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La folie architecturale de Polytechnique Montréal : Une station métro au 3e étage

Hanen Hattab

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Crédit photo Polytechnique Montréal

En 2019, les voyageurs de la Société de Transport de Montréal (STM) rouleront tous à bord du métro Azur. Les voitures MR-63, qui circulent depuis 1966, ne disparaîtront pas pour autant du paysage montréalais. Une en particulier a quitté l’ancienne flotte pour occuper une place de choix dans la vie estudiantine de Polytechnique Montréal.

En l’absence d’un musée d’artefacts historiques du transport en commun, la STM avait lancé un appel de projets visant le recyclage des MR-63.

Depuis octobre 2016, des groupes d’étudiants des domaines du génie civil, mécanique, industriel et chimique, du design et des communications travaillent ensemble pour réaliser le projet de Polytechnique, retenu par la STM.

Baptisé Station Polytechnique Alstom, le réemploi de la voiture MR-63 défie les lois de la gravité et s’inscrit ainsi dans la lignée des rêves de l’ingénierie moderne.

Philippe Tanguy, le directeur général de polytechnique, souligne que le projet appartient notamment à l’héritage technologique de la STM auquel Polytechnique a toujours contribué.

« Comme vous le savez l’ingénierie durable fait partie intégrante de la formation dispensée entre nos murs. Ainsi Polytechnique renforce d’une autre manière son engagement dans le développement durable en recyclant et en valorisant cette voiture », souligne M. Tanguy, lors du dévoilement du don d’Alstom, le 17 mai 2018.

Un espace annexe intérieur

La voiture sera suspendue dans l’espace vide situé dans la partie donnant sur l’atrium Lorne-M-Trottier du 3e étage du pavillon Lassonde. L’idée est aussi poétique qu’audacieuse.

« À l’origine du projet des étudiants allumés portés par un désir d’innovation. Ils ont repoussé les limites des défis technologiques, financiers et logistiques » Denis Tremblay, président du conseil d’administration de la fondation de Polytechnique.

De gauche à droite : M. Carl Desrosiers, membre des CA de la Fondation de Polytechnique et de Polytechnique Montréal; Mme Isabelle Péan, présidente directrice générale de la Fondation de Polytechnique; Mme Catherine Joly Lapalice et M. Raphaël Obonsawin, étudiant; M. Philippe Tanguy, directeur général de Polytechnique Montréal ; M. Angelo Guercioni, président et directeur général d’Alstom Canada; M. Souheil Abihanna, vice président et directeur grands comptes d’Alstom Canada; M. Denis Tremblay, président du conseil d’administration de la Fondation de Polytechnique.

Des pièces seront retirées pour alléger la voiture. Une fois arrivée à destination, une folie architecturale et une audace logistique attendent les équipes du projet.

« La contrainte technique la plus difficile a été de ne pas toucher à l’intégrité structurale du pavillon sur laquelle sera soutenue la structure. La difficulté est aussi de faire rentrer le wagon à l’intérieur du bâtiment », explique Raphaël Obonsawin, représentant de la Station et étudiant à Polytechnique.

La cabine bénéficiera de la lumière qui pénètre par le mur rideau. Elle sera montée sur « une structure en forme de T. » « Des poutres en acier seront ancrées dans la dalle du 3ème étage par des ancrages chimiques. Il y aura d’autres poutres secondaires qui partiront du T pour supporter les points d’appui de la voiture », décrit M. Obonsawin.

13 tonnes seront transportées, soulevées et installées grâce aux efforts de toutes les personnes impliquées dans le projet et le don d’Alstom qui s’élève à 300 000 $.

Station Polytechnique Alstom ouvrira ses portes dès l’automne 2019.

Un îlot de bien-être

« Ce projet vise avant tout à promouvoir le bien-être et à sensibiliser la communauté étudiante à la santé mentale », M. Tanguy.

Les chiffres sont parlants. « 75 % des troubles mentaux apparaissent avant l’âge de 25 ans (groupe auquel appartiennent la plupart des étudiants universitaires). » On note aussi que « les garçons sont les plus à risque. »

Les consultations menées par le Service aux étudiants de Polytechnique et deux associations étudiantes ont mis en exergue trois facteurs importants, soit : Le stress lié aux études, la banalisation de la souffrance, la méconnaissance des services offerts et le manque d’espaces pour échanger sur d’autres sujets que les études.

« La voiture deviendra un lieu familier où il fera bon échanger et se détendre et la programmation permettra de mieux faire connaître les services d’aide offerts à Polytechnique », expliquent M. Obonsawin et Mme. Érika Lajeunesse, membres du comité Station Polytechnique.

Crédit photo:
Crédit photo Polytechnique Montréal

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Actualités

Canada : le Bureau de la Concurrence alerte sur les jouets intelligents

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On est en plein période d’achats des cadeaux, surtout pour les enfants, parfois sans faire attention à certains détails. À l’heure de l’Internet des Objets, même les plus petits n’échappent pas à la collecte des données personnelles.

En fait, certaines plateformes utilisent les jouets comme un pont pour faire du marketing caché. C’est pour cette raison que le Bureau de la Concurrence a lancé ce mardi, 11 décembre, un appel aux consommateurs afin de faire attention avant d’acheter et lors de l’usage des jouets connectés.

Qu’est ce que le marketing caché et comment passe t-il par les jouets pour atteindre ses consommateurs potentiels ?

Il existe des jouets qui peuvent être connectés à des applications pour fonctionner ou pour proposer d’autres options de jeux. Or ce type de jouet peut être muni de dispositif d’écoute pour capter les conversations à proximité. L’objet se transforme ainsi en espion insoupçonné et ludique. En effet, à partir de mots clés détectés dans la conversation la tablette ou le cellulaire intelligent affichent des publicités ciblées. Il s’agit dans ce cas du marketing caché. Dans la même veine, certains jouets sont programmés pour émettre des messages publicitaires confinés dans l’interaction avec l’enfant.

Le Bureau de la Concurrence alerte notamment sur les jouets qui sont mal conçus et qui comportent des failles de sécurités. En s’y connectant, on s’expose ainsi aux attaques des cyber-pirates.

Or les jouets intelligents ne sont pas tous à craindre.

À retenir avant d’acheter des jouets intelligents

Pour éviter de faire des mauvais choix voici les conseils du Bureau de la Concurrence :

  • Se renseigner au préalable sur les risques ou les problèmes connus du jouet
  • Lire attentivement toutes les modalités d’utilisation du jouet
  • S’informer sur le fabricant et n’achetez que de marques connues et bien réputées
  • Apprendre la méthode de fonctionnement du jouet
  • S’informer sur les renseignements qui seront recueillis et la façon dont ils seront utilisés, conservés et partagés
  • Utiliser des réseaux Internet sécurisés et dignes de confiance
  • Modifier le nom d’utilisateur et le mot de passe assignés par défaut par le fabricant. Utilisez un mot de passe fort
  • S’assurer de faire les mises à jour de sécurité du jouet
  • Surveiller les activités des enfants lorsqu’ils s’amusent avec le jouet
  • Éteindre le jouet et le déconnecter pour un surcroît de sécurité entre les séances de jeu
  • Apprendre à supprimer les renseignements personnels des enfants si le jouet est perdu ou jet

Lire aussi : Des organismes de protection des consommateurs européens portent plainte contre Google

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Technologie

Canada en programmation : une semaine pour apprendre le codage aux élèves

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La Semaine Canada en programmation est une semaine complète consacrée à l’apprentissage de la programmation qui a lieu du 3 au 10 décembre 2018. L’organisme Canada en programmation conçoit et met en œuvre des programmes d’apprentissage de la technologie et établit des partenariats d’enseignement pour les populations canadiennes.

En apprenant la programmation, les élèves découvrent le plaisir de créer avec la technologie et d’aller au-delà de la simple consommation de celle-ci. Durant cette semaine, Canada en programmation propose aux enseignantes et aux enseignants un grand nombre d’activités amusantes conçues pour les aider à initier leurs élèves à la programmation et à la pensée informatique.

Cette année, les leçons abordent les thèmes suivants :

  • L’assistance vocale, avec un exercice de réflexion sur la conception;
  • Une leçon de programmation hors ligne sur le basketball;
  • L’innovation au Canada, avec le développement Web;
  • L’avenir avec des voitures autonomes;
  • La création d’un monde de réalité virtuelle inspiré d’une œuvre d’art autochtone.

« J’ai vraiment aimé les leçons! Plus la sélection est grande, mieux c’est. Je vous remercie pour ce bel événement. Mes élèves l’ont adoré! Aujourd’hui, ils m’ont demandé d’organiser une autre heure de code. Nous avons programmé une heure par jour pendant une semaine, et ce fut une excellente expérience. » – Ka Scott, Conseil scolaire du district de Thames Valley (Ontario)

L’organisme croit que les compétences numériques sont des outils d’épanouissement. « Notre société évolue, et nous souhaitons préparer le Canada à ce changement. Nous sommes là pour nous assurer que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens, particulièrement les femmes, les jeunes filles, les personnes handicapées, les jeunes autochtones et les nouveaux arrivants, ont accès aux connaissances essentielles afin de s’épanouir dans une société numérique », confie Canada en programmation sur son site web.

Quand Trudeau était prof…

Sur son compte Twitter, le premier ministre Justin Trudeau avoue que lorsque qu’il était prof, « les écoles enseignaient rarement le codage ». « Mais, poursuit-il, plus d’enfants apprennent maintenant à coder, un grand atout pour l’avenir de notre économie ». M. Trudeau a felicité tous les enseignants qui participent à la semaine #CanadaEnProgrammation de @learningcode.

À lire aussi : la Barbie de l’ère numérique initie au codage

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Technologie

États-Unis, le premier service de taxi sans conducteur est lancé à Phoenix

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Alphabet, la filiale de Google, entame le projet des premiers Taxis sans conducteurs aux États-Unis.

La voiture Waymo, initialement appelée Google Car, est désormais lancée à Phoenix. À partir d’une application, les utilisateurs peuvent avoir recours au service du véhicule autonome 7/7 et 24/24. Trois adultes et un enfant peuvent monter à bord de la toute première Waymo One.

Déploiement d’une première version du service

Dans une première étape, les clients prendront la place du conducteur pour éviter les accidents. Ils auront un accès rapide à l’assistance téléphonique et par chat. Le service met à leur disposition notamment des réponses aux questions courantes, par exemple s’ils peuvent ou non changer de destination une fois en route. Cela permettra à l’entreprise de tester l’interaction des clients avec le véhicule et ses services principaux.

Tout comme les autres prestataires de services de transports privés, la plateforme donne une estimation du prix du trajet et affiche les commentaires des utilisateurs. Les premiers usagers sont des personnes qui ont déjà participé au programme de tests de l’entreprise.

Californie, le taxi sans conducteur en attente de la première législation

Alphabet qui développe Waymo compte introduire le service de taxi autonome progressivement afin d’éviter de faire des faux pas comme Uber. L’entreprise est autorisée à tester ses voitures sur les routes californiennes. Or cela ne lui garantit pas de lancer prochainement un service payant dans cet état. Les projets à long terme de la société reposent en fin de compte sur la législation (en cours), tout autant que sur des perfectionnements technologiques.

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Voiture autonome, Québec lance le premier projet pilote sur voie publique au Canada

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Source : medium.com

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