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La guerre contre le tabac aura lieu

Noureddine Salhi

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Les nouvelles qui nous viennent de l’Organisation mondiale de la Santé OMS (Voir rapport du 19 juillet 2017 L’épidémie mondiale de tabagisme) sont encourageantes et nous permettent d’être optimistes : pas moins de 63% de personnes dans le monde sont protégées par des mesures de lutte contre le tabagisme. Il y a dix ans, ce chiffre était un maigre : 15% seulement. Un grand pas vers un monde sans fumée ? Oui, ou presque.

La consommation de tabac est responsable de la mort de plus de 7 millions de personnes par an, dans le monde. La perte humaine s’ajoute au fardeau économique que cela cause en termes de santé et productivité : selon l’OMS, les coûts découlant du tabagisme totalisent plus de 1400 milliards de dollars (US $).

La réussite des mesures mises en place dans la lutte anti-tabac démontre que la mort due au tabagisme est évitable. L’interdiction de publicité, les images de mise en garde sur les paquets, la prohibition de fumer dans des lieux publics ou dans un diamètre X, font que l’étau se resserre sur l’expansion de cette épidémie qui touche la santé, en premier et en second degré.

Toutefois, pour garantir l’efficacité de ces mesures, il faut des stratégies gouvernementales locales. En fait, la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 comportent des cibles pour renforcer l’application de ces mesures. Le but étant     « de réduire d’un tiers le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles, dont les maladies cardiovasculaires et pulmonaires, le cancer et le diabète ».

Que font précisément les pays pour renforcer cette orientation ? Y a-t-il un décalage quelconque entre les pays riches et pauvres ?

Selon la sérieuse revue britannique “The Economist”, dans les pays riches, les ex-fumeurs sont, maintenant, plus nombreux que les fumeurs ; alors que dans les pays pauvres, plus d’un tiers des hommes fument. Dans des pays asiatiques, les gens fument comme s’ils vivaient encore aux États-Unis des années 1950 : une période où l’idée que le tabac soit nocif à la santé n’était pas prise au sérieux. Le gouffre entre les deux est alarmant : on vit dans deux époques distinctes, quand il s’agit de tabagisme.

La recette gagnante des pays riches se résume en deux volets : taxer les compagnies de tabac et sensibiliser la population à travers des campagnes éducationnelles. La hausse des taxes fait augmenter les prix des produits du tabac ; c’est donc le moyen le plus efficace pour le court terme. Nous constatons que l’éducation aux effets néfastes du tabac porte fruit à long terme. Par contre, une combinaison des deux incite les consommateurs au sevrage.

Les pays pauvres ne saisissent pas le vrai sens de l’adage : rien n’est certain, sauf les impôts et la mort. Le taux d’imposition sur les produits de tabac ne dépasse pas 50% ; et dans plusieurs, ce taux est à zéro. Il faut augmenter la taxe sur le tabac pour protéger la vie des gens et les aider à “écraser” (expression québécoise qui veut dire : arrêter de fumer).

Selon l’OMS, la recette des gouvernements émanant de la collection de taxes sur le tabac pourrait croître de plus de 50% et générer 141 milliards supplémentaires, en augmentant les taxes sur les cigarettes d’à peine 0,80 dollar (US $) : soit un dollar international par paquet. De là, il est indéniable que ces mêmes gouvernements pourraient mobiliser des ressources humaines et autres dans une lutte continue contre le tabagisme.

En l’attente de ce genre d’initiatives sur le papier radicales, plusieurs pays ont pris l’initiative et des réussites commencent à surgir de pays pauvres ou à ressources limitées. Cela est une source de motivation aux autres pays.

Aux Philippines, la taxe sur les cigarettes a plus que quadruplé en 2012 : les prix des marques les moins chères ont augmenté de plus que 50%. Entre 2011 et 2015, la recette des revenues de taxation sur le tabac a plus que doublé et surtout, le nombre de fumeurs a diminué de 25-30%. En comparaison, selon “The Economist”, la Grande Bretagne avait mis plus d’une décennie pour atteindre les mêmes résultats.

Au Népal, une mesure de 2015, permettait, aux mises en garde contre les effets du tabac sur la santé, de couvrir 90% du paquet de cigarette.

L’Inde a lancé un vaste programme de sevrage avec un numéro d’appel gratuit pour arrêter de fumer : une étude avait découvert un grand intérêt chez 50% des fumeurs pour mettre fin à leur habitude. Le gouvernement s’est porté au secours des fumeurs.

Ces pays doivent renforcer la surveillance, donc le monitoring de la taxation. Il faut uniformiser les taux pour bien suivre l’application et contrôler l’évasion. Pour l’OMS, la taxe doit être au moins 75% du prix de détail des cigarettes, avec ajustement au coût de la vie et l’inflation : une mesure ambitieuse pour les consommateurs qui veulent arrêter, et aux autorités de santé dans tous les pays. Et les compagnies qui vont vouloir échapper à cet étau?

Le Brésil, la Turquie et le Kenya ont mis en place des mesures de lutte contre la contrebande incluant l’installation de dispositifs de détections de position dans les camions de transports de boites de cartons de tabac, et l’utilisation de l’encre invisible pour encrypter des codes de ventes.

La lutte contre le tabagisme doit être une priorité à l’échelle mondiale. Selon le Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan, si ces pays « … prennent des mesures drastiques de lutte antitabac, les gouvernements peuvent préserver l’avenir de leurs pays en protégeant les consommateurs et les non-consommateurs de tabac contre ces produits mortels, en générant des recettes visant à financer les services de santé et les autres services sociaux, et en préservant leur environnement des ravages causés par le tabac ».

Les pays du Maghreb ne sont pas épargnés et doivent se soumettre au même exercice, si jamais ils veulent avoir une population en santé et productive.

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Noureddine Salhi originaire de la Médina de Tunis ou il a fait ses études primaires, secondaires et universitaires, Il obtient une license en lettres anglaises et travaille pour l'ERTT (L'Établissement de la radiodiffusion-télévision tunisienne) avant d'immigrer au Canada en 2000. Il est actif dans les médias et anime des émissions avec Media Maghreb sur les ondes de la radio du Moyen Orient. Il vient d'obtenir une maîtrise en administration publique -gestion internationale.

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Élections québécoises : La CAQ et les libéraux, « c’est du pareil au même » ?

Baba-Idriss FOFANA

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Une coalition de syndicats lance une campagne pré-électorale pour "mettre au pas" les libéraux et la CAQ/metallos.org

Depuis mardi, une coalition de syndicats a entamé une campagne pré-électorale, pour mettre en garde sur les « dommages causés par le Parti libéral du Québec (PLQ) et les dégâts promis par la Coalition avenir Québec (CAQ) » en vue des élections générales du 1er octobre prochain au Québec.

Dans plusieurs circonscriptions électorales comme Taschereau (région de Québec), Pointe-aux-Trembles (région de Montréal), Roberval (région du Saguenay-Lac-Saint-Jean) et Saint-Jérôme (région des Laurentides), des pancartes électorales ont commencé à être posées mardi soir pour dénoncer les libéraux et les caquistes, les deux partis politiques en tête des sondages.

Composée du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), du Syndicat des métallos, du Syndicat canadien des employées et employés professionnels et de bureau (SEPB), de l’Association Internationale des Machinistes et des Travailleurs de l’Aérospatiale (AIMTA), de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) et du Syndicat québécois des employées et employés de services (SQEES), cette coalition estime que la CAQ et les libéraux, « c’est du pareil au même… » et que les Québécois « mérite mieux ».

“Dans la santé et les services sociaux, par exemple, le bilan des réformes Barrette-Couillard est désastreux. Les compressions successives et la centralisation à outrance ont gravement affaibli le réseau”.

– Coalition syndicale antilibérale-anticaquiste

« Le Parti libéral a fait reculer la qualité de vie des québécois ces dernières années et la CAQ promet de faire pire. C’est notre devoir et notre droit comme organisations de rappeler les dommages causés aux travailleurs et aux services publics par les politiques libérales d’austérité qui ont été appuyées par la CAQ », a déclaré la Coalition syndicale.

Alors que les libéraux de Philippe Couillard (au pouvoir depuis 2014) se vantent de plusieurs progrès accomplis sous leur mandature, dans le domaine de l’économie, des finances, de la santé et de l’éducation etc., les syndicalistes rappellent que le Québec est allé de crise en crise, au cours de ces quatre dernières années. Pour eux, le règne libéral aurait accéléré l’effritement du réseau public d’éducation du Québec : « Des services aux élèves en difficulté ou de la salubrité des écoles sont que des exemples des dommages causés ces dernières années ».

Faire tomber la CAQ ou les libéraux!

Pendant ce temps, la CAQ de François Legault a le vent en poupe dans les sondages. Toutefois, il n’en demeure pas moins vrai que certaines politiques [en matière d’immigration et d’éducation] promues récemment par les caquistes ne font pas l’unanimité. D’ailleurs, des observateurs de la scène politique québécoise soutiennent que « la CAQ ne ferait pas mieux que le PLQ ». « En quelque sorte, ces deux partis sont interchangeables. On ne compte plus les candidats qui sont passés de la CAQ aux libéraux et inversement. Quel changement promettons-nous? », s’interroge la coalition de syndicats.

À deux mois et demi des élections, les organisations syndicales tentent-elles de faire basculer les tendances avec cette campagne pré-électorale antilibérale-anticaquiste ? 

Une chose est claire dans la prise de position des syndicats : « cette campagne ne dit pas pour qui voter, mais bien pour qui ne pas voter ». Alors, si la CAQ et les libéraux [considérés comme des partis de droite] ne sont pas mieux lotis pour diriger le Québec au soir du 1er octobre 2018, cette ‘’action syndicale’’ va-t-elle profiter au Parti québécois (PQ) ou à Québec solidaire (QS) de la gauche, car prônant des valeurs humanistes, de justice sociale, d’égalité, de solidarité, etc.?

Le moins que l’on puisse dire, il est encore tôt de se prononcer sur une défaite éventuelle des libéraux ou des caquistes au profit des péquistes ou des qsistes. Pour rappel, la Loi prévoit que la période électorale s’échelonne au plus tard du 30 août jusqu’au 1er octobre 2018. En attendant, le vent du changement n’a vraisemblablement pas encore soufflé.

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Une coalition de syndicats lance une campagne pré-électorale pour "mettre au pas" les libéraux et la CAQ/metallos.org
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Trump vs Trudeau, bravo capitaine Canada

Baba-Idriss FOFANA

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canoe.ca

Même si tu n’aimes pas le lièvre, reconnais au moins qu’il court vite. C’est tout comme Justin Trudeau, face à un Donald Trump. Le numéro 1 Canadien a frappé là où ça fait plus mal lors du Sommet du G7 à La Malbaie. Une contre-offensive, appréciée au pays, qui va certainement donner des points au fils de Pierre Elliott Trudeau.

On sort d’une bouillante fin de semaine. En cause, Donald Trump s’est virevolté face à des propos qu’aurait tenu Justin Trudeau après son départ précipité du Sommet du G7, samedi 9 juin, à Charlevoix au Québec. Le président américain [qui se trouvait à bord d’Air Force One, en route vers Singapour], a donc fait un retournement de situation en annonçant le retrait de son soutien à la déclaration commune du G7. On peut en déduire que ce rassemblement de 48 heures a finalement accouché d’une souris. Qu’à cela ne tienne!

De toute évidence ce G7 présageait des tensions après l’imposition des barrières tarifaires par l’administration Trump, une semaine avant. Le premier ministre Trudeau qui n’avait pas digéré l’argument de « menace à la sécurité nationale » avancé par Washington avait bien avant refusé de se rendre aux États-Unis pour participer à une rencontre. Jugeant que la clause crépusculaire souhaitée par les Américains n’avait pas de sens, M. Trudeau attendait M. Trump, au Québec, pour lui dire de vive voix que la politique commerciale protectionniste qu’il veut imprimer sera désastreuse et pour les États-Unis et pour le Canada.

Trump était fier de Trudeau pendant le Sommet !

Or, les choses se sont bien déroulées entre Trudeau et Trump pour le peu de temps que les deux hommes ont passé [ensemble] lors de ce Sommet. Ils ont même eu un tête-à-tête d’une quinzaine de minutes au premier jour de la rencontre. Cela a été l’occasion pour le numéro 1 Canadien dire ce qu’il avait envie de dire à son invité en ce qui concerne la question tarifaire et l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Malgré tout, le président américain n’a pas manqué d’éloge à l’endroit du premier ministre canadien. En conférence de presse, le patron de la Maison-Blanche avait félicité son hôte qui présidait le G7, allant jusqu’à lui donner une « bonne note ».

À ce stade, on croyait que tout était beau jusqu’à la sortie du communiqué final le lendemain, puisque tout le Groupe des 7 était unanime sur les 7 grands points adoptés au cours du Sommet. Ceux qui avaient parié sur l’échec de ce sommet, au début, étaient un peu surpris à la fin. Mais, il a fallu des « interprétations de mots » côté américain pour que le ‘’petit succès’’ du G7 se transforme en un ‘’grand échec’’[c’est selon].

Un des conseillers en économie de Donald Trump a cru bon de dire que Justin Trudeau venait de les « poignarder dans le dos », quand le premier ministre canadien tenait sa conférence à la fin de la rencontre. En fait, il n’y avait rien de nouveau sous le soleil, puisque M. Trudeau n’a fait que réitérer les mêmes propos qu’il tenait bien avant le Sommet, à savoir qu’il juge « insultante » la raison invoquée par Washington pour justifier des tarifs de 10% et de 25% sur les métaux canadiens, soit la « sécurité nationale ».

Et pour finir, le président américain est lui-même revenu à la charge, avec un tweet enflammé, sur son réseau social préféré. « Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a agi de façon si docile et si douce pendant notre rencontre du G7 […] pour dire ensuite qu’il ne se laisserait pas bousculer. Très malhonnête et faible », a écrit Donald Trump, samedi 9 juin, sur Twitter.

Ces propos ‘’très durs’’ du président américain à l’endroit du premier ministre canadien, ont suscité des indignations ailleurs comme au Canada. Certains politiciens ont même dénoncé « l’obsession » de Donald Trump vis-à-vis de la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis, quand plusieurs chefs de partis d’opposition canadiens se sont rangés du côté de Trudeau.

Au fond, c’est le premier ministre canadien qui sort ‘’grand gagnant’’ dans cette histoire. Donald Trump a démontré aux yeux du monde qu’il gouverne les États-Unis avec ses émotions. Et Justin Trudeau a prouvé qu’il n’avait pas ‘’froid aux yeux’’ face à lui et qu’il était capable de défendre les intérêts du Canada jusqu’au bout. C’est aussi ça, le rôle d’un bon capitaine.

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canoe.ca
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Super Gassa-man : les mots manquent, tu nous as séduis !

Baba-Idriss FOFANA

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Entretien entre le président français et Mamoudou Gassama, lundi 28 mai, à l'Élysée. Photo: Facebook Emmanuel Macron

Pour sauver un enfant de quatre ans, Mamoudou Gassama, ce jeune Malien de 22 ans, arrivé en France en septembre dernier, était prêt à donner sa vie. En plus de ses muscles, il lui a fallu de l’amour, de la détermination pour pouvoir réaliser le geste héroïque du samedi 26 mai à Paris. Et c’est ce qui manquent de plus en plus dans ce monde où chacun s’isole, devient méchant et antipathique à la fin.

La vidéo a fait le tour du monde en un temps record dimanche 27 mai. Pourtant, la scène s’est déroulée un samedi sur Rue Marx Dormoy dans le 18è arrondissement à Paris. L’acte héroïque du jeune Gassama était presque passé inaperçu, car aucun média n’en avait fait cas le jour-j. Heureusement, oui il faut le dire ainsi, il y a un dieu pour les pauvres. Et pour couronner avec l’adage qui dit “le bienfait n’est jamais perdu”, quelqu’un a eu le réflexe de filmer la scène avant que la France et le monde entier ne sache que le Spider-man existe en vrai.

Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise !

Oui! Visionnez et revisionner la vidéo, ça sort de l’ordinaire. On voit un enfant accroché au balcon au 4è étage d’un immeuble. On entend des cris de partout, des bruits de klaxon, une certaine panique. Malgré la scène effroyable et ne pouvant contenir son émotion, un jeune homme sort de la foule et prend d’assaut l’immeuble. En 30 secondes, il réussit a escaladé à mains nues le bâtiment et parvient à extraire le bambin du danger sous des applaudissements.

Pourquoi Mamoudou Gassama a-t-il risqué sa vie pour sauver quelqu’un qu’il ne connaît pas ? Sachant qu’il est un sans-papier ou clandestin (c’est selon), qui a quitté son Mali natal pour aller se chercher [comme on le dit dans le jargon des aventuriers africains] derrière l’eau ou en occident. Le jeune homme de 22 ans n’avait pas droit à l’erreur en France. Surtout dans un pays où il est en situation irrégulière, toute sa famille compte sur lui.  Aller risquer sa vie en escaladant des balcons, à plusieurs niveaux, sans aucune forme de protection contre une chute, cela demande beaucoup de courage mais plus d’amour envers autrui. Et cette empathie, le “jeune courage” l’a exprimé en disant qu’il ne voulait pas que quelque chose arrive à cet enfant. 

Mamoudou Gassama = Super-héros

Certains diront que l’acte posé par Gassama est tout simplement un beau geste humain qui ne demandait pas de mettre en avant son statut de sans-papier aux fins de récupération politique. C’est sûr que les hommes politiques ou certains politiciens profitent toujours de certaines situations pour se donner de la côte. Mais le fait d’être reçu par le président de la République, qui décide de lui accorder la citoyenneté française [après la régularisation de son statut], en plus le travail de sapeur-pompier, Mamoudou Gassama n’aurait pas demander mieux que ça. Ce geste républicain n’a rien d’une récupération politique. Au contraire, ça ressemble plus à une reconnaissance de la Nation à l’endroit d’un individu qui a fait preuve de bravoure en sauvant une vie fragile.

D’autres diront que chaque jour des pompiers jouent gros pour sauver des vies. Effectivement, c’est vrai mais le jeune Gassama n’a jamais été pompier dans sa vie. Il l’a lui-même dit sur des plateaux de télévision française que « c’est la première fois d’escalader un mur ». D’ailleurs, on pourrait dire aussi que si c’étaient des pompiers, ils auraient réfléchi un peu comment procéder pour atteindre l’enfant soit en passant par les escaliers pour fracasser la porte ou en posant une échelle de secours. Et tout ça se serait fait en combien de temps? Or, l’acte spontané du jeune Gassama a payé puisqu’il n’a pas fait de calcul en se jetant à l’eau. Sous le regard de toute une foule émotive au bas de l’immeuble [regardant l’enfant sans être capable de réagir], il a pris son courage à deux mains, il s’est fixé un objectif : celui de sauver un enfant. En le faisant, il ne s’attendait certainement pas à une telle reconnaissance sur les médias sociaux, les médias traditionnels et de la part des autorités françaises et celles de son pays d’origine.

Qui ne risque rien n’a rien !

Faut il le rappeler, le jeune Gassama a quitté le Mali en 2013 pour rejoindre l’Italie par bateau en passant par la Libye avant d’atterrir dans l’ombre en France en septembre 2017. Il en a donc vu des vertes et des pas mûres. Mais, aujourd’hui, grâce à son humanisme et à son audace, le sans-papier est célébré en tant qu’un héros sous les feux des projecteurs à l’invitation du président Emmanuel Macron au palais de l’Élysée. Comme quoi, qui ne risque rien n’aura jamais rien. Il faut savoir oser !

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Entretien entre le président français et Mamoudou Gassama, lundi 28 mai, à l'Élysée. Photo: Facebook Emmanuel Macron
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