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Joëlle Rivard, une expérience amère a transformé la vie de l’audacieuse conférencière

Baba-Idriss FOFANA

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Invitée par le Carrefour Jeunesse Emploi (CJE) de Saint-Laurent (Montréal), Joëlle Rivard – qui détient 5 fois le record du monde du 50m papillon et une participation aux Jeux paralympiques d’Atlanta en 1996 – a animé une conférence, jeudi 28 septembre, sur le thème : « Fière d’être une erreur ».

Elle a su transformer ses défis en opportunités ; ses échecs en victoires. Aujourd’hui, ‘’elle gagne bien sa vie’’. Elle, c’est Joëlle Rivard ; née avec une malformation des quatre membres, elle se dit « fière d’être une erreur de la nature ». Car, alors qu’elle a eu sa première opération à 11 mois de sa naissance, Mme Rivard ne s’est « jamais imposée de limites avant d’avoir essayé ». Pourquoi ? Simplement parce que sa philosophie à elle voudrait que « quand on essaye, on ne devient pas forcément champion mais on réussit à sortir du trou ». « J’ai eu ma première opération à 11 mois de ma naissance. Ça a été une amputation. Je porte une jambe artificielle », révèle-t-elle lors de sa conférence au CJE de Saint-Laurent.

«Fière d’être une erreur de la nature»

Pourtant, avec cette jambe, Joëlle Rivard se voit dans une carrière en paranatation, qui la mènera d’ailleurs à décrocher le titre de championne du monde, détenant 5 fois le record du monde du 50m papillon et une participation aux Jeux paralympiques d’Atlanta en 1996. « On avait dit à mes parents : ‘’votre bébé ne marchera pas’’. Mais, j’ai finalement marché à 18 mois », se souvient encore Joëlle, la quarantaine aujourd’hui, qui a même fait du patinage dans son adolescence. « Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de personnes qui me disaient que je n’arriverais pas ». Mais, ajoute l’ex-championne du monde, « j’ai démontré à ces personnes qu’elles s’étaient trompées ».

Et ce n’est pas par hasard qu’elle a tenu à faire une conférence sur un thème qui reflète sa naissance, son parcours : « Fière d’être une erreur ». Et ce, devant des jeunes – majoritairement des immigrants – en panne d’inspiration ou faisant face à des frustrations ou discriminations sur le chemin de leur intégration. « C’est justement pour leur montrer que moi aussi, j’ai été l’objet de discrimination en tant que personne handicapée ». Mais, poursuit Joëlle, « j’ai réussi à utiliser tout ce dont j’étais victime dans la société pour rebondir » de la plus belle manière, « parce que j’ai aussi été capable d’apprendre de mes erreurs». Comme quoi, l’erreur peut aussi mener au succès.

Joëlle Rivard: «Se tenir loin de ceux qui ne font pas d’erreur…»

Lors de la conférence de Mme Rivard au CJE de Saint-Laurent. Crédit : Baba-Idriss Fofana /Avant-Première Canada

Une raison de plus pour la conférencière de croire qu’«il faut se tenir loin de ceux qui ne font pas d’erreur. Ce sont des gens qui ont peur de se mouiller, qui ont peur des expériences». C’est pourquoi, d’ailleurs, Mme Rivard met un accent particulier sur l’entourage : « Il faut savoir s’entourer de personnes qui croient en nous, qui ont des énergies positives autour de vous, qui vous encouragent à persévérer, qui ne passent pas leur temps à vous blâmer. Si j’étais seule, je n’y arriverais pas certainement ».

Lire aussi : L’empowerment, le pouvoir d’agir à la portée de la jeunesse de l’île de Montréal

Au dire de la conférencière, « si vous voulez que quelque chose change dans votre vie, vous devez prendre les choses en main ». Lorsque la carrière sportive de Joëlle a pris fin, elle pensait ne plus ‘’être utile’’ dans «la vraie vie ». Mais que nenni ! « Je n’avais pas peur d’affronter le regard des autres en entretien d’embauche. Je me sentais capable de travailler comme tout le monde », dit-elle avec beaucoup d’énergie. « Oui, il faut avoir confiance en soi. Il faut croire en ses capacités, ne pas se comparer tout le temps aux autres, vouloir faire comme les autres», a conseillé Mme Rivard, détentrice d’un baccalauréat en animation et recherche culturelles, qui a longtemps travaillé dans le milieu communautaire.

Pour elle, « chacun a des expériences dans la vie qui nous aident à nous mettre de l’avant ou à nous démarquer dans quelque chose ». « Chacun a besoin de ses propres différences pour se faire une place. Mon plus gros succès, c’est d’avoir créé mon mode d’emploi. Il faut s’outiller. Et savoir qu’il n’y a personne qui viendra vous offrir de l’aide si vous n’allez pas vers les autres », a clamé Joëlle Rivard, conférencière, qui a décidé de mettre fin au travail classique en devenant travailleur autonome à part entière.

«Toute expérience, même amer, est un tremplin de réussite»

Le déclic de sa conférence « Fière d’être une erreur », réclamée de plus en plus par des entreprises est partie de l’histoire suivante. « J’ai développé les conférences parce qu’un patron m’avait sérieusement mis les bâtons dans les roues à mon travail. Étant moins grande de taille pour avoir accès aux tasses à café (rangées à un niveau un peu plus élevé) dans la cuisine, la solution que mon patron avait trouvée était de m’acheter un escabeau pour monter ; au lieu de les descendre, les rapprocher de moi. C’était quelqu’un de rigide qui ne voulait pas changer son environnement de travail. Je me suis blessée. Cela a été une affaire devant la CNSSET (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail). C’est de là, que je me suis dit qu’il reste à faire encore dans la sensibilisation en milieu de travail sur beaucoup de questions».

Une toute autre ‘’expérience amère’’ qui a transformé la vie de l’audacieuse Joëlle Rivard, depuis 2013 en conférencière professionnelle : « Je me suis posée la question : qu’est-ce que je fais avec cette expérience-là, Comment je peux rebondir? ». Ainsi, en décidant de « ne plus subir », Joëlle avait donc décidé de mettre fin à tout un calvaire pour se rendre au travail. Car, en fauteuil roulant, c’était pénible pour elle d’utiliser l’autobus, d’accéder à des bureaux. « Aujourd’hui, je suis travailleur autonome. Je travaille à partir de chez moi. En plus des conférences, je gagne bien ma vie dans l’artisanat. Je fais du vitrail et je participe à des expositions », a-t-elle fait savoir, avant de conclure sa conférence en ces termes : « Si moi j’ai été capable, c’est que tout le monde est capable ».

 

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Témoignages poignants sur la crise du logement au Québec

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La crise du logement fait parler tous les acteurs du secteur. Enfin, si crise il y a, car les élus ne sont pas tous d’accord sur le sujet.

Si vous êtes encore en train de chercher un nouveau toit la polémique sur la pénurie du logement au Québec, vous en savez fort probablement quelque chose.

À quelques jours du 1er juillet, des organismes comme la Régie du logement et la Corporation des Propriétaires Immobiliers du Québec (CORPIQ) débattent des tenants et aboutissants de la montée de la demande dans le marché locatif.

Si des chiffres tel que le taux d’inoccupation (1,9% à Montréal), versus le nombre de demandeurs sont révélateurs pour plusieurs spécialistes, les élus ne sont pas tous d’accord, du moins sur l’ampleur du problème.

Ainsi, Valérie Plante, la mairesse de Montréal, a affirmé aujourd’hui, 26 juin, lors d’un point de presse que malgré la difficulté grandissante de trouver une maison, particulièrement pour les familles, il n y a pas de crise de logement.

« C’est le Far West, il n’y a plus de place à la solidarité »

Pa ailleurs, pour l’opposition, il est temps de prendre les choses au sérieux. En effet, Andrés Fontecilla, le député de Laurier-Dorion et responsable solidaire en matière de logement, a exigé aujourd’hui l’annonce du plan d’urgence.  

Lors qu’il a présenté sa demande, M. Fontecilla a été accompagné d’une famille, d’une étudiante toujours à la recherche d’un toit et de Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.

Les témoignages de ces citoyens dépeignent la crise, ses facteurs et ses effets sur le portefeuille du Montréalais.

Voici ce que les invités de M. Fontecilla ont rapporté :

« Avec l’arrivée d’un troisième enfant dans la famille, le besoin de changer de logement se faisait pressant. Après plus d’un an de recherche, nous avons été forcé d’emménager temporairement chez mes parents sur la Rive-Sud alors que la garderie et nos emplois sont toujours sur l’Île. Un logement avec trois chambres c’est quasi-impossible à trouver. J’ai été victime de discrimination avec des contraintes sur les paiements, mais également, car les propriétaires sont frileux de recevoir des familles », déclare Naomie Tremblay accompagnée de son fils Matisse.

« Ça fait un an et demi que je suis à la recherche d’un logement, j’en ai vu de toutes les couleurs. C’est une situation au quotidien qui précarise à la fois la santé mentale et financière de beaucoup de personnes. La majorité des annonces ont beaucoup de restrictions, des prix de plus en plus effrayants. Lorsqu’on arrive à obtenir une visite, on s’y retrouve avec des dizaines de personnes et c’est au plus fort la poche. C’est le Far West, il n’y a plus de place à la solidarité, chacun veut se loger au plus vite! », témoigne l’étudiante Marianne Couture-Cossette.

De son côté Hans Brouillette, le directeur des affaires publiques de la CORPIQ, a donné aujourd’hui un exemple des raisons pour les quelles certains logements restent inoccupés :

« On voit de plus en plus de petits propriétaires de logements qui considèrent que le peu de droits dont ils disposent face à leurs locataires accentue des problèmes dont ils n’ont plus envie de s’occuper. Pour améliorer leur qualité de vie et lorsqu’ils peuvent se le permettre, certains finissent par garder vacants leur haut de duplex. »

Lire aussi : Ottawa lance un nouveau programme de soutien aux logements locatifs abordables

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Société

Les entreprises doivent-elles définir une politique des relations amoureuses entre employés?

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Beaucoup de Canadiens qui entretiennent des relations amoureuses dans le travail le cachent à leurs collègues, selon une étude dévoilée ce mardi, 25 juin. Pourquoi ont-ils gardé le secret? Le service des Ressources humaines doit-il gérer ce genre de situations?

L’étude a été réalisée par la firme de sondages Léger pour ADP Canada. Des travailleurs dans les quatre coins du pays ont été questionnés afin de brosser le portrait des relations amoureuses dans les milieux de travail.

L’étude a pour but de montrer l’importance d’établir une politique claire à ce sujet. En effet, les sondages ont montré que ces relations posent parfois problèmes.

Quand relation intime et carrière professionnelle se mêlent

Les chiffres indiquent que « près de la moitié (45 %) des personnes qui vivent une relation amoureuse au travail l’ont cachée à au moins à une personne, quand 27 % l’ont dissimulée à tous leurs collègues. »

Ces employés « sont davantage susceptibles de cacher une relation amoureuse aux Ressources humaines (37 %) ou à la direction (40 %) qu’à leurs collègues. »

Or l’étude souligne qu’il serait plus avantageux pour les entreprises de définir une politique des relations intimes. En ayant des codes à suivre, les travailleurs qui se trouvent dans cette situation peuvent se sentir plus à l’aise.

 « Les politiques de ressources humaines n’ont pas pour but de contrôler les employés, mais de les protéger» , indique Heather Haslam, vice-présidente, marketing d’ADP Canada.

À ce propos l’étude a révélé des cas problématiques où des employés ont été contraints d’entretenir des relations avec leurs collègues.

19% des personnes sondées ont déclaré avoir subis des pressions à cet effet et se sont embarquées dans cette situation afin de garder leurs emplois ou d’évoluer au sein de l’entreprise.

Au Québec ce phénomène est moins présent par rapport à la moyenne canadienne. « 96,5 % des répondants ont indiqué ne jamais avoir subi de pression pour entretenir une relation amoureuse au travail (contre 91 % dans le reste du Canada) »

Lire aussi : JIF 2019 : un Fonds canadien pour lutter contre le harcèlement et la violence en milieu de travail

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Loi sur la laïcité de l’État : un « permis général » de discriminer au Québec ?

Baba-Idriss FOFANA

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Finalement, la Loi sur la laïcité de l’État est passée le dimanche 16 juin 2019 comme « lettre à la poste » à l’Assemblée nationale du Québec. Bien évidemment sous le bâillon imposé par le gouvernement dirigé par la Coalition avenir Québec (CAQ). Mais, la Commission des droits de la personne et des droits la jeunesse (CDPDJ) a tenu à faire une mise en garde contre toutes situations de discrimination.

Les sorties du Parti libéral du Québec (PLQ) et de Québec solidaire (QS) à l’effet de freiner la CAQ dans son « élan laïque » n’ont pas eu gain de cause. Le projet de loi sur la laïcité (PL 21) est devenue Loi. Dimanche soir, vers 22h30, 73 députés ont voté en faveur de cette loi et 35 autres ont voté contre.

Désormais, cette Loi interdit le port de signes religieux chez les enseignants et les directeurs des écoles publiques, tout comme chez d’autres agents de l’État en position d’autorité (policiers, gardiens de prison, avocats et juges). Tous les employés qui occupaient ces fonctions lors du dépôt projet de loi à la fin mars bénéficient d’un droit acquis, une mesure communément appelée « clause grand-père »

La Loi sur la laïcité de l’État contient une clause dérogatoire qui a pour effet de la soustraire à l’application des chartes canadienne et québécoise des droits de la personne.

Même si plusieurs dispositions de la loi sont contraires à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et « enfreignent certaines obligations internationales liant le Québec », puisque le législateur a fait le choix d’utiliser la clause dérogatoire, la CDPDJ se voit dans l’obligation de se conformer à la Loi. Toutefois, « la Loi sur la laïcité de l’État ne doit pas être vue comme un permis général de discriminer », a prévenu la Commission qui entend être « particulièrement vigilante » à cet égard.

Des dispositions de La Loi sur la laïcité sont contraires à la Charte…

D’ailleurs, la Commission dénonce la banalisation, perceptible dans certains commentaires, des atteintes aux droits et libertés protégés par la Charte québécoise, ainsi que par le malaise exprimé par certains par rapport à l’expression publique de la religion. Cela se traduit, selon la CDPDJ, notamment par des commentaires stigmatisants et parfois discriminatoires sur les réseaux sociaux et médiatiques : « Il sera donc primordial de redoubler les efforts de sensibilisation et d’éducation pour atténuer les effets de la loi sur la cohésion sociale au sein de la société québécoise ».

« Maintenant que la Loi est en vigueur, qu’adviendra-t-il des ambitions de toutes les personnes qui se sont investies et ont étudié pendant plusieurs années pour enseigner? Ou que dire encore de ceux et celles qui ont accumulé des dizaines d’années d’expertise pour devenir directeurs et directrices d’école? » – Philippe-André Tessier, président de la CDPDJ

Malgré tout, l’organisme gouvernemental rassure qu’elle n’arrêtera pas de défendre les droits de chaque personne au Québec, peu importe leur genre, leur âge, leur orientation sexuelle, leurs croyances ou leur religion. « Refuser un emploi ou une promotion à une personne en raison de sa religion est une discrimination », a rappelé Philippe-André Tessier, président de la Commission des droits de la personne et des droits la jeunesse.

« Notre nous, celui de tous les Québécois, a volé en éclats »

M. Tessier ajoute que dans les cas où la Loi sur la laïcité de l’État s’applique, bien que la Commission ne puisse faire enquête, elle pourra répertorier les situations qui lui seront rapportées, lui permettant notamment de documenter et d’analyser l’impact de cette loi sur les personnes directement visées et, plus généralement, sur le climat social.

À lire : Laïcité : l’Archevêque de Montréal met en garde Québec contre un recul des libertés…

C’est le lieu de rappeler que la Commission avait recommandé au gouvernement de ne pas adopter plusieurs dispositions de la loi jugées discriminatoires envers une partie de la population québécoise.

« On ajoute non seulement l’insulte à l’injure avec ces amendements, mais on ajoute l’inacceptable. Des mesures disciplinaires, des surveillants de l’application de la loi, c’est difficile d’aller plus loin dans la honte et la tristesse. Le Québec se souviendra qu’à partir d’aujourd’hui, notre nous, celui de tous les Québécois et Québécoises, a volé en éclats », avait déclaré, dans les minutes qui ont suivi l’adoption de la Loi, Hélène David, porte-parole du Parti libéral (PLQ) en matière de laïcité.

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