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Politique

François Legault : ce chef caquiste va-t-il redoubler la classe?

Baba-Idriss FOFANA

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CHRONIQUE – Il y a quatre ans, François Legault, chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), créée en 2011, avait promis « donner toute sa vie » pour gagner les élections générales québécoises de 2014. Mais, il a été défait par les libéraux (41,52 %) et les péquistes (25,38 %) pour se retrouver à la troisième place avec 23,05 %. Cette année, à l’approche des élections générales du 1er octobre 2018, M. Legault devient de moins en moins convaincant. Si l’on n’y prend garde, il risque même de ‘’redoubler la classe’’ comme au précédent scrutin du 7 avril 2014.

Bien que favoris dans les sondages depuis plusieurs mois, rien n’est encore gagné pour la CAQ. Surtout, après le premier Débat des chefs, nombre d’observateurs de la scène politique ont réalisé que François Legault n’avait pas le coffre d’un futur premier ministre du Québec. À la suite du débat organisée par Radio-Canada, plusieurs personnes ont estimé que « seul le chef du Parti québécois a été à la hauteur ». Depuis lors, Jean-François Lisée, qui a toujours été classé 3è par les Instituts de sondage, se dit confiant de sa remontée.

S’il y a un parti dont Jean François Lisée veut casser l’électorat pour remonter, c’est bien la CAQ, dont le patron est un transfuge du Parti québécois (PQ).

Alors que les libéraux et les caquistes se disputent la seconde place du débat des chefs pour n’avoir « pas tellement » convaincu les Québécois, la CAQ court le risque de perdre plusieurs points avant le 1er octobre prochain. Cela s’explique en partie par les lacunes du chef caquiste François Legault sur plusieurs questions. À travers sa non maîtrise de certains dossiers notamment l’immigration, qui fait partie des enjeux de cette élection, M. Legault a finalement démontré aux yeux de tous qu’il est un géant aux pieds d’argile.

Du pain bénit pour le PQ de Lisée… et le PLQ de Couillard!

Le week-end dernier, un journaliste a donné du fil à retordre au numéro 1 de la CAQ. François Legault, qui a bâti toute une stratégie autour de l’immigration [que son parti a présenté en mai dernier], s’est montré incapable de dire comment fonctionne le système d’immigration. Lui qui veut coûte que coûte réduire le seuil d’immigration au Québec, de 50 000 à 40 000, d’imposer un test de français et un autre test de valeurs ne sait rien du processus d’obtention du Certificat de sélection du Québec (CSQ), ni de la Résidence permanente encore moins de la Citoyenneté canadienne. Ces lacunes béantes du patron caquiste tombent comme du pain bénit pour son adversaire péquiste. « Un seul mot me vient à l’esprit : incompétence », a écrit le chef péquiste, Jean-François Lisée, sur Twitter.

La seule question à laquelle le chef de la Coalition avenir Québec a pu répondre, avec difficulté était sur la prétendue « citoyenneté québécoise » évoquée par François Legault lors du débat des chefs. Et ce lorsqu’il a menacé « d’expulser des gens qui ne sont pas encore citoyens québécois », si ces derniers ne réussissent pas un test de français et des valeurs après trois années de présence dans la province.

« Les critères pour devenir citoyens canadiens?… Pour l’instant, c’est un peu flou, mais c’est à peu près ça! »

– François Legault, chef de la Coalition avenir Québec.

Alors, un journaliste demande à M. Legault « si être citoyen du Québec ça existe? ». Dans sa première réponse, il fait du coq à l’âne. « Ce qu’on dit là, c’est qu’il y a une entente entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec. C’est le gouvernement du Québec qui donne les certificats de sélection ». Puis, le journaliste se sent obligé de couper le chef de la CAQ en lui disant ceci : ma question, c’est de savoir si on peut devenir citoyen du Québec?  « Pas pour l’instant, mais l’immigration économique est décidée par le gouvernement du Québec, avant de devenir citoyen canadien résident au Québec. Pour ça, nous avons dit, il va y avoir deux conditions : réussir un test de français, réussir un test des valeurs, ce qui existe dans six à sept pays d’Europe », a répondu M. Legault.

La suite des questions posées à François Legault sur l’immigration :

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Journaliste : Est-ce que vous êtes au courant comment fonctionne l’immigration?

François Legault : C’est quelqu’un qui réussit un test, c’est deux tests, après un mois il reçoit son Certificat de sélection du Québec (CSQ), puis il reçoit ensuite sa citoyenneté. Nous on veut laisser une chance aux nouveaux arrivants, en leur disant : « on vous donne jusqu’à trois ans pour apprendre le français et réussir le test. Si la personne veut le faire plus rapidement, c’est parfait.

Journaliste : Quels sont les critères pour devenir citoyen canadien actuellement?

François Legault : Si on regarde actuellement là, d’abord il y a une enquête de sécurité qui est faite. Quand c’est dans la sélection économique, on regarde les qualifications pour voir si ça répond au besoin du marché du travail. Quand ils [les immigrants] sont au Québec, ça donne des points de parler français. Pour l’instant, c’est un peu flou, mais c’est à peu près ça.

Journaliste : C’est un peu flou pour vous ou de manière générale?

François Legault : C’est un peu flou de façon générale. La preuve, 58% des immigrants qui sont arrivés au Québec l’année dernière [en 2017] ne parlait pas français.

Journaliste : Mais ces personnes-là, M. Legault, ne sont pas citoyens canadiens. Ils sont résidents permanents québécois.

François Legault : Oui, mais ils vont devenir citoyens.

Journaliste : Mais comment devient-on citoyen du Canada, c’est ça ma question?

François Legault : Quand c’est dans l’immigration économique, ça passe par un certificat de sélection qui mène vers une résidence permanente.

Journaliste : Savez-vous combien de temps il faut rester au Québec, au Canada pour devenir citoyen canadien?

François Legault : Il y a quelques mois.

Journaliste : La réponse, c’est trois ans minimums avec la résidence permanente.

Au dire d’une québécoise devenue récemment citoyenne canadienne, « si ce gars-là passe le test de la citoyenneté, il ne le réussira jamais, parce que ça se voit qu’il ne sait rien de la politique canadienne ». C’est peu de le dire!

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

Politique provinciale

Compensation des salaires des députés, Québec solidaire dit niet à la CAQ, PQ et PLQ

Baba-Idriss FOFANA

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Québec solidaire (QS) ne compte pas appuyer le projet de loi de la Coalition avenir Québec, du Parti libéral et du Parti québécois, qui vise la compensation des pertes salariales subies par les député-es depuis l’imposition de l’allocation de dépenses par Ottawa, « tant et aussi longtemps qu’ils n’accepteront pas de créer un comité indépendant et exécutoire pour revoir l’ensemble de la rémunération », a prévenu le parti.

En point de presse mercredi, la formation de gauche a indiqué qu’il n’est pas normal que les député-es de l’Assemblée nationale continuent de se voter eux même des améliorations salariales. « Je pense que bien des gens seront d’accord avec nous (..) Même s’il s’agit de compensations, lorsque les députés votent leur propre salaire, ils sont en conflit d’intérêts », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois (GND).

À lire : Aux dirigeants d’entreprises, Québec solidaire dit « Plus jamais ça »

Le leader parlementaire de Québec solidaire, GND, réclame plutôt la mise sur pied d’un comité de rémunération indépendant pour trancher sur la compensation des pertes salariales subies par les députés québécois. « Nous déposerons un seul amendement à ce projet de loi: celui d’inscrire dans la Loi l’obligation de mettre sur pied un comité de rémunération indépendant doté de pouvoirs exécutoires », a laissé entendre le député de Gouin.

QS exige un comité indépendant pour parler de compensation!

Comme pour se venger, les solidaires rappellent qu’à deux reprises, les autres partis ont refusé la proposition de QS de mener une réforme de l’ensemble des conditions de travail des député-es à travers un comité indépendant et exécutoire comme le proposait Claire L’Heureux-Dubé en 2013. « La CAQ, le PLQ et le PQ ont même refusé l’ultime compromis proposé, celui de compenser temporairement les pertes salariales des député-es jusqu’à ce que le comité indépendant rende ses conclusions », a-t-on appris.

« À Québec solidaire, nous n’avons pas peur de la transparence, et les conditions de travail des élus ne devraient pas être cachées aux citoyens et citoyennes. »

Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire de Québec solidaire

Pour Gabriel Nadeau, il y a de quoi à faire le ménage dans les conditions salariales des députés au Québec, parce qu’il y a là-dedans des « avantages douteux » comme leur régime de retraite, auquel les parlementaires ne cotisent qu’à hauteur de 21 %, et leurs assurances collectives, pour lesquelles il juge leurs « cotisations ridicules ».

À lire aussi : 83 % des entreprises de 200 employés offrent un régime de retraite à leurs employés au Québec

D’après lui, le Québec est aussi la seule province à encore offrir un système d’allocations non imposables aux élu-es. « Je ne comprends pas pourquoi les autres partis s’entêtent à refuser d’ouvrir les livres. Ont-ils peur d’ouvrir une boîte de Pandore? », a interrogé le jeune élu de Gouin, avant de rassurer qu’à Québec solidaire, « nous n’avons pas peur de la transparence ».

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PL 21 sur la laïcité : l’Archevêque de Montréal met en garde Québec contre un recul des libertés…

Baba-Idriss FOFANA

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Alors que les discussions se poursuivent sur le projet de loi (PL 21) visant à affirmer la laïcité de l’État et à préciser les exigences qui en découlent, « nous ne pouvons que craindre un recul des libertés individuelles », a critiqué jeudi, dans une déclaration, Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal.

Cette sortie de l’Archevêque de Montréal intervient à l’occasion de la dernière journée des consultations particulières sur le projet de loi (PL 21), qui vise à interdire le port de signes religieux à certaines catégories d’employés de l’État, dont les enseignants, et à assurer que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert. « Comment ne pas voir dans l’interdiction du port des signes religieux une entrave à la liberté de conscience et de religion, voire même une atteinte à la dignité humaine de personnes tenues de se cacher ou de taire leur identité au nom d’une présumée neutralité ? », s’est offusqué Monseigneur Christian Lépine.

« Un État qui se dit neutre de manière si subjective ne peut réellement se réclamer du respect de la dignité de ses citoyens, car la société n’est pas homogène »

– Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal

Le projet de loi (PL 21) prévoit en effet modifier la Charte des droits et libertés de la personne en les conditionnant tout comme les droits fondamentaux, au strict respect de la laïcité de l’État. « S’il est compréhensible que l’État puisse affirmer sa neutralité au regard de ses prérogatives, celle-ci est faite pour signifier une ouverture et une bienveillance devant le fait religieux et la diversité de croyances », a martelé l’homme de Dieu.

La religion n’a-t-elle plus sa place dans l’espace public?

L’Évêque montréalais croit savoir qu’« un État qui se dit neutre de manière si subjective ne peut réellement se réclamer du respect de la dignité de ses citoyens, car la société n’est pas homogène ». « Ainsi, comme le soulignait très justement l’Assemblée des évêques catholiques du Québec dans sa déclaration du 6 mars 2019, quel est le bien-fondé d’étendre cette interdiction du port de signes religieux aux enseignantes et aux enseignants sinon de les priver d’un droit fondamental? », a-t-il questionné.

Pour Monseigneur Lépine, si les enseignantes et enseignants ne peuvent pas porter à leur discrétion des signes religieux, le message qui est donné aux enfants et aux jeunes est que la religion n’a pas sa place dans l’espace public, réduisant ainsi les croyants et les croyantes dans leurs droits les plus fondamentaux.

« En tant qu’État de droit, ne pourrait-on pas plutôt envisager une conception de la laïcité à travers laquelle l’État préserverait, protègerait et promouvrait ces libertés dans l’espace public ? »

– Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal

Le guide religieux soutient que le port de signes ou de vêtements comme manifestation d’appartenance à une communauté religieuse est un droit fondamental dans l’exercice de « la liberté de pensée, de conscience et de religion », comme le stipule l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par les États signataires en 1948. « Nous attendons du gouvernement québécois qu’il respecte cet engagement et garantisse ce droit fondamental et inaltérable », a martelé le responsable de l’Archidiocèse de l’Église catholique à Montréal.

À lire : Projet de loi sur la laïcité : un « recul historique » pour les droits fondamentaux ?

Il souhaite que le gouvernement Legault puisse permettre l’établissement d’un dialogue dans le respect mutuel et de découvrir les valeurs et les croyances de toutes les communautés qui constituent et enrichissent « notre société pluraliste et égalitaire », des principes à travers lesquels beaucoup d’autres sociétés jalousent le Québec, selon Monseigneur Christian Lépine.

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Québec annonce des mesures plus sévères à l’endroit des propriétaires de chiens

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Un projet de règlement d’application de la Loi visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement concernant les chiens a été déposé, mercredi 15 mai, par la vice-première ministre, ministre de la Sécurité publique.

À l’instar de plusieurs législations canadiennes et internationales en la matière, le projet de règlement impose des mesures d’encadrement pour tous les chiens et accorde de la latitude aux municipalités, lorsque cela est justifié, d’effectuer une inspection, une perquisition ou une saisie.

Le feu vert du Québec aux municipalités face aux chiens

Une municipalité pourra également ordonner à un propriétaire de se départir du chien et lui interdire d’en posséder. « C’est notre responsabilité, en tant que société, de nous assurer que l’on peut circuler dans les parcs ou les rues en toute quiétude », a souligné Geneviève Guilbault, vice-première ministre, ministre de la Sécurité publique.

« Le gouvernement précédent n’avait pas déposé de règlement pour que la loi puisse être appliquée. Nous agissons pour la sécurité des Québécois. » – Geneviève Guilbault

Par ailleurs, les mesures prévoient également l’euthanasie du chien. Par ailleurs, plusieurs dispositions pénales visent les propriétaires. Enfin, le projet de règlement donne une souplesse aux municipalités afin qu’elles puissent, si elles le désirent, édicter des mesures plus sévères.

La prévention, l’éducation et la responsabilisation…

Bien qu’aucun règlement, aussi contraignant soit-il, ne pourra éliminer les risques et les incidents liés aux chiens, « nous devons nous doter d’outils pour réduire ces risques », soutient Mme Guilbault, estimant que la prévention, l’éducation et la responsabilisation constituent les éléments-clés sur lesquels nous devons travailler pour que le nombre de blessures diminue.

Pour rappel, la Loi visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement concernant les chiens, sanctionnée le 13 juin 2018, prévoyait un règlement d’application établissant des normes relatives à l’encadrement et à la possession des chiens et les pouvoirs qu’une municipalité locale peut exercer à l’égard d’un chien ou de son propriétaire ou gardien ainsi que les modalités de l’exercice de ces pouvoirs.

À lire : Des dizaines de milliers de chiens sont tués dans les laboratoires au États-Unis

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