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Interview avec Louis Garrel pour son deuxième film « L’homme fidèle »

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Louis Garrel passe pour la deuxième fois derrière la caméra. L’acteur français a co-écrit avec le mythique Jean-Claude Carrière son deuxième film L’homme fidèle dans lequel il interprète le personnage masculin principal. Egalement au casting Laetitia Casta et Lily Rose Depp.

Quitterie Hervouet – Parlez moi de votre collaboration avec Jean-Claude Carrière?

Louis Garrel – C’est quelqu’un que j’admire énormément que ce soit au niveau film ou livre. J’adore Danton de Vaida dont il a co-écrit le scénario et La piscine par exemple. J’ai toujours rêvé de le rencontrer et de collaborer avec lui. Et ça c’est fait. Pour notre première collaboration ensemble, je lui ai proposé de partir de l’idée de La seconde surprise de l’amour de Marivaux et il ajouté l’idée du « remariage », c’est à dire du couple qui se sépare et qui se remet ensemble avec toutes les péripéties que ça engendre. Le film empreinte donc au marivaudage, au film de « coming of age » et aux comédies romantiques.

QH – Au niveau de l’écriture, ça c’est passé comment?

LG – Nous n’étions pas toujours d’accord sur toutes les scènes que j’écrivais. Parfois je lui proposais des choses qu’il trouvait trop banal et il me proposait des choses que je trouvais trop sèches. J’attendrissais donc le scénario pour le rendre moins abrupt et lui sciaient les choses pour qu’elles avancent. Mais nous nous complétons dans notre approche scénaristique. Son cinéma est très narratif et il raconte beaucoup les faits, contrairement à moi qui aime la psychologie. J’avais donc peur pour certains passage du film, mais en visionnant les deux projections torontoise je me suis rendu compte que j’aimais en fait ces passages très narratifs. On a vraiment réussi à construire un scénario bien rythmé.

QH – Il y a trois voix off dans le film. Pourquoi avoir utilisé ce procédé?

LG – J’aime beaucoup les voix off. Ca me permet aussi de rompre avec l’illusion du cinéma qui peut m’angoisser. La voix off me permet de prendre de la distance et c’est une modulation du passé car une voix off est souvent au passé. Ca me met à égalité avec le spectateur. J’avais décidé de faire trois voix off ce qui a beaucoup plus à Jean-Claude Carrière qui n’en avait jamais utilisé autant dans un de ses scénarios.

 Louis Garrel, Lily-Rose Depp et Laetitia Casta à la première de « A Faithful Man » au Scotia Bank Theater durant le Toronto International Film Festival 2018, le 9 Septembre. Photo par Amanda Edwards/Getty Images

QH – Pourquoi avoir voulu travailler avec Lily Rose Depp?

LG – Je l’ai rencontré quand elle avait 15 ans sur le plateau du film Planetarium et j’ai adoré tourner avec elle. Comme le film raconte les désillusions d’une jeune femme qui a fantasmé pendant si longtemps sur un homme et qui doit abandonner son fantasme pour entrer dans le monde sauvage du désir adulte, je me suis dit que Lily Rose correspondait totalement à cet âge et c’est toujours émouvant de voir une actrice qui est synchro avec le personnage.

QH – Certaines critiques ont trouvé que le film faisait très « nouvelle vague ». Vous pouvez m’en parler?

LG – La voix off fait très François Truffaut et j’adore ce cinéaste. Comme c’est un film à petit budget, pour des raisons techniques j’ai dû renoncer à avoir des acteurs de figuration sur le film. Les rues et les cafés sont donc très déserts ce qui fait penser à la nouvelle vague qui s’est faite dans une économie très restreinte. Ce qui m’embêterait c’est que le film fasse nostalgique.

QH – Comment se sont passées les projections torontoises?

LG – Le film fait rire à Toronto. Parfois le rire s’arrête à la frontière. Ma première joie en assistant aux projections canadiennes c’est voir que le film plaise à un public étranger et qu’il comprenne les blagues.

QH – Quels sont vos futurs projets?   

LG – Je vais jouer le professeur « Frederick » dans le prochain film de Greta Gerwig « Little women ». J’aime beaucoup son travail de scénariste, de metteur en scène et de comédienne. Elle m’a proposé de jouer dans son film et j’ai tout de suite dit oui.

QH – Quel est votre auteur de théâtre préféré?

LG – On dit souvent que tout est contenu chez Shakespeare. C’est la bible au théâtre.

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GSM Project création réalisera le nouveau musée de l’histoire de Montréal

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La Ville de Montréal a annoncé ce vendredi, 16 août, que l’entreprise GSM Project création inc a obtenu le contrat du projet Mémoires des Montréalais.es, d’une valeur de 1,16 M$.

L’entreprise GSM Project création inc se charge désormais de la conception muséale et le suivi de la réalisation du nouveau Centre d’histoire de Montréal (CHM) rebaptisé Mémoires des Montréalais.es (MEM).

Selon Magda Popeanu, vice-présidente et responsable de la culture et de la diversité montréalaise au sein du comité exécutif, le projet de transformation s’inscrit dans les perspectives de la Ville de donner accès au savoir et à la connaissance ainsi que de la reconnaissance de la culture comme quatrième pilier du développement durable.

Un nouvel espace pour la mémoire des Montréalais

Le rôle du MEM est de poursuivre la mission du Centre d’histoire de Montréal avec un espace culturel citoyen offrant une expérience muséale inclusive dédiée à la mémoire des Montréalais.

« Il misera sur le rôle de l’histoire dans le façonnement de l’identité montréalaise et du sentiment d’appartenance envers la métropole », indique le communiqué de la Ville.

Les travaux du projet débuteront cet automne. L’ouverture publique des nouveaux locaux, situés au carré Saint-Laurent, au point zéro de la ville, à l’angle de la Main (le boulevard Saint-Laurent) et de la rue Sainte-Catherine, est prévue pour 2021. Par ailleurs, l’espace hébergera dès septembre les bureaux administratifs du musée.

À savoir : Les nouveaux espaces, trois fois plus vastes que les anciens, seront consacrés à diverses expositions et à des aires d’accès publics proposant une programmation interactive et dynamique qui invite le visiteur à profiter des services et à renouveler par le fait même son engagement citoyen.

Infos sur le musée

Lire aussi : Ce qui vous attend au MAC cet automne

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Myriam D’Arcy, nouvelle directrice des Rendez-vous Québec Cinéma

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Québec Cinéma a annoncé ce mercredi, 14 août, que Myriam D’Arcy s’est joint à son équipe à titre de directrice des Rendez-vous.

La nouvelle directrice des Rendez-vous Québec Cinéma œuvre à la mise en valeur du talent d’ici et à la promotion du patrimoine québécois depuis une dizaine d’années. Elle cumule également plus de 15 ans d’expérience en événementiel. Voici un aperçu de sa carrière.

Détentrice d’un baccalauréat en science politique à l’Université du Québec à Montréal, Mme D’Arcy poursuit actuellement un diplôme d’études spécialisées en développement des organisations à l’Université Laval.

Entre 2010 et 2019, elle a œuvré au sein du Mouvement national des Québécoises et Québécois, d’abord en tant que responsable de l’animation politique, puis de responsable de la Fondation histoire et commémorations.

À ces titres, elle a mené plusieurs projets d’envergure, notamment la coproduction du collectif de courts métrages historiques Je me souviens, ainsi que la mise sur pied du programme Les Rendez-vous culturels, destiné à favoriser l’intégration des nouveaux arrivants grâce à des activités culturelles, tel que des projections de films québécois.

Parallèlement, elle a aussi collaboré pendant près de 10 ans à la Fondation Lionel-Groulx comme chargée de projet à la promotion de l’histoire.

« Depuis son entrée en poste le 5 août dernier, Myriam travaille à rassembler une équipe renouvelée et dédiée au rayonnement des talents, à l’accès aux films et au développement des publics », a indiqué Ségolène Roederer, directrice générale de Québec Cinéma.

Lire aussi : Imaginationreality : La nouvelle création de Katie Ward

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Ce qui vous attend au MAC cet automne

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Le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) a dévoilé ce mardi, 13 août, la programmation de l’automne 2019.

« C’est un automne particulièrement multidisciplinaire qui attend les visiteurs avec une programmation qui met de l’avant les avenues les plus actuelles, pertinentes et variées de l’art contemporain », a déclaré John Zeppetelli, directeur général et conservateur en chef du MAC.

Au MAC, le menu des expositions et des activités automnales met en exergue la collaboration avec MOMENTA | Biennale de l’image et le retour de la peinture.

La saison débute ainsi dès aujourd’hui, 13 août, avec une installation immersive du festival MUTEK : ISM Hexadome qui se poursuit jusqu’au 2 septembre. Il s’agit d’une œuvre combinant les arts et la technologie de pointe. L’installation présente neuf projections sur six écrans géants de duos d’artistes variés, autant de la relève que des grands noms de la musique et de l’image, tels que Thom Yorke et Ben Frost.

Il s’en suivra l’exposition Jeux d’enfants de Francis Alÿs produite en collaboration avec MOMENTA. Elle aura lieu du 4 septembre 2019 au 5 janvier 2020.

Francis Alÿs, Children’s Game 10 / Papalote, 2011, Vidéo, couleur, son, 4 min 13 s

Une grande multiplicité de pratiques

Le musée souligne notamment la présence des artistes québécois et canadiens, avec les expositions de Luis Jacob et Serge Tousignant, Gisele Amantea, et Alain Paiement.

« Seulement au MAC peut-on côtoyer dans une même visite une aussi grande multiplicité de pratiques et passer par exemple d’une installation vidéographique d’envergure, au travail délicieusement stylisé d’une peintre contemporaine, à une expérience audiovisuelle hors du commun, à l’art de la performance », a souligné M. Zeppetelli.

La programmation culturelle, est quant à elle, marquée par le programme Inclusion en action et le 13e Colloque international Max et Iris Stern (4, 5 et 6 octobre). Les ateliers pour les familles et adultes, les visites interactives, les rencontres avec artistes et commissaires, ainsi que le programme SéminArts se poursuivent tout l’automne.

Pour plus d’informations sur la programmation ICI

Lire aussi : Le Fort-Chambly accueille le Symposium Artistes sur le champ

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