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Interview indiscrète sur le festival Lux Magna

Hanen Hattab

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Crédit photo Lux Magna

Au coin des boulevards Saint Laurent et Saint Joseph, démarre le 25 janvier la première édition du festival Lux Magna. La programmation promet de décloisonner les représentations et de secouer les mentalités pendant quatre jours d’affilés. Amélie Malissard, co-fondatrice de l’événement, nous a parlé de leur idée et leurs ambitions.

Et si on commence par les présentations.

Amélie : Je suis cofondatrice de Lux Magna, promotrice dans le milieu de la musique à Montréal et chargée de production et de communication pour le festival Suoni Per Il Popolo. On a eu l’idée d’organiser un festival, parce qu’on veut quelque chose de festif et de différent qui anime l’hiver. L’équipe est composée de Kiva Stimac, artiste graphiste à Popolo Press ; Julie Richard, Magassy Mbow, Ora Cogan et Elle Barbara, des musiciennes ; Sonya Stefan, artiste visuel et danseuse ; Sasha Kleinplatz, danseuse ; Camille Larivée qui s’occupe du collectif  Unceded Voices et Mars Zaslavsky, étudiante à McGill. L’organisation du festival est bénévole. Le comité s’est constitué, parce que certaines se connaissent déjà et on s’est progressivement invitées les unes aux autres.

Pourquoi cette appellation ?

Amélie : On cherchait un nom en rapport avec l’idée du cosmos et la lumière dans l’univers. Quelqu’un qui ne fait pas partie des membres du comité a proposé parmi les noms Lux Magna, qui veut dire en latin la grande lumière ou la vive lumière. On a trouvé que ça correspondait à l’idée qu’on avait du festival.

Comment ?

Amélie : On voulait que ça soit en rapport avec l’hiver, avec le froid et que ça reflète les imageries paganes.

Qui est votre public ?

Amélie : Tout le monde est le bienvenu, tous les âges, tous les genres. Après, on veut que ça soit un festival où il y a une place aux femmes et aux personnes non-binaires et toutes les personnes qui ne sont pas forcément incluses dans les programmations des autres festivals. On est très attentif à la politique des Safe Spaces. Cette année, le comité regroupe des femmes et des personnes non-binaires parce qu’il y a une affinité entre nous et aussi une volonté de commencer à montrer que les choses peuvent se faire différemment par rapport à ce qui se fait à Montréal et ailleurs. On ne veut pas tokeniser et étiqueter les gens, mais on est aussi assez fière d’organiser des choses selon l’optique d’un monde dans lequel on a envie de vivre. Dans cette volonté d’être accessible à tous, on a une politique tarifaire assez basse. Les événements du jour et une partie des événements de soirée sont gratuits et les autres sont à des tarifs vraiment très accessibles. Notre concert le plus cher est à 12$ payé à l’avance, 15$ à la porte.

Qu’est ce qui vous différencie des autres festivals qui s’intéressent aux formes artistiques et performeurs émergents ?

Amélie : On se distingue par une grande majorité d’artistes locaux qui sont un peu sous-représentés. On voulait que les Montréalais découvrent les talents qui vivent ici. C’est une de nos volontés parce qu’on trouve qu’il y a une richesse énorme à Montréal. Ce qui nous différencie aussi, c’est qu’on est multidisciplinaire. Alors cette année, on a la musique, la danse, les arts visuels, et on va développer ça l’année prochaine si on arrive à faire notre deuxième édition. Nous ne voulons pas être multidisciplinaire en présentant tout simplement plusieurs disciplines, mais en travaillant sur les interactions entre les différents genres d’art pour présenter quelque chose d’unique au public. On veut aussi sortir de ces trois salles pour aller ailleurs dans d’autres quartiers de Montréal.

En cherchant à faire connaître de nouveaux talents est-ce que des genres particuliers auront plus de visibilité dans cette édition ?

Amélie : On ne voulait pas présenter tous les soirs le même genre de concert. Les choix d’artistes représentent les goûts assez diversifiés des membres du comité. On a souvent du punk dans La Casa Del Popolo, mais l’idée, c’est qu’avec des tarifs bas, les gens seront encouragés à aller essayer de nouveaux genres. On veut que les gens fassent des découvertes et vont dans des concerts qu’ils n’ont jamais vu auparavant. Peut être qu’ils vont détester, mais ils pourront dire : « je déteste ce genre de musique » parce qu’ils l’auront essayé au moins une fois, et ça, ça sera déjà une victoire pour nous.

On sent déjà qu’il y a une petite communauté artistique derrière le festival, voulez-vous garder ces proportions ou vous agrandir ?

Amélie : On veut d’abord exister parce que dans une semaine, c’est notre première édition. Ensuite, voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. S’agrandir, ça sera plutôt explorer certains aspects artistiques qu’on n’a pas eu le temps de développer cette année, parce qu’on a passé beaucoup de temps à se constituer, à parler du projet et puis, tout d’un coup, on a commencé à préparer la programmation en mi-octobre, ce qui est déjà très tard pour un festival. Ça sera plutôt approfondir en perfectionnant la rencontre entre les genres d’arts au sein des mêmes représentations, plutôt qu’agrandir. Par contre, on sera plus heureux en touchant plus de personnes parce que l’idée aussi est de sortir de notre communauté immédiate pour aller parler plus loin et inviter des gens qui ne se fréquentent pas à se rencontrer.

Avez-vous été inspirés par d’autres festivals ?

Amélie : On a été inspiré par des festivals qui sont de plus en plus nombreux à présenter des affiches essentiellement féminines et par nos propres expériences professionnelles. De façon générale, on a été aussi inspiré au négatif par d’autres festivals, un peu partout dans le monde, qui ont des affiches qu’on trouve encore un peu trop exclusives.

Est-ce pour cette raison que vous parlez de bousculer le statu quo ? est-ce qu’on doit s’attendre à voir des pratiques transgressives ?

Amélie : On n’a pas envie de se bâtir contre quelque chose, mais en regardant l’offre culturelle autour de nous, on trouve qu’elle ne correspond pas toujours pleinement à ce qu’on a envie de voir. Si les personnes qui n’écoutent que de la pop viennent au show punk, ça sera déjà une très belle transgression. Si des gens habitués à écouter de l’indie rock viennent à la soirée dance organisée par des Dj transsexuelles, ça sera aussi une très bonne découverte pour eux.

Avez-vous quelque chose à rajouter ?

Amélie : Je veux remercier les partenaires, parce qu’il y a beaucoup de gens qui nous soutiennent. On a des animateurs d’atelier qui travaillent bénévolement. On a des amis et des proches qui s’impliquent et donnent de leurs temps pour le festival et c’est très appréciable.

Programmation du festival : https://www.luxmagna.ca/schedule-calendrier/

Crédit photo:
Crédit photo Lux Magna

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Montréal : Notre sélection de sorties culturelles

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Avant-Première MTL est à l’affût des événements culturels de Montréal. Voici notre sélection pour cette fin de semaine.

Théâtre

L’enfant corbeau

C’est une production du Théâtre Bouches Décousues en collaboration avec le Théâtre les gens d’en bas. La représentation aura lieu le 15 novembre à partir de 19h à l’Usine C.

Résumé : Dans un parc, un œuf tombe près d’une femme assise sur un banc. Étonnée, elle le dépose sur une branche, puis elle repart. Mais voilà que l’œuf la suit jusque chez elle. Et crac! Un tout petit corbeau en sort et l’appelle « maman ». Elle décide alors d’en faire son enfant corbeau. Tout se passe bien jusqu’à ce que le petit souhaite aller à l’école, où il pourra se faire des amis. Mais bien des questions surgissent… Qui suis-je ? Pourquoi suis-je différent des autres enfants ? Et pourquoi est-ce que ça dérange tant ?

Informations et billetterie

Salon du livre de Montréal

Le salon du livre se poursuit jusqu‘au 19 novembre à la Place Bonaventure. Cette 41e édition propose de découvrir la philosophie fiction, le roman historique, le polar et la littérature érotique.

Pour plus d’informations

Cinéma

Overlord

Sorti dans les salles montréalaises cette semaine, le thriller historique Overlord est réalisé par Julius Avery.

Synopsis : À quelques heures du Jour J, un groupe de soldats américains est dépêché en France, alors occupée par les nazis, pour compléter une mission essentielle au succès de l’invasion. Ayant pour mission de détruire une radio émettrice coiffant le toit d’une église fortifiée, les soldats désespérés font équipe avec un jeune villageois français pour pénétrer à l’intérieur des murs et tenter d’abattre la tour. C’est alors que, dans un mystérieux laboratoire nazi se trouvant sous l’église, les G.I., débordés et inférieurs en nombre, font face à un ennemi comme ils n’en avaient jamais vu.

Salles et billetterie

Musique

Suzi Silvia-Fad-Azz

La chanteuse sera sur la scène de l’Église Saint-Joseph ce vendredi, 16 novembre, à partir de 19h30.

Style : Fad’AZZ n’est ni Fado, ni Jazz. C’est une rencontre de styles, sons et couleurs. Un projet musical hybride et métissé. Fad’AZZ s’exprime en portugais, mais aussi en français et essaye de rapprocher le Fado et le Jazz en croisant les caractéristiques de chaque genre musical.

Billetterie et informations

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Routes fermées à Montréal, secteurs à éviter ce weekend

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Le ministère des Transports informe les usagers de la route qu’une importante fermeture sera mise en place dans l’axe de l’autoroute 13 (Chomedey) en direction sud au cours de la fin de semaine.

Routes fermées du vendredi 22 h à samedi 10 h

  • Fermeture complète de l’autoroute 13 en direction sud entre la sortie no 6 – A-40 / Québec / Ottawa / Gatineau et l’entrée en provenance de l’autoroute 40 en direction est.
  • Fermeture complète de la bretelle menant de l’autoroute 40 en direction ouest vers l’autoroute 13 en direction sud.

À compter de samedi 10 h, une seule voie sera ouverte sur l’autoroute 13 en direction sud à la hauteur de l’autoroute 40, et ce jusqu’à 16 h.

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Design médical et Intelligence Artificielle, le nouveau créneau de L’Oréal

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L’Oréal a été pionnière en lançant en 2016 une nouvelle technologie de prévention des maladies de la peau. Alors que le design du premier produit s’adresse à un public féminin, la marque s’intéresse désormais à la gente masculine.

Nous parlons d’abord de UV Sense, un système qui alerte l’utilisateur sur l’exposition aux ultraviolets et la qualité de l’air. La version féminine avec laquelle la marque a fait son entrée dans la santé connectée est une décoration d’ongle intelligente. En effet, elle est munie de détecteurs et reliée à une application qui donne des informations afin d’éviter le coup de soleil et l’exposition à la pollution.

My Skin Track/UV, le nouveau-né de L’Oréal

L’appareil, My Skin Track / UV, est sorti ce jeudi, 14 novembre. Il a été développé en partenariat avec La Roche-Posay, la marque de soins de peau de L’Oréal, et le professeur John Rogers de la Northwestern University. Le chercheur universitaire avait collaboré avec la marque dans la création des décorations d’ongles antisolaires.

La nouvelle technologie offre de nouvelles fonctionnalités et fournit des mises à jour instantanées. Elle est aussi capable de stocker jusqu’à trois mois de données. En plus de sa fonction principale, à savoir, la surveillance des UV, l’accessoire est connecté à Apple HealthKit. Ce dernier lui permet également de fournir des informations sur la qualité de l’air comme l’humidité, le taux de pollen et la pollution.

L’appareil de détection est imperméable et peut être accroché à un vêtement comme décoration. Comme les autres déclinaisons, il propose à l’utilisateur des conseils comme se mettre à l’ombre ou s’appliquer une crème solaire. Cela permet ainsi à la marque d’établir un rituel qui amène sa clientèle à consommer ses produits de soins et de protection du corps.

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