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G7 au Québec, le sommet des ennemis intimes

Baba-Idriss FOFANA

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Photo de famille du G7 à Taormina (Italie) en 2017

Le moment tant attendu est arrivé. Tous les regards sont donc tournés sur le Canada mais en direction de Charlevoix au Québec pour le sommet du G7. Tout porte à croire que ce rassemblement du Groupe des sept, qui tiendraient l’économie mondiale, sont au Manoir Richelieu, à La Malbaie, pour plutôt se régler des comptes.

S’il y a quelqu’un qui attendait de pied ferme Donald Trump, au Québec, c’est bien Justin Trudeau. Celui pour qui, le numéro 1 Américain ne devrait pas laisser croire que le Canada est une menace à la sécurité nationale des États-Unis. « C’est inconcevable que le Canada soit une menace à la sécurité nationale des États-Unis. C’est ce que j’ai dit au président, et c’est ce que je vais lui répéter demain (vendredi, ndlr) quand il arrive à Charlevoix [pour le G7] », a martelé le premier ministre Trudeau lors d’une mêlée de presse jeudi au Saguenay.

Chacun pourrait s’imaginer ce qui a mis le feu aux poudres. Depuis la décision prise par l’administration Trump d’imposer des tarifs douaniers américains de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur les importations d’aluminium en provenance du Canada, du Mexique et des 28 pays membres de l’Union européenne depuis le 31 mai à minuit, on a eu l’impression que le ciel venait de nous tomber là-dessus. Le monde s’est un peu comme départagé en trois. D’un côté, on voit les Canadiens et les Mexicains; de l’autre côté on voit l’Union européenne et ailleurs, les Etats-Unis. Mais dans le fond, c’est un front uni contre les Etats-Unis de Trump.

Le sommet des règlements de compte

Après M. Trudeau, le président français qui était l’un des premier dirigeant à fouler le sol canadien mercredi, a d’ailleurs haussé le ton à la veille de la rencontre de toutes les tensions. « On ne peut pas faire une guerre commerciale avec des alliés. Il nous faudra défendre un multilatéralisme fort », a déclaré Emmanuel Macron, tout en soulignant « les liens étroits qui unissent le Canada et la France », lors d’un point de presse tenu conjointement avec Justin Trudeau jeudi, à Ottawa.

À lire aussi : Trump vs Trudeau, bravo capitaine Canada

Se sentant attaqué, Donald Trump a vite eu recours à son compte Twitter pour dire ‘’ses vérités’’ à Trudeau et à Macron. « S’il vous plaît, dites au premier ministre Trudeau et au président Macron qu’ils imposent aux États-Unis d’énormes tarifs et qu’ils érigent des obstacles non monétaires. L’excédent commercial de l’Union européenne avec les États-Unis est de 151 milliards de dollars, et le Canada tient nos fermiers à l’écart », a réagi le président américain dans un tweet.

Donald Trump riposte !

Mais Donald Trump ne s’est pas arrêté qu’aux dirigeants canadiens et français. Au matin même du jour 1 du sommet, alors qu’il était en direction du Québec, le président américain s’est aussi adressé à plusieurs autres dirigeant du G7. On pourrait penser au Royaume-Uni, l’Italie, l’Allemagne et le Japon qui font partie du Groupe des sept. Dans un tweet, il dit avoir « hâte de remettre à plat les accords commerciaux injustes avec les pays du G7 », ajoutant que « si ça ne se fait pas, on s’en sortira encore mieux ».

Pourtant, il n’y a pas que le commerce qui divise Trump et les autres. Le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, et de l’accord sur le nucléaire iranien ne sont pas fait pour arranger la donne. D’ailleurs, si Trump a annoncé qu’il partira un peu plus tôt avant la fin du sommet, c’est certainement une manière d’éviter les discussions sur les changements climatiques. « Je partirai peut-être un peu plus tôt, ça dépend de ce qui se passe », aurait confié le président américain à certains médias américains.

Ce retrait prématuré de Donald Trump de la table de discussion est un deuxième signal après le précédent sommet G7 à Taormina en Italie. Le président américain avait refusé de s’engager en faveur de l’accord de Paris contre le réchauffement climatique au point de transformer le G7 en groupe de six. La chancelière allemande avait vivement critiqué le “comportement” de Donald Trump en Europe.

G5-G6-G7-G8… ils ont partagé le monde

Cette fois-ci, on imagine ce qui adviendra si le même scénario se reproduisait au Canada. Allons-nous assister au départ des Etats-Unis du G7? Tout porte à croire que cette thèse pourrait se réaliser puisque que Donald Trump a encore demandé le retour de la Russie [suspendu depuis 2014] au sein de la ‘’grande famille’’ des ennemies intimes pour former le G8. Sans quoi, cela pourrait être un autre prétexte pour détester le groupe.

Voici donc le tableau peu reluisant du petit noyau qui dirigerait toute l’économie du monde. Ce sont eux qui ont leur mot à dire. Ça ressemble un peu à une prise d’otage, puisque le Groupe des sept décide de parler des affaires qui les arrangent où les dérangent selon leurs humeurs. C’est une raison de plus pour les altermondialistes de contester la légitimité du G7, accusé de vouloir diriger le monde, au mépris des autres pays.

En réalité, ces sept pays ne peuvent avaler ce monde de 7 milliards d’habitants. On pourrait aussi croire que c’est juste une manière de diviser le monde. D’un côté, on voit les riches et de l’autre bord, les pauvres. 

À lire aussi : Que vient faire Macron à Montréal ?

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Coup de force à la Francophonie, Michaëlle Jean s’accroche-t-elle au pouvoir?

Baba-Idriss FOFANA

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OPINION – La veille du XVIIe Sommet de la Francophonie, qui s’ouvre à Erevan en Arménie les jeudi 11 et vendredi 12 octobre 2018, pour la succession de la Secrétaire générale sortante, Michaëlle Jean, lève un coin du voile sur des pratiques qui ne ressemblent qu’aux francophones.

Après le départ d’Abdou Diouf à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), suite au XVe Sommet tenu du 30 novembre 2014 à Dakar au Sénégal en 2014, la guerre de succession fait rage à la tête de l’OIF. Est-ce qu’il faut parler de démocratie dans le choix du Secrétaire général de la Francophonie? À vrai dire, chaque quatre ans, le citoyen lambda francophone se perd dans les tournures que prennent les termes « élection », « nomination » et « consensus ». Il va sans dire qu’il y a ‘’tout un micmac politique’’ pour pouvoir installer celui qu’on veut à la tête de l’Institution tout comme à la tête de certains États.

Au XVe Sommet de Dakar, tout se passait dans les couloirs sous la houlette du Canada et surtout de la France. À la fin de la journée, c’était Michaëlle Jean sur les cinq…

Selon ce que je sais, la Francophonie en tant qu’Institution est dirigée par un Secrétaire général, qui est élu pour un mandat de quatre ans [renouvelable] par les chefs d’État et de gouvernement des pays membres et observateurs. Doit-je croire que l’ancien président sénégalais, Abdou Diouf, qui a successivement géré l’OIF de 2002 à 2014, a été maintenu au pouvoir pendant 12 ans [trois mandats] par la volonté des chefs d’États et de gouvernements qui composent l’Organisation?

Trop de micmacs pour le choix du SG de l’OIF

En 2014, Michaëlle Jean, candidate au poste de Secrétaire générale de la Francophonie, a gagné parce que les Africains (les pays) n’auraient pas réussi à s’entendre sur une candidature. Pourtant, Agustin Nze Nfumu (Guinée équatoriale), Henri Lopes (Congo-Brazzaville), Pierre Buyoya (Burundi), Jean-Claude de l’Estrac (Maurice) avaient tous battus campagne à l’image de la Canadienne Michaëlle Jean qui avait parcouru les cinq continents afin de rallier les voix en sa faveur. Mais au final, il n’y avait pas eu d’élection à Dakar. J’étais à Dakar, quand on nous disait que tout se passait dans les couloirs. Bien entendu, le Canada et la France étaient à la manœuvre des tractations pour pouvoir aboutir au « fameux consensus ». À cet instant, la voix de l’Afrique portait peu. Allez comprendre le « passage en force » qui s’est produit ce jour du 30 novembre 2014.

À lire aussi : Sacrifier la Francophonie sur l’autel des intérêts !

Si le choix du patron de la Francophonie se fait par « nomination » ou par « consensus », pourquoi laisser certains déposer leur candidature, aller en campagne pour un poste qu’ils n’auront pas? Puisque que le dernier mot ne revient qu’aux grands commanditaires de la Francophonie.

Plusieurs mois avant la tenue de ce 17e Sommet de la Francophonie à Erevan, des enquêtes journalistiques ont révélé « la mauvaise gestion financière de Michaëlle Jean ». Depuis lors, les mêmes qui avaient placé leur confiance en elle en 2014 se sont montrés déçus, au point de parler d’un changement à la tête du Secrétariat général de l’OIF. C’est clair! Mais disons le tout net, le bilan de Mme Jean n’est pas seulement le côté sombre des finances. Il y a mieux ailleurs, mais bon…

L’Afrique, le [vieux] berceau et l’avenir de la Francophonie

Sauf que pour ce changement, l’Afrique a été repositionnée comme étant l’endroit du monde où il y a le plus de francophones. Étant le berceau et l’avenir de la francophonie, il fallait que le prochain patron de l’OIF vienne du continent noir. C’est l’argument phare des adversaires de Mme Jean.

Pour ce faire, la France avait alors annoncé officiellement qu’elle allait soutenir une candidature venant de l’Afrique au Sommet de 2018. Cela n’a pas tardé. Lors d’une visite du président rwandais Paul Kagamé à l’Élysée, le chef de l’État français Emmanuel Macron, a dit clairement que la France soutenait la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la Francophonie malgré le « rejet de la langue française » au second plan par ce pays.

À lire aussi : Francophonie sans frontières tisse sa toile à Montréal

Pendant ce temps, le Canada n’avait peut-être pas l’intention de faire du « suivisme ». Mais le gouvernement Trudeau avait plutôt annoncé officiellement – lors de la déclaration de soutien de la France à la candidature rwandaise -, que si l’actuelle Secrétaire générale de la Francophonie était candidate à sa succession en 2018, le Canada comptait la soutenir « quand même ». Ainsi, le pays semblait [dès lors] endosser « la mauvaise gestion financière » de Michaëlle Jean révélée par des médias canadiens.

La démocratie, les petits calcules et les intérêts…

Puis patatras! Aux dernières nouvelles, c’est-à-dire à 48 heures du XVIIe Sommet de la Francophonie, le Canada a décidé de lâcher [ou sacrifier] sa candidate en se ralliant à la France comme d’habitude. Comme quoi, les Canadiens auraient appris que « les chances de Michaëlle Jean sont très minces » pour être réélue à la tête de l’OIF. Du coup, le Canada [y compris le Québec] estime qu’il faille se joindre à à la candidature africaine qui fait consensus à savoir celle de Louise Mushikiwabo. Quel revirement de dernière minute!

La posture [géopolitique] du Canada, à la recherche d’appuis africains pour obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU, en dit long sur son revirement de dernière minute.

Loin de dénoncer la candidature de Mme Mushikiwabo qui fait d’ailleurs polémique en France ou d’admettre « la mauvaise gestion » de Mme Jean à la Francophonie, Institution dont le nom fait plus de bruit que ses actions aujourd’hui, ces micmacs autour du changement révèle un mal francophone. Ce qui se trame avant, pendant et après le Sommet de la Francophonie est bien à l’image de ce qui se passe dans certains pays [anti-démocratiques] lorsqu’il est question d’élection ou d’alternance. Je suis persuadé que le manque de transparence et les petits calculs sont de véritables problèmes susceptibles de compromettre l’évolution de toute organisation.

À lire aussi : Francophonie : Québec finance TV5 Monde 

Si la Francophonie était un pays, je dirai que ces “méthodes” visant à “installer” ou à “renverser” ces dirigeants, sont anti-démocratiques. D’autant plus qu’on ne peut pas parler d’élection et demander le retrait d’une candidature [celle de Michaëlle Jean]  pour des interêts géopolitiques. Pour moi, parler d’élection et vouloir l’unanimité autour d’une candidature [pour ne pas aller aux urnes], cela rime à tout sauf à la démocratie. En un mot, c’est une dictature qui ne dit pas son nom.

Pour ma part, j’ose croire que ce 17e Sommet sera l’occasion de (re)voir et de repenser le modèle actuel de la Francophonie institutionnelle et son fonctionnement au risque de ternir l’image de cette d’une organisation censée promouvoir la diversité, la langue française et fédérer plus de 300 millions de personnes dans l’espace francophone à travers des actions concrètes.

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Philippe Couillard, Dans la tête du pauvre…

Baba-Idriss FOFANA

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OPINION – Une bonne fin de semaine de campagne électorale au Québec. À travers ces élections générales provinciales du 1er octobre, on découvre de plus en plus le langage biaisé de nos dirigeants politiques. Tout comme François Legault, Philippe Couillard s’en est aussi pris plein la gueule avec du « rôti, macaroni et pâté chinois ». À qui le tour?

Quelle bourde! Dans la tête de notre cher premier ministre sortant du Québec qui est candidat à sa propre succession, le ‘’pauvre québécois’’ devrait continuer à vivre dans la galère sans trop se « tordre l’estomac ». Avec 75 $ par semaine, dit-il, une famille – c’est-à-dire un adulte et deux enfants – peut se nourrir pour environ 300 piasses par mois. Cela facilite la compréhension du slogan de campagne du PLQ: « Pour faciliter la vie des Québécois ».

Si le Québec est riche et que les Québécois doivent vivre dans la pauvreté, c’est que l’argent de la province va dans la poche des libéraux, au pouvoir depuis 15 ans.

Et oui! À entendre le candidat Philippe Couillard parler, vendredi matin sur la radio 98.5 FM, sa recette de 75$ pour une famille est faite « POUR FACILITER LA VIE ». D’après lui, il suffit seulement d’acheter un morceau de porc. « Tu le fais cuire le premier soir comme un rôti de porc. Ensuite tu fais du macaroni avec du porc dedans. Ensuite tu fais un pâté chinois avec du porc avec. Ensuite, tu fais des sandwichs pour les enfants. C’est ça que le monde fait », a-t-il défendu bec et ongles sur les ondes de Cogeco Média.

Lire aussi : Couillard : « la peur, ce n’est pas quelque chose qui est fréquent en moi »

Quelle mouche a piqué le chef du Parti libéral pour se glisser sur ce terrain. Franchement, on ne peut pas prétendre lutter contre la pauvreté et en même temps proposer une telle recette à des familles québécoises en 2018. D’autant plus que les données du Dispensaire diététique de Montréal, révélées par Radio-Canada dans la foulée, nous apprennent qu’un budget de 75 $ par semaine ne permet plus de nourrir une famille de trois depuis les années 1980.

Débrouillons-nous, eux ils mangent des homards!

Ceux qui pensent que Philippe Couillard est « déconnecté » de la réalité des Québécois, n’ont pas tort. De député à la fonction de premier ministre en passant par l’occupation de portefeuille ministériel, on ne vit que dans du confort feutré. C’est vrai! Mais avouons-le, il a manqué le gros bon sens.

Avec la cherté de la vie qui s’accentue de plus en plus, prétendre que “trois personnes peuvent se nourrir avec 75$ par semaine”, c’est un recul de 38 ans du Québec. Argumenter ça, c’est refuser de sortir le pauvre de la misère. S’aventurer sur ce chemin, c’est manquer de vision pour demain lorsqu’on cherche à se faire (re)élire chef de plus de huit millions d’hommes et de femmes le 1er octobre 2018.

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Québec solidaire, un autobus de campagne peu solidaire…

Baba-Idriss FOFANA

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Chronique. Deux semaines après la présentation des autobus des partis politiques à grand renfort de publicité, suite à l’ouverture de la campagne des élections provinciales québécoises du 1er octobre 2018, certaines formations politiques [à l’image de Québec solidaire] sont désespérément à la recherche de journaliste pour couvrir leurs activités.

Il y a quelques jours, un journal bien titré de la place écrivait que les rassemblements de Québec solidaire (QS) étaient « moins populaires » comme laisse croire son slogan de campagne « POPULAIRES ». Cela paraissait surprenant pour bien de personnes. Croyant que le parti de gauche représenté par Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois qui jouirait d’un « soutien indéfectible » de la société civile québécoise, de la diversité, et à même de défendre les intérêts de tous les Québécois face aux capitalistes ne puisse pas faire le plein lors de ses rassemblements. Pourtant, c’est toute une autre réalité du terrain qui rattrape.

On peut prôner des valeurs sans pour autant les refléter dans nos faits et gestes. Il ne suffit pas seulement de dire, mais il faut aussi être capable de donner l’exemple. Qs souffre de ce mal!

Cela m’amène à parler d’un post Facebook du jeune député Gabriel Nadeau-Dubois alias GND, porte-parole masculin de la formation politique Québec solidaire. Hier, mercredi 05 septembre, il nous apprenait ceci : « Depuis maintenant 24h, l’autobus de la tournée solidaire réservé aux médias est vide. Les deux seuls médias qui nous suivaient quotidiennement reviendront probablement vers la fin de la campagne, mais pour le moment, malgré nos invitations chaleureuses, aucun journaliste n’occupe l’autobus que nous avons prévu pour eux (..) ».

C’est bien triste que l’autobus d’un grand parti soit aussi vide après deux semaines seulement de campagne. Pire, M. Nadeau nous apprend que « seuls deux médias » étaient transportés depuis tout ce temps par ce si gros car. Allez comprendre qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Ce n’est pas le Québec qui serait en manque de journalistes ou de médias. On pourrait simplement croire que le parti aux « slogans populaires » a fait le choix d’envoyer des invitations à certains médias qui comptent le plus à leurs yeux. Sinon, pourquoi Qs n’a pas opté pour une diversification de sa cible médiatique dès le départ?

Et lorsque ces deux « médias au choix » ont d’autres chats à fouetter, il est tout à fait normal que l’autobus QS soit vide, il faut donc assumer ce choix responsable.

Mais le député sortant de la circonscription de Gouin et candidat à sa succession a certainement senti le roussi… Comme les deux médias ont débarqué du « bateau orange », « Ça veut donc dire qu’il y a de la place à bord! » selon Gabriel Nadeau. Soudain et brusquement, face à la déserte, GND nous apprend qu’il y a encore de la place [à bord] pour ‘’fourrer’’ n’importe qui dans l’autobus de campagne. « (..) Québec solidaire lance aujourd’hui (mercredi, 05 septembre 2018, ndlr) une invitation à toutes les personnalités du web, twitteux, facebookeux, instragrammeux et autres citoyens et citoyennes actifs sur les réseaux sociaux: venez couvrir notre campagne! (..) ». Sérieux!

La plus grande « tournée de l’histoire » de Québec solidaire avec deux médias!

Or, le mardi 28 août dernier, on se souvient que M. Nadeau-Dubois nous annonçait en grande pompe « la plus grande tournée de l’histoire » à bord du car orange. « Au cours du prochain mois, Manon et moi sillonnerons les routes du Québec à bord de notre emblématique autobus orange. De Rouyn à Gaspé, en passant par l’Estrie, la Montérégie et plus encore, nous irons aux quatre coins de la province pour parler des propositions de Québec solidaire au peuple ». C’était donc en compagnie de deux médias ?

Au départ, « les twitteux, facebookeux, instragrammeux », et les citoyens actifs sur les réseaux sociaux n’étaient pas les bienvenus [à bord!]. Subitement, ils sont devenus importants pour combler le vide.

On nous dira peut-être que ce n’est pas en faisant le plein d’un autobus de campagne pour journalistes qu’un parti s’assurera d’une « victoire médiatique », certainement pas. Mais alors, pourquoi pleurnicher à la recherche de « personnalités du web » aujourd’hui si la couverture journalistique ou médiatique n’a pas d’impact en période électorale?

Il ne faut pas se méprendre. Derrière les « discours populaires » d’un parti comme Québec solidaire, qui cherche à rallier le plus de monde possible épousant ses idéaux de gauche anticapitaliste, se cachent beaucoup de non-dits, de petits calculs de politicien moins habiles.

On a recours à la « masse populaire » quand on est en « danger ». Mais quand tout va pour le meilleur des mondes, on les ignore. En réalité, cette manière de vouloir « recruter » des gens [de partout] pour parler de vous nous renvoi à l’image d’une formation politique moins préparer à gouverner plus de huit millions de Québécois selon les valeurs qu’elle prétend défendre. Quand on est « Solidaire », il faut l’être sur toute la ligne sans tricherie.

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