Suivez-nous

Actualités

Le logement : un autre combat au Canada

Publié

le

Capture Facebook

Justin Trudeau a dévoilé sa Stratégie nationale sur le logement du Canada. Cette nouvelle politique prévoit un investissement de 40 milliards de dollars sur 10 ans (pour 60 000 nouveaux logements abordables) afin de contribuer à réduire l’itinérance et à améliorer l’offre de logements et leur qualité pour les Canadiens dans le besoin. Cela est-il suffisant pour l’ensemble du Canada où l’accroissement migratoire représente environ deux tiers de la croissance démographique du pays?

« Nous favoriserons la construction de nouveaux logements locatifs en éliminant complètement la TPS sur les nouveaux investissements en capital dans le logement locatif abordable. Cela fournira des incitatifs fiscaux de l’ordre de 125 millions de dollars par année pour augmenter l’offre de logements locatifs partout au Canada et pour développer et rénover le parc des logements déjà existants », a annoncé, entre autres, le n°1 Canadien, mercredi 22 novembre.

Cette annonce du premier ministre tombe à un moment où la crise du logement abordable et de qualité a atteint son paroxysme dans certaines villes du pays en 2017. Chose que M. Trudeau a lui-même reconnu, à l’occasion de la Journée nationale du logement, en déplorant que « pour beaucoup de gens, avoir accès à un logement sûr et stable était et est encore une source importante de stress et d’anxiété ». « À l’heure actuelle, un ménage canadien sur quatre paie plus qu’il ne peut se le permettre pour son loyer, et un sur huit n’a pas accès à un logement abordable, sécuritaire, convenable et bien entretenu », a-t-il appuyé.

« Stratégie Trudeau », la fin du stress ?

Une déclaration ne peut mettre fin aux problèmes que vivent ‘’les Canadiens les plus mal logés’’, selon le Front d’Action Populaire en Réaménagement Urbain (FRAPRU). Un organisme communautaire qui se défini comme étant le regroupement national (160 groupes) pour le droit au logement, également actif sur les enjeux d’aménagement urbain, de lutte contre la pauvreté et de promotion des droits sociaux. « #StratégieNationaleLogement : De bonnes nouvelles les logements sociaux existants, mais un manque flagrant d’ambitions pour répondre aux besoins des plus mal-logés », peut-on lire sur leur compte twitter.

En fait, la Stratégie du gouvernement libéral en matière de logement propose de soutenir « la construction de 60 000 nouveaux logements abordables dans les 10 prochaines années au Canada ». « Une cible qui se situe bien en deçà des besoins que la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), elle-même, situe à 1,7 million de ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement », soutient le FRAPRU dans un communiqué sur la stratégie annoncée par Ottawa.

De là, on pourrait aussi s’interroger sur le « refus » du gouvernement Couillard d’approuver la ‘’Stratégie Trudeau’’.  « On ne se laissera pas imposer de conditions par le gouvernement fédéral », a lancé la ministre responsable de l’Habitation, Lise Thériault. « Les priorités appartiennent au Québec. On est capable de définir où on met nos priorités et présentement, la priorité va à la rénovation du parc immobilier vieillissant », poursuit-elle

Pourtant, il n’y a pas que ça à faire au Québec. Déjà qu’il y a de moins en moins de logements sociaux dans la province. Selon Maxime Roy-Allard du Regroupement des comités aux logements et Associations de locataires du Québec (RCLALQ), un organisme qui célèbre ses 40 ans en 2018, « La force est de constater qu’il y a beaucoup de luttes qui ont pu avancer dans le temps ». « Le combat qui est d’abord pour nous primordial, souligne-t-il, c’est de mieux contrôler les loyers, permettre le droit au logement, avoir un tribunal qui soit neutre et qui invite le locataire à aller au Tribunal ».

Logement, une priorité pour Québec ?

À ce propos, M. Roy-Allard croit savoir que la question du logement ne devrait pas se « limiter qu’au simple fait de construire » des logis abordables et de qualité. Encore faudrait-il que les droits des locataires soient au cœur des débats. Car, selon lui, au Québec, la Régie du logement – qui fait la part belle aux propriétaires au détriment des locataires – a besoin d’une restructuration en profondeur. « Les locataires utilisent très peu la Régie du logement, notamment parce que les délais sont extrêmement long. 90% des dossiers ouverts à la Régie du logement sont fait par des propriétaires. Les locataires ont perdu confiance à la Régie du logement, ils l’utilisent très peu. Lorsqu’ils l’utilisent, ils sont souvent un peu perdus dans les dédales juridico-administratifs », a-t-il déploré dans une entrevue accordée à Avant-Première.

Comme on peut le constater, il n’y a pas que la crise du logement qui secoue le Canada. Alors que le fédéral fait une annonce à la fracassante pour y mettre fin, à travers sa stratégie, les points de divergences sautent aux yeux. Surtout avec la position de Québec, qui n’entend pas se laisser  »intimider », mais qui a fini par démontrer – au fil des différents gouvernements qui se succèdent dans la province – que les questions entourant le logement n’ont jamais été une priorité. « Le parti libéral est dans un long règne depuis 2003, il n’y a rien qui est fait. Or, les délais sont long à la Régie depuis le début des années 2000, sous les Péquistes. Mais, c’est surtout les Libéraux qui n’ont rien fait. Ce n’est pas une priorité pour eux. La Régie du logement, c’est juste une pacotille. Alors que c’est le tribunal le plus achalandé du Québec », martèle Maxime Roy-Allard.

Crédit photo:
Capture Facebook

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

Lire la suite
Publicité
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Actualités

L’entrepreneuriat à Montréal attire les immigrants

Publié

le

Selon une étude, publiée ce mardi, 25 septembre, par la Ville de Montréal, la métropole est un milieu propice à l’entrepreneuriat.

Un chiffre clé du sondage effectué pour réaliser cette étude montre l’ancrage de la culture entrepreneuriale dans la métropole.

En effet, 36,7% des répondants montréalais ont déclaré que l’entrepreneuriat représenterait leur choix optimal de carrière.

Les immigrants sont aussi attirés par l’entrepreneuriat que les natifs d’ici

L’étude est titrée « Portrait du dynamisme entrepreneurial ». Elle met en exergue l’indice entrepreneurial, à savoir les intentions d’entreprendre.

« Le nombre de gens qui passent du rêve à la réalité d’entreprendre est significativement plus élevé sur le territoire montréalais que dans le reste du Québec. » Robert Beaudry, responsable du développement économique et commercial et des relations gouvernementales au comité exécutif.

La métropole occupe la première place au Québec concernant le nombre de personnes ayant l’intention de se lancer en affaires. Le taux, en hausse par rapport 2014 (22,5%), se chiffre à 25,7%. Dans le reste de la province, il s’élève à 19,6%.

« Cette tendance est particulièrement notable chez les immigrants », indique M. Beaudry. « L’entrepreneuriat semble être un formidable vecteur d’intégration », a-t-il précisé.

Par ailleurs, l’étude mentionne aussi que les immigrants ont confié qu’ils se trouvent face au « manque de soutien conseil, technique et financier. »

L’étude indique aussi que Montréal attire aussi les jeunes et les femmes qui souhaitent se lancer en affaires. En effet, « 7,4 femmes pour 10 hommes ont l’intention de se lancer en affaires. » Ailleurs au Québec, on compte 6,2 femmes pour 10 hommes. Quant aux jeunes, l’étude révèle que « le tiers des entrepreneurs actuels se sont lancés en affaires avant l’âge de 35 ans. »

Les initiatives de la Ville de Montréal

Afin d’encourager à la création d’entreprises, la Ville déploie les actions suivantes :

  • Le plan d’action Entreprendre Montréal
  • La mise en place de l’École des Entrepreneurs du Québec à Montréal
  • Le lancement d’Expo Entrepreneurs

Lire aussi : Immigrants investisseurs, Québec ouvre un nouveau programme et offre 1900 places

Lire la suite

Actualités

Facebook ne soutient plus les campagnes électorales

Publié

le

Facebook a déclaré ce jeudi, 20 septembre, qu’il changera les modalités des services offerts aux partis politiques pendant les élections.

Après le scandale de Cambridge Analytica, Facebook a décidé de revoir ses rapports avec les partis politiques.

Selon Bloomberg, le réseau social continuera de proposer ses services aux compagnes et organisations politiques. Il sera, par ailleurs, plus distant.

En effet, l’entreprise veut éviter de se salir les mains sur la question de la protection des informations personnelles des abonnés.

Le réseau de Zuckerberg va, pour ce faire, cesser de fournir des conseils stratégiques ciblés. Il réduira notamment ses visites aux quartiers généraux des partis politiques, comme c’est le cas pendant 2016.

Pour rappel, le PDG de la plateforme avait promis aux parlementaires américains de s’assurer de protéger les données des utilisateurs pendant les élections, partout dans le monde.

Facebook avait admis aussi avoir fourni un soutien particulier à l’équipe de Trump en 2016.

Est-ce parce ce qu’il était un gros client ?

Dans une analyse interne de Facebook, obtenue par Bloomberg en 2018, un scientifique de l’entreprise a expliqué que la propagande de Trump était plus élaborée que celle de Clinton.

De juin à novembre 2016, l’équipe du locataire de la maison blanche s’est bien servie des outils de la plateforme.

Alors que la campagne de Trump a déboursé 44 millions de dollars sur les publicités de la plateforme, Clinton a seulement dépensé 28 millions de dollars.

Les élections 2020 se dérouleront elles sans le soutien de Facebook ?

Afin d’adopter une approche plus neutre, l’entreprise se concentrera sur l’interface de son portail politique. Elle optimisera l’accés aux informations dont les clients ont besoin.

Cependant, les campagnes et les organisations peuvent toujours contacter directement l’entreprise. Ils pourront recevoir des formations de base sur l’utilisation des annonces et demander de l’aide pour les faire approuver.

Lire aussi : Le niet à la neutralité du net…

Lire la suite

Actualités

Éthique et Intelligence Artificielle : ses usages au Canada

Publié

le

La question éthique est-elle prise en considération dans les entreprises canadiennes qui manipulent l’Intelligence Artificielle (IA) ? Un rapport réalisé par SAS, Accenture Applied Intelligence, Intel et Forbes Insights a tenté d’apporter un éclairage sur le sujet.

© SAS, Accenture, Intel 2018

Le rapport est basé sur un sondage réalisé en juillet 2018. 305 chefs d’entreprise de partout dans le monde y ont participé. L’échantillon canadien a été important : 44 entreprises du pays ont répondu au sondage.

Selon l’étude, publiée ce jeudi 20 septembre, les entreprises qui utilisent l’IA représentent 72% des organisations dans le monde. Au Canada, ils représentent 68%.

À l’échelle mondiale, 70% des entreprises offrent une formation en éthique à leurs technologues. Et 63% ont des comités d’éthique qui observent l’utilisation de l’IA.

Au Canada, le nombre des entreprises qui ont adopté une démarche éthique est un peu plus faible :

  • Formation en éthique des technologues : 67%
  • Comités d’éthique pour examiner l’utilisation de l’IA : 73%

Quels sont les enjeux d’une démarche éthique en IA ?

Comme l’indiquent les chiffres présentés ci-haut, l’étude s’est intéressée aux méthodes d’intervention des entreprises afin de sensibiliser ses collaborateurs sur l’éthique. Or, Rumman Chowdhury, chef de l’IA chez Accenture, souligne que « les organisations doivent aller au-delà des codes d’éthique directionnels. »

© SAS, Accenture, Intel 2018

« Elles doivent fournir des lignes directrices prescriptives, précises et techniques pour élaborer des systèmes d’IA sûrs, transparents, explicables et responsables », a-t-il précisé.

L’étude a observé le déploiement d’une démarche éthique qui a notamment des enjeux sociaux. Il s’agit de la surveillance des résultats obtenus par l’IA.

Ce volet de l’étude interroge donc l’implication de l’humain dans les activités qui ont recours à l’IA.

74 % des entreprises ont déclaré avoir adopté une surveillance étroite de leurs activités. Et ce grâce « au moins à un examen ou une évaluation hebdomadaire des résultats. »

Les taux des entreprises canadiennes qui ont recours à ce processus sont les suivants :

  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par des chefs de file de l’IA : 55%
  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par le reste des adoptants de l’IA : 42%

L’étude veut montrer aussi que cette démarche éthique impacte les relations entre une entreprise et ses partenaires.

« La capacité à comprendre comment l’intelligence artificielle prend des décisions renforce la confiance et permet une surveillance humaine efficace. » Yinyin Liu, responsable de la science des données chez Intel AI.

Pour consulter le rapport : Critical mass: Managing AI’s unstoppable progress

Lire aussi : Forum sur l’intelligence artificielle, Montréal entame le débat sur l’éthique

Lire la suite

en-avant