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Hillary Clinton : Puisqu’elle était à Montréal

Saoud Maherzi

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Puisqu’elle était à Montréal, parlons de Hillary Clinton. Femme politique révérée par les femmes en place de gouvernance, elle avait rêvé d’être la première femme présidente des États-Unis. Tout était prêt et le moment semblait idéal pour succéder à Barack Obama. Mais Donald Trump est venu gâcher la fête. Depuis, elle a écrit un livre rempli de ses frustrations, trouvant les principales raisons de sa défaite, non pas au sein de sa campagne, de sa personne, de son histoire politique, mais dans des raisons externes à tout cela : les positions rétrogrades des électeurs qui ne voulaient pas voir une femme diriger, les enquêtes du FBI au sujet de ses emails ou encore la position contre-productive de Bernie Sanders. Elle se présente, en fait, comme une chance de progrès que l’Amérique et le monde n’ont pas saisi.

Pourtant, en rétrospectives, on ne peut que constater que l’ex-secrétaire d’État est une apparatchik néoconservatrice en complète synergie avec le système américain et son fonctionnement des trente dernières années. Elle a appuyé l’élan belliciste des États-Unis en Bosnie, au Kosovo, en Afghanistan, en Irak, en Libye et a émis le souhait de perpétuer cela en Syrie. Elle aurait également cautionné un coup d’État au Honduras, où un président démocratiquement élu, se dirigeait vers une politique contraire aux intérêts des États-Unis. Sans oublier, bien sûr, la collusion de Mme Clinton avec Wall Street, ses emails et l’effort entrepris avec le parti démocrate pour nuire aux chances de Bernie Sanders aux primaires.

Hillary Clinton n’aurait pas été un progrès pour les États-Unis. Au mieux, elle aurait perpétué un système que les Américains et le monde ont fini par mépriser. Un système dont elle est l’incarnation froide et dogmatique. Si elle a perdu les élections contre un homme inexpérimenté et disgracieux, c’est bien parce qu’une grande partie du peuple américain était prête à voter pour n’importe qui pourvu que ce ne soit pas elle qui entre à la Maison Blanche. Cela, au moins, elle le concède dans son livre.

En fin de compte, la défaite d’Hillary Clinton restera peut-être la seule bonne nouvelle de la présidence Trump.  

Diplômé de HEC Montréal, Saoud a écrit depuis 2013 dans divers médias. Il dédie le plus clair de son temps libre à la lecture, l’écriture et à la boxe trouvant une cohérence dans l'unité de ces activités. "Find what you love and let it kill you" - Bukowski

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Chroniques

Le droit d’importuner !

Saoud Maherzi

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Se moquer des noirs, des juifs, des arabes, avoir des positions fondamentalement de droite, être religieux, être nationaliste, revendiquer les valeurs d’un pays. Parler avec rudesse, vulgarité, ne pas considérer les susceptibilités des uns et des autres en se positionnant dans le débat public. Écrire des articles remettant en question l’Islam, ou toute religion, faire un spectacle qui ridiculise la culture du viol. Revendiquer le droit à une identité, critiquer le multiculturalisme.

Il ne s’agit pas d’être d’accord avec ces actions, il ne s’agit pas de les avaliser. Il s’agit de leur laisser une place dans l’espace public. C’est la liberté d’expression de chacun d’exposer sa pensée, d’exprimer son art, quelque soit sa position, quelque soit le message.

La nouvelle gauche militante – héritière des mouvements sociaux des années 1960 (Mai 68, Woodstock, mobilisation étudiante contre la guerre du Vietnam, etc.) et de leurs implications idéologiques et philosophiques – a adopté de nouvelles méthodes dans sa lutte. Il s’agit de l’attaque de toute expression intellectuelle, journalistique, politique, artistique ou populaire d’une position qui déroge à la sienne. Elle appelle au boycott : à la censure : à l’annulation de spectacle, de conférence, de publication ; et utilise même parfois la violence ou l’intimidation pour empêcher qu’une personne ou un groupe de personnes ne s’expriment. Elle impose que certains mots soient bannis, que d’autres soient utilisés. Tout cela au nom du Bien supposé de sa doctrine. Il suffit de lire George Orwell pour comprendre les conséquences de cette police de la pensée citoyenne. ‘’Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort’’ (1984).

Un récent reportage de Radio Canada, à propos de la liberté d’expression sur les campus, a montré à quel point cette idéologie est présente et fait loi dans les universités. Là où les débats sont censés former la jeunesse, la développer humainement et intellectuellement, le politiquement correct impose le silence et le délit de parole.

Les groupes qui revendiquent la lutte contre le fascisme, contre la haine, pour les droits humains ont cessé de débattre et préfèrent faire taire. Ce n’est ni juste, ni intelligent.

Chacun a le droit de poser des paroles, d’exprimer une position qui dérange. C’est un droit que d’importuner?.  

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Vincent Marissal à QS, colère bleue au PQ…

Baba-Idriss FOFANA

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Vincent Marissal, chroniqueur politique dans le quotidien La Presse de 2003 à 2017. Crédit Photo: Page Facebook V.M

Cela fait quelques jours que l’ancien chroniqueur politique au journal La Presse, Vincent Marissal (VM), fait le buzz dans l’actualité politique québécoise. En cause, son signalement en politique, du côté de Québec solidaire. Cette intention a été confirmée le mardi 03 avril. À 51 ans, VM sera donc candidat dans la course à l’investiture de QS dans Rosemont. Ce fief électoral occupé, depuis 2012, par le chef du Parti québécois, là où il ne fallait pas oser s’y aventurer.

Du journalisme à la politique, ce n’est certainement pas le fleuve Saint-Laurent qui fait la frontière. Ceux qui ont pensé à un poisson d’avril, avant même le mois d’avril, ont sans doute été déçus d’apprendre la candidature de Vincent Marissal dans le comté de leur champion : Jean-François Lisée. Ces deux anciens journalistes vont devoir s’affronter dans Rosemont, bien entendu, si VM est investi le 31 mai prochain. Faut-il en douter ?

Du côté du PQ, on en est porté à croire que la bataille frontale est inévitable. Tellement elle s’annonce “fratricide” que sur les réseaux sociaux, militants et sympathisants péquistes ont déjà donné le ton. En toile de fond, le “grand mal” de ce monsieur [qui a travaillé pendant 20 ans dans un média taxé de fédéraliste] c’est d’avoir basculé dans un parti souverainiste qui n’est peut-être pas le PQ. Pour ces derniers, l’homme n’a pas une « plume souverainiste » pour prétendre défendre la cause souverainiste. Même quand il revendique son « OUI » lors du référendum de 95. C’est peine perdue. On l’accuse d’avoir cogné la porte des libéraux de Trudeau, même sans y être entré.

Marissal… son crime de lèse-majesté !

Pourtant, VM a laissé entendre mardi que « la relance du mouvement souverainiste passe, elle aussi, par une nouvelle approche et c’est ce que Québec solidaire propose avec la constituante ». Car pour lui, « la seule façon » de faire rayonner le projet indépendantiste du Québec, c’est de « redonner ce grand projet à la population ». Une « approche » qu’il juge « plus populaire » et « moins politicienne », qui sort du « syndrome du sauveur » et de « l’obsession du calendrier ». « Ma propre relation avec la souveraineté est celle d’un Québécois bien ordinaire. En 1976, à dix ans, j’ai assisté avec ravissement à la victoire du Parti québécois de René Lévesque. En mai 1980, j’ai pleuré devant notre téléviseur noir et blanc. Nos voisins prenaient une bière sur leur balcon, célébrant bruyamment la victoire du NON. Scène typique d’un Québec divisé », a souligné M. Marissal dans son discours publié intégralement sur sa page Facebook. Qu’à cela ne tienne !

Ce qui importe aussi, c’est qu’on comprend que le journaliste qu’il a été [pendant 20 ans] n’a pas choisi QS pour la seule cause du souverainisme. Même si les péquistes pensent qu’il n’a pas une « plume gauchiste », VM a dégagé à quel point il était « profondément » un “gauchiste indigné”  au fond de lui sur certaines questions comme l’austérité, la pauvreté, les changements climatiques, le discours identitaire, etc. « J’ai, au fond de moi, une profonde indignation que ma nouvelle vie me permet maintenant d’exprimer et de traduire en action politique. Vous m’en voyez ravi ! ».

C’est à croire que tout ceci importe peu chez les péquistes. Le crime de lèse-majesté de Vincent Marissal, c’est de s’être autoproclamé indépendantiste. C’est de vouloir « se présenter contre le chef du parti qui compte le plus de membre indépendantiste » dans Rosemont. En le faisant, cela rime avec atteinte à l’honneur du chef. Bien plus, cette posture de l’homme démontrerait à la face des Québécois et des Canadiens une certaine « officialisation de l’alliance QS au parti libéral ». Si l’on s’en tient aux messages distillés çà et là sur la toile, c’est un secret de polichinelle, le PQ détiendrait une légitimité sur la question souverainiste. Cela donne l’impression que tout ce qui respire souveraineté devrait jurer péquiste pour être crédible.

On a encore en mémoire le message du chef péquiste M. Lisée à l’endroit de ses militants le 24 mars, lors de l’investiture du candidat PQ dans Saint-Henri-Sainte-Anne. Alors qu’il demandait à ses “hommes” d’entretenir « respect, le plus grand respect » envers les militants QS, c’était-il un vœu pieux ? Car, il aura fallu seulement une semaine pour voir la colère péquiste se dégainer sur des nouveaux venus à QS. Ces derniers étaient-ils pris en otage ou n’ont simplement pas droit d’appartenir à certaines politiques ? Certainement pas, dans une démocratie, puisque chaque citoyen devrait être libre de choisir la chapelle politique qui répond le mieux à ses aspirations.

Militants QS, otages du PQ ?

Et VM l’a si bien illustré dans son propos de candidature. « Dans notre paysage politique sclérosé, où règne un cynisme rampant et néfaste », c’est Québec solidaire qui, à ses yeux, offre « le plus bel espoir de changement réel ». « On le dit parfois jeune, revendicateur, dérangeant, maladroit, tapageur, mais justement, c’est ça qui m’attire ! Traitez-moi d’idéaliste si vous voulez (j’accepte volontiers le compliment), mais ce sont les grands mouvements populaires qui changent le monde. C’est précisément ce vers quoi tend QS ». C’est clair !

On se demande bien pourquoi une telle décharge électrique est lancée sur un parti considéré comme « insignifiant » dans le microcosme politique québécois par ceux-là même qui pensent que tout est beau pour un probable retour du PQ aux affaires ? Si le souverainiste Jean-Martin Aussant [qui a créé Option nationale fondue aujourd’hui dans Québec solidaire] avait déposé ses valises chez les qsistes, aurait-il subi le même sort ? Ça se voit que les péquistes sont “bienheureux” quand un “candidat vedette” atterrit chez eux, mais “malheureux” quand il s’agit de l’adversaire.

Ce qui surprend le plus, c’est que la plupart des réactions péquistes de ces derniers jours démontrent tant bien que mal une certaine trouille à attaquer des poids lourds comme le PLQ et la CAQ. Ce sont eux qu’il faudra “combattre et abattre” pour crier victoire. Ce n’est pas en tirant à boulets rouges, à tout bout de champs sur QS, ses militants ou ses nouvelles prises, que le PQ prendra la tête du dernier sondage d’avant le 1er octobre 2018. Bien au contraire… À l’allure où vont les choses, à six mois des élections, on peut même se demander ce que présage ce manque de sérénité qu’on observe dans le « bateau bleu » ? Seul le temps nous le dira.

 

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Le Canada au Mali, le prix à payer…

Baba-Idriss FOFANA

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Après plusieurs hésitations, depuis 2017, le premier ministre Justin Trudeau s’est décidé à envoyer ses hommes aux charbons avant l’automne 2018. Lundi 18 mars, par la voix du ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et de celui de la Défense, Harjit Sajjan, Ottawa a annoncé le déploiement d’une Force opérationnelle aérienne (FOA), dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies, pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Mais à quel prix ?

D’abord, il faut savoir que la « mission » dite de « paix », a été autorisée par la Résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies en date du 20 décembre 2012. Mais, elle a pris forme au printemps 2013, sous l’appellation Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) sous conduite africaine, avant d’être relayée par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), en été de la même année.

L’objectif était de porter assistance au Mali en délogeant les groupes islamistes dont AQMI, MUJAO et Ansar Dine qui avaient pris le contrôle du Nord-Mali après en avoir chassé les rebelles indépendantistes touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad connu sous l’acronyme de MNLA. Dieu seul sait la souffrance infligée aux populations par ces groupes armés et ce qu’ils ont fait subir aux mausolés. Si cela suffisait !

Les islamistes ont du vent dans les voiles !

Cinq ans après, a défaut de n’avoir pu libérer le pays [malgré la présence renforcée des soldats français de l’opération Barkhane et la mise en place récente du G5 Sahel], les terroristes sont devenus plus redoutables. Si l’on s’en tient aux propos de Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, « la MINUSMA est une mission dangereuse », voire « la plus mortelle des dernières années ». Et dire qu’il y aurait, en ce moment, environ 15 000 personnes déployées au sein de la MINUSMA, dont 11 230 militaires et 1745 policiers. Avec un tel effectif, à ce jour, il est difficile à croire que les groupes islamistes ont encore le vent en poupe dans la région.

C’est dans ce contexte que le Canada veut (re)jouer sa partition avec son « grand retour » en Afrique après un « passé trouble » [c’est selon le premier ministre] durant ses deux dernières missions en Somalie et au Rwanda. On ne connaît pas encore l’effectif [on parle de 200 à 600 hommes], mais la ministre Chrystia Freeland a néanmoins indiqué qu’il y aurait plus de femmes que par le passé. Et en ce qui concerne le contingent, le ministre Harjit Sajjan a annoncé le déploiement de deux hélicoptères Chinook, pour des opérations de transport et de logistique, et quatre hélicoptères Griffon, qui offriront une protection armée aux troupes canadiennes.

Sauf que depuis cette annonce, on assiste à des grincements de dent du côté de l’opposition [le parti conservateur] à Ottawa. Pour eux, le Canada ne devrait pas « envoyer ses enfants à l’abattoir », oubliant sans doute que des soldats canadiens ont déjà été déployés sur des territoires dangereux comme en Afghanistan et en Irak pour affronter le groupe armé État islamique, Daech. D’ailleurs, à la demande de Justin Trudeau, le soldat canadien qui avait fracassé le record des tireurs d’élite en 2017 avec l’atteinte d’une cible terroriste à plus de 3,5 kilomètres en Irak a été célébré avec ‘’faste’’ au pays des feuilles d’érables.

Repositionnement géostratégique

Bref, dans le cas du Mali, il se trouve que beaucoup de ressortissant de ce pays d’Afrique de l’Ouest au Canada ont salué la décision « courageuse » de M. Trudeau qui, semble-t-il, aurait répondu à une « demande de l’ONU » suite à des « pressions » venues de la chancelière allemande et du premier ministre des Pays-Bas. Mais, en retour, que gagne le Canada ? On peut comprendre que les Maliens sont fatigués de cette situation chaotique qui perdure dans leur pays, mais qu’est-ce que le déploiement d’un contingent canadien de 200 ou 600 hommes [qui part pour remplacer le contingent allemand effectuant des missions de transport et d’évacuation sanitaire] peut changer en un an dans une situation sens dessus dessous dans le Nord-Mali ?

À la vérité, derrière ce « grand retour » du Canada sur le continent africain, se cache vraisemblablement l’intention d’un « repositionnement géostratégique » du pays dans le concert des grandes puissances mondiales. Il est vrai que de tout temps, le Canada s’est fait connaître en grande partie par ses valeurs de paix à travers le monde. Mais, il ne faut pas se voiler la face : depuis son accession au pouvoir, Justin Trudeau travaille « activement » à obtenir un siège pour son pays au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2021-2022 [le dernier mandat remonte à 1999-2000].

En attendant cette élection en 2020 face à la Norvège, les campagnes impliquent un « effort diplomatique » important. Or, de plus en plus, le Canada affiche un leadership dans des dossiers importants pour l’ONU comme les changements climatiques, la crise des réfugiés et dans la promotion de la sécurité et de la stabilité au Moyen-Orient. Allons donc comprendre ce que va faire le Canada au Mali ! C’est aussi le prix à payer.

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