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Affaire Khashoggi : quand l’argent frappe, la démocratie s’enfuit…

Baba-Idriss FOFANA

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CHRONIQUE. Ce qu’il convient d’appeler désormais l’affaire Khashoggi n’a pas fini de lever le voile sur le vrai visage [hideux] de l’un des principaux exportateurs de pétrole au monde: l’Arabie saoudite. Ce pays, avec qui les fervents défenseurs de la démocratie au monde, les occidentaux, ont les plus juteux contrats de ventes d’armes qui détruisent des vies humaines. Est-ce l’hôpital qui se fout de la charité?

Le commun des mortels est sous le choc depuis l’assassinat du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, le 2 octobre dernier en Turquie. Même les meilleurs alliés du royaume sunnite crient leur indignation. Au point où Riyad qui avait nié toute implication dans l’assassinat du chroniqueur du Washington Post a fini par reconnaître que l’homme avait été tué, [torturé, étranglé puis démembré], au son sein du Consulat saoudien à Istanbul.

L’Arabie saoudite, le royaume des armes de guerre!

Ceux qui mettent la pression aujourd’hui sur l’Arabie saoudite ne veulent pourtant pas jeter le bébé avec l’eau du bain. En dehors de l’Allemagne, ni les États-Unis, ni la France, encore moins le Canada, ne souhaitent [pour l’instant] mettre un terme aux juteux contrats de vente d’arme de guerre aux Saoudiens. Pour eux, quoi qu’il en soit, l’Arabie saoudite reste l’un des meilleurs partenaires économiques que la planète puis avoir.

Que dire de plus face à ces vies humaines qui sont fauchées au Yémen par les balles assassines vendues par les occidentaux, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni? Quand il s’agit d’intérêts économiques entre États, les intérêts des populations civiles désintéressent. Pendant ce temps, l’ONU continue de tirer la sonnette d’alarme sur « la pire crise humanitaire au monde ». On parle de plus 10 000 morts, dont des milliers d’enfants depuis le déclenchement de la guerre en 2015 au Yémen par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, soutenue par les États-Unis.

Et les enfants meurent de faim, sous les balles…

En août 2018, un bombardement mené par la coalition saoudienne avait tué 51 civils dont 40 enfants dans une province yéménite de Saada selon le Comité international de la Croix-Rouge. En septembre dernier, les commanditaires de cet « acte ignoble » avaient reconnu que cela avait été une « erreur » de la part de la coalition, alors que le raid avait visé un autobus transportant des enfants.

Au moment où le meurtre de Khashoggi remet au goût du jour les questions de violations de droit de l’homme par l’Arabie saoudite, surtout la mise en cause des armes vendus par l’occident, les positions des dirigeants américains, français et canadiens laissent pantois.

À Washington, le président américain se réjouit d’avoir raflé « le plus gros contrat jamais signé dans l’histoire ». Donald Trump veut « bien » sanctionner Riyad pour son implication dans la mort de Khashoggi, mais tout en le caressant « très bien » dans le sens du poil pour ne pas affecter les contrats de vente d’armes, qui créeraient de nombreux emplois aux États-Unis. D’autant plus que pour son premier voyage officiel à l’étranger, le président Trump avait choisi l’Arabie saoudite, d’où il est reparti avec des promesses d’investissements de 450 milliards de dollars pour des « choses », disait-il, et 110 milliards de dollars de contrats d’armement.

Que vaut Khashoggi face aux  juteux contrats ?

Du côté de Paris, le président français pique une colère bleue lorsqu’on lui pose la question de savoir si la France, comme lui demande l’Allemagne, stoppera-t-elle ses exportations d’armes aux Saoudiens malgré le meurtre du journaliste Khashoggi? En retour, Emmanuel Macron refuse de répondre en disant : « Ce n’est pas parce qu’un dirigeant dit quelque chose que je suis censé réagir à chaque fois ». Ce silence vaut la poursuite des 12 milliards d’euros de commandes saoudiennes passés entre 2008 à 2017.

Sans oublier qu’en septembre dernier, le gouvernement espagnol a essuyé de vives critiques pour avoir décidé de maintenir la livraison de 400 bombes à guidage laser à l’Arabie saoudite.

Ici, à Ottawa, le premier ministre canadien dénonce avec la dernière énergie la mort de Jamal Khashoggi et l’incarcération « injuste » du blogueur Raif Badawi, dont la famille se trouve au Canada, mais reconnaît qu’il sera difficile de déchirer le contrat de 15 milliards de dollars de véhicules blindés signé par son prédécesseur Stephen Harper avec l’Arabie saoudite. Estimant que la pénalité financière s’élèverait à au moins 1 milliard de dollars pour les Canadiens.

Certains se demandent pourquoi ces pays du G7, taxés de grandes démocraties, vendent des armes à un pays ou la culture démocratique est au bas à l’échelle planétaire? Mais, ils ne demandent pas pourquoi [pour qui et contre qui] l’Arabie saoudite injecte des milliards de pétrodollars, rien que dans les armes?

Plus besoin de rappeler que les humanitaires sont en train de “perdre la lutte contre la famine” au Yémen, « que 22 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire (75% de la population), que 18 millions sont en insécurité alimentaire, dont une grande partie sont des enfants, que 8 millions ne savent pas comment obtenir leur prochain repas, et que 73% de la population n’a pas accès à l’eau potable ». Non! La seule chose qui prime, c’est comment trouver le juste milieu pour sauver les contrats juteux déjà ficelés avec un pays qui bafoue les droits et la dignité des êtres humains.

En vérité, les vrais complices des Saoudiens [dans leurs agissements], ce sont les occidentaux. Ceux là-même qui sont guidés par le gros gain du pétrole que tout autre chose. Ils réclament la vérité sur la « tuerie sauvage » du journaliste de 60 ans, mais ils n’ont pas fini de dire [toute] la vérité sur leur lien avec l’Arabie saoudite.

« L’assassin qui marche dans les funérailles de sa victime » – Proverbe oriental.

En attendant, le prince héritier Mohammed ben Salmane alias MBS se la coule douce au royaume des armes. L’assassinat de Jamal Khashoggi n’est qu’un « incident hideux » selon les propres mots de MBS. Comme quoi, l’affaire Khashoggi finira [sans doute] par s’éteindre comme un feu de paille. Il suffit juste de révoquer les visas [en occident] des 21 personnes qui seraient impliquées dans la disparition macabre du journaliste saoudien, qui dérangeait tant le pouvoir de MBS. Et c’est tout!

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Journée nationale des patriotes: Ouvert ou fermé?

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Le Québec fête ce 20 mai, la Journée nationale des patriotes. Voici les établissements qui seront ouverts ou fermés durant le congé.

Dans les autres provinces, les Canadiens célèbrent la fête de la Reine, en l’honneur de la Reine Victoria.

Profitez de cette après-midi pour avoir recours aux services des bureaux administratifs publiques car ils seront fermés lundi prochain.

Ouvert ou fermé?

Ce lundi, 20 mai, les commerces d’alimentation, les centres commerciaux, les pharmacies et les succursales de la SAQ seront ouverts.

Les bus et les métros fonctionnent selon les horaires limités des jours fériés.

Le Casino de Montréal, le jardin botanique et les musées seront ouverts le lundi à l’exception du Musée des Beaux-arts.

Les banques, les bureaux du gouvernement du Québec et ceux du gouvernement du Canada, les succursales de la poste, et certains bureaux des arrondissements seront fermés.

Lire aussi : Où et quand se tiennent les spectacles du Carrousel de la GRC au Québec

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42 233 enfants disparus au Canada en 2018, la GRC veut faire la lumière…

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À quelques jours de la Journée nationale des enfants disparus, 25 mai, une journée pour célébrer le retour des enfants disparus retrouvés, pour se souvenir de ceux qui sont toujours portés disparus et pour poursuivre les efforts en vue de les ramener chez eux, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a révélé jeudi qu’en 2018, 42 233 enfants ont été portés disparus au Canada.

En l’honneur de cette journée spéciale, la GRC compte lancer une campagne d’une semaine qui débutera le 20 mai 2019 et qui mettra en vedette des enfants disparus de partout au Canada sur le site Web Disparus-Canada. Cette campagne a pour objectif d’aider à faire la lumière sur les cas d’enfants disparus et d’encourager les personnes susceptibles de détenir des renseignements de les signaler.

La GRC et la Missing Children Society of Canada signeront une entente le vendredi 24 mai afin de renforcer les relations entre les deux organismes et de soutenir leurs efforts respectifs pour retrouver les enfants disparus.

« L’unité de spécialistes de la GRC et ses partenaires travaillent d’arrache-pied et sans relâche pour rendre les enfants à leurs proches chaque année. Cependant, il est toujours possible d’en faire plus. Nous espérons qu’en partageant les histoires de ces enfants disparus, quelqu’un se souviendra peut‑être de quelque chose », a indiqué la Surintendante principale Marie-Claude Arsenault, directrice générale, Centre national des personnes disparues et des restes non identifiés à la GRC.

Partager les histoires pour retrouver les enfants disparus!

Le site Web Disparus-Canada contient des centaines de profils de personnes disparues et constitue un outil d’enquête important. Il est géré par le Centre national des personnes disparues et des restes non identifiés de la GRC, qui aide les organismes d’application de la loi, les médecins légistes et les coroners principaux dans leurs enquêtes sur les personnes disparues et les restes non identifiés partout au pays.

À lire : Ariel Jeffrey Kouakou : 12 mars 2018 – 12 mars 2019, toujours introuvable…

Le 25 mai prochain, la GRC invite les populations à consulter le site disparus-canada.ca et à lire les histoires afin de contribuer au retour des enfants disparus. « Peu importe si l’enquête est en cours depuis de nombreuses années ou si un élément d’information vous semble insignifiant, vous pourriez être en mesure de fournir la pièce manquante du casse-tête », dit-elle.

  • 73 % des enfants et des jeunes portés disparus sont des fugueurs.
  • 62 % des signalements d’enfants ou d’adolescents disparus ont été retirés dans les 24 heures, tandis que 92 % l’ont été dans la semaine.
  • 57 % de tous les signalements de personnes disparues concernent des enfants.

Même si la grande majorité des personnes disparues sont retrouvées après quelques jours, fait remarquer Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, d’autres ne le sont pas. Il reconnaît que ces disparitions bouleversent leur famille et leurs amis, et peuvent s’avérer dangereuses lorsqu’il s’agit d’actes criminels.

À lire aussi : Sign4L : une application pour retrouver les enfants disparus

« Aujourd’hui, nous avons une pensée pour tous ces enfants qui manquent toujours à l’appel et pour leurs proches, qui attendent qu’ils reviennent sains et saufs », a souligné M. Goodale, tout en saluant « les efforts des policiers de tout le pays, qui continuent de travailler sans relâche pour ramener ces enfants chez eux ».

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PL 21 sur la laïcité : l’Archevêque de Montréal met en garde Québec contre un recul des libertés…

Baba-Idriss FOFANA

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Alors que les discussions se poursuivent sur le projet de loi (PL 21) visant à affirmer la laïcité de l’État et à préciser les exigences qui en découlent, « nous ne pouvons que craindre un recul des libertés individuelles », a critiqué jeudi, dans une déclaration, Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal.

Cette sortie de l’Archevêque de Montréal intervient à l’occasion de la dernière journée des consultations particulières sur le projet de loi (PL 21), qui vise à interdire le port de signes religieux à certaines catégories d’employés de l’État, dont les enseignants, et à assurer que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert. « Comment ne pas voir dans l’interdiction du port des signes religieux une entrave à la liberté de conscience et de religion, voire même une atteinte à la dignité humaine de personnes tenues de se cacher ou de taire leur identité au nom d’une présumée neutralité ? », s’est offusqué Monseigneur Christian Lépine.

« Un État qui se dit neutre de manière si subjective ne peut réellement se réclamer du respect de la dignité de ses citoyens, car la société n’est pas homogène »

– Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal

Le projet de loi (PL 21) prévoit en effet modifier la Charte des droits et libertés de la personne en les conditionnant tout comme les droits fondamentaux, au strict respect de la laïcité de l’État. « S’il est compréhensible que l’État puisse affirmer sa neutralité au regard de ses prérogatives, celle-ci est faite pour signifier une ouverture et une bienveillance devant le fait religieux et la diversité de croyances », a martelé l’homme de Dieu.

La religion n’a-t-elle plus sa place dans l’espace public?

L’Évêque montréalais croit savoir qu’« un État qui se dit neutre de manière si subjective ne peut réellement se réclamer du respect de la dignité de ses citoyens, car la société n’est pas homogène ». « Ainsi, comme le soulignait très justement l’Assemblée des évêques catholiques du Québec dans sa déclaration du 6 mars 2019, quel est le bien-fondé d’étendre cette interdiction du port de signes religieux aux enseignantes et aux enseignants sinon de les priver d’un droit fondamental? », a-t-il questionné.

Pour Monseigneur Lépine, si les enseignantes et enseignants ne peuvent pas porter à leur discrétion des signes religieux, le message qui est donné aux enfants et aux jeunes est que la religion n’a pas sa place dans l’espace public, réduisant ainsi les croyants et les croyantes dans leurs droits les plus fondamentaux.

« En tant qu’État de droit, ne pourrait-on pas plutôt envisager une conception de la laïcité à travers laquelle l’État préserverait, protègerait et promouvrait ces libertés dans l’espace public ? »

– Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal

Le guide religieux soutient que le port de signes ou de vêtements comme manifestation d’appartenance à une communauté religieuse est un droit fondamental dans l’exercice de « la liberté de pensée, de conscience et de religion », comme le stipule l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par les États signataires en 1948. « Nous attendons du gouvernement québécois qu’il respecte cet engagement et garantisse ce droit fondamental et inaltérable », a martelé le responsable de l’Archidiocèse de l’Église catholique à Montréal.

À lire : Projet de loi sur la laïcité : un « recul historique » pour les droits fondamentaux ?

Il souhaite que le gouvernement Legault puisse permettre l’établissement d’un dialogue dans le respect mutuel et de découvrir les valeurs et les croyances de toutes les communautés qui constituent et enrichissent « notre société pluraliste et égalitaire », des principes à travers lesquels beaucoup d’autres sociétés jalousent le Québec, selon Monseigneur Christian Lépine.

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