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Le cannabis, comme un feu de paille au Québec

Baba-Idriss FOFANA

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À mesure que vous tirez un joint avec intensité, aussi facilement vous videz les succursales de la Société québécoise de cannabis (SQDC). Non seulement le POT se fait rare, mais en plus, la misère commence à se lire sur les visages. À qui la faute?

Cette date du mercredi 17 octobre 2018 restera une journée mémorable dans l’histoire du Canada. En cause, la loi sur la légalisation de la drogue [le cannabis] est entrée en vigueur. Dans tout le pays, on a vu des citoyens immortaliser l’achat d’au moins un gramme de cannabis. Mais ce n’était pas tout! Les jours qui ont suivi, tous les commerces ont été pris d’assaut par des consommateurs, comme s’ils voulaient en découdre avec le pot pour une bonne fois.

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Au Québec, devant les succursales de la SQDC, on pouvait apercevoir des gens en rang, les uns après les autres, en file indienne dans l’espoir de se procurer du cannabis. Ces images ont marqué le monde entier et les autorités canadiennes s’en réjouissaient, puisqu’elles croyaient avoir donné une « vraie raclée » au marché noir de la drogue. Dire que le crime organisé contrôle le marché du cannabis au pays, la Palice en aurait dit autant !

Cannabis : tout ça pour ça?

Bref, le bilan de la première semaine de vente de cannabis est assez évocateur en chiffres et en dollars canadiens. « On chiffre à 53 300 le nombre de transactions en ligne et à 84 850 le nombre de transactions dans le réseau des succursales, soit un total de 138 150 pour la première semaine d’opération », nous apprend la SQDC. Du côté de l’Ontario, la Société ontarienne du cannabis (OCS) révélait plutôt le 19 octobre via son compte Twitter avoir traité « plus de 100 000 commandes » en ligne depuis le 17 octobre, cette seule journée la province aurait amassé 750 000 $.

«La fermeture des succursales, ça va durer autant que l’approvisionnement ne sera pas au rendez-vous. On peut prévoir un trimestre à deux. On pense qu’au printemps, l’équilibre entre la production et la demande devrait être au rendez-vous » – Jean-François Bergeron.

Puis 10 jours après l’ouverture en grande pompe du marché légal de vente de cannabis au Canada, les commerces tendent à démontrer leur incapacité à répondre à la demande. Pour preuve, depuis le vendredi 26 octobre, un communiqué de la Société québécoise de cannabis laisse entendre que désormais ses boutiques resteront fermées les lundis, mardis et mercredis, faute de marchandise. Si la SQDC parle de sa “pénurie” avec franchise, du côté de l’OCS ce n’est pas le cas. La Société ontarienne du cannabis fait croire aux internautes que « l’OCS dispose d’un approvisionnement de produits adéquat pour répondre à la demande ».

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Et pourtant! Parlant d’approvisionnement du marché, le responsable de la mise sur pied de la SQDC, Jean-François Bergeron, a confié lors d’une entrevue à RDI, mardi 30 octobre, que [toutes] les provinces vivent le même problème. « Ce n’est pas qu’au Québec, c’est un problème de capacité de production et non de planification », a précisé M. Bergeron qui prévient d’ailleurs que « la fermeture des succursales va durer autant que l’approvisionnement ne sera pas au rendez-vous ». Pire, la SQDC prévoit un trimestre à deux pour le retour à la normale. « On pense qu’au printemps, l’équilibre entre la production et la demande devrait être au rendez-vous », a poursuivi Jean-François Bergeron.

Un spectacle qui frise le ridicule…

Quel triste spectacle! Croire que la machine du pot s’arrêterait en plein décollage, sachant que la légalisation du cannabis était initialement prévue pour juillet 2017, cela « frise le ridicule ». Le Canada était-il [vraiment] préparé pour cette légalisation du cannabis? L’une des thèses défendues par la SQDC serait le fait qu’une centaine de producteurs sont en attente de leur licence, et que ces licences en question sont à trois niveaux, à savoir pour la production, la transformation et la vente. Tout ça pour ça?

C’est à croire que le fédéral et les provinces ne parlent pas le même langage sur le cannabis. On a l’impression que le Québec s’est juste rendu compte, seulement après le 17 octobre, que la province ferait face à des problèmes d’approvisionnement. D’autant plus qu’il y a moins de deux mois, soit le 30 août dernier, la Société québécoise de cannabis annonçait l’ouverture de 14 succursales. Un chiffre qui devrait être porté à une vingtaine d’ici fin octobre 2018. C’est finalement un rendez-vous manqué.

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Dans son entrevue à RDI, M. Bergeron n’a pas caché de dire qu’il n’y aura “pas d’ouverture de nouvelles succursales” de vente de cannabis au Québec avec cette pénurie, qui ne permet même pas à la SQDC de fonctionner 7j/7j. « On voulait être au rendez-vous pour une vingtaine de succursales. Dans le contexte actuel, on va freiner, c’est sûr, il n’y a pas lieu d’ouvrir de nouvelles succursales tant que la production n’est pas là », s’est-il défendu une fois de plus.

Un gros concurrent aux pieds d’argile!

Pendant ce temps, le marché noir, qui est tombé en veilleuse, reprend du poil de la bête. Puisqu’au Québec, la culture de cannabis à la maison est interdite. La loi québécoise adoptée en juin dernier en prévision de la légalisation interdit toute culture de cannabis non thérapeutique à domicile, et ce, même si la loi fédérale autorise jusqu’à quatre plants à la maison.

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Finalement, les consommateurs se retrouvent avec deux grands monopoles : gouvernement et trafiquants. Or, on sait présentement que le gouvernement est en rupture de stock. Tout est parti, en un temps record, comme un feu de paille. Le marché noir, celui du crime organisé, qui avait « craint » l’entrée en scène de la drogue légale le 17 octobre et vu « détourner » une grosse partie de sa clientèle va certainement pousser un ouf de soulagement. On imagine qu’ils [les dealers] sont en train de dire quelque part dans le noir : « il y a eu plus de peur que de mal… c’est un gros joueur aux pieds d’argile ».

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Départ de Catherine Fournier : trois «ingrédients indispensables» de Dieudonné Oyono pour ressusciter le PQ

Baba-Idriss FOFANA

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Dieudonné Ella Oyono en 2018. Photo : Parti québécois (PQ).

Avec le départ de Catherine Fournier du Parti québécois (PQ), d’aucuns diront que « ce n’est pas la fin du monde ». Mais pour d’autres, il y a tout de même un « gros boulot » à faire pour la survie du parti. Au risque de voir disparaître le PQ, qui « à force de perdre est devenu perdant », selon les propos tenus par la plus jeune députée de 26 ans, lorsqu’elle claquait la porte du « navire bleu » le lundi 11 mars.

Six mois après la cinglante défaite aux élections générales provinciales du 1er octobre 2018, les péquistes sont à la croisée des chemins alors que le Parti bat de l’aile. La formation politique qui avait difficilement obtenu 10 sièges à l’Assemblée nationale vient d’en perdre. Le PQ ne compte plus que 9 députés, n’étant plus à égalité avec Québec solidaire qui tient « solidairement » ses 10 élus.

Cette réduction du nombre d’élus intervient dans la foulée du départ abrupt de la députée de la circonscription de Marie-Victorin, Catherine Fournier. Celle qui se qualifie désormais de « souverainiste indépendante », croit savoir que son ex-parti politique n’est plus « le véhicule approprié pour faire du Québec un pays ». Et pour le dire, elle n’a pas porté de gants : « La vérité, c’est que le Parti québécois a cessé d’attirer et de se renouveler. Trop de Québécois ne l’écoutent plus. À force de perdre, le Parti québécois est devenu perdant ».

Jeter le bébé avec l’eau du bain ?

Si les propos de Mme Fournier ont pu froisser et continuent de susciter une « vague de déception » chez des péquistes, il n’en demeure pas moins vrai que le parti quinquagénaire a perdu de son lustre d’antan. Pour ce qui est de son idéologie politique, qui voudrait que le Québec prenne son indépendance dans le Canada, il y a lieu de croire que le projet souverainiste s’est périclité avec les « déboires » accumulés ces dernières années. Faut-il pour autant enterré le parti ?

Réagissant au départ de Catherine Fournier sur Facebook, Dieudonné Ella Oyono, candidat péquiste défait par les libéraux dans la circonscription Saint-Henri-Sainte-Anne en octobre dernier, dit « comprendre » les frustrations de la jeune députée et se « reconnaît » à la limite dans plusieurs constats qu’elle fait. Et s’il dit « respecter » la décision de Mme Fournier, même s’il ne tire pas « les mêmes conclusions » qu’elle, M. Oyono refuse de jeter le bébé avec l’eau du bain.

« Oui, le PQ est un grand parti, oui il est dans une zone de turbulences mais non ce n’est pas la fin. »

– Dieudonné Ella Oyono, conseil exécutif du PQ dans Pointe-aux-Trembles

Malgré tout, Dieudonné pense que « l’exécutif national démontre clairement sa volonté de changement avec un plan crédible », qui a été dévoilé au lendemain du départ de l’élue de Marie-Victorin, en prévision du Conseil national du PQ qui se tient les 23 et 24 mars prochain. Sauf que, selon celui qui a été le premier président du Comité de la diversité du Parti québécois, « il reste à voir comment les membres de la Conférence nationale des présidentes et des présidents en disposeront ». Car, prévient-il, « l’avenir du PQ dépend ultimement de la mise en œuvre rigoureuse de ce processus ».

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Croyant encore en l’avenir du Parti québécois, d’autant plus qu’il vient de se voir confier la présidence du Conseil exécutif du PQ dans Pointe-aux-Trembles, Dieudonné Ella Oyono croit comprendre que la survie de son parti passe par « trois ingrédients indispensables » à son projet de société, à savoir : « la fierté », « l’audace » et « la solidarité ».

L’audace, la fierté, la solidarité…

D’après lui, tant que les Québécois ne seront pas « fiers d’être Québécois », il n’y aura pas de majorité pour appuyer la souveraineté. Il n’est pas question pour les péquistes, selon M. Oyono, de « se mettre la tête dans le sable » en refusant de « voir des évidences » mais de « célébrer des accomplissements » en tant que peuple. « Il y a déjà assez de monde pour dénigrer le Québec, pourquoi s’y mettre nous-mêmes? », s’interroge-t-il.

« Qui gagne à opposer la métropole, la Capitale nationale et les autres régions? Pourquoi exacerber les différences d’opinion entre générations? Qui a décrété que l’«élite» regarde toujours le «peuple» de haut? », s’interroge Dieudonné Ella Oyono.

Il reconnaît que « le modèle québécois n’est pas parfait ». Toutefois, l’auteur du livre « Comment tomber en amour avec son nouveau pays? » pense que les Québécois ont « de quoi être fiers comme nation ». Pour être maître de son destin, rappelle-t-il, c’est de se donner les moyens de réaliser ses ambitions. « Sans de grandes ambitions retardées ou refusées par le Canada, point d’engouement pour l’indépendance », écrit Dieudonné Oyono, qui demande à son parti d’être « audacieux ».

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Un vœux cher, il souhaite la « mise en évidence » des contradictions sur des « enjeux fondamentaux » afin de « permettre au peuple québécois de prendre la « décision ultime » pour assurer sa survie et son avenir. Pour y parvenir, le numéro 1 du Conseil exécutif du PQ dans Pointe-aux-Trembles appelle également à la « solidarité ». Sans quoi, souligne M. Oyono, « même avec la plus forte croissance économique, si certains restent sur le bord du chemin, on ne pourra jamais les convaincre d’embarquer dans le train de l’indépendance ».

Aux péquistes, la meilleure manière de sortir le PQ de la « zone de turbulence », si l’on en croit Dieudonné Ella Oyono, c’est de « changer d’attitude et de discours ». « Les défis que nous avons à relever commande un changement d’attitude et de discours pour avancer ensemble comme société », a-t-il suggéré pour conclure.

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Déshabillée par La Presse, la Régie du logement du Québec en mode panique ?

Baba-Idriss FOFANA

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C’est l’une des rares sorties de la Régie du logement au Québec. Détrompez-vous! Car, il ne s’agit pas de l’annonce d’une « bonne nouvelle » aux locataires, en attente d’une réponse depuis belle lurette. Le tribunal du logement vient plutôt pour se porter à sa propre défense. Un reportage de La Presse intitulé « Plaintes à la Régie pour des logements moisis : des années d’attente », publié mardi 12 mars sur le site web du journal à carrément mis à nu les déboires ou la lourdeur administrative de la Régie, dont la côte à vraisemblablement chuté depuis bien longtemps.

Une véritable reforme de la Régie du logement ira-t-elle de l’avant désormais avec le gouvernement Legault ? D’après La Presse, les locataires qui poursuivent leur propriétaire à la Régie doivent « attendre une éternité [voire quatre ans] pour obtenir que des travaux soient réalisés chez eux », citant trois cas de locataires qui se sont plaints des effets des moisissures sur leur santé et qui ont fini par gagner après plusieurs années à l’effet d’obtenir une compensation.

Ces informations semblent mettre très « mal à l’aise » la Régie du logement au point de s’adonner à une sortie inhabituelle. Elle aurait souhaité « une vérification rigoureuse et critique » des données et des cas étudiés. Ce qui aurait permis d’établir, d’après elle, un portrait plus juste des délais de traitement de ce type de dossier traité par La Presse. « (..) Deux des cas cités dans le reportage visaient à obtenir une diminution de loyer ou des dommages-intérêts, mais non pas à obtenir une ordonnance relative à l’exécution de travaux en lien avec l’insalubrité du logement », dit la Régie dans un communiqué de presse.

Des informations appuyées par une étude universitaire…

Pourtant, les informations de La Presse sont appuyées par une récente étude, dont elle a obtenu copie, menée par Martin Gallié, professeur de droit à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), et Julie Verrette, étudiante à l’École du Barreau. Ces derniers auraient suivi « le parcours de 38 plaignants à la Régie du logement, des locataires qui se plaignaient des moisissures dans leur logement ». Ils ont fini par arrivé à la conclusion qu’il y avait un « déni de justice » pur et simple pour les locataires aux prises avec des moisissures.

Comme si la Régie minimisait la portée de cette étude, elle souligne que les deux auteurs ont « sélectionnés » 38 cas, alors qu’en 2017-2018, l’organisme dit avoir reçu 485 demandes pour insalubrité sur un total de 69 026 demandes.

« Le temps médian d’attente pour les 38 cas sélectionnés par les deux experts s’établit donc à 1527 jours, entre la constatation du problème de moisissures dans le logement par le locataire et la décision finale de la Régie du logement. C’est donc un peu plus de quatre ans », a rapporté le journal La Presse.

Là encore, la Régie du logement révèle qu’en 2017-2018, le délai moyen pour obtenir une première audience en matière d’insalubrité était de 8,3 mois. De plus, avance-t-elle, 47 % des causes entendues l’ont été dans un délai moyen de 2,6 mois, « ces demandes étant considérées comme urgentes, ce qui est le cas lorsque les motifs exposés dans la demande font état d’un risque pour la santé ou pour la sécurité des occupants ».

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Pendant ce temps, le journal a mis en lumière les problèmes de santé auxquelles sont confrontés certains locataires, aux prises avec les moisissures, du fait de l’inaction de la Régie du logement. « Près d’un ménage sur six (15 %) est carrément aux prises avec des moisissures visibles : c’est notamment le cas des domiciles de 63 000 enfants montréalais. Ces champignons sont responsables, chez ces enfants, de 26 % des cas d’infections respiratoires, de 17 % des cas d’asthme et de 14 % des cas de rhinite allergique hivernale », a rapporté la journaliste Katia Gagnon, auteur du reportage.

Une Régie à la solde des propriétaires ?

En réponse, le tribunal du logement rappel que la loi permet à un locataire d’abandonner son logement devenu impropre à l’habitation. Dans un tel cas, dit la Régie, il [le locataire] doit aviser le locateur de l’état du logement avant l’abandon ou dans les 10 jours de l’abandon. Mais avant de quitter le logement, « le locataire doit être raisonnablement certain que le locateur ne résoudra pas le problème rapidement ».

Au dire de l’organisme provincial dont le mandat est de régir le marché locatif résidentiel, « un locataire peut aussi refuser de prendre possession d’un logement lorsqu’il constate qu’il est impropre à l’habitation ». Le bail est alors résilié de plein droit. « Dans un tel cas, le locataire a un recours possible en dommages et intérêts », précise la Régie du logement dans son communiqué visant à rétablir les faits rapportés par La Presse.

À lire aussi : Logements insalubres, Montréal au pied du mûr

C’est le lieu de rappeler qu’en 2018, le Regroupement des comités aux logements et associations des locataires du Québec (RCLALQ) militait pour « une Régie du logement équitable » à travers la campagne « la Régie du logement, une machine à expulser les locataires ». « Nous revendiquons que les dossiers impliquant la santé et la sécurité des locataires soient entendus dans des délais très rapides, soit de 72 heures maximum. Il est impératif de réformer la Régie afin d’en faire un tribunal juste et accessible », a tweeté mardi le RCLALQ en commentaire au reportage de La Presse.

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Bénévole ou Volontaire? le maître-mot, c’est la confusion…

Baba-Idriss FOFANA

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Suite à l’adoption d’une résolution le 17 décembre 1985 par les Nations unies, c’est le 5 décembre de chaque année que le monde entier célèbre la Journée internationale des Volontaires (JIV). Mais sous d’autres cieux, notamment au Canada et dans certains pays, on célèbre la Journée internationale des bénévoles (JIB). Et pourtant…

Cette année, la célébration de la Journée du 5 décembre est l’occasion d’aborder la confusion qui règne sur deux mots clés : Bénévolat et Volontariat. Si « bénévole » se traduit en anglais par « volunteer », ce mot ne signifie pas pour autant « volontaire » en français. Dans l’un ou l’autre, c’est l’engagement qui compte. Mais cela suffit-il à faire la différence ?

« Volunteer » veut dire « Volontaire » ou « Bénévole » ?

Sur le site internet de l’ONU on parle de la Journée internationale des Volontaires. Le thème marquant la célébration de l’événement de 2018, est indiqué comme suit : « Les volontaires construisent des communautés résilientes ». Sur le site canadien, volunteer.ca, qui parle du même événement, il est plutôt marqué « Les bénévoles construisent des communautés résilientes ». Ça ressemble bien à un jeu de mot!

Juste pour mettre fin à l’enchaînement pléonastique « bénévole volontaire », l’Office québécois de la langue française (OQLF), intervient pour indiquer que le nom bénévole signifie « personne qui fait une chose sans obligation et gratuitement » et l’adjectif volontaire signifie « qui agit librement, sans contrainte extérieure ». Là encore, il s’agit de nom et d’adjectif…

Il y a tout de même une confusion qui donne l’impression que le « volontariat » n’existe ni au Québec, ni au Canada, puisqu’on ne parle que de « bénévolat » le plus souvent. Pourtant, ces deux situations relèvent de deux statuts distincts qu’il convient de bien différencier, selon le Centre d’Information et de Documentation Jeunesse (CIDJ).

Cette association française créée en 1969 par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, précise que « le bénévolat est un engagement libre, sans condition d’âge ni de diplôme ». Alors que « le volontariat est un engagement contractuel et exclusif. Vous êtes donc soumis à un contrat qui ne concernera que l’association pour laquelle vous vous engagez ». Même si le CIDJ reconnaît que le bénévolat et le volontariat naissent d’une même volonté : l’envie de se mettre au service de la collectivité par un engagement individuel désintéressé.

Les Volontaires ne sont pas des Bénévoles!

N’est-il pas temps de mettre fin à la confusion, au Québec et dans l’ensemble du Canada? D’autant plus que le bénévolat n’est pas synonyme de volontariat. D’ailleurs, c’est l’occasion de parler du programme de Volontariat internationale de la Francophonie (VIF), qui existe depuis 10 ans. L’appel à candidature pour la promotion 2019 a été lancé mercredi 5 décembre, lors de la Journée internationale des volontaires, par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Le VIF offre la possibilité à des jeunes francophones, âgés de 21 à 34 ans, de mettre leurs savoirs, savoir-faire et savoir-être à la disposition d’un projet de développement et de vivre une expérience de mobilité internationale dans l’espace francophone, au sein d’institutions francophones souhaitant bénéficier de l’appui d’un volontaire pour la réalisation de leurs projets.

Les jeunes recrutés, pas en tant que bénévoles, vont devoir s’engager, moyennant des indemnités leur permettant de se loger et se mourir, pendant 12 mois au service de l’une des missions de la Francophonie : La promotion de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique; La promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme; L’éducation, la formation et la culture; L’appui au développement durable et la solidarité; Les NTIC pour la réduction de la fracture numérique.

Pour accéder à la liste des postes, rendez-vous sur : https://jeunesse.francophonie.org/volontariat/liste-des-offres-de-mission

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