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Politique

Immigration au Québec, la CAQ veut tout changer…

Baba-Idriss FOFANA

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François Legault, chef de la CAQ / Photo: HPQ

Pour l’élection du 1er octobre prochain, la Coalition avenir Québec (CAQ) a porté au grand jour ses nouvelles orientations. Au nombre de celles-ci, un dossier brûlant : l’immigration au Québec. Et en la matière, le « document d’orientation sur l’immigration » des caquistes fait grand bruit. Bien plus, leurs exigences semblent diviser plus d’un.

C’est officiel. Si François Legault était élu premier ministre du Québec, succédant à Philippe Couillard, l’étau va certainement se resserrer autour de l’immigration. D’abord, le seuil d’immigration sera réduit de 20%, passant de 50 000 à 40 000 immigrants par année au Québec. De plus, la CAQ à l’intention de mettre la barre très haute quant à la sélection des « immigrants économiques ». Ces derniers devraient répondre à trois exigences en matière de connaissance du français à travers un test, des connaissances des valeurs québécoises en vertu de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et démontrer qu’ils sont en emploi ou en situation de recherche sur le territoire québécois.

La CAQ et la méthode d’expulsion !

Un gouvernement caquiste serait donc prêt à proposer un projet de loi pour faire adopter une loi qui instaurerait un certificat d’accompagnement transitoire. Ce document serait valide pour une période de trois ans et renouvelable. Il pourrait permettre aussi de donner du temps aux nouveaux immigrants pour pouvoir éventuellement satisfaire aux trois exigences. « On leur donne trois ans, trois années pour le faire. On ne souhaite pas garder chez nous trop de personnes qui n’acceptent pas notre langue, nos valeurs, qui ne participent pas au monde du travail », prévient François Legault.

« La CAQ dit qu’elle investira beaucoup dans les cours de francisation. En cas d’échec ou de refus de se soumettre aux évaluations, un immigrant perdrait son statut et se retrouverait comme un sans-papier au Québec. Et un gouvernement caquiste s’en remettrait au gouvernement fédéral parce que Québec n’a pas le pouvoir d’expulser un immigrant ».

     – Martine Biron, Analyste politique

Croyant que la connaissance du français est ‘’incontournable’’, le chef caquiste entend plus investir dans les cours de francisation. « Actuellement c’est vrai que les cours de français ne sont pas assez disponibles les soirs, la fin de semaine dans toutes les régions du Québec. On veut donner les cours de français dans les entreprises de 25 à 50 employés, être capable de rendre les cours gratuitement. Il faudrait que quelqu’un soit vraiment de mauvaise foi, qui ne veut pas s’intégrer à la société québécoise », ajoute M. Legault.  

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, chef du Parti libéral estime que ce projet de la CAQ est « irréaliste », puisque « l’immigration n’est pas un problème mais une opportunité » selon lui. « C’est tout à fait méconnaître la réalité du monde du travail et des problèmes que ces personnes doivent surmonter que de penser qu’en trois ans, par magie, avec un accompagnement ça serait régler », dénonce pour sa part Amir Khadir, député de Québec solidaire.  

Pénurie de main d’œuvre et poids démographique

De son côté, Martine Biron, reconnaît que la question de l’immigration polarise au Québec mais trouve moins réaliste le plan de la CAQ. « Abaisser les seuils d’immigration dans un contexte de pénurie de main d’œuvre aura des conséquences », met en garde l’analyste parlementaire de Radio-Canada à l’Assemblée nationale du Québec, pour qui « il reste des zones grises dans le plan de la CAQ, des explications que le chef caquiste devra donner ».

Selon elle, le Québec a besoin d’environ 70 000 personnes immigrantes chaque année d’ici 2020 pour maintenir son poids démographique dans la fédération du Canada. « Le gouvernement fédéral a déjà annoncé qu’il était pour l’augmentation substantielle des seuils d’immigration dans les prochaines années. Si Québec n’accueille pas sa part, son poids démographique dans la fédération pourrait baisser », fait-elle valoir.

Mais à l’aube de la campagne électorale qui s’annonce houleuse au Québec, chaque parti politique veut jouer son ‘’va-tout’’ sur la question de l’immigration. Certains n’hésitent pas à pousser le bouchon. Et la CAQ, en tête de tous les sondages à ce jour, n’a pas encore dit son dernier mot, surtout sur la gestion des libéraux. « Après 15 années de gouvernement libéral, l’intégration et la francisation des immigrants au Québec souffrent de défaillances, si bien que notre capacité d’accueil est aujourd’hui fragilisée », disent les caquistes qui, pourtant proposent un nouveau plan qui ne fait pas encore l’unanimité.

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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9 Commentaires

9 Comments

  1. Avatar

    Mourad Ghiati

    19 Mai 2018 à 2:00

    Actuellement, un nouveau immigrant au Quebec peut obtenir sa citoyenneté canadienne après 5 ans de résidence au Canada.
    Avec le plan de Legault, un nouveau arrivant au Québec, vu qu’il aura un certificat d’accompagnement transitoire au lieu d’un certificat de sélection du Québec( CSQ donne droit automatiquement à la résidence permanente au Canada), il aura sa citoyenneté canada après plus de 8 ans de résidence.
    Aussi la question que je me pose: Est ce que ce Plan de la CAQ serait imposé uniquement aux immigrants Maghrébins, africains et du Moyen-Orient ou à tous les nouveaux immigrants toute nationalité confondue.

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Afrique

Égypte : l’ex-président Mohamed Morsi est mort après une audition au tribunal

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Mohamed Morsi, ex-président égyptien. Photo Wilson Dias/ABr — Agência Brasil, CC BY 3.0 br

Mohamed Morsi, le premier civil à devenir président d’Égypte en 2012, et le premier démocratiquement élu est décédé, ce lundi 17 juin à 67 ans au Caire, suite à attaque cardiaque.

Selon ce que rapporte plusieurs médias, Mohamed Morsi souffrait de diabète et d’hypertension alors qu’il comparaissait au tribunal lorsqu’il s’est effondré. « L’ancien président égyptien issu des Frères musulmans, en détention depuis 2013, a parlé devant le tribunal avant de s’effondrer, puis d’être emmené à l’hôpital où il est décédé », a indiqué l’AFP dans un tweet.

Rappelons que Mohamed Morsi a été chassé par l’armée un an après son élection. Son ancien ministre de la Défense et chef de l’armée, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, lui a succédé. Ce dernier a mené une répression sans merci contre l’opposition islamiste et en particulier les Frères musulmans, dont des milliers de membres ont été emprisonnés, a fait savoir RFI.

À lire : Égypte : Abdel Fattah al-Sissi veut régner jusqu’en 2034 ?

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Politique fédérale

Canada: Les trois initiatives principales de la première Politique alimentaire

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Ottawa a annoncé ce lundi, 17 juin, le lancement de la toute première politique alimentaire fédérale du Canada.

Cette politique a été élaborée notamment à partir d’une consultation à laquelle ont participé des citoyens et des experts dans les quatre coins du pays.

La vision de la nouvelle Politique est la suivante:

« Toutes les personnes vivant au Canada peuvent avoir accès à une quantité suffisante d’aliments salubres, nutritifs et culturellement diversifiés. Le système alimentaire du Canada est résilient et innovateur, protège notre environnement et soutient notre économie. »

Cet enjeu national a mis en exergue les disparités dans l’accès à l’alimentation. En effet, alors que beaucoup de Canadiens ne se nourrissent pas convenablement, 11 millions de tonnes métriques de nourriture, d’une valeur de près de 50 milliards de dollars, sont gaspillés chaque année.

« La Politique alimentaire pour le Canada est la feuille de route qui nous permettra d’établir un système alimentaire plus sain et plus durable au pays. Les investissements et les initiatives prévus dans la Politique contribueront à la croissance économique, à une meilleure nutrition et à la sécurité alimentaire pour tous les Canadiens. », a déclaré Marie-Claude Bibeau, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire.

Pour réaliser les premiers objectifs de la nouvelle vision, Ottawa investit 134 millions de dollars par l’intermédiaire du budget de 2019

Se lancer à l’échelle des collectivités

La mise en œuvre de la politique alimentaire se concrétisera à travers trois initiatives principales :

  • Le lancement du Fonds des infrastructures alimentaires locales, un investissement de 50 millions de dollars sur cinq ans visant à appuyer les projets communautaires qui améliorent l’accès à des aliments salubres, sains et diversifiés sur le plan culturel. Ce soutien de la sécurité alimentaire inclut les collectivités autochtones et du Nord;
  • Faire des aliments canadiens le premier choix au pays et à l’étranger;
  • Réduire le gaspillage alimentaire.

Lire aussi : Politique bioalimentaire 2018-2025, Québec franchit « une grande étape »!

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Économie

Fête nationale et fête du Canada : ouvert ou fermé le 24 juin et le 1er juillet ?

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Le ministère de l’Économie et de l’Innovation rappelle aux commerçants et aux consommateurs que les commerces de détail de biens (magasins, boutiques, points de vente, marchés et autres) doivent fermer leurs portes au public le lundi 24 juin 2019, à l’occasion de la fête nationale du Québec, et le lundi 1er juillet 2019, à l’occasion de la fête du Canada.

La Loi et le Règlement n’imposent pas de restrictions quant au nombre d’employés de même qu’aux heures et aux jours d’ouverture des restaurants, des stations-services, des librairies, des antiquaires ainsi que des fleuristes le jour de la fête nationale du Québec et de la fête du Canada.

24 juin, fête nationale du Québec

Les établissements d’alimentation de petite surface, c’est-à-dire ceux dont la surface de vente est de 375 mètres carrés ou moins (épiceries, dépanneurs, fruiteries, boucheries, certaines succursales de la Société des alcools du Québec et autres), pourront ouvrir leurs portes au public sans restriction de personnel toute la journée le 24 juin 2019 et entre 8 h et 21 h le 1er juillet 2019.

Quant aux établissements d’alimentation de grande surface, c’est-à-dire ceux dont la surface de vente est de plus de 375 mètres carrés, ils ne pourront pas ouvrir leurs portes au public le 24 juin 2019, mais pourront le faire sans restriction de personnel entre 8 h et 21 h le 1er juillet 2019.

1er juillet, fête du Canada

Les pharmacies pourront ouvrir le 24 juin 2019 à la condition qu’au plus quatre personnes, à l’exclusion de celles affectées uniquement à l’officine du pharmacien, assurent le fonctionnement de la partie commerciale. Elles pourront ouvrir sans restriction de personnel entre 8 h et 21 h le 1er juillet 2019.

Soulignons que la Loi et le Règlement ne s’appliquent pas aux commerces de services (comme les salons de coiffure), ni aux bureaux, ni aux salles de spectacles, ni aux entreprises manufacturières.

Infraction pénale en cas de non-respect…

Le ministère de l’Économie et de l’Innovation rappelle que le commerçant qui contrevient à la Loi en admettant le public dans son établissement ou en annonçant que le public pourra y être admis commet une infraction pénale et est passible d’une amende minimale de 1 500 $. De même, le responsable d’un centre commercial qui consent à ce que l’un de ses locataires enfreigne la Loi commet lui aussi une infraction pénale et est passible de la même amende.

À lire : Journée nationale des patriotes : Ouvert ou fermé?

Veuillez noter que les bureaux du ministère de l’Économie et de l’Innovation seront fermés le 24 juin 2019 et le 1er juillet 2019. Si vous désirez dénoncer un commerce qui enfreint la Loi, vous pouvez communiquer avec la police municipale. Vous pouvez également y effectuer un achat et transmettre un reçu au Ministère présentant la date et l’heure.

Pour plus de renseignements sur les heures et les jours d’ouverture des établissements commerciaux, consultez le www.economie.gouv.qc.ca/commerce ou composez le 514 499-2176 ou le 1 800 539-7078.

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