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Interview de Tom Volf sur son premier film documentaire « Maria by Callas »

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Lors de sa venue au Festival international du film de Toronto, Tom Volf, photographe et réalisateur français s’est confié sur son premier long métrage documentaire « Maria by Callas ». Un portrait touchant et authentique  de la chanteuse d’opéra Maria callas qui fascine encore aujourd’hui. En plus de ce long métrage, Tom Volf a sorti une série de trois livres photos de Maria Callas et a été curateur d’une exposition la concernant.

Quitterie Hervouet – Comment avez-vous découvert La Callas?

Tom Volf – Complètement par hasard. Je ne venais pas du tout du monde de l’opéra et de la musique classique. Je connaissais à peine son nom. Il y a cinq ans je vivais à New York et je suis rentré à l’opéra. Ce soir là, ce jouait un opéra italien. J’ai eu une révélation, un coup de cœur pour ce style « le bel canto ». En revenant chez moi, j’ai fait des recherches sur ce style d’opéra et j’ai découvert La Callas. Ce fut un vrai coup de cœur. C’était le début de cette grande aventure de cinq ans.

QH – Pourquoi avoir décidé de faire un documentaire sur sa vie?

TV – La Callas a une histoire hors du commun. C’est la fille d’un immigré grecque né à New York dans un milieu  hyper modeste, qui a traversé la seconde guerre mondiale à Athènes, qui est arrivée en Italie sans un sou et qui est devenue la plus grande chanteuse de tous les temps. Elle a atteint une célébrité planétaire et est une légende vivante. Sa vie c’est un film. Si elle n’avait pas existé, on aurait pu écrire une histoire comme la sienne. Le film, c’est avant tout l’histoire de sa vie, que ce soit sa vie personnelle où son histoire en tant qu’artiste. Tout ça se sont des rebondissements incroyables. Dans le film, on passe de la femme à l’artiste. Ca se prête au cinéma.

QH – Elle vous fascine Maria Callas?

TW – Oui, je crois que c’est une figure fascinante pour quiconque commence à la connaître. Il y a un mystère chez, elle, quelque chose qu’on ne peut pas percer.

Crédit photo « Maria by Callas »

QH – Il y a une entrevue de Maria Callas qui est le fil rouge du film. Pourquoi avoir choisi celle là?

TV – Au début de cette entrevue réalisée dans les années 70, elle dit « il y a deux personnes en moi, il y a Maria et il y a la Callas ». Onassis vient de la quitter pour Jacky Kennedy. Sa carrière est entre parenthèse. Dans cette entrevue elle va se livrer d’une façon dont elle ne s’est jamais livrée à un journaliste. A partir du moment où on comprend qu’elle a vécu dans cette dualité, entre sa vie personnelle et sa vie d’artiste, on réalise qui elle est vraiment et pourquoi elle a fait ses choix. J’ai vu sa vie sous un prisme différent.

QH – Parlez-moi du titre du film « Maria by Callas »?

TV –  Dans l’entrevue qui est le fil rouge du documentaire, c’est « Maria » qui nous parle et qui nous raconte Callas. C’est pour moi une évidence. Maria c’est la femme derrière la légende et Callas, l’artiste, nous est raconté par la femme. Tout le film est en fait un flashback de cette interview où elle regarde elle même son passé, c’est pour ça qu’elle revient tout au long du film.

QH – Comment avez-vous trouvé cette entrevue?

TV – Cette entrevue a été diffusée une fois en 1970 en directe et n’a pas été enregistrée. Un de ses proches a filmé son téléviseur avec une caméra super 8 et  a enregistré le son sur une bande magnétique. C’est comme ça qu’on a les restitutions. C’est donc une entrevue inédite. Elle a été considérée perdue pendant plus de 50 ans.

QH – Combien de temps cela vous a pris de faire toutes vos recherches?

TV – Environ quatre ans, même plus. J’ai fait d’énormes recherches auprès de ces proches, c’est à dire ces amis qui ont vécu à ses côtés. Ils ont toujours refusé de parler d’elle à qui que ce soit. J’ai donc eu la chance qu’ils m’ouvrent leurs portes et me communiquent leurs archives. J’ai également fait de la recherche vraiment pure, dans les archives du monde entier qu’elles soient privées, publiques ou institutionnelles. J’ai eu la chance de trouver des choses qui n’étaient pas connues, voir même perdues. Et pendant les six mois de montage, des archives sont encore arrivées.

Crédit photo « Maria by Callas »

QH – Dans certains documentaires sur la vie d’artistes, les réalisateurs interviewent les proches et les mettent à l’écran. Pourquoi ne pas avoir utilisé ce procédé?

TV – J’ai interviewé la trentaine de proches et j’ai assemblé une soixantaine d’heures de rush. Et puis j’ai compris que le film ne pouvait pas avoir la dimension qu’il a aujourd’hui sans créer une immersion totale avec Maria Callas. Je pense que les spectateurs n’auraient jamais eu une expérience aussi forte que d’être immergés dans son intimité et dans un dialogue avec elle. N’importe qu’elle interview contemporaine, nous sort de cette émotion. Je voulais créer une bulle, qui permet au spectateur d’être dans sa réalité. J’ai donc fait ce choix très radical de ne pas utiliser les images que j’avais tourné moi même.

QH – Qu’est ce qu’on pensé ces proches en voyant le documentaire?

TV – J’appréhendais beaucoup leur réaction pour tout vous dire. Tout d’abord parce que ce sont des personnes avec qui j’ai tissé des liens très forts et privilégiés. En découvrant le documentaire, ils ont été émus et touchés à l’unanimité. C’est pour moi un très grand compliment et une extrême reconnaissance d’avoir fait quelque chose qui était fidèle et authentique. Ce qui me touche également, ce sont les gens qui m’écrivent et me disent qu’ils ont découvert Maria Callas, grâce à ce documentaire. C’est très gratifiant. Je suis également heureux que le film puisse être visionné par une génération qui ne la connait pas et qui pourra ainsi la découvrir. Le film n’est pas uniquement pour les connaisseurs.

QH – Le film fait parti d’un projet plus vaste qui comprend également trois livres et une exposition. Pourquoi ne vous être  vous pas arrêté juste au documentaire?

TV – Cela a découlé de la quantité d’archives qu’on m’a confié et des documents que j’ai découvert. Tous ces documents ne m’appartiennent pas, je n’étais que le messager, le passeur et j’ai considéré qu’il était de mon devoir de transmettre ça au public. J’ai compris que le film ne pouvait pas contenir toutes les informations sur elle. J’ai cherché d’autres moyens de transmettre au public l’ensemble de ces documents et j’ai voulu créer des expériences différentes. C’est suite à ça que sont nés, les livres et l’exposition. Mais le film a toujours été la locomotive de l’ensemble.

QH – Vous avez passé cinq as de votre vie à travailler sur ce projet. Pensez-vous qu’il vous reste des choses à dire sur Maria Callas.

TV – Je ne pense pas. Avec ce projet comportant un film, trois livres et une exposition, vous avez une expérience complète sur Maria Callas. J’ai créé le fond de dotation Maria Callas qui a pour but de protéger les documents qui m’ont été confiés et perpétuer son héritage artistique. Tous les proches  ont donné leurs archives au fond de dotation. A titre personnel, à la fin de ces cinq ans, je serai arrivé au bout d’une aventure humaine et personnelle.

QH – Le projet vous a t-il changé?

TV – Oui, il m’a transformé au niveau personnel et en tant qu’artiste. Il fera toujours partie de moi.

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Cinéma

Le cinéma italien à l’affiche pendant la saison estivale

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Le Festival du Film Italien Contemporain (ICFF) sera de retour à Montréal cette année pour une nouvelle édition qui aura lieu du 13 au 21 juin 2019 dans plusieurs salles de la métropole.

Cette édition estivale marque le 7ème anniversaire du festival qui célèbre le cinéma italien dans les quatre coins du pays, à Toronto, Montréal, Québec, Vaughan, Ottawa, Hamilton et Vancouver.

Cette année la programmation présente des long-métrages dans les genres comédie, drame et horreur, des documentaires et des court-métrages.

Pour consulter la programmation à Montréal ici

Des projections en plein air

L’ICFF consacre un volet spécial à la Petite-Italie. Et ça sera à la belle étoile au parc Dante.

Le Ciné-Parc Dante se tient du 3 juillet jusqu’au 28 août et propose une large variété de films italiens. Les projections seront gratuites durant les neufs soirées cinéma à partir de 21h chaque mercredi soir.

Pour suivre l’actualité des projections ici

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Cinéma

Le grand réalisateur Jean Beaudin est décédé

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L’Agence Omada a annoncé ce mardi, 21 mai, le décès du réalisateur Jean Beaudin le 18 mai dernier.

Il laisse dans le deuil sa conjointe Manon Béatrice, ses deux enfants, ses cinq petits-enfants et leurs familles respectives, ses frères et sœurs ainsi que de nombreux parents et amis.

Né en 1939, le cinéaste et scénariste Jean Beaudin a marqué le Québec tout au long de sa carrière, tant au cinéma qu’à la télévision. Il a su créer des œuvres qui se caractérisent par leur authenticité et leur beauté visuelle, en plus d’avoir fortement contribué à la transmission de notre héritage culturel ainsi qu’à l’émergence d’un cinéma québécois et canadien distinctif.

Après des études à l’École des Beaux-Arts à Montréal et à Zurich, il entre à l’Office national du film (ONF) en 1964. En 1975, il réalise sa première grande œuvre J. A. Martin, photographe, qui vaudra à Monique Mercure le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Cannes, en plus de remporter le Prix du jury œcuménique en 1977.

Suivront ensuite Cordélia (1980) et une série de films inspirés d’œuvres littéraires québécoises: Mario, Le Matou, Being at home with Claude, Souvenirs Intimes, Le Collectionneur.

Plusieurs séries à succès pour la télévision: Les Filles de Caleb (1990-91); série qui a su rejoindre près de 4 millions d’auditeurs chaque semaine, vendue dans plus de 25 pays et ayant remporté 14 Prix Gémeaux.

Son œuvre compte également, entre autres, Shehaweh, Miséricorde, Ces enfants d’ailleurs, Willie; les long métrages: Sans elle et Nouvelle-France.

Récipiendaire de nombreux prix tout au long de sa carrière, dont 19 prix Gémeaux et 5 prix Génie, il est fait Chevalier de l’Ordre national du Québec en 2016. Il reçoit en 2017 le Prix du Gouverneur Général pour les arts du spectacle (Prix de la réalisation artistique) et reçoit L’Ordre de Montréal en 2019.

La famille souhaitant vivre ce moment dans l’intimité, il n’y aura pas de funérailles officielles.

Au lieu de fleurs, vos témoignages de sympathies peuvent se traduire par un don à la fondation Brain Canada https://braincanada.ca/fr/donner/

Source : L’Agence Omada

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Cinéma

La réalité virtuelle québécoise au Festival de Cannes 2019

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À Cannes le cinéma bat son plein au cours de cette première semaine du festival. Après la montée des marches qui a eu lieu hier, 14 mai, les amateurs du 7ème art se tournent vers la compétition et les nouvelles tendances créatives du secteur.

Comme déjà annoncé depuis le mois d’avril, le Québec participe à la compétition de la 72e édition du Festival de Cannes avec les films Matthias et Maxime de Xavier Dolan ainsi que La femme de mon frère de Monia Chokri, dans le volet « Un certain regard ». Et ils ne seront pas les seuls talents de la province que le public découvrira durant l’événement.

Alors que les technologies numériques ne cessent de changer le visage du cinéma, pour une quatrième année la réalité virtuelle à la sauce québécoise se dévoile dans le festival.

Ces films sont présentés par le centre Phi en collaboration avec la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) :

Space Explorers: Taking Flight

Space Explorers: Taking Flight est le deuxième volet de la série produite par Felix & Paul Studios en collaboration avec la NASA. Narré une fois de plus par l’actrice oscarisée Brie Larson, ce second épisode explore la collaboration entre les astronautes de diverses nations appelés à joindre la Station spatiale internationale. Casques VR sur la tête et vissés à leurs bancs, les spectateurs cannois pourront assister à plusieurs décollages de fusée, captés à quelques mètres de distance grâce à des caméras brevetées qui fondent dans les flammes sans sacrifier leurs données numérisées. Notons que Space Explorers vient de mériter le prix de Meilleure série vidéo aux Webby 2019.

Traveling While Black

Traveling While Black est une réalisation VR de Roger Ross Williams et Ayesha Nadarajah qui nous fait (re)vivre par des témoignages la longue histoire de la ségrégation raciale et du Mouvement des droits civiques aux États-Unis. Sur les banquettes du Ben’s Chili Bowl, nous faisons connaissance entre autres avec Therrel Smith et Virginia Ali qui ont trouvé ici un rare havre de pays, dans cette Amérique où faire le plein dans une station-service, manger dans un restaurant ou passer la nuit dans un hôtel n’était pas sans danger… L’urgence du dialogue autour de ces enjeux se fait d’actualité tout au long de cette œuvre immersive poignante.

Gymnasia

Dans un gymnase délabré, divers souvenirs d’enfance refont surface alors que des marionnettes entraînent les spectateurs dans un rêve éveillé. Par le biais de la réalité virtuelle et de l’animation en volume, Gymnasia nous fait plonger dans un rêve où nous attendent les fantômes d’une enfance perdue: les échos d’une partie de baseball, une chorale en plein récital, une salle de classe remplie d’enfants… Nostalgie ou terreur? À chacun son vécu. Réalisée par Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, Gymnasia est une création de Clyde Henry Productions en collaboration avec Felix & Paul Studios et l’Office national du film du Canada.

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