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Indépendantisme et antiracisme, Gabriel Nadeau provoque une polémique

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit Photo: Page Facebook officielle GND

L’amphithéâtre B-2305 du Pavillon Jean-Brillant de l’Université de Montréal était plein à craquer, vendredi 16 février, pour entendre le député et Co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, sur le thème « L’indépendantisme est-il compatible avec l’antiracisme ? ». Une rencontre conjointement organisée par le Mouvement des étudiants souverainistes de l’Université de Montréal (MÉSUM), et l’Association des jeunes péquistes de l’Université de Montréal (AJPUM) et ce dans le cadre de la Semaine de la souveraineté.

Dans son propos liminaire, Gabriel Nadeau-Dubois (GND) a reconnu le thème comme étant provocateur. Vu les commentaires et les discussions sur les réseaux sociaux depuis l’annonce de cette conférence, le porte-parole masculin du parti Québec solidaire pense avoir atteint l’objectif recherché qui était d’attirer l’attention sur l’importance du sujet.

« J’ai choisi ce thème provocateur pour attirer l’attention sur un débat qui est important. Le débat sur la relation entre la question d’indépendance nationale du Québec et la question de la lutte contre le racisme. C’est un enjeu qui est d’actualité. On a beaucoup parlé dans les dernières semaines et j’ai posé la question de manière volontairement simpliste. L’objectif aujourd’hui, c’est d’avoir des réponses tout sauf simplistes mais de les nuancer. Ce que je veux faire aujourd’hui, c’est de faire la critique de deux idées qu’on entend dans l’espace public », a-t-il précisé d’entrée de jeu.

D’abord, il s’agit selon le conférencier des idées selon laquelle ‘’l’indépendance serait nécessairement et absolument incompatible avec les luttes antiracistes, ces luttes contre les discriminations’’. Une position qui serait de plus en plus entretenue dans certaines franges du mouvement indépendantiste, qui verrait l’émergence de lutte contre le racisme comme une menace au projet d’indépendance national. « Bien sûr, je suis indépendantiste. Donc à la question de savoir si l’indépendantisme est-il compatible avec l’antiracisme ? Moi, je le crois et Québec solidaire croit que l’indépendance doit être un projet inclusif pour tout le monde au Québec quel que soit leurs origines », soutien Nadeau-Dubois.

Un blocage collectif

Pour lui, ‘’l’idée selon laquelle l’indépendance serait nécessairement un projet de blanc francophone catholique’’ « bloque collectivement » les Québécois. Alors que, souligne-t-il, le projet d’indépendance devrait être vu comme un projet d’inclusion sociale et d’émancipation pour tout le monde. Tout en s’interrogeant sur le désintérêt de ‘’sa génération’’ sur la question indépendantiste aujourd’hui.

« Elle a déjà été plus populaire par le passé auprès des jeunes qui, à une certaine époque étaient les forces vives du mouvement indépendantiste. Et on nous dit également que ce projet n’est pas à ce sommet de popularité au sein des communautés culturelles auprès des Néo-Québécois et Néo-Québécoise ».

Au dire du Co-porte-parole de Québec solidaire, une des perceptions qui affaiblit le projet d’indépendance du Québec et qui lui fait mal, c’est la perception selon laquelle ce projet d’indépendance national du Québec serait essentiellement un projet qui concerne les gens qu’on appelle les Québécois de souche, c’est-à-dire les Québécois francophones blancs de descendance canadienne française.

« C’est une perception qui est réelle. On peut être en désaccord, mais il ne faut pas se cacher les yeux ! cette perception-là, elle existe. Et elle existe pour certaines raisons. Il faut discuter de ces raisons-là si on veut pouvoir la combattre, cette perception-là », croit savoir Gabriel Nadeau, ajoutant qu’il est possible d’avoir ce débat sans tomber dans la caricature et sans tomber dans le simpliste.

Le conférencier a vertement critiqué ceux qui dénaturent le combat indépendantiste à travers des discours venimeux ou en posant des actes à l’image du groupe extrémiste La Meute. « Il faut reconnaître que quand on parle d’indépendance aujourd’hui, l’imaginaire des gens est marqué assez négativement à cause de certains événements et dérapages qui ont eu lieu au sein du mouvement indépendantiste dans les dernières années. Et cela a suscité une méfiance (..) ».

« Depuis une dizaine d’années au Québec, on assiste à cela. Ça a commencé autour des fameux accommodements raisonnables en 2007-2008, la montée d’un discours qu’on appelle souvent ‘’nationalisme-conservateur’’ qui est de plus en plus influent au Québec. (..) Un discours qui se caractérise essentiellement par une méfiance à l’égard de l’immigration et de la diversité culturelle en générale. Ce discours-là voit les immigrants et les immigrantes comme une menace à ce qu’ils vont appeler l’identité historique québécoise et voit que la diversité culturelle à un effet nécessairement dissolvant sur l’identité et le vivre ensemble au Québec », a déploré GND.

La diversité culturelle, « jamais » une menace !

Dans la même veine, il est revenu sur un ‘’vieux discours’’ de Pierre Karl Péladeau qui, selon Nadeau-Dubois, aurait laissé entendre, lors d’une campagne électorale, qu’« une des raisons pour lesquelles il faut aller à l’indépendance le plus rapidement possible, c’est qu’à chaque année, l’immigration fait perdre un certain nombre de comté au Parti québécois ».

Une perception « froide » et « candide » de croire qu’avec de plus en plus d’immigrants, on a moins de chance de prendre notre indépendance selon GND. « C’est une perception assez candide avec l’idée de dire que la diversité culturelle [qui est de plus en plus grandissante au Québec] est une menace au projet d’indépendance du Québec », a-t-il jugé.

A ce stade de son propos, le député solidaire a reconnu que cette ‘’vision erronée’’ du projet d’indépendance explique bien les raisons de la « méfiance » des familles Néo-Québécoise sur la question nationaliste et identitaire. Un contexte qui serait dû, selon Nadeau-Dubois, à la montée d’un certain « populisme de droite férocement nationaliste de manière ethnique qui est une réalité au Québec, au Canada, aux États-Unis et en Europe » et qui est « une menace des droits et de liberté de vraie personne, en chair et en os ». « Je ne vais pas citer des noms, mais on connait ces intellectuels qui ont nourri cette méfiance-là. Donc, les gens ne sont pas fous de penser que l’indépendance peut-être une menace pour eux quand des gens qui sont pour l’indépendance tiennent ce genre de discours », a-t-il dénoncé.

Dissocier la Nation du Conservatisme

Pour relever les défis, Gabriel Nadeau soutien qu’il doit y avoir une “conception de la nation” qui est différente de la “conception du conservatisme” : « C’est-à-dire de la définition selon laquelle la nation serait essentiellement quelque chose dont on hérite du passé. À Québec solidaire, on conçoit la Nation à la fois comme un héritage et un projet. C’est comme quelque chose dont on hérite mais aussi à laquelle on adhère. Et les personnes qui se joignent à la société québécoise contribuent à définir cette nation, ce qui est cette identité québécoise. Ce n’est pas une menace de l’extérieur. Durant les commémorations de l’attentat de Québec, j’entendais plusieurs acteurs politiques dire : ‘’les Québécois sont accueillants envers les Musulmans’’. C’est comme si ces personnes ne sont pas des Québécois et que les Québécois doivent les accueillir ».

GND qui se dit « indépendantiste et antiraciste » pense qu’il n’y a pas lieu de créer un conflit entre ces deux enjeux. Car, appuie-t-il, dans l’histoire du Québec, il y a eu en effet plein de moments, plein de gens, plein de groupes qui ont rendu ces luttes compatibles : « On n’a pas besoin de faire de la théorie politique dans l’histoire du Québec. Il y a eu ces tentatives de réunir les enjeux plutôt que de les diviser ».

Pour lui, les gens doivent prendre conscience qu’un projet comme l’indépendance nationale est un projet révolutionnaire : « On parle de changer de régime politique et le cadre institutionnel qui ordonnent toutes nos vies et toutes nos décisions politiques ».

Mais, le jeune politicien prévient que, « le changement révolutionnaire est forcément synonyme de bouleversement politique, d’instabilité politique ». Non sans rappeler que « les gens dont les conditions de vie sont précaires ont une réticence toujours plus grande à ce projet d’indépendance ». 

Face à cette réalité, Gabriel Nadeau-Dubois a touché du doigt le véritable problème que rencontre les immigrations sur le marché de l’emploi et la question de leur intégration dans la société québécoise. Chose qui, d’après lui, devrait être au centre des préoccupations des politiciens du Québec.

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Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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3 Commentaires

3 Comments

  1. Laurent Desbois

    20 Fév 2018 à 12:22

    Le PQ a organisé un méga colloque dans la circonscription de Marie-Victorin en 2015. Il avait eu la gentillesse d’inviter GND, à titre de conférencier. Si ma vieille mémoire est toujours fidèle, tout ce qu’il a su faire, c’est cracher son venin sur le PQ !!!! Rien de neuf ! 😉😆

    Selon GND, un obstacle majeur à l’indépendance serait dû au néo-libéralisme du Parti Québécois, qui dévalorise l’état et qui est contre la solidarité sociale, en faisant la promotion de l’égoïsme généralisé. Voir entre 21 et 32min.

    Quatre obstacles à l’indépendance, selon GND:
    1. Plusieurs indépendantistes ne sont pas dans le PQ.
    2. Conservatisme identitaire : franco-catholique.
    3. Néolibéralisme du PQ
    4. Colonialisme des Québécois envers les autochtones.

    Comment penser l’indépendance au XXIe siècle
    Conférence par Gabriel Nadeau-Dubois

    1er Colloque PQ Marie-Victorin – Conférence de Gabriel Nadeau-Dubois

  2. Pingback: Indépendantisme et antiracisme – Leroux

  3. Georges Léonard

    20 Fév 2018 à 7:02

    Un minable carriériste qui attire les médias par la provocation et le PQ “bashing” !

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Politique

Candidat PLQ dans Taillon, Barhone veut revitaliser la politique de proximité au Québec

Baba-Idriss FOFANA

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Mohammed Barhone, président de la Commission des communautés culturelles du Parti libéral et candidat PLQ dans Taillon.

Le candidat officiel du Parti libéral québécois (PLQ) dans la circonscription de Taillon, Mohammed Barhone, a accordé une entrevue au magazine Avant-Première dans le cadre des élections générales provinciales de 2018. L’actuel président de la Commission des communautés culturelles du PLQ, après 15 ans dans le milieu communautaire, dit avoir fait le saut en politique pour insuffler un changement et une dynamique dans son comté qui selon lui a été « bien mal servi » par le Parti québécois (PQ). Et M. Barhone, qui défend le bilan des libéraux, croit savoir que les Québécois accorderont un second mandat à Philippe Couillard le 1er octobre prochain. Interview…

Baba Idriss Fofana : Qu’est-ce qui vous a poussé à faire le saut en politique?

MB : Mon saut en politique s’explique par mon désir d’initier des changements. J’ai travaillé dans le milieu sociocommunautaire pendant près de 15 ans, je suis donc sensible aux préoccupations des gens qui m’entourent. Au niveau de la politique active, j’ai été président de l’Association libérale de Crémazie/ Maurice Richard et je suis actuellement président de la Commission des communautés culturelles du parti.  

Depuis 15 ans vous avez travaillé dans le communautaire. Pensez-vous que la meilleure manière de servir sa communauté, c’est d’aller en politique ?

MB : Mes expériences dans le milieu sociocommunautaire m’ont permis de cerner plusieurs enjeux et de me familiariser avec les préoccupations des familles québécoises. Maintenant, je veux continuer mon engagement citoyen autrement et la politique est un moyen pour réussir et participer aux changements.

Vous avez été investi le 10 juin comme candidat officiel du Parti libéral du Québec dans Taillon. Pourquoi le choix du PLQ?

MB : Pour moi, le PLQ est un choix évident. Le parti libéral prône des valeurs qui me correspondent ; inclusion, ouverture, justice sociale, appartenance au Canada etc.  

Bref, je souhaitais intégrer une équipe prête à défendre les véritables intérêts des québécois(es) et c’est exactement ce que j’ai trouvé auprès du PLQ.

Comment trouvez-vous cette nouvelle fonction politique même si vous n’êtes pas encore élu ?

MB : Je trouve cette expérience très stimulante. J’ai toujours été un homme de terrain, donc ce n’est pas entièrement nouveau pour moi !  Toutefois, cette nouvelle fonction me permet de me rapprocher davantage des citoyennes et citoyens. D’ailleurs, depuis mon investiture, je fais la tournée des organismes et des groupes citoyens et communautaires de la région pour échanger sur différents enjeux locaux et nationaux.  

Quelles sont les chances qui militent en votre faveur en tant que libéral dans la circonscription de Taillon ?

MB : Avec les élus du parti québécois, le comté de Taillon a été bien mal servi puisque ses représentants à l’Assemblée Nationale et au gouvernement ont privilégié leurs ambitions nationales et négligé leurs obligations locales.

Aujourd’hui, sur le terrain, je vois le désir de changement. Avec l’équipe du PLQ, le changement ouvrira au comté de Taillon les voies de l’épanouissement économique, social et culturel.

Si vous êtes élu que comptez-vous défendre concrètement à l’Assemblée nationale québécoise ?

MB : Je serai un fidèle ambassadeur du comté de Taillon et, par ma ténacité, je saurai aussi défendre les intérêts et les besoins des familles et des jeunes. Aussi, j’apporterai mon soutien à l’action communautaire.

Quels sont les changements que vous comptez initier pour ouvrir les voies de l’épanouissement économique, social et culturel dans Taillon en particulier et au Québec en général ?

MB : Je vais emmener une nouvelle façon de faire la politique en insistant davantage sur la relation de proximité avec la population et travailler étroitement avec les différents partenaires au niveau local et régional.   

On sent le Parti libéral en perte de vitesse depuis plusieurs mois dans les sondages face à la Coalition Avenir Québec. Ça ne vous inquiète pas de voir la CAQ prendre le pouvoir au soir du 1er Octobre prochain ?

MB : Il faut rappeler que le Parti Libéral réalise un bilan économique et social extraordinaire. Je fais entièrement confiance aux québécois(es) qui, je sais, feront confiance à nouveau au parti en leur accordant un nouveau mandat qui nous permettra de continuer cet excellent travail.

L’équipe libérale est une équipe solide et expérimentée, nous avons les compétences pour aller de l’avant et faire face aux enjeux actuels.

Mercredi le 11 Juillet 2018, lors de la tournée des BBQ du Parti libéral. Événement organisé par la Commission Jeunesse du PLQ.

Êtes-vous d’accord avec ceux qui pensent que PLQ flirte avec les personnes d’origines immigrantes sans vraiment poser de vrais actes?

MB : Le PLQ est, et sera toujours, le parti ouvert à tous les Québécois quel que soit leurs origines. Je trouve rassurant que les Québécois issus de la diversité se sentent interpellés par les valeurs libérales.  À l’inverse, d’autres partis cherchent à polariser la société en basant leurs politiques sur de faux-enjeux.

Avez-vous un dernier message?

MB : J’invite surtout les groupes issus de la diversité à faire leur devoir citoyen et aller voter massivement pour dire non au test des valeurs. Oui, pour un Québec ouvert, inclusif et prospère.

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Mohammed Barhone, président de la Commission des communautés culturelles du Parti libéral et candidat PLQ dans Taillon.
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Chroniques

Élections québécoises : La CAQ et les libéraux, « c’est du pareil au même » ?

Baba-Idriss FOFANA

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Une coalition de syndicats lance une campagne pré-électorale pour "mettre au pas" les libéraux et la CAQ/metallos.org

Depuis mardi, une coalition de syndicats a entamé une campagne pré-électorale, pour mettre en garde sur les « dommages causés par le Parti libéral du Québec (PLQ) et les dégâts promis par la Coalition avenir Québec (CAQ) » en vue des élections générales du 1er octobre prochain au Québec.

Dans plusieurs circonscriptions électorales comme Taschereau (région de Québec), Pointe-aux-Trembles (région de Montréal), Roberval (région du Saguenay-Lac-Saint-Jean) et Saint-Jérôme (région des Laurentides), des pancartes électorales ont commencé à être posées mardi soir pour dénoncer les libéraux et les caquistes, les deux partis politiques en tête des sondages.

Composée du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), du Syndicat des métallos, du Syndicat canadien des employées et employés professionnels et de bureau (SEPB), de l’Association Internationale des Machinistes et des Travailleurs de l’Aérospatiale (AIMTA), de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) et du Syndicat québécois des employées et employés de services (SQEES), cette coalition estime que la CAQ et les libéraux, « c’est du pareil au même… » et que les Québécois « mérite mieux ».

“Dans la santé et les services sociaux, par exemple, le bilan des réformes Barrette-Couillard est désastreux. Les compressions successives et la centralisation à outrance ont gravement affaibli le réseau”.

– Coalition syndicale antilibérale-anticaquiste

« Le Parti libéral a fait reculer la qualité de vie des québécois ces dernières années et la CAQ promet de faire pire. C’est notre devoir et notre droit comme organisations de rappeler les dommages causés aux travailleurs et aux services publics par les politiques libérales d’austérité qui ont été appuyées par la CAQ », a déclaré la Coalition syndicale.

Alors que les libéraux de Philippe Couillard (au pouvoir depuis 2014) se vantent de plusieurs progrès accomplis sous leur mandature, dans le domaine de l’économie, des finances, de la santé et de l’éducation etc., les syndicalistes rappellent que le Québec est allé de crise en crise, au cours de ces quatre dernières années. Pour eux, le règne libéral aurait accéléré l’effritement du réseau public d’éducation du Québec : « Des services aux élèves en difficulté ou de la salubrité des écoles sont que des exemples des dommages causés ces dernières années ».

Faire tomber la CAQ ou les libéraux!

Pendant ce temps, la CAQ de François Legault a le vent en poupe dans les sondages. Toutefois, il n’en demeure pas moins vrai que certaines politiques [en matière d’immigration et d’éducation] promues récemment par les caquistes ne font pas l’unanimité. D’ailleurs, des observateurs de la scène politique québécoise soutiennent que « la CAQ ne ferait pas mieux que le PLQ ». « En quelque sorte, ces deux partis sont interchangeables. On ne compte plus les candidats qui sont passés de la CAQ aux libéraux et inversement. Quel changement promettons-nous? », s’interroge la coalition de syndicats.

À deux mois et demi des élections, les organisations syndicales tentent-elles de faire basculer les tendances avec cette campagne pré-électorale antilibérale-anticaquiste ? 

Une chose est claire dans la prise de position des syndicats : « cette campagne ne dit pas pour qui voter, mais bien pour qui ne pas voter ». Alors, si la CAQ et les libéraux [considérés comme des partis de droite] ne sont pas mieux lotis pour diriger le Québec au soir du 1er octobre 2018, cette ‘’action syndicale’’ va-t-elle profiter au Parti québécois (PQ) ou à Québec solidaire (QS) de la gauche, car prônant des valeurs humanistes, de justice sociale, d’égalité, de solidarité, etc.?

Le moins que l’on puisse dire, il est encore tôt de se prononcer sur une défaite éventuelle des libéraux ou des caquistes au profit des péquistes ou des qsistes. Pour rappel, la Loi prévoit que la période électorale s’échelonne au plus tard du 30 août jusqu’au 1er octobre 2018. En attendant, le vent du changement n’a vraisemblablement pas encore soufflé.

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Une coalition de syndicats lance une campagne pré-électorale pour "mettre au pas" les libéraux et la CAQ/metallos.org
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Actualités

Remaniement à Ottawa, Trudeau prépare sa réélection en 2019

Redaction Avant Premiere

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Les changements intervenus au Conseil des ministres du gouvernement canadien/Capture d'écran Facebook Trudeau

Comme annoncé depuis quelques jours par les médias, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a effectivement procédé mercredi à un changement au sein de l’équipe gouvernementale. Tout porte à croire que ce remaniement ministériel annonce les couleurs des futures batailles électorales de 2019, lors desquelles le chef du Parti libéral du Canada va tenter de se faire réélire.

Au total, on dénombre 34 ministres dans le nouveau gouvernement fédéral avec cinq entrants. Fait notable dans le Conseil des ministres, il y a une parité qui saute aux yeux : 17 ministères sont détenus par des femmes et 17 autres par des hommes.

Les changements au Conseil des ministres sont les suivants :

  • Dominic LeBlanc, actuellement ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, devient ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord et du Commerce intérieur. Le ministre LeBlanc occupera également la fonction de président du Conseil privé de la Reine pour le Canada. Il veillera à la mise en œuvre des priorités et des engagements nationaux qui reposent sur des relations étroites avec les autres ordres de gouvernement, à la création d’emplois, à la croissance économique et à l’amélioration du commerce interprovincial. En plus de co-diriger la Stratégie de croissance pour l’Atlantique, il sera responsable des besoins et des priorités des habitants du Nord, y compris la décentralisation.
  • James Gordon Carr, actuellement ministre des Ressources naturelles, devient ministre de la Diversification du commerce international. La prospérité du Canada est liée au commerce progressiste et aux opportunités économiques au-delà de nos frontières. Le ministre Carr travaillera pour aider les Canadiens et les entreprises canadiennes à être concurrentiels et à réussir à travers le monde, en plus de diversifier nos marchés.
  • Mélanie Joly, actuellement ministre du Patrimoine canadien, devient ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie. La ministre Joly favorisera l’expansion du tourisme au Canada et développera le plein potentiel économique de ce secteur clé de notre économie. Elle veillera également à la participation forte et soutenue du Canada au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie tout en assurant la protection et la promotion de nos deux langues officielles.
  • Amarjeet Sohi, actuellement ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, devient ministre des Ressources naturelles. Le ministre Sohi soutiendra les importantes industries des ressources du Canada et les aidera à innover pour favoriser la croissance économique à long terme et à exporter leurs produits vers de nouveaux marchés internationaux. Il dirigera également d’importants projets liés aux oléoducs, notamment en veillant à l’achèvement du projet d’agrandissement du réseau Trans Mountain.
  • Carla Qualtrough, actuellement ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, devient ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité. Elle continuera de veiller à ce que les processus du gouvernement du Canada à l’égard des services et de l’approvisionnement soient modernes et rentables. Elle assumera également de nouvelles responsabilités liées à l’élimination des obstacles qui empêchent la pleine participation de tous les Canadiens au sein de nos communautés et dans nos milieux de travail.
  • François-Philippe Champagne, actuellement ministre du Commerce international, devient ministre de l’Infrastructure et des Collectivités. Le ministre Champagne mettra en œuvre le plan d’investissement sans précédent du gouvernement du Canada en matière d’infrastructure pour que les communautés partout au pays aient les outils dont elles ont besoin pour réussir, prospérer et innover.
  • Pablo Rodriguez, actuellement whip en chef du gouvernement, devient ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme. Le ministre Rodriguez aidera à assurer la vitalité des arts, de la culture et du patrimoine du Canada tout en faisant la promotion de la diversité et de l’inclusion qui font la force de notre pays.
  • Bill Blair, actuellement secrétaire parlementaire de la ministre de la Justice et procureure générale du Canada et de la ministre de la Santé, devient ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé. Il veillera à ce que la gestion de nos frontières favorise les déplacements et le commerce légitimes, en plus d’assurer la sécurité des Canadiens et d’offrir à tous un traitement équitable et conforme à nos lois. Il jouera un rôle important dans la coordination des efforts visant à réduire la violence liée aux armes à feu et à contrer le crime organisé. Le ministre Blair continuera de diriger le processus de légalisation et de réglementation stricte du cannabis. Il sera également le ministre responsable de la migration irrégulière.
  • Mary Ng, devient ministre de la Petite Entreprise et de la Promotion des exportations. Elle aidera les entrepreneurs et les entreprises du Canada à croître, à être concurrentiels et à réussir, au Canada comme à l’étranger. La ministre Ng sera aussi responsable de la Banque de développement du Canada.
  • Filomena Tassi, actuellement whip adjointe du gouvernement, devient ministre des Aînés. La ministre Tassi aidera le gouvernement à mieux comprendre les besoins de nos aînés et s’assurera de l’élaboration de programmes et de services qui répondent aux besoins de la population vieillissante du Canada. Ces efforts permettront d’offrir une plus grande sécurité et une meilleure qualité de vie aux aînés et aux futurs retraités du Canada.
  • Jonathan Wilkinson, actuellement secrétaire parlementaire de la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, devient ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne. Le ministre Wilkinson travaillera à protéger et à promouvoir les océans, les littoraux, les cours d’eau et les pêches vitales du Canada afin d’assurer leur santé pour le bien des générations à venir, tout en offrant des opportunités économiques importantes aux citoyens et aux communautés côtières. Le ministre Wilkinson veillera à mettre en œuvre le Plan de protection des océans sans précédent du gouvernement et à trouver de nouvelles façons de mettre en valeur nos océans et nos cours d’eau.

En plus de ces changements, certains ministres seront désormais désignés comme suit :

  • Carolyn Bennett devient ministre des Relations Couronne-Autochtones. La ministre Bennett poursuivra le travail important qu’elle réalise afin de renouveler la relation de nation à nation, d’Inuit à État et de gouvernement à gouvernement entre le Canada et les peuples autochtones.
  • Scott Brison devient président du Conseil du Trésor et ministre du Gouvernement numérique. Le ministre Brison poursuivra le travail qu’il réalise en vue de transformer les services numériques du gouvernement pour qu’ils soient adaptés aux gens qui les utilisent et pour mieux servir les Canadiens.
  • Marie-Claude Bibeau devient ministre du Développement international. La ministre Bibeau continuera de positionner le Canada en tant que leader du développement international, tout en veillant à réduire la pauvreté et les inégalités dans le monde et à encourager l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles.
  • Kirsty Duncan devient ministre des Sciences et des Sports. La ministre Duncan continuera de soutenir l’écosystème des sciences, de la recherche et de l’innovation de calibre mondial du Canada, tout en faisant la promotion de la santé et du bien-être des Canadiens au moyen des sports et des loisirs.
  • Bardish Chagger devient leader du gouvernement à la Chambre des communes. Dans le cadre de cette fonction, elle continuera de coordonner les activités quotidiennes du gouvernement à la Chambre et de gérer le programme législatif.

« Le gouvernement du Canada s’engage à faire croître l’économie, à renforcer la classe moyenne et à créer de nouvelles opportunités pour tous. Les nouvelles responsabilités de notre équipe reposent sur les assises économiques solides du Canada. Ces changements encouragent la croissance économique et la réussite de notre pays et reflètent l’évolution de l’économie mondiale », peut-on lire en substance dans le communiqué du Cabinet du premier ministre Trudeau.

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Les changements intervenus au Conseil des ministres du gouvernement canadien/Capture d'écran Facebook Trudeau
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