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Le futur du vélo, socio-durabilité et e-santé

Hanen Hattab

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Salon du vélo
Crédit photo : Diane Kissmile pour Avant Première MTL

Le salon du vélo et du triathlon de Montréal 2018 a commencé vendredi 23 février, à la Place Bonaventure, et se termine le 25. Outre les tendances en la matière, on peut y découvrir les aspects sociaux insoupçonnés du cyclisme.

Salon du vélo

Crédit photo Diane Kissmile pour Avant-Première MTL

« Quand j’ai commencé le salon dans l’événementiel, il n’y avait absolument rien sur le vélo. Le premier événement que j’ai organisé comptait une cinquantaine d’exposants. Depuis que le vélo est directement relié à la santé, le nombre d’organismes qui amassent des fonds pour leurs missions a augmenté. Dans cette 16ème édition, le salon est 20% plus vaste avec plus de 250 exposants », s’est réjouit de nous confier M. Jan P. Dubé, président du salon depuis 2002.

L’univers du vélo en expansion

En plus du cyclotourisme, du marché cycliste et ses tendances, le salon rassemble plusieurs spécialistes du domaine pour informer et éduquer les mordus des deux roues à travers les essais de nouvelles technologies, les débats et les présentations. 70 conférences sont données au théâtre du vélo La Presse +.

Si le cadre et les roues font varier les usages et les fonctions des bicyclettes, l’apparition du vélo électrique a étendu considérablement les performances et la gadgetisation de l’engin, selon M. Robert Guimond, président et fondateur de Quantum Vélos Électriques.

« Le vélo est apparu ça fait 200 ans et c’est du côté technique qu’on a surtout avancé. Il y a eu une grande évolution durant les 80 premières années. On a eu les vélos pliables, couchés, les BMX, les monton bikes, etc…, puis arrivent les vélos électriques dans les années 1970. La vingtaine d’années, de 1990 à 2018, est semblable à la première période d’évolution avec un véritable essor des modèles et des technologies. On a du cargo, vélo de ville, double batteries, etc. Je représente une compagnie avec qui il y a cinquante milles fonctions pour faire un vélo, c’est presque du vélo à la carte. », a indiqué M. Guimond qui présente le panel Le vélo électrique du passé au présent au futur.

Salon du vélo

M. Robert Guimond. Crédit photo : Diane Kissmile pour Avant Première MTL

Aux dires de M. Dubé, les nouveaux designs et circuits cyclistes du Canada, de l’Europe et des Etats-Unis offrent un large catalogue de produits et aussi des programmes qui permettent de découvrir les plus belles régions du Québec. D’ailleurs, le « nouveau festival de vélo de route et de montagne d’envergure » de Crossroad Tremblant et le premier vélo en bois, made in Québec, sont lancés pour la première fois lors de cette édition.

Le cadre en frêne blanc fait du vélo Picolo un accessoire d’apparat et lui donne aussi des propriétés physiques qui, le moins qu’on puissent dire, sont importantes pour les cyclistes sur le béton montréalais.

Salon du vélo

M. Loïc Dehoux. Crédit photo : Diane Kissmile pour Avant Première MTL

« Son grand trait distinctif c’est le confort de roulement en fait. Il absorbe beaucoup les vibrations de la route. Voilà pourquoi on a intérêt à rouler sur un vélo en bois plutôt qu’un vélo en carbone. On est ébénistes de formation, donc on connaît bien les propriétés du bois. Ça fait trois ans qu’on travaille sur le développement de ce vélo et on officialise sa commercialisation au salon. », a précisé M. Loïc Dehoux, co-fondateur avec Pierre Laplante et Nicolas Goupil de Picolo Vélo.

Les enjeux sociaux futurs du vélo

Cela fait déjà quelques années que la ville, interpellée par les associations du vélo, a commencé à encourager sa pratique en tant que transport actif et aussi pour ses bienfaits sur la santé physique et morale. Or, ce ne sont pas les seuls aspects qui feront de lui le mode de déplacement durable de demain. Car la bicyclette s’est inventée un rôle social. Cyclo Nord-Sud a fait des deux roues un levier de l’intégration intercommunautaire et professionnelle.

Salon du vélo

L’équipe Cyclo Nord Sud. À droite Mme. Charlotte Cordier. Crédit photo Diane Kissmile pour Avant Première MTL

« Nous, Cyclo Nord Sud, ça fait presque vingt ans qu’on intervient au niveau du vélo. Notre mission, c’est de prendre les vélos usagers, de leur donner une deuxième vie et de changer des vies avec ça. En plus du volet international, on intervient aussi à Saint-Michel, un des quartiers malheureusement encore le plus défavorisé de Montréal, du Québec et même à l’échelle nationale. », a expliqué Mme Charlotte Cordier, la coordinatrice générale de Cyclo Nord Sud, pour introduire le projet Vélorution Saint-Michel.

« Les élus ont mis de l’avant la pré-employabilité et la formation des jeunes comme une des priorités du quartier avec les acteurs de la concertation locale. Et nous, comme on siège dans cette concertation, on s’est dit que ça serait un moyen d’intervention à ce niveau là. Ce qu’on propose avec Vélorution, c’est de former les jeunes à une mécanique de base pour les attirer au vélo, les stimuler avec ça, parce que c’est manuel, c’est concret : et aussi, pour les attirer vers le métier de mécanicien de vélo qui sera, avec le projet d’« Analyse de profession » de la CSDM, mis de l’avant avec un AEP ou un DEP »

« L’idée est de suivre une formation pendant une certaine période. Ils montent complètement un vélo de A à Z et repartent avec, à la fin de la formation. Après ça, tu es plus autonome. Ça permet de briser l’isolement et la marginalisation qu’on vit dans ce secteur là. », a t-elle précisé.

Un autre aspect va faire du vélo un enjeu social important, à savoir outiller la e-santé comme n’importe quel terminal intelligent. En effet, le vélo électrique fait partie lui aussi de l’écosystème de l’internet des objets et peut servir comme un moyen de communication entre le personnel soignant et les patients.

« Le développement automobile électrique accélère le développement du vélo électrique. On va être capable de charger le vélo en 20 minutes au lieu de 3 heures. Ce que je veux dire en bout de ligne, c’est qu’avec l’évolution des technologies, on s’embarque dans l’informatique. Prochainement au lieu de faire le test vélo avec son médecin comme tout le monde maintenant, on peut envoyer directement ses données en un clic », a précisé M. Guimond.

 

 

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Crédit photo : Diane Kissmile pour Avant Première MTL

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Facebook ne soutient plus les campagnes électorales

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Facebook a déclaré ce jeudi, 20 septembre, qu’il changera les modalités des services offerts aux partis politiques pendant les élections.

Après le scandale de Cambridge Analytica, Facebook a décidé de revoir ses rapports avec les partis politiques.

Selon Bloomberg, le réseau social continuera de proposer ses services aux compagnes et organisations politiques. Il sera, par ailleurs, plus distant.

En effet, l’entreprise veut éviter de se salir les mains sur la question de la protection des informations personnelles des abonnés.

Le réseau de Zuckerberg va, pour ce faire, cesser de fournir des conseils stratégiques ciblés. Il réduira notamment ses visites aux quartiers généraux des partis politiques, comme c’est le cas pendant 2016.

Pour rappel, le PDG de la plateforme avait promis aux parlementaires américains de s’assurer de protéger les données des utilisateurs pendant les élections, partout dans le monde.

Facebook avait admis aussi avoir fourni un soutien particulier à l’équipe de Trump en 2016.

Est-ce parce ce qu’il était un gros client ?

Dans une analyse interne de Facebook, obtenue par Bloomberg en 2018, un scientifique de l’entreprise a expliqué que la propagande de Trump était plus élaborée que celle de Clinton.

De juin à novembre 2016, l’équipe du locataire de la maison blanche s’est bien servie des outils de la plateforme.

Alors que la campagne de Trump a déboursé 44 millions de dollars sur les publicités de la plateforme, Clinton a seulement dépensé 28 millions de dollars.

Les élections 2020 se dérouleront elles sans le soutien de Facebook ?

Afin d’adopter une approche plus neutre, l’entreprise se concentrera sur l’interface de son portail politique. Elle optimisera l’accés aux informations dont les clients ont besoin.

Cependant, les campagnes et les organisations peuvent toujours contacter directement l’entreprise. Ils pourront recevoir des formations de base sur l’utilisation des annonces et demander de l’aide pour les faire approuver.

Lire aussi : Le niet à la neutralité du net…

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Éthique et Intelligence Artificielle : ses usages au Canada

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La question éthique est-elle prise en considération dans les entreprises canadiennes qui manipulent l’Intelligence Artificielle (IA) ? Un rapport réalisé par SAS, Accenture Applied Intelligence, Intel et Forbes Insights a tenté d’apporter un éclairage sur le sujet.

© SAS, Accenture, Intel 2018

Le rapport est basé sur un sondage réalisé en juillet 2018. 305 chefs d’entreprise de partout dans le monde y ont participé. L’échantillon canadien a été important : 44 entreprises du pays ont répondu au sondage.

Selon l’étude, publiée ce jeudi 20 septembre, les entreprises qui utilisent l’IA représentent 72% des organisations dans le monde. Au Canada, ils représentent 68%.

À l’échelle mondiale, 70% des entreprises offrent une formation en éthique à leurs technologues. Et 63% ont des comités d’éthique qui observent l’utilisation de l’IA.

Au Canada, le nombre des entreprises qui ont adopté une démarche éthique est un peu plus faible :

  • Formation en éthique des technologues : 67%
  • Comités d’éthique pour examiner l’utilisation de l’IA : 73%

Quels sont les enjeux d’une démarche éthique en IA ?

Comme l’indiquent les chiffres présentés ci-haut, l’étude s’est intéressée aux méthodes d’intervention des entreprises afin de sensibiliser ses collaborateurs sur l’éthique. Or, Rumman Chowdhury, chef de l’IA chez Accenture, souligne que « les organisations doivent aller au-delà des codes d’éthique directionnels. »

© SAS, Accenture, Intel 2018

« Elles doivent fournir des lignes directrices prescriptives, précises et techniques pour élaborer des systèmes d’IA sûrs, transparents, explicables et responsables », a-t-il précisé.

L’étude a observé le déploiement d’une démarche éthique qui a notamment des enjeux sociaux. Il s’agit de la surveillance des résultats obtenus par l’IA.

Ce volet de l’étude interroge donc l’implication de l’humain dans les activités qui ont recours à l’IA.

74 % des entreprises ont déclaré avoir adopté une surveillance étroite de leurs activités. Et ce grâce « au moins à un examen ou une évaluation hebdomadaire des résultats. »

Les taux des entreprises canadiennes qui ont recours à ce processus sont les suivants :

  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par des chefs de file de l’IA : 55%
  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par le reste des adoptants de l’IA : 42%

L’étude veut montrer aussi que cette démarche éthique impacte les relations entre une entreprise et ses partenaires.

« La capacité à comprendre comment l’intelligence artificielle prend des décisions renforce la confiance et permet une surveillance humaine efficace. » Yinyin Liu, responsable de la science des données chez Intel AI.

Pour consulter le rapport : Critical mass: Managing AI’s unstoppable progress

Lire aussi : Forum sur l’intelligence artificielle, Montréal entame le débat sur l’éthique

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Canada : Les données personnelles des électeurs en danger

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Les gardiens du droit d’accès à l’information et du droit à la vie privée exigent que les partis politiques respectent les principes de protection de la vie privée reconnus mondialement. Ce, afin d’assurer aux Canadiens un accès aux renseignements personnels qu’ils détiennent à leur sujet et de permettre à un organisme indépendant de vérifier le respect des règles en matière de protection des données personnelles.

Dans une résolution conjointe, Assurer la confiance et la confidentialité dans le processus électoral du Canada, en date du 17 septembre, les commissaires et les ombudsmans à l’information et à la protection de la vie privée au Canada ont invité les gouvernements à adopter des lois qui exigent que les partis politiques respectent les principes de protection de la vie privée reconnus mondialement.

La collecte de données massives de plus en plus sophistiquées soulève de nouvelles préoccupations en matière d’éthique et de vie privée, et mettent en évidence le besoin d’en accroître la transparence.

Des événements récents ont mis en lumière la manière dont les partis politiques recueillent et utilisent les renseignements personnels ou données personnelles pour cibler de façon précise et unique des individus afin d’en retirer des avantages politiques. Des outils numériques collectent une grande quantité de renseignements personnels provenant de diverses sources, souvent à l’insu de l’intéressé ou sans son consentement.

Mettre les données personnelles à l’abris des partis politiques!

Daniel Therrien, commissaire à la protection de la vie privée du Canada, souligne que : « de récentes enquêtes menées dans divers pays ont révélé que les partis politiques recueillent des quantités importantes de renseignements personnels sur les électeurs alors qu’ils adoptent de nouvelles techniques de ciblage ».

Plusieurs renseignements personnels recueillis par les partis politiques au sujet des électeurs, comme les opinions politiques et les intentions de vote, sont de nature sensible.

Selon lui, « l’information au sujet de nos opinions politiques est très sensible ». Il est clairement « inacceptable », selon M. Therrien, que les partis politiques fédéraux et provinciaux ne soient pas assujettis aux lois sur la protection de la vie privée.

Le respect de la vie privée est un droit fondamental de la personne qui permet la liberté d’association, de pensée et d’expression, dont l’affiliation, la participation et le débat politiques.

« Le projet de loi C-76, qui est la réponse du gouvernement fédéral face aux préoccupations du public concernant la façon dont les renseignements personnels sont utilisés dans le processus électoral, n’offre rien de concret sur le plan de la protection de la vie privée. Le temps est venu d’agir pour mieux protéger les droits des Canadiens », a critiqué le commissaire à la protection de la vie privée du Canada.

Des techniques de microciblage peu éthique ?

Rappelons que de récentes enquêtes hautement médiatisées menées au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et dans d’autres pays ont révélé que les partis politiques recueillent des quantités importantes de renseignements personnels sur les électeurs alors qu’ils adoptent des techniques de microciblage. Les partis politiques détiennent également des renseignements personnels sur les bénévoles, les employés et les candidats.

Ces pratiques peuvent avoir d’importantes répercussions sur la vie privée des citoyens et miner leur confiance à l’égard du système démocratique.

À l’heure actuelle, la Colombie-Britannique est la seule administration au Canada où les partis politiques sont assujettis à des lois relatives à la protection de la vie privée. C’est également la seule province où les électeurs peuvent déposer des plaintes auprès d’un organisme indépendant quant aux pratiques d’un parti politique relatives à la protection des données personnelles.

Lire aussi : Pour voter, vérifier votre inscription sur la liste électorale.

Faut-il le rappeler, la résolution conjointe des gardiens du droit d’accès à l’information et du droit à la vie privée a été prise lors de la réunion annuelle des commissaires et ombudsmans fédéraux, provinciaux et territoriaux à l’information et à la protection de la vie privée, tenue du 11 au 13 septembre 2018, à Regina en Saskatchewan.

Source : Commission d’accès à l’information

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