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Société

Identité et Racisation, un débat tendu à Maison de l’Afrique Montréal

Baba-Idriss FOFANA

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À l'invitation de DAM, un public diversifié a répondu présent à Maison de l'Afrique Montréal. Crédit: Baba-I. Fofana/Avant-Première MTL

« Réflexion en trois temps » est une série de trois rendez-vous participatifs et interactifs organisée par l’organisme DAM-Diversité artistique Montréal [dans la foulée de ses activités de consultation sur “identité & racisation”] et ce, pour débattre des enjeux de racisation, de préjugés et d’appropriation culturelle dans le milieu des arts. Le tout premier débat s’est tenu, lundi 26 février, à Maison de l’Afrique Montréal.

Alors que la célébration du Mois de l’Histoire des Noirs (MHN) tire à sa fin, la fondatrice de la Maison de l’Afrique Montréal, Mariama Sy Diawara, s’est dit heureuse de « rencontrer tous ceux qui ont à cœur l’avènement d’un monde meilleur ». « Le fait de rencontrer des gens d’ascendances africaines et originaires d’Afrique est encore une immense joie. C’est pour cette raison que Maison de l’Afrique est toujours présente dans la programmation du Mois de l’Histoire des Noirs. Notre slogan c’est: le meilleur de l’Afrique, en partage », a déclaré la promotrice de Africa Web Festival, dans une brève allocution de bienvenue, devant un « public chaleureux« .

« Identités archaïques, obstacle à la modernité »

Au nombre des quatre intervenant(es), il fallait compter Zab Maboungou. La fondatrice de la Compagnie danse « NYATA NYATA » [qui est une compagnie de danse contemporaine unique dans le paysage montréalais et canadien] n’y est pas allée du dos de la cuiller pour dénoncer les mots qui minent la question de l’identité et de la racisation. La chorégraphe, penseure et interprète croit savoir qu’il ne faut pas avoir peur de ce terme « racisme » car, souligne Mme Maboungou, « le problème de fond, c’est le racisme ». « C’est celui-là qu’il faut véritablement mettre de l’avant et il ne faut pas avoir peur de ce terme. Nous vivons au Québec et le Québec pratique le déni du racisme (comme ce n’est pas possible) bien plus que le sport du hockey », a fustigé celle qui refuse que l’histoire de l’humanité prenne des raccourcis.

À la Maison de l’Afrique Montréal. Crédit: Baba-I. Fofana/Avant-Première MTL

À en croire la directrice artistique de « NYATA NYATA », Il faut rendre compte de l’apport civilisationnel de tous. « C’est cette histoire que l’on veut voir apparaître. En ce sens-là, l’histoire ne peut pas prendre de raccourcis. (..) Ainsi, les personnes racisées sont les personnes susceptibles d’arborer les identités archaïques, celles qui font obstacle au projet de cette modernité. Des identités devenues accessoires, qui empêchent le progrès, le dessein civilisationnel qui était prévu depuis le nouveau monde », a martelé l’enseignante de Philosophie, qui dit participer activement au “renouveau institutionnel des politiques” relatives au domaine de l’art.

« Racisé, racialisation: je ne m’identifie pas »

débat

Michael Farkas, au micro, est contre l’utilisation de certains termes stigmatisants. Crédit: Baba-I. Fofana/Avant-Première MTL

Pourtant, Michael Farkas [un autre panéliste] s’est plutôt ‘’révolté’’ par la généralisation du terme « personne racisée » ou « peuple racisé ». Le « rastafariste » pense qu’on devrait être « beaucoup plus précis dans nos regards sur chaque personne qui vit la discrimination au lieu de généraliser ». « Moi, je n’utilise pas ces mots, je ne les utiliserai jamais. Racisé, racialisation, je ne m’identifie pas à ces mots-là. Je les trouve blessant, parce que ça ne règle rien », s’est offusqué M. Farkas. Celui pour qui « on a tous un nom, on a tous une tribu » croit savoir qu’on devrait plutôt parler des origines, des Nations d’où nous venons. « Je suis d’accord avec le terme racisme systémique mais pas ‘’personne racisée’’ et ‘’peuple racisé’’ et même le mot diversité. (..) tout vient de l’Afrique et on a un même ADN », a précisé l’adepte du rastafarisme.

Par ailleurs, si Zab Maboungou soutient que le processus identitaire est au cœur du processus de socialisation de tout être humain. Cependant, elle reconnaît que le terme « identité » est devenu péjoratif de nos jours : « C’est un terme négatif comme le terme communauté, ethnique, culture. Ces termes ont acquis un statut dégradé du fait qu’ils caractérisent une opposition, un obstacle à la modernité victorieuse dans laquelle nous sommes tous (en fait) partie prenante (d’une certaine manière) ».

En fin de compte, la modératrice de cette première soirée-débat, Dorothy Alexandre, a laissé entendre qu’au sortie de ces rencontres l’organisateur, dont Diversité artistique Montréal, « ne sera pas juste dans la réflexion ». « On sera dans l’action », a-t-elle promis. Prévues pour une durée de deux heures, les discussions [qui se voulaient un peu houleuses] ont frôlé les trois heures d’horloge.

Crédit photo:
À l'invitation de DAM, un public diversifié a répondu présent à Maison de l'Afrique Montréal. Crédit: Baba-I. Fofana/Avant-Première MTL

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Société

Québec : Nouveaux services d’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles

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En plus de l’aide juridique, les victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale disposeront de nouvelles mesures d’accompagnement qui s’adaptent à leurs réalités.

Ces mesures seront développées par un nouveau comité dont la formation a été annoncée ce lundi, 18 mars, par Sonia LeBel, la ministre de la Justice et procureure générale du Québec.

« Nous savons que la solution aux enjeux dénoncés relativement aux services d’aide et juridiques doit, entre autres, passer par un accompagnement de la personne victime bien avant les procédures judiciaires », a expliqué Mme LeBel.

Le nouveau comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale a pour mission de développer les nouvelles solutions d’aide qui répondent à leurs besoins spécifiques.

La mission du comité

Le comité dispose d’un mandat d’un an durant lequel il est amené à : « Évaluer les mesures actuelles et étudier celles pouvant être développées afin d’assurer un accompagnement plus soutenu et répondant mieux aux réalités des personnes victimes » (Communiqué du ministère de la justice).

Christine Labrie, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de Condition féminine, a indiqué que les services qui seront offerts agiront « autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du système judiciaire. »

« On a aussi pris soin qu’il y ait des personnes autour de la table qui connaissent les réalités dans plusieurs régions du Québec. C’était essentiel pour moi, parce que les services et les défis sont vraiment différents en ville et en région », a-t-elle précisé à propos de la composition du comité.

Composition du comité

Le comité sera composé : D’une membre de la magistrature, de personnes victimes, de représentants autochtones, d’experts en matière d’agressions sexuelles, notamment du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal (CVASM), du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), de services de police ainsi que de chercheurs.

Lire aussi : Justice à l’ère du #MoiAussi : Des solutions pour les victimes d’agression sexuelle au Québec ?

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Droit de la famille : vieux de près de 40 ans, Québec veut l’adapter aux nouvelles réalités

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Une consultation publique vient d’être lancée par le gouvernement québécois pour connaître l’opinion de la population en vue de moderniser le droit de la famille. Cette consultation vise à orienter la réflexion gouvernementale sur les changements à apporter pour adapter le droit aux nouvelles réalités familiales.

« Depuis la dernière réforme du droit de la famille survenue en 1980, la famille a bien changé. Or, le droit n’a pas suivi cette évolution. Il est temps d’y remédier », a déclaré, vendredi, la ministre de la Justice et procureure générale du Québec, Sonia LeBel.

À lire aussi : Nouvelle prestation parentale de cinq semaines au Canada en 2019

Selon elle, la consultation s’appuiera sur les recommandations proposées par le Comité consultatif sur le droit de la famille. Celles-ci serviront de base à la réflexion du gouvernement, qui décidera des réformes à mettre en œuvre au terme de la consultation.

La parentalité, la conjugalité, la relation avec le beau-parent…

Mme LeBel a indiqué que cette consultation portera spécifiquement sur trois thèmes, soit la parentalité, la conjugalité et la relation avec le beau-parent. Les questions liées à la filiation, qui font également partie du droit de la famille, seront abordées ultérieurement. La ministre entend déposer à l’Assemblée nationale deux projets de loi, un sur la filiation et l’autre la conjugalité, afin de mener à bien les réformes qui auront été jugées appropriées.

À lire aussi : Séparation : hausse de la consultation des médiateurs de famille

Les populations sont invitées à y participer, à l’occasion d’une tournée de consultation qui se tiendra du 29 avril au 3 juin prochains dans onze villes du Québec. « J’invite toute la population et les groupes voulant faire valoir leur opinion à s’exprimer sur notre site Web ou en venant nous rencontrer lors des séances de consultation publique. Ensemble, nous ferons en sorte que cette réforme reflète les nouvelles réalités des familles québécoises », a encouragé la ministre LeBel.

DateVille
Lundi 29 avril Trois-Rivières
Vendredi 3 mai Gatineau
Lundi 6 maiMontréal
Mardi 7 mai Laval
Vendredi 10 mai Rimouski
Lundi 13 mai Québec
Vendredi 17 mai Rouyn-Noranda
Vendredi 24 mai Sept-Îles
Lundi 27 mai Saguenay
Vendredi 31 mai Gaspé
Lundi 3 juin Sherbrooke

Les citoyens peuvent également s’exprimer en répondant à un questionnaire en ligne sur le site Internet du ministère de la Justice ou en déposant un mémoire. Ces volets de la consultation se terminent le 28 juin 2019.

Les groupes et organismes ainsi que les citoyens qui veulent s’exprimer sur la question pourront venir rencontrer les représentants gouvernementaux. la ministre de la Justice et procureure générale du Québec sera appuyée dans cette démarche par Mathieu Lévesque, député de Chapleau et adjoint parlementaire de la ministre de la Justice.

À lire aussi : Familles québécoises : voici le bilan des « cadeaux » caquistes

Pour vous inscrire à la consultation publique ou remplir le questionnaire en ligne, rendez-vous sur le site Internet du ministère de la Justice : www.justice.gouv.qc.ca/famille.

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Société

Nouveaux logements abordables dans l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce

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Dans le cadre de la Stratégie de développement de 12 000 logements sociaux et abordables, la Ville de Montréal a entamé ce mercredi, 13 mars, une étape importante dans la réalisation d’un projet résidentiel dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.

Aujourd’hui la Ville de Montréal a approuvé le retrait définitif d’un terrain de stationnement de l’entente avec Stationnement Montréal, pour le compte d’un nouveau projet résidentiel abordable.

Le terrain est situé à l’angle de l’avenue Trans Island et du chemin Queen-Mary. Il sera vendu prochainement à l’organisme Habitat pour l’humanité. Ce dernier projette y construire un immeuble d’environ six habitations abordables privés. Les futurs résidants seront proches de la station Snowdon.

« Depuis de nombreuses années, nous travaillons à offrir des logements décents et sécuritaires à la population. Ce projet, nous permettra de construire six nouveaux logements à un prix abordable et ainsi offrir un toit à des familles montréalaises », a souligné Mme Madeleine Martins, directrice générale d’Habitat pour l’humanité province de Québec.

Lire aussi : Création de nouveaux logements abordables à Montréal-Nord

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