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Culture

Interview de Xavier Beauvois pour son dernier film Les gardiennes !

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crédit photos - Photo: MK2 | MILE END

Le réalisateur de Des hommes et des dieux, Xavier Beauvois revient avec Les gardiennes, adapté du roman d’Ernest Pérochon. Avec ce drame puissant et touchant, le metteur en scène raconte l’histoire d’Hortense (Nathalie Baye) et de sa fille (Laura Smet) qui ont pris la relève des hommes partis au front. Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et les rares retours des homes en permission. La doyenne Hortense engage une jeune fille de l’assistance publique pour les seconder. Francine (Iris Bry) croit avoir enfin trouvé une famille…

Sortie en salle au Québec le 23 Février 2018

Quitterie HERVOUET – Qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce livre et pourquoi avoir écrit ce scénario ?

Xavier Beauvois – C’est Sylvie Pialat (productrice du film) qui m’a donné ce livre il y a plusieurs années. Quand elle était chez son grand-père, il n’y avait pas beaucoup de livres mais il y avait des livres de Pérochon. Son mari Maurice Pialat (réalisateur français) était très étonné du fait qu’elle connaisse Pérochon parce qu’il n’est pas très connu. Maurice aimait beaucoup Pérochon. Ca a participé au fait qu’ils se soient séduits. Ca fait très longtemps que Sylvie avait envie d’adapter ce livre et elle me l’a donné mais je ne l’ai pas lu pendant des années. Et puis à un moment donné j’ai fini par le lire et je me suis dit : « c’est formidable, j’ai envie de faire ce film ».

QH – Ce film met en lumière les femmes pendant la première guerre mondiale. Est-ce important pour vous de faire un film avec des personnages principaux féminins ?

XB – J’ai beaucoup de films avec des hommes et j’avais envie de travailler avec des femmes aussi, de faire des portraits de femmes. Ce qui m’intéressait également c’est voir la vie hors du front. Dans les films de guerre on montre toujours les combats et jamais ce qui se passe derrière. Je cite souvent Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy car pour moi c’est un grand film de guerre. Les gens me prennent pour un fou mais c’est vrai c’est un film de guerre. On voit tous les ravages de la guerre mais on voit ça de l’arrière et ça, ça m’intéressait beaucoup.

QH – Y a t-il une scène qui vous a marqué plus que d’autres en écrivant le scénario et que vous aviez vraiment hâte de tourner ?

XB – Les scènes où il y a le plus d’émotion, ce sont celles que j’ai envie de tourner, enfin ce sont celles qui me font fantasmer. Je suis un grand pêcheur, j’appelle ça « la pêche au gros » parce qu’il y a des jours où il n’y a pas d’émotion à chercher. C’est un passage de calèche, c’est l’un des fils en mobylette où ce sont des choses très banales. On sait que ce jour-là il ne va pas y avoir d’émotion à aller pêcher. En revanche quand le maire vient voir Hortense (Nathalie Baye), ce sont des choses que j’attends parce que c’est compliqué. C’est de l’émotion à aller chercher. Ce sont celles-là qui m’intéressent en premier.

QH – Une scène m’a beaucoup marqué, où l’un des fils Clovis dit que les allemands sont comme les français, des instituteurs, des fermiers. Pourriez-vous m’en parler un peu plus ?

XB – Clovis revient en permission dans la ferme familiale et il parle de l’absurdité de cette guerre. D’un côté on se dit que les permissions c’est à double tranchant parce qu’on rentre chez soi. On voit sa maison, sa famille, la vie qu’on devrait avoir mais il faut retourner dans deux jours à la boucherie, dans les tranchées. Donc à la limite ça serait mieux de ne pas avoir de permission du tout parce que c’est dur, surtout le côté absurde de cette guerre. La guerre 39-45 c’était des nazis des gens dont on a retourné le cerveau. C’était un monstre Hitler, du grand n’importe quoi, un génocide, tandis qu’en 14-18 c’était absurde, on se battait contre nous-mêmes.

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Culture

Graff Charact, une exposition qui souligne le rôle socio-urbain du graffiti

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Graff Charact se tient du 24 mai au 30 juin à l’espace culturel l’Entrepôt au 2901, boulevard Saint-Joseph, à Lachine.

Graff Charact est le titre de l’exposition annuelle Plus que des barbeaux, organisée dans le cadre du programme Graffiti de l’arrondissement de Lachine.

L’événement présente le travail de quinze artistes graffiteurs et accueille notamment des projets réalisés par des élèves des écoles secondaires Dalbé-Viau et Lakeside Academy lors des ateliers de l’équipe de Graffiti ainsi que les illustrations des élèves du primaire ayant gagné le concours Fais ta marque à la bonne place.

« Souvent cité comme un modèle reconnu par la communauté des graffiteurs, le programme Graffiti de Lachine offre notamment un espace de collaboration et d’apprentissage pour les jeunes qui débutent dans le milieu de l’art urbain », a souligné Maja Vodanovic, mairesse de l’arrondissement de Lachine.

Mise en valeur des artistes locaux à travers un thème ancré dans l’histoire du graffiti

Souvent associé au vandalisme urbain, le graffiti offre pourtant selon les enjeux du programme culturel de l’arrondissement un moyen d’expression aux talents locaux. L’exposition sera ainsi une occasion de découvrir une des facettes de cet art de la rue.

Le titre de l’exposition révèle le genre dans lequel s’inscrivent les sujets explorés par les artistes. En effet, graff charact est une « abréviation du terme anglophone graffiti-character qui désigne les personnages ou autres types de figuration qui accompagnait le lettrage dans les fresques de graffiti des années 90 », explique le communiqué de l’exposition.

Le vernissage aura lieu le vendredi 24 mai dès 17 h. L’entrée est libre. Les heures d’ouverture de la salle d’exposition sont les vendredis, de 18 h à 21 h, et les samedis et dimanches, de 12 h à 17 h.

Lire aussi : La réalité virtuelle québécoise au Festival de Cannes 2019

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Cinéma

La réalité virtuelle québécoise au Festival de Cannes 2019

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À Cannes le cinéma bat son plein au cours de cette première semaine du festival. Après la montée des marches qui a eu lieu hier, 14 mai, les amateurs du 7ème art se tournent vers la compétition et les nouvelles tendances créatives du secteur.

Comme déjà annoncé depuis le mois d’avril, le Québec participe à la compétition de la 72e édition du Festival de Cannes avec les films Matthias et Maxime de Xavier Dolan ainsi que La femme de mon frère de Monia Chokri, dans le volet « Un certain regard ». Et ils ne seront pas les seuls talents de la province que le public découvrira durant l’événement.

Alors que les technologies numériques ne cessent de changer le visage du cinéma, pour une quatrième année la réalité virtuelle à la sauce québécoise se dévoile dans le festival.

Ces films sont présentés par le centre Phi en collaboration avec la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) :

Space Explorers: Taking Flight

Space Explorers: Taking Flight est le deuxième volet de la série produite par Felix & Paul Studios en collaboration avec la NASA. Narré une fois de plus par l’actrice oscarisée Brie Larson, ce second épisode explore la collaboration entre les astronautes de diverses nations appelés à joindre la Station spatiale internationale. Casques VR sur la tête et vissés à leurs bancs, les spectateurs cannois pourront assister à plusieurs décollages de fusée, captés à quelques mètres de distance grâce à des caméras brevetées qui fondent dans les flammes sans sacrifier leurs données numérisées. Notons que Space Explorers vient de mériter le prix de Meilleure série vidéo aux Webby 2019.

Traveling While Black

Traveling While Black est une réalisation VR de Roger Ross Williams et Ayesha Nadarajah qui nous fait (re)vivre par des témoignages la longue histoire de la ségrégation raciale et du Mouvement des droits civiques aux États-Unis. Sur les banquettes du Ben’s Chili Bowl, nous faisons connaissance entre autres avec Therrel Smith et Virginia Ali qui ont trouvé ici un rare havre de pays, dans cette Amérique où faire le plein dans une station-service, manger dans un restaurant ou passer la nuit dans un hôtel n’était pas sans danger… L’urgence du dialogue autour de ces enjeux se fait d’actualité tout au long de cette œuvre immersive poignante.

Gymnasia

Dans un gymnase délabré, divers souvenirs d’enfance refont surface alors que des marionnettes entraînent les spectateurs dans un rêve éveillé. Par le biais de la réalité virtuelle et de l’animation en volume, Gymnasia nous fait plonger dans un rêve où nous attendent les fantômes d’une enfance perdue: les échos d’une partie de baseball, une chorale en plein récital, une salle de classe remplie d’enfants… Nostalgie ou terreur? À chacun son vécu. Réalisée par Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, Gymnasia est une création de Clyde Henry Productions en collaboration avec Felix & Paul Studios et l’Office national du film du Canada.

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Culture

L’exposition >HUM(AI)N au Centre Phi

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Phi a annoncé ce lundi, 13 mai, sa grande exposition estivale « L’Humain à 360° » qui se tiendra du 28 mai au 15 septembre. L’événement propose un dialogue intimiste entre corps et machine, à travers neuf œuvres, dont sept sont présentées en primeur mondiale ou canadienne.

« L’Humain à 360° » est une méditation en neuf temps sur une réalité imminente où les machines ne seront plus distinctes, mais partie intégrante de l’être humain.

Humain ou demi-dieux?

Avec l’essor de la réalité virtuelle, de l’intelligence artificielle, des biotechnologies et leurs effets sur l’évolution de l’être humain, nous sommes plus près que jamais de devenir des demi-dieux, maîtres de notre destinée. La question se pose alors: que signifie aujourd’hui être humain ou plus qu’humain?

Public ou artistes post-humains

Réalité virtuelle, avatar interactif, intelligence artificielle en apprentissage continu: la nouvelle exposition du Centre Phi veut propulser le public dans l’expérience culturelle de demain où l’humain est indissociable de l’œuvre, non pas en tant que héros aux commandes, mais plutôt comme véritable catalyseur.

Activées par les mouvements du corps, interpellant le cœur ou l’esprit du spectateur, les œuvres présentées estompent la frontière humain-machine et stimulent nos facultés de plus en plus améliorées, modifiées et façonnées par la technologie.

Même la scénographie, comprenant un gigantesque « cœur » installé au centre névralgique de l’exposition, dévoile sans honte ni pudeur la formidable machinerie qui permet ces prouesses novatrices.

Pour plus d’infos sur la programmation ICI

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