de la vie pédagogique enseignante. », conclut Yves de Repentigny.

Source : FNEEQ-CSN

À lire : La Fédération des cégeps célèbre ses 50 ans

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Chroniques

Faut-il brûler Revenu Québec ?

Wissem Haddar

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On ne le dira jamais assez. Revenu Québec est devenu l’os dans la gorge des Québécois.e.s. Les agents font la pluie et le beau temps. Bref, quand de simples agents d’une régie financière deviennent des demi-dieux, des sangsues, un contribuable n’y peut rien pour se défaire…  Et ce ne sont pas vos plaintes qui vous sauveront la vie. C’est de la poudre aux yeux!

Revenu Québec doit-il exister ou disparaître ? La question mérite d’être posées à tout.e.s les Québécois.e.s grâce à qui le Québec continue d’exister. L’agence gouvernementale chargée de la perception des impôts et des taxes dans la Belle Province n’a plus bonne presse de par la faute de certains agents aux comportements moyenâgeux. 

Non seulement, des agents se bandent les muscles en faisant recours à des méthodes de recouvrement musclées. Bien plus, ces derniers menaces ou ferment carrément des entreprises pour se consoler. La raison : tout simplement parce qu’ils semblent avoir le dernier mot. Le contribuable n’est qu’un fait valoir. 

Ça bande les muscles contre le contribuable…

Alors qu’on nous laisse entendre que « tout citoyen a le droit de déposer une plainte sans craindre de représailles, s’il est insatisfait du traitement de son dossier ou du service qu’il a reçu, et le droit d’obtenir des explications relatives à toute décision concernant son dossier ». 

Nombre de Québécois.e.s s’interrogent [encore] sur le fondement de l’existence du département des plaintes à Revenu Québec. Car, si les plaintes ne peuvent prospérer, à quoi cela sert de débourser de l’énergie pour quelque chose dont le résultat est connu d’avance ? 

Revenu Québec se fait rabrouer constamment par le Protecteur du citoyen pour son comportement vis-à-vis des contribuables. Mais l’agence ne fait rien pour arranger les choses. Cela est inadmissible.

Renseignez-vous dans votre entourage, vous comprendrez que rares sont ceux qui ont porté plainte contre des agents zélés de Revenu Québec et qui ont eu gain de cause. Entre avril 2017 et mars 2018, le [fameux] Bureau de la protection des droits de la clientèle de l’agence gouvernementale a reçu quelque 8 300 plaintes. 

De ces chiffres, selon ce que rapporte le site Internet Le Conseiller, « le Bureau se réjouit de ce que le nombre de demandes d’intervention et de plaintes enregistrées a chuté de 21,2 % au cours de la dernière année et de 40,3 % en l’espace de trois ans, c’est-à-dire depuis le dépôt, en septembre 2015, d’un rapport très critique du Protecteur du citoyen envers certaines pratiques des employés de l’agence ».

A chaque jour suffit sa peine à Revenu Québec

On est à se demander si ces chiffres sont réellement vrais, d’autant plus que Revenu Québec est très critiqué par les Québécois. Qu’est-ce qui empêcherait l’Agence de tronquer les chiffres pour se donner une bonne conscience? Surtout que la “chute des plaintes” est censée être à son avantage. Si non, la “chute des plaintes” pourrait aussi s’expliquer par “la déception des plaignants” à qui on ne donne jamais raison face aux agents véreux. Et pourtant!

Dans les coulisses, certains agents confient que Revenu Québec n’a pas de marge de manoeuvre ou des mesures proprement dites à l’encontre des agents. Alors, si tel est le cas, cela suppose que les agents qui s’adonnent aux pratiques malveillantes sont de connivence avec les hauts responsables de Revenu Québec. Cela doit cesser!

Si cette agence vit pour détruire la vie de contribuables québécois.e.s, alors il va falloir vite mettre fin à ses jours.

On ne peut pas accepter que revenu Québec nous malmène sur toute la ligne. Hier, novembre 2018, c’était le vol d’une mallette contenant des renseignements confidentiels sur 18 contribuables. Aujourd’hui, août 2019, on nous parle d’un autre vol de données personnelles de 23 000 employés actuels et passés de Revenu Québec. Et demain ?

Si cette agence vit pour détruire la vie de contribuables québécois.e.s, alors il va falloir vite mettre fin à ses jours. En attendant qu’il ne soit trop tard. Huit ans de tort, ça suffit!!!

À lire : Renonciation ou annulation de dettes : des agents de Revenu Québec abusent…

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Société

La Ville de Montréal octroie 2,3 M$ pour sauvegarder une maison de chambres

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L’organisme L’Anonyme a reçu ce jeudi, 15 août, une contribution financière de 2,3 M$ de la Ville de Montréal pour rénover une maison de chambres dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Cette contribution financière de la Ville vise à sécuriser l’achat d’un immeuble situé au 3629-3631, rue Saint-Catherine Est. En effet, la rénovation des lieux permettra de préserver la location de 14 chambres à des personnes dans le besoin.

Le projet sera développé en collaboration avec le Groupe de ressources techniques Bâtir son quartier et d’autres partenaires communautaires et institutionnels. Le financement s’inscrit dans le cadre de la Stratégie de développement de 12 000 logements sociaux et abordables et du budget mis en place pour les projets hors-programmes. Il a notamment pour objectif de favoriser la mixité sociale dans la métropole.

« L’approche de l’organisme L’Anonyme vise à stabiliser les occupants vulnérables en leur offrant un logement et en leur faisant connaître les ressources disponibles afin qu’ils puissent améliorer leur qualité de vie », a précisé Robert Beaudry, responsable de l’habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Lire aussi : Origine – Habitation durable : la construction est officiellement lancée par District Atwater à Verdun

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