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Le droit d’importuner !

Saoud Maherzi

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Se moquer des noirs, des juifs, des arabes, avoir des positions fondamentalement de droite, être religieux, être nationaliste, revendiquer les valeurs d’un pays. Parler avec rudesse, vulgarité, ne pas considérer les susceptibilités des uns et des autres en se positionnant dans le débat public. Écrire des articles remettant en question l’Islam, ou toute religion, faire un spectacle qui ridiculise la culture du viol. Revendiquer le droit à une identité, critiquer le multiculturalisme.

Il ne s’agit pas d’être d’accord avec ces actions, il ne s’agit pas de les avaliser. Il s’agit de leur laisser une place dans l’espace public. C’est la liberté d’expression de chacun d’exposer sa pensée, d’exprimer son art, quelque soit sa position, quelque soit le message.

La nouvelle gauche militante – héritière des mouvements sociaux des années 1960 (Mai 68, Woodstock, mobilisation étudiante contre la guerre du Vietnam, etc.) et de leurs implications idéologiques et philosophiques – a adopté de nouvelles méthodes dans sa lutte. Il s’agit de l’attaque de toute expression intellectuelle, journalistique, politique, artistique ou populaire d’une position qui déroge à la sienne. Elle appelle au boycott : à la censure : à l’annulation de spectacle, de conférence, de publication ; et utilise même parfois la violence ou l’intimidation pour empêcher qu’une personne ou un groupe de personnes ne s’expriment. Elle impose que certains mots soient bannis, que d’autres soient utilisés. Tout cela au nom du Bien supposé de sa doctrine. Il suffit de lire George Orwell pour comprendre les conséquences de cette police de la pensée citoyenne. ‘’Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort’’ (1984).

Un récent reportage de Radio Canada, à propos de la liberté d’expression sur les campus, a montré à quel point cette idéologie est présente et fait loi dans les universités. Là où les débats sont censés former la jeunesse, la développer humainement et intellectuellement, le politiquement correct impose le silence et le délit de parole.

Les groupes qui revendiquent la lutte contre le fascisme, contre la haine, pour les droits humains ont cessé de débattre et préfèrent faire taire. Ce n’est ni juste, ni intelligent.

Chacun a le droit de poser des paroles, d’exprimer une position qui dérange. C’est un droit que d’importuner?.  

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Diplômé de HEC Montréal, Saoud a écrit depuis 2013 dans divers médias. Il dédie le plus clair de son temps libre à la lecture, l’écriture et à la boxe trouvant une cohérence dans l'unité de ces activités. "Find what you love and let it kill you" - Bukowski

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Sacrifier la Francophonie sur l’autel des intérêts !

Baba-Idriss FOFANA

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Le drapeau de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sa symbolique.

OPINION. C’est la pire nouvelle du mois, en ce qui concerne la Francophonie. Je parle de cette Organisation internationale, qui rassemble 84 États et gouvernements membres ou observateurs de l’OIF. Ce dispositif institutionnel censé promouvoir la langue française, des valeurs et les relations de coopération aux quatre coins du monde, est en train de devenir un “instrument” politique de rapprochement entre la France et le Rwanda.

Le soutien de la France, annoncé en grande pompe le mercredi 23 mai, à une candidature en provenance du Rwanda pour diriger la Francophonie est scandaleux. Pourquoi ? bah, c’est un peu comme se foutre des francophones, des États et gouvernements qui se battent au quotidien pour accorder une place au français, aux valeurs défendues par l’Institution Cette annonce démontre à quel point la France n’accorde pas d’importance à cette institution qui est l’OIF mais à ses intérêts.

Quand j’apprends des médias français que Paris a officialisé son soutien à la candidature de Louise Mushikiwabo [je n’ai rien contre sa personne], la cheffe de la diplomatie rwandaise à la tête de l’OIF et que désormais Emmanuel Macron est le bienvenu à Kigali, allez-y comprendre le deal avec le président rwandais Paul Kagame. Celui-là même qui n’a hésité un seul instant à tourner le dos à la francophonie. Le Rwanda, de tradition francophone, est devenu officiellement en novembre 2009 le 54e membre du Commonwealth. Bien avant, M. Kagame qui ne parle aucun mot français, a fait adopter l’anglais comme langue officielle [depuis 2003] au pays des mille collines.

Si tel était le souhait de la France : faire déguerpir Michaëlle Jean pour mieux promouvoir la Francophonie, parce parce qu’il n’y aurait pas de transparence, cela regarde la France et les Français. Je n’ai rien à dire! 

Comme le mouton broute là où il y a de l’herbe, la France veut aller certainement faire du ‘’broutage’’ au Rwanda. Un pays qui [20 ans après le génocide des Tutsis qui a fait environ 800 000 morts en trois mois], fait rêver par son modèle économique en Afrique. Qu’est-ce que la France ne ferait pas pour retourner dans ce petit pays d’Afrique de l’Est d’environ 12 millions d’habitants ?

Certes, la France est une puissance mondiale respectable, mais elle ne devrait pas sacrifier la Francophonie sur l’autel de ses intérêts politiques, diplomatiques et économiques. Surtout lorsqu’elle n’est pas le patron de cette institution qu’est l’OIF. C’est vrai que le siège de l’organisation en question est basé à Paris. Toutefois on ne nous dira pas que c’est seulement l’argent du contribuable français qui fait fonctionner la machine « F » ; du moment où la contribution de la France au budget de l’OIF baisse de plus en plus par rapport au Canada.

Les franco-canadiens doivent se réveiller, le Québec surtout. La réaction suiviste du gouvernement québécois suite à la position affichée hier (mercredi 23 mai) par la France m’a laissé pantois.

On peut comprendre que la France ne veut plus de Michaëlle Jean, désignée Secrétaire générale de la Francophonie [pour un mandat de quatre ans renouvelables] les 29 et 30 novembre 2014 à Dakar lors du XVe Sommet de la Francophonie par les Chefs d’État et de gouvernement. Et si tel était le souhait de la France, c’est à dire : faire déguerpir Mme Jean pour mieux promouvoir la Francophonie, parce que les finances ne seraient pas bien gérées, cela regarde la France et les Français. Mais de là, à vouloir faire un marchandage politico-diplomatique à la tête de l’organisation, ce serait gravissime pour l’avenir de l’OIF et de la langue française.

Les franco-canadiens doivent se réveiller. Le Québec surtout qui occupe un siège distinct de celui du Canada dans toutes les instances décisionnelles de la Francophonie. D’autant plus que la province canadienne siège en tant que membre à part entière, avec une voix délibérative. La “réaction lâche” du gouvernement québécois suite à la position affichée hier (mercredi 23 mai) par la France m’a laissé pantois. Mais au fond, je ne suis pas si surpris que ça ! Le premier ministre Couillard qui n’a pas hésité au cours d’un récent voyage en 2018 à Paris pour rappeler à une « saine gestion » de l’argent de la Francophonie pourrait, lui-aussi, envisager le départ de l’actuel Secrétaire générale. Si c’était le cas, c’est son choix.

Francophonie : Le Québec, lèche-bottes de la France ?

Le problème, c’est de ne pas être capable de dénoncer ce soutien de Macron [je parle de la France] à une candidature rwandaise. C’est aussi ça, défendre le français en tout temps. On ne va pas attendre que le gérant de la boutique Adidas dise « un mot en français pour accommoder la ville de Montréal » et se sentir blesser après. Le Québec devrait être toujours prendre position quand le français est en danger. Sinon à quoi bon d’être considéré [Le Québec] comme l’un des membres les plus actifs de l’OIF, notamment en matière de promotion de la langue française et de diversité culturelle ? Je crois que la langue française est une identité du Québec, un patrimoine fondamental des Québécois. Alors, si on à une voix, il faut savoir la rendre audible.

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Le drapeau de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sa symbolique.
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Vincent Marissal à QS, colère bleue au PQ…

Baba-Idriss FOFANA

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Vincent Marissal, chroniqueur politique dans le quotidien La Presse de 2003 à 2017. Crédit Photo: Page Facebook V.M

Cela fait quelques jours que l’ancien chroniqueur politique au journal La Presse, Vincent Marissal (VM), fait le buzz dans l’actualité politique québécoise. En cause, son signalement en politique, du côté de Québec solidaire. Cette intention a été confirmée le mardi 03 avril. À 51 ans, VM sera donc candidat dans la course à l’investiture de QS dans Rosemont. Ce fief électoral occupé, depuis 2012, par le chef du Parti québécois, là où il ne fallait pas oser s’y aventurer.

Du journalisme à la politique, ce n’est certainement pas le fleuve Saint-Laurent qui fait la frontière. Ceux qui ont pensé à un poisson d’avril, avant même le mois d’avril, ont sans doute été déçus d’apprendre la candidature de Vincent Marissal dans le comté de leur champion : Jean-François Lisée. Ces deux anciens journalistes vont devoir s’affronter dans Rosemont, bien entendu, si VM est investi le 31 mai prochain. Faut-il en douter ?

Du côté du PQ, on en est porté à croire que la bataille frontale est inévitable. Tellement elle s’annonce “fratricide” que sur les réseaux sociaux, militants et sympathisants péquistes ont déjà donné le ton. Le “grand mal” de ce monsieur [qui a travaillé pendant 20 ans dans un média taxé de fédéraliste] c’est d’avoir basculé dans un parti souverainiste qui n’est peut-être pas le PQ. Pour ces derniers, l’homme n’a pas une « plume souverainiste » pour prétendre défendre la cause souverainiste. Même quand il revendique son « OUI » lors du référendum de 95. C’est peine perdue. On l’accuse d’avoir cogné la porte des libéraux de Trudeau, même sans y être entré.

Marissal… son crime de lèse-majesté !

Pourtant, VM a laissé entendre mardi que « la relance du mouvement souverainiste passe, elle aussi, par une nouvelle approche et c’est ce que Québec solidaire propose avec la constituante ». Car pour lui, « la seule façon » de faire rayonner le projet indépendantiste du Québec, c’est de « redonner ce grand projet à la population ». Une « approche » qu’il juge « plus populaire » et « moins politicienne », qui sort du « syndrome du sauveur » et de « l’obsession du calendrier ».

« Ma propre relation avec la souveraineté est celle d’un Québécois bien ordinaire. En 1976, à dix ans, j’ai assisté avec ravissement à la victoire du Parti québécois de René Lévesque. En mai 1980, j’ai pleuré devant notre téléviseur noir et blanc. Nos voisins prenaient une bière sur leur balcon, célébrant bruyamment la victoire du NON. Scène typique d’un Québec divisé », a souligné M. Marissal dans son discours publié intégralement sur sa page Facebook. Qu’à cela ne tienne !

Ce qui importe aussi, c’est qu’on comprend que le journaliste qu’il a été [pendant 20 ans] n’a pas choisi QS pour la seule cause du souverainisme. Même si les péquistes pensent qu’il n’a pas une « plume gauchiste », VM a dégagé à quel point il était « profondément » un “gauchiste indigné”  au fond de lui sur certaines questions comme l’austérité, la pauvreté, les changements climatiques, le discours identitaire, etc. « J’ai, au fond de moi, une profonde indignation que ma nouvelle vie me permet maintenant d’exprimer et de traduire en action politique. Vous m’en voyez ravi ! ».

C’est à croire que tout ceci importe peu chez les péquistes. Le crime de lèse-majesté de Vincent Marissal, c’est de s’être autoproclamé indépendantiste. C’est de vouloir « se présenter contre le chef du parti qui compte le plus de membre indépendantiste » dans Rosemont. En le faisant, cela rime avec atteinte à l’honneur du chef. Bien plus, cette posture de l’homme démontrerait à la face des Québécois et des Canadiens une certaine « officialisation de l’alliance QS au parti libéral ». Si l’on s’en tient aux messages distillés çà et là sur la toile, c’est un secret de polichinelle, le PQ détiendrait une légitimité sur la question souverainiste. Cela donne l’impression que tout ce qui respire souveraineté devrait jurer péquiste pour être crédible.

On a encore en mémoire le message du chef péquiste M. Lisée à l’endroit de ses militants le 24 mars, lors de l’investiture du candidat PQ dans Saint-Henri-Sainte-Anne. Alors qu’il demandait à ses “hommes” d’entretenir « respect, le plus grand respect » envers les militants QS, c’était-il un vœu pieux ? Car, il aura fallu seulement une semaine pour voir la colère péquiste se dégainer sur des nouveaux venus à QS. Ces derniers étaient-ils pris en otage ou n’ont simplement pas droit d’appartenir à certaines politiques ? Certainement pas, dans une démocratie, puisque chaque citoyen devrait être libre de choisir la chapelle politique qui répond le mieux à ses aspirations.

Militants QS, otages du PQ ?

Et VM l’a si bien illustré dans son propos de candidature. « Dans notre paysage politique sclérosé, où règne un cynisme rampant et néfaste », c’est Québec solidaire qui, à ses yeux, offre « le plus bel espoir de changement réel ». « On le dit parfois jeune, revendicateur, dérangeant, maladroit, tapageur, mais justement, c’est ça qui m’attire ! Traitez-moi d’idéaliste si vous voulez (j’accepte volontiers le compliment), mais ce sont les grands mouvements populaires qui changent le monde. C’est précisément ce vers quoi tend QS ». C’est clair !

On se demande bien pourquoi une telle décharge électrique est lancée sur un parti considéré comme « insignifiant » dans le microcosme politique québécois par ceux-là même qui pensent que tout est beau pour un probable retour du PQ aux affaires ? Si le souverainiste Jean-Martin Aussant [qui a créé Option nationale fondue aujourd’hui dans Québec solidaire] avait déposé ses valises chez les qsistes, aurait-il subi le même sort ? Ça se voit que les péquistes sont “bienheureux” quand un “candidat vedette” atterrit chez eux, mais “malheureux” quand il s’agit de l’adversaire.

Ce qui surprend le plus, c’est que la plupart des réactions péquistes de ces derniers jours démontrent tant bien que mal une certaine trouille à attaquer des poids lourds comme le PLQ et la CAQ. Ce sont eux qu’il faudra “combattre et abattre” pour crier victoire. Ce n’est pas en tirant à boulets rouges, à tout bout de champs sur QS, ses militants ou ses nouvelles prises, que le PQ prendra la tête du dernier sondage d’avant le 1er octobre 2018. Bien au contraire… À l’allure où vont les choses, à six mois des élections, on peut même se demander ce que présage ce manque de sérénité qu’on observe dans le « bateau bleu » ? Seul le temps nous le dira.

 

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Vincent Marissal, chroniqueur politique dans le quotidien La Presse de 2003 à 2017. Crédit Photo: Page Facebook V.M
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Le Canada au Mali, le prix à payer…

Baba-Idriss FOFANA

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Après plusieurs hésitations, depuis 2017, le premier ministre Justin Trudeau s’est décidé à envoyer ses hommes aux charbons avant l’automne 2018. Lundi 18 mars, par la voix du ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et de celui de la Défense, Harjit Sajjan, Ottawa a annoncé le déploiement d’une Force opérationnelle aérienne (FOA), dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies, pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Mais à quel prix ?

D’abord, il faut savoir que la « mission » dite de « paix », a été autorisée par la Résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies en date du 20 décembre 2012. Mais, elle a pris forme au printemps 2013, sous l’appellation Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) sous conduite africaine, avant d’être relayée par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), en été de la même année.

L’objectif était de porter assistance au Mali en délogeant les groupes islamistes dont AQMI, MUJAO et Ansar Dine qui avaient pris le contrôle du Nord-Mali après en avoir chassé les rebelles indépendantistes touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad connu sous l’acronyme de MNLA. Dieu seul sait la souffrance infligée aux populations par ces groupes armés et ce qu’ils ont fait subir aux mausolés. Si cela suffisait !

Les islamistes ont du vent dans les voiles !

Cinq ans après, a défaut de n’avoir pu libérer le pays [malgré la présence renforcée des soldats français de l’opération Barkhane et la mise en place récente du G5 Sahel], les terroristes sont devenus plus redoutables. Si l’on s’en tient aux propos de Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, « la MINUSMA est une mission dangereuse », voire « la plus mortelle des dernières années ». Et dire qu’il y aurait, en ce moment, environ 15 000 personnes déployées au sein de la MINUSMA, dont 11 230 militaires et 1745 policiers. Avec un tel effectif, à ce jour, il est difficile à croire que les groupes islamistes ont encore le vent en poupe dans la région.

C’est dans ce contexte que le Canada veut (re)jouer sa partition avec son « grand retour » en Afrique après un « passé trouble » [c’est selon le premier ministre] durant ses deux dernières missions en Somalie et au Rwanda. On ne connaît pas encore l’effectif [on parle de 200 à 600 hommes], mais la ministre Chrystia Freeland a néanmoins indiqué qu’il y aurait plus de femmes que par le passé. Et en ce qui concerne le contingent, le ministre Harjit Sajjan a annoncé le déploiement de deux hélicoptères Chinook, pour des opérations de transport et de logistique, et quatre hélicoptères Griffon, qui offriront une protection armée aux troupes canadiennes.

Sauf que depuis cette annonce, on assiste à des grincements de dent du côté de l’opposition [le parti conservateur] à Ottawa. Pour eux, le Canada ne devrait pas « envoyer ses enfants à l’abattoir », oubliant sans doute que des soldats canadiens ont déjà été déployés sur des territoires dangereux comme en Afghanistan et en Irak pour affronter le groupe armé État islamique, Daech. D’ailleurs, à la demande de Justin Trudeau, le soldat canadien qui avait fracassé le record des tireurs d’élite en 2017 avec l’atteinte d’une cible terroriste à plus de 3,5 kilomètres en Irak a été célébré avec ‘’faste’’ au pays des feuilles d’érables.

Repositionnement géostratégique

Bref, dans le cas du Mali, il se trouve que beaucoup de ressortissant de ce pays d’Afrique de l’Ouest au Canada ont salué la décision « courageuse » de M. Trudeau qui, semble-t-il, aurait répondu à une « demande de l’ONU » suite à des « pressions » venues de la chancelière allemande et du premier ministre des Pays-Bas. Mais, en retour, que gagne le Canada ? On peut comprendre que les Maliens sont fatigués de cette situation chaotique qui perdure dans leur pays, mais qu’est-ce que le déploiement d’un contingent canadien de 200 ou 600 hommes [qui part pour remplacer le contingent allemand effectuant des missions de transport et d’évacuation sanitaire] peut changer en un an dans une situation sens dessus dessous dans le Nord-Mali ?

À la vérité, derrière ce « grand retour » du Canada sur le continent africain, se cache vraisemblablement l’intention d’un « repositionnement géostratégique » du pays dans le concert des grandes puissances mondiales. Il est vrai que de tout temps, le Canada s’est fait connaître en grande partie par ses valeurs de paix à travers le monde. Mais, il ne faut pas se voiler la face : depuis son accession au pouvoir, Justin Trudeau travaille « activement » à obtenir un siège pour son pays au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2021-2022 [le dernier mandat remonte à 1999-2000].

En attendant cette élection en 2020 face à la Norvège, les campagnes impliquent un « effort diplomatique » important. Or, de plus en plus, le Canada affiche un leadership dans des dossiers importants pour l’ONU comme les changements climatiques, la crise des réfugiés et dans la promotion de la sécurité et de la stabilité au Moyen-Orient. Allons donc comprendre ce que va faire le Canada au Mali ! C’est aussi le prix à payer.

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