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Chroniques

l’Islamophobie et critique de l’Islam

Saoud Maherzi

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Libre de droits.

Depuis quelques semaines, on parle d’islamophobie dans les médias québécois. Le débat autour d’une journée nationale – le 29 janvier, date de l’attentat de Québec – dédiée à la lutte contre l’Islamophobie s’est ouvert sur un autre débat, celui de la légitimité de l’islamophobie.

Ambigüité

Nombre de chroniqueurs se sont ralliés derrière l’idée que l’islamophobie mérite d’avoir sa place dans l’espace public et médiatique. L’argument principal de ces journalistes est simple. L’Islam est une religion, toute religion est une philosophie, toute philosophie est critiquable, donc toute critique de l’Islam relève de la liberté d’expression de ceux qui la prononcent.

L’islamophobie serait donc, selon cette opinion, une objection intellectuelle au Coran, aux préceptes religieux qu’il comporte, aux savoirs véhiculés par la religion islamique. Elle serait, en soi, une ouverture au débat sur l’Islam.

Il y a, de bonne ou de mauvaise foi, ambigüité quant à la définition de l’islamophobie. L’islamophobie, selon que le terme est utilisé par ces chroniqueurs ou par les défenseurs des droits des musulmans ou les musulmans eux-mêmes, ne comporte ni le même sens, ni les mêmes implications.

Car pour ces derniers, l’islamophobie, c’est la haine de la musulmane et du musulman en tant qu’être humain, à cause de leur croyance. L’islamophobie désigne pour eux une détestation arbitraire envers une communauté d’hommes et de femmes liés par une religion. Ce n’est pas, en l’occurrence, la philosophie, les préceptes, le Coran qui sont attaqués ; mais les personnes, car elles croient en cette philosophie, en ces préceptes, en ce Coran.

De fait, il n’est pas étonnant que le dialogue soit absent, et l’incompréhension complète. À moins que l’ambigüité du terme comporte son intérêt politique pour certains idéologues des deux bords.

Par Principe

Par principe, il convient de tenir une double position qui, non seulement n’est pas paradoxale, mais correspond à une certaine logique complémentaire d’apaisement et de respect des droits inaliénables dont bénéficie tout citoyen en régime démocratique.

Toute démonstration de haine ostensible, revendiquée, qu’elle soit verbale ou physique, est à proscrire. La pratique qui consiste à s’attaquer à l’intégrité des personnes à travers la stigmatisation d’une part de leur identité, est à proscrire. Tout extrémisme qui voit l’autre comme un hérétique religieux, social, ou racial à abattre ou à exclure, n’a pas lieu d’être.

Par contre, la critique de toute croyance, même de l’athéisme et du laïcisme, relève de la liberté d’expression. Tout citoyen a le droit de trouver absurde que l’on doive jeuner pendant un mois en Islam, que l’on doive se confesser au prêtre dans le catholicisme, que l’on doive allumer des chandelles dans le judaïsme, ou que l’on ne considère aucune force spirituelle dans la création du monde dans l’athéisme. Ce n’est pas un racisme. La critique est un droit et sa pratique libre et ancrée dans les débats d’idée est d’utilité publique. Elle force à l’écoute, au raisonnement, et à la connaissance. Trois principes qui se perdent avec l’impulsivité et les procès de masse auxquels nous ont habitués les réseaux sociaux.

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Libre de droits.

Diplômé de HEC Montréal, Saoud a écrit depuis 2013 dans divers médias. Il dédie le plus clair de son temps libre à la lecture, l’écriture et à la boxe trouvant une cohérence dans l'unité de ces activités. "Find what you love and let it kill you" - Bukowski

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1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Robert Castonguay

    17 Jan 2018 à 3:39

    Peut-être que monsieur Maherzi peut élaborer le texte ou clarifier mon questionnement à propos de celui-ci.

    Est-ce que monsieur Maherzi dit ou laisse sous-entendre que l’on ne devrait pas critiquer l’Islam ou le Coran parce que pour le musulman ou certains musulmans ceci équivaut à les attaquer personnellement ?

    Son texte cite très bien le problème du mot « islamophobie, mais ne semble pas conclure.
    J’explique, dans le dernier paragraphe, il est écrit « la critique de toute croyance » … relève de la liberté d’expression.
    Le texte suit avec des exemples des trois monothéismes en disant « on a le droit de trouver absurde », ma question a-t-on aussi le droit de l’exprimer ou simplement de le penser.

    Et si quelqu’un l’exprime, n’est-ce pas un début de débats d’idée entre personnes, même sur les réseaux sociaux ? Pourquoi cette personne serait-elle jugée « islamophobe » ? Ce qui revient à une attaque verbale.

    Pour ma part, à l’exception de ce petit questionnement, vous avez très bien défini le problème de « l’islamophobie et de la critique de l’Islam ».

    Je m’aperçois d’une autre question, dans votre titre vous avez écrit « Islam », est-ce en lien avec « l’ensemble des peuples musulmans » ou de « la religion musulmane » ?

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Chroniques

Le cannabis, comme un feu de paille au Québec

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À mesure que vous tirez un joint avec intensité, aussi facilement vous videz les succursales de la Société québécoise de cannabis (SQDC). Non seulement le POT se fait rare, mais en plus, la misère commence à se lire sur les visages. À qui la faute?

Cette date du mercredi 17 octobre 2018 restera une journée mémorable dans l’histoire du Canada. En cause, la loi sur la légalisation de la drogue [le cannabis] est entrée en vigueur. Dans tout le pays, on a vu des citoyens immortaliser l’achat d’au moins un gramme de cannabis. Mais ce n’était pas tout! Les jours qui ont suivi, tous les commerces ont été pris d’assaut par des consommateurs, comme s’ils voulaient en découdre avec le pot pour une bonne fois.

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Au Québec, devant les succursales de la SQDC, on pouvait apercevoir des gens en rang, les uns après les autres, en file indienne dans l’espoir de se procurer du cannabis. Ces images ont marqué le monde entier et les autorités canadiennes s’en réjouissaient, puisqu’elles croyaient avoir donné une « vraie raclée » au marché noir de la drogue. Dire que le crime organisé contrôle le marché du cannabis au pays, la Palice en aurait dit autant !

Cannabis : tout ça pour ça?

Bref, le bilan de la première semaine de vente de cannabis est assez évocateur en chiffres et en dollars canadiens. « On chiffre à 53 300 le nombre de transactions en ligne et à 84 850 le nombre de transactions dans le réseau des succursales, soit un total de 138 150 pour la première semaine d’opération », nous apprend la SQDC. Du côté de l’Ontario, la Société ontarienne du cannabis (OCS) révélait plutôt le 19 octobre via son compte Twitter avoir traité « plus de 100 000 commandes » en ligne depuis le 17 octobre, cette seule journée la province aurait amassé 750 000 $.

«La fermeture des succursales, ça va durer autant que l’approvisionnement ne sera pas au rendez-vous. On peut prévoir un trimestre à deux. On pense qu’au printemps, l’équilibre entre la production et la demande devrait être au rendez-vous » – Jean-François Bergeron.

Puis 10 jours après l’ouverture en grande pompe du marché légal de vente de cannabis au Canada, les commerces tendent à démontrer leur incapacité à répondre à la demande. Pour preuve, depuis le vendredi 26 octobre, un communiqué de la Société québécoise de cannabis laisse entendre que désormais ses boutiques resteront fermées les lundis, mardis et mercredis, faute de marchandise. Si la SQDC parle de sa “pénurie” avec franchise, du côté de l’OCS ce n’est pas le cas. La Société ontarienne du cannabis fait croire aux internautes que « l’OCS dispose d’un approvisionnement de produits adéquat pour répondre à la demande ».

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Et pourtant! Parlant d’approvisionnement du marché, le responsable de la mise sur pied de la SQDC, Jean-François Bergeron, a confié lors d’une entrevue à RDI, mardi 30 octobre, que [toutes] les provinces vivent le même problème. « Ce n’est pas qu’au Québec, c’est un problème de capacité de production et non de planification », a précisé M. Bergeron qui prévient d’ailleurs que « la fermeture des succursales va durer autant que l’approvisionnement ne sera pas au rendez-vous ». Pire, la SQDC prévoit un trimestre à deux pour le retour à la normale. « On pense qu’au printemps, l’équilibre entre la production et la demande devrait être au rendez-vous », a poursuivi Jean-François Bergeron.

Un spectacle qui frise le ridicule…

Quel triste spectacle! Croire que la machine du pot s’arrêterait en plein décollage, sachant que la légalisation du cannabis était initialement prévue pour juillet 2017, cela « frise le ridicule ». Le Canada était-il [vraiment] préparé pour cette légalisation du cannabis? L’une des thèses défendues par la SQDC serait le fait qu’une centaine de producteurs sont en attente de leur licence, et que ces licences en question sont à trois niveaux, à savoir pour la production, la transformation et la vente. Tout ça pour ça?

C’est à croire que le fédéral et les provinces ne parlent pas le même langage sur le cannabis. On a l’impression que le Québec s’est juste rendu compte, seulement après le 17 octobre, que la province ferait face à des problèmes d’approvisionnement. D’autant plus qu’il y a moins de deux mois, soit le 30 août dernier, la Société québécoise de cannabis annonçait l’ouverture de 14 succursales. Un chiffre qui devrait être porté à une vingtaine d’ici fin octobre 2018. C’est finalement un rendez-vous manqué.

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Dans son entrevue à RDI, M. Bergeron n’a pas caché de dire qu’il n’y aura “pas d’ouverture de nouvelles succursales” de vente de cannabis au Québec avec cette pénurie, qui ne permet même pas à la SQDC de fonctionner 7j/7j. « On voulait être au rendez-vous pour une vingtaine de succursales. Dans le contexte actuel, on va freiner, c’est sûr, il n’y a pas lieu d’ouvrir de nouvelles succursales tant que la production n’est pas là », s’est-il défendu une fois de plus.

Un gros concurrent aux pieds d’argile!

Pendant ce temps, le marché noir, qui est tombé en veilleuse, reprend du poil de la bête. Puisqu’au Québec, la culture de cannabis à la maison est interdite. La loi québécoise adoptée en juin dernier en prévision de la légalisation interdit toute culture de cannabis non thérapeutique à domicile, et ce, même si la loi fédérale autorise jusqu’à quatre plants à la maison.

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Finalement, les consommateurs se retrouvent avec deux grands monopoles : gouvernement et trafiquants. Or, on sait présentement que le gouvernement est en rupture de stock. Tout est parti, en un temps record, comme un feu de paille. Le marché noir, celui du crime organisé, qui avait « craint » l’entrée en scène de la drogue légale le 17 octobre et vu « détourner » une grosse partie de sa clientèle va certainement pousser un ouf de soulagement. On imagine qu’ils [les dealers] sont en train de dire quelque part dans le noir : « il y a eu plus de peur que de mal… c’est un gros joueur aux pieds d’argile ».

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Affaire Khashoggi : quand l’argent frappe, la démocratie s’enfuit…

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CHRONIQUE. Ce qu’il convient d’appeler désormais l’affaire Khashoggi n’a pas fini de lever le voile sur le vrai visage [hideux] de l’un des principaux exportateurs de pétrole au monde: l’Arabie saoudite. Ce pays, avec qui les fervents défenseurs de la démocratie au monde, les occidentaux, ont les plus juteux contrats de ventes d’armes qui détruisent des vies humaines. Est-ce l’hôpital qui se fout de la charité?

Le commun des mortels est sous le choc depuis l’assassinat du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, le 2 octobre dernier en Turquie. Même les meilleurs alliés du royaume sunnite crient leur indignation. Au point où Riyad qui avait nié toute implication dans l’assassinat du chroniqueur du Washington Post a fini par reconnaître que l’homme avait été tué, [torturé, étranglé puis démembré], au son sein du Consulat saoudien à Istanbul.

L’Arabie saoudite, le royaume des armes de guerre!

Ceux qui mettent la pression aujourd’hui sur l’Arabie saoudite ne veulent pourtant pas jeter le bébé avec l’eau du bain. En dehors de l’Allemagne, ni les États-Unis, ni la France, encore moins le Canada, ne souhaitent [pour l’instant] mettre un terme aux juteux contrats de vente d’arme de guerre aux Saoudiens. Pour eux, quoi qu’il en soit, l’Arabie saoudite reste l’un des meilleurs partenaires économiques que la planète puis avoir.

Que dire de plus face à ces vies humaines qui sont fauchées au Yémen par les balles assassines vendues par les occidentaux, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni? Quand il s’agit d’intérêts économiques entre États, les intérêts des populations civiles désintéressent. Pendant ce temps, l’ONU continue de tirer la sonnette d’alarme sur « la pire crise humanitaire au monde ». On parle de plus 10 000 morts, dont des milliers d’enfants depuis le déclenchement de la guerre en 2015 au Yémen par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, soutenue par les États-Unis.

Et les enfants meurent de faim, sous les balles…

En août 2018, un bombardement mené par la coalition saoudienne avait tué 51 civils dont 40 enfants dans une province yéménite de Saada selon le Comité international de la Croix-Rouge. En septembre dernier, les commanditaires de cet « acte ignoble » avaient reconnu que cela avait été une « erreur » de la part de la coalition, alors que le raid avait visé un autobus transportant des enfants.

Au moment où le meurtre de Khashoggi remet au goût du jour les questions de violations de droit de l’homme par l’Arabie saoudite, surtout la mise en cause des armes vendus par l’occident, les positions des dirigeants américains, français et canadiens laissent pantois.

À Washington, le président américain se réjouit d’avoir raflé « le plus gros contrat jamais signé dans l’histoire ». Donald Trump veut « bien » sanctionner Riyad pour son implication dans la mort de Khashoggi, mais tout en le caressant « très bien » dans le sens du poil pour ne pas affecter les contrats de vente d’armes, qui créeraient de nombreux emplois aux États-Unis. D’autant plus que pour son premier voyage officiel à l’étranger, le président Trump avait choisi l’Arabie saoudite, d’où il est reparti avec des promesses d’investissements de 450 milliards de dollars pour des « choses », disait-il, et 110 milliards de dollars de contrats d’armement.

Que vaut Khashoggi face aux  juteux contrats ?

Du côté de Paris, le président français pique une colère bleue lorsqu’on lui pose la question de savoir si la France, comme lui demande l’Allemagne, stoppera-t-elle ses exportations d’armes aux Saoudiens malgré le meurtre du journaliste Khashoggi? En retour, Emmanuel Macron refuse de répondre en disant : « Ce n’est pas parce qu’un dirigeant dit quelque chose que je suis censé réagir à chaque fois ». Ce silence vaut la poursuite des 12 milliards d’euros de commandes saoudiennes passés entre 2008 à 2017.

Sans oublier qu’en septembre dernier, le gouvernement espagnol a essuyé de vives critiques pour avoir décidé de maintenir la livraison de 400 bombes à guidage laser à l’Arabie saoudite.

Ici, à Ottawa, le premier ministre canadien dénonce avec la dernière énergie la mort de Jamal Khashoggi et l’incarcération « injuste » du blogueur Raif Badawi, dont la famille se trouve au Canada, mais reconnaît qu’il sera difficile de déchirer le contrat de 15 milliards de dollars de véhicules blindés signé par son prédécesseur Stephen Harper avec l’Arabie saoudite. Estimant que la pénalité financière s’élèverait à au moins 1 milliard de dollars pour les Canadiens.

Certains se demandent pourquoi ces pays du G7, taxés de grandes démocraties, vendent des armes à un pays ou la culture démocratique est au bas à l’échelle planétaire? Mais, ils ne demandent pas pourquoi [pour qui et contre qui] l’Arabie saoudite injecte des milliards de pétrodollars, rien que dans les armes?

Plus besoin de rappeler que les humanitaires sont en train de “perdre la lutte contre la famine” au Yémen, « que 22 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire (75% de la population), que 18 millions sont en insécurité alimentaire, dont une grande partie sont des enfants, que 8 millions ne savent pas comment obtenir leur prochain repas, et que 73% de la population n’a pas accès à l’eau potable ». Non! La seule chose qui prime, c’est comment trouver le juste milieu pour sauver les contrats juteux déjà ficelés avec un pays qui bafoue les droits et la dignité des êtres humains.

En vérité, les vrais complices des Saoudiens [dans leurs agissements], ce sont les occidentaux. Ceux là-même qui sont guidés par le gros gain du pétrole que tout autre chose. Ils réclament la vérité sur la « tuerie sauvage » du journaliste de 60 ans, mais ils n’ont pas fini de dire [toute] la vérité sur leur lien avec l’Arabie saoudite.

« L’assassin qui marche dans les funérailles de sa victime » – Proverbe oriental.

En attendant, le prince héritier Mohammed ben Salmane alias MBS se la coule douce au royaume des armes. L’assassinat de Jamal Khashoggi n’est qu’un « incident hideux » selon les propres mots de MBS. Comme quoi, l’affaire Khashoggi finira [sans doute] par s’éteindre comme un feu de paille. Il suffit juste de révoquer les visas [en occident] des 21 personnes qui seraient impliquées dans la disparition macabre du journaliste saoudien, qui dérangeait tant le pouvoir de MBS. Et c’est tout!

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Twitter : le compte du nouveau premier ministre Legault n’est pas authentifié

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Chronique – Le premier ministre du Québec n’est plus Philippe Couillard. Depuis le 1er octobre dernier, le numéro un des Québécois se nomme François Legault. C’est lui qui a gagné les élections en remportant une majorité des sièges 74/125 à l’Assemblée nationale. Depuis lors, ces faits et gestes sont suivis par le monde entier depuis les réseaux sociaux, notamment Twitter et Facebook.

Officiellement, c’est vers la mi-octobre que François Legault deviendra premier ministre reconnu du Québec. Son assermentation n’est qu’une question de formalité. Mais d’ici là, la machine caquiste devrait être en marche afin que tout soit au point.

Pour l’instant, on ne parle que de formation du gouvernement, des éventuelles nominations de ministres ou d’aménagement des bureaux du tout nouveau premier ministre du Québec. Pendant ce temps, les gens défilent sur les pages sociales du premier ministre désigné du Québec. C’est à travers les réseaux sociaux que le reste du monde entier verra qui est le premier ministre du Québec. C’est à travers ce nouveau canal d’information que lui-même pourrait donner la primeur de ce qu’il fait ou compte entreprendre pour la “Belle Province” et ses populations. On devrait s’attendre à une “vraie identité virtuelle’’ du premier ministre, à une “page vraie” de M. Legault.

Depuis sa victoire aux élections provinciales, les abonnements au compte Twitter « moche », de François Legault se multiplient.

De plus en plus, les dirigeants du monde ont tendance à marquer les réseaux sociaux. Certains les utilisent comme moyen de rapprochement vers les populations à travers des messages ou en rendant compte de leurs activités. Twitter, Facebook – pour ne citer que ces deux médias sociaux -, sont des plateformes , de nos jours, des journalistes recueillent et collectent de l’information en plus des canaux traditionnels. D’ailleurs, Donald Trump est un exemple parfait des dirigeants qui diffusent sur leurs comptes Twitter de l’information, considérés comme crédible par les médias. À l’heure des infox (fakenews), ces pages officielles certifiées authentiques par les plateformes font la différence.

De l’authenticité de la page Facebook ou du compte Twitter d’un dirigeant

Lorsqu’on se rend sur le compte Twitter de M. Legault, la seule chose qui a changé, c’est son statut de « Premier ministre désigné du Québec ». En dehors de ça, Twitter nous apprend que le compte du premier ministre n’est pas une « page certifiée ». Elle n’est donc actuellement « pas authentique ». Pourtant, la page Facebook officielle de François Legault est certifiée authentique par la compagnie de Mark Zuckerberg.

 

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Sur Twitter, comme Facebook, un « compte certifié » se reconnaît par un « badge bleu ». Il apparaît à côté du nom sur le profil du compte et à côté du nom du compte dans les résultats de recherche. « Ce badge est toujours de la même couleur et placé au même endroit, quelles que soient les couleurs du thème ou du profil qui personnalisent le compte », précise le réseau social Twitter.

« Les badges certifiés doivent être attribués par Twitter. Par conséquent, tout compte arborant un badge sur sa photo de profil ou d’arrière‑plan, ou à tout autre endroit, laissant ainsi supposer qu’il s’agit d’un compte certifié, peut faire l’objet d’une suspension définitive »

– Service assistance Twitter.

En conséquence, selon Twitter, « le badge bleu permet d’assurer aux utilisateurs l’authenticité d’un compte d’intérêt public ». Le compte Twitter de François Legault, désormais premier ministre, n’est-il pas d’intérêt public? Au juste, qui gère la page officieuse de M. Legault? Est-ce le premier ministre lui-même ou un gestionnaire de communauté de la Coalition avenir Québec (CAQ) ? Or, il se trouve que le parti d’où est issu le nouveau premier ministre tient un compte certifié sur Twitter.

N’importe qui peut se créer une page au nom de François Legault

Si vous vous rendez sur le compte Twitter de Philippe Couillard, premier ministre sortant, vous verrez qu’il porte un badge bleu. Même si le compte de M. Couillard n’est pas encore actualisé, vous pouvez lire ceci : « Député de Roberval, chef du Parti libéral du Québec et premier ministre du Québec. Compte animé par l’équipe des communications ». Il en est de même pour le premier ministre du Canada. Sur le compte Twitter certifié de Justin Trudeau, il est marqué : « Compte géré par le 23e premier ministre du Canada et personnel ».

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À défaut d’avoir une présentation claire sur la section « à propos » du compte Twitter du premier ministre désigné du Québec, il apparaît « indispensable » à l’équipe de François Legault de faire une demande d’authentification dudit compte Twitter. Cela y va de l’image du premier ministre, première personnalité du Québec et de la crédibilité des informations ou messages diffusés, pris en compte par les médias et les journalistes.

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