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Les Allophones ont aussi droit au bilinguisme

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Libre de droits.

Les allophones sont des orphelins du bilinguisme : de plus en plus d’allophones voient dans le bilinguisme une opportunité surtout pour leurs enfants. Néanmoins, cette opportunité reste bloquée par la loi 101 et les droits acquis linguistiques. Pourquoi quand un enfant de parents anglophones a la chance d’avoir un enseignement/éducation bilingue, les enfants des allophones ne peuvent pas se prévaloir de ce droit ? Pourquoi cette discrimination camouflée par le concept de droit acquis ? Ne sommes-nous pas une société évolutive dont les besoins changent avec le temps ? Beaucoup de questions restent en suspens.

Devant les écoles de la commission scolaire anglaise de Montréal (English Montreal School Board EMSB) se dresse une affiche qui m’est très séduisante. Les couleurs sont attirantes mais le message l’est plus encore! Elle annonce fièrement : Être bilingue, c’est gagnant! Le poster affiche des enfants souriant avec, entre autres, un globe terrestre dans les mains de l’un d’entre eux.

Regarder et admirer est tout ce que je peux faire de cette affiche ; regarder et apprécier le contenu impuissant. Je suis sans pouvoir, moi le résident de Québec, car elle s’adresse à un public restreint…par des lois voulant que des droits soient acquis pour les uns et pas pour les autres.

L’exclusivité de l’école anglaise pose la question de droit à un enseignement démocratique, ouvert à tous et surtout donnant l’opportunité à tous de partir à pied d’égalité. Pour que l’enfant soit admissible à intégrer l’école publique anglaise, les parents doivent avoir fait la majorité de leurs études en Anglais ; la majorité de l’éducation de l’enfant doit avoir été faite en Anglais ; l’éducation des frères ou sœurs de l’enfant doit avoir été faite majoritairement en Anglais ou que l’enfant soit né d’un parent qui a fréquenté l’école au Québec admissible après le 26 août 1977 et qui aurait pu être déclaré admissible à l’enseignement en Anglais à cette époque.

Selon l’EMSB, il y a plus de 14,000 élèves au Québec qui ont au moins un parent qui avait eu son éducation en Français et l’autre en Anglais et donc sont éligibles selon les critères précédents. Ce sont des privilégiés car ils peuvent offrir à leurs enfants une éducation bilingue et profiter ainsi d’un système qui les mets en cette position de favoris.

Ces élèves ont le choix d’avoir trois curriculums en ce qui concerne le Français : Français fondamental, bilingue et immersion totale. En termes de chiffres, ceux qui choisissent bilingue et/ou immersion totale, auront eu, à la fin de leurs études, entre 47 et 68 % de leur éducation en Français ; donc, bilingue sur toute la ligne.

Pourquoi est-ce que cette opportunité se limite seulement aux 14,000 privilégiés? Pourquoi cette distinction dans l’enseignement? En fait, c’est un système à deux vitesses. Moi, personnellement, je veux que mes enfants aient le droit à une éducation bilingue. Je veux leur offrir quelque chose que moi, je n’ai pas eu. Est-ce trop demander? N’est-ce pas légitime comme demande?

Cela étant dit, le Canada encourage et célèbre le bilinguisme. Nul n’ignore le fait qu’une éducation bilingue offre plus d’opportunités. En plus de l’avantage intellectuel de maîtriser deux langues, cela permet l’accès à plus d’emplois dans beaucoup de domaines dans les deux secteurs public et privé. Le bilinguisme permet plus de mobilité géographique au sein du Canada et diminuera le chômage par la possibilité de tenter sa chance ailleurs.

Le bilinguisme nous permet d’être des citoyens canadiens complets. Des citoyens qui peuvent comprendre les points de vue des concitoyens de l’autre bout du pays sans des considérations provinciales étroites. Le bilinguisme renforce l’unité du pays.

Cependant, la loi 101 et l’exclusivité de l’école anglaise renforcent les deux solitudes francophone et anglophone. Au milieu, les allophones souffrent le manque d’options.

Peut-on espérer des solutions? Voyons voir : Nous avons des écoles dites internationales dont le curriculum suit une certaine ligne qui prépare les élèves à un milieu plus mondial.  La pédagogie pourrait nous présenter de telles solutions pour ce clivage linguistique où les allophones paient le prix.

Le bilinguisme et les allophones sont une question de volonté politique. Le tout dépend d’une décision courageuse pour le bien-être du Canada.

Crédit photo:
Libre de droits.

Noureddine Salhi originaire de la Médina de Tunis ou il a fait ses études primaires, secondaires et universitaires, Il obtient une license en lettres anglaises et travaille pour l'ERTT (L'Établissement de la radiodiffusion-télévision tunisienne) avant d'immigrer au Canada en 2000. Il est actif dans les médias et anime des émissions avec Media Maghreb sur les ondes de la radio du Moyen Orient. Il vient d'obtenir une maîtrise en administration publique -gestion internationale.

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Bénévoles et Volontaires : le maître-mot, c’est la confusion…

Baba-Idriss FOFANA

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Suite à l’adoption d’une résolution le 17 décembre 1985 par les Nations unies, c’est le 5 décembre de chaque année que le monde entier célèbre la Journée internationale des Volontaires (JIV). Mais sous d’autres cieux, notamment au Canada et dans certains pays, on célèbre la Journée internationale des bénévoles (JIB). Et pourtant…

Cette année, la célébration de la Journée du 5 décembre est l’occasion d’aborder la confusion qui règne sur deux mots clés : Bénévolat et Volontariat. Si « bénévole » se traduit en anglais par « volunteer », ce mot ne signifie pas pour autant « volontaire » en français. Dans l’un ou l’autre, c’est l’engagement qui compte. Mais cela suffit-il à faire la différence ?

« Volunteer » veut dire « Volontaire » ou « Bénévole » ?

Sur le site internet de l’ONU on parle de la Journée internationale des Volontaires. Le thème marquant la célébration de l’événement de 2018, est indiqué comme suit : « Les volontaires construisent des communautés résilientes ». Sur le site canadien, volunteer.ca, qui parle du même événement, il est plutôt marqué « Les bénévoles construisent des communautés résilientes ». Ça ressemble bien à un jeu de mot!

Juste pour mettre fin à l’enchaînement pléonastique « bénévole volontaire », l’Office québécois de la langue française (OQLF), intervient pour indiquer que le nom bénévole signifie « personne qui fait une chose sans obligation et gratuitement » et l’adjectif volontaire signifie « qui agit librement, sans contrainte extérieure ». Là encore, il s’agit de nom et d’adjectif…

Il y a tout de même une confusion qui donne l’impression que le « volontariat » n’existe ni au Québec, ni au Canada, puisqu’on ne parle que de « bénévolat » le plus souvent. Pourtant, ces deux situations relèvent de deux statuts distincts qu’il convient de bien différencier, selon le Centre d’Information et de Documentation Jeunesse (CIDJ).

Cette association française créée en 1969 par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, précise que « le bénévolat est un engagement libre, sans condition d’âge ni de diplôme ». Alors que « le volontariat est un engagement contractuel et exclusif. Vous êtes donc soumis à un contrat qui ne concernera que l’association pour laquelle vous vous engagez ». Même si le CIDJ reconnaît que le bénévolat et le volontariat naissent d’une même volonté : l’envie de se mettre au service de la collectivité par un engagement individuel désintéressé.

Les Volontaires ne sont pas des Bénévoles!

N’est-il pas temps de mettre fin à la confusion, au Québec et dans l’ensemble du Canada? D’autant plus que le bénévolat n’est pas synonyme de volontariat. D’ailleurs, c’est l’occasion de parler du programme de Volontariat internationale de la Francophonie (VIF), qui existe depuis 10 ans. L’appel à candidature pour la promotion 2019 a été lancé mercredi 5 décembre, lors de la Journée internationale des volontaires, par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Le VIF offre la possibilité à des jeunes francophones, âgés de 21 à 34 ans, de mettre leurs savoirs, savoir-faire et savoir-être à la disposition d’un projet de développement et de vivre une expérience de mobilité internationale dans l’espace francophone, au sein d’institutions francophones souhaitant bénéficier de l’appui d’un volontaire pour la réalisation de leurs projets.

Les jeunes recrutés, pas en tant que bénévoles, vont devoir s’engager, moyennant des indemnités leur permettant de se loger et se mourir, pendant 12 mois au service de l’une des missions de la Francophonie : La promotion de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique; La promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme; L’éducation, la formation et la culture; L’appui au développement durable et la solidarité; Les NTIC pour la réduction de la fracture numérique.

Pour accéder à la liste des postes, rendez-vous sur : https://jeunesse.francophonie.org/volontariat/liste-des-offres-de-mission

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Le cannabis, comme un feu de paille au Québec

Baba-Idriss FOFANA

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À mesure que vous tirez un joint avec intensité, aussi facilement vous videz les succursales de la Société québécoise de cannabis (SQDC). Non seulement le POT se fait rare, mais en plus, la misère commence à se lire sur les visages. À qui la faute?

Cette date du mercredi 17 octobre 2018 restera une journée mémorable dans l’histoire du Canada. En cause, la loi sur la légalisation de la drogue [le cannabis] est entrée en vigueur. Dans tout le pays, on a vu des citoyens immortaliser l’achat d’au moins un gramme de cannabis. Mais ce n’était pas tout! Les jours qui ont suivi, tous les commerces ont été pris d’assaut par des consommateurs, comme s’ils voulaient en découdre avec le pot pour une bonne fois.

À lire aussi : Vente de cannabis : le Québec se frotte les mains déjà

Au Québec, devant les succursales de la SQDC, on pouvait apercevoir des gens en rang, les uns après les autres, en file indienne dans l’espoir de se procurer du cannabis. Ces images ont marqué le monde entier et les autorités canadiennes s’en réjouissaient, puisqu’elles croyaient avoir donné une « vraie raclée » au marché noir de la drogue. Dire que le crime organisé contrôle le marché du cannabis au pays, la Palice en aurait dit autant !

Cannabis : tout ça pour ça?

Bref, le bilan de la première semaine de vente de cannabis est assez évocateur en chiffres et en dollars canadiens. « On chiffre à 53 300 le nombre de transactions en ligne et à 84 850 le nombre de transactions dans le réseau des succursales, soit un total de 138 150 pour la première semaine d’opération », nous apprend la SQDC. Du côté de l’Ontario, la Société ontarienne du cannabis (OCS) révélait plutôt le 19 octobre via son compte Twitter avoir traité « plus de 100 000 commandes » en ligne depuis le 17 octobre, cette seule journée la province aurait amassé 750 000 $.

«La fermeture des succursales, ça va durer autant que l’approvisionnement ne sera pas au rendez-vous. On peut prévoir un trimestre à deux. On pense qu’au printemps, l’équilibre entre la production et la demande devrait être au rendez-vous » – Jean-François Bergeron.

Puis 10 jours après l’ouverture en grande pompe du marché légal de vente de cannabis au Canada, les commerces tendent à démontrer leur incapacité à répondre à la demande. Pour preuve, depuis le vendredi 26 octobre, un communiqué de la Société québécoise de cannabis laisse entendre que désormais ses boutiques resteront fermées les lundis, mardis et mercredis, faute de marchandise. Si la SQDC parle de sa “pénurie” avec franchise, du côté de l’OCS ce n’est pas le cas. La Société ontarienne du cannabis fait croire aux internautes que « l’OCS dispose d’un approvisionnement de produits adéquat pour répondre à la demande ».

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Et pourtant! Parlant d’approvisionnement du marché, le responsable de la mise sur pied de la SQDC, Jean-François Bergeron, a confié lors d’une entrevue à RDI, mardi 30 octobre, que [toutes] les provinces vivent le même problème. « Ce n’est pas qu’au Québec, c’est un problème de capacité de production et non de planification », a précisé M. Bergeron qui prévient d’ailleurs que « la fermeture des succursales va durer autant que l’approvisionnement ne sera pas au rendez-vous ». Pire, la SQDC prévoit un trimestre à deux pour le retour à la normale. « On pense qu’au printemps, l’équilibre entre la production et la demande devrait être au rendez-vous », a poursuivi Jean-François Bergeron.

Un spectacle qui frise le ridicule…

Quel triste spectacle! Croire que la machine du pot s’arrêterait en plein décollage, sachant que la légalisation du cannabis était initialement prévue pour juillet 2017, cela « frise le ridicule ». Le Canada était-il [vraiment] préparé pour cette légalisation du cannabis? L’une des thèses défendues par la SQDC serait le fait qu’une centaine de producteurs sont en attente de leur licence, et que ces licences en question sont à trois niveaux, à savoir pour la production, la transformation et la vente. Tout ça pour ça?

C’est à croire que le fédéral et les provinces ne parlent pas le même langage sur le cannabis. On a l’impression que le Québec s’est juste rendu compte, seulement après le 17 octobre, que la province ferait face à des problèmes d’approvisionnement. D’autant plus qu’il y a moins de deux mois, soit le 30 août dernier, la Société québécoise de cannabis annonçait l’ouverture de 14 succursales. Un chiffre qui devrait être porté à une vingtaine d’ici fin octobre 2018. C’est finalement un rendez-vous manqué.

À lire aussi : Cannabis : la SQDC confirme l’ouverture de 14 succursales au Québec

Dans son entrevue à RDI, M. Bergeron n’a pas caché de dire qu’il n’y aura “pas d’ouverture de nouvelles succursales” de vente de cannabis au Québec avec cette pénurie, qui ne permet même pas à la SQDC de fonctionner 7j/7j. « On voulait être au rendez-vous pour une vingtaine de succursales. Dans le contexte actuel, on va freiner, c’est sûr, il n’y a pas lieu d’ouvrir de nouvelles succursales tant que la production n’est pas là », s’est-il défendu une fois de plus.

Un gros concurrent aux pieds d’argile!

Pendant ce temps, le marché noir, qui est tombé en veilleuse, reprend du poil de la bête. Puisqu’au Québec, la culture de cannabis à la maison est interdite. La loi québécoise adoptée en juin dernier en prévision de la légalisation interdit toute culture de cannabis non thérapeutique à domicile, et ce, même si la loi fédérale autorise jusqu’à quatre plants à la maison.

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Finalement, les consommateurs se retrouvent avec deux grands monopoles : gouvernement et trafiquants. Or, on sait présentement que le gouvernement est en rupture de stock. Tout est parti, en un temps record, comme un feu de paille. Le marché noir, celui du crime organisé, qui avait « craint » l’entrée en scène de la drogue légale le 17 octobre et vu « détourner » une grosse partie de sa clientèle va certainement pousser un ouf de soulagement. On imagine qu’ils [les dealers] sont en train de dire quelque part dans le noir : « il y a eu plus de peur que de mal… c’est un gros joueur aux pieds d’argile ».

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Affaire Khashoggi : quand l’argent frappe, la démocratie s’enfuit…

Baba-Idriss FOFANA

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CHRONIQUE. Ce qu’il convient d’appeler désormais l’affaire Khashoggi n’a pas fini de lever le voile sur le vrai visage [hideux] de l’un des principaux exportateurs de pétrole au monde: l’Arabie saoudite. Ce pays, avec qui les fervents défenseurs de la démocratie au monde, les occidentaux, ont les plus juteux contrats de ventes d’armes qui détruisent des vies humaines. Est-ce l’hôpital qui se fout de la charité?

Le commun des mortels est sous le choc depuis l’assassinat du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, le 2 octobre dernier en Turquie. Même les meilleurs alliés du royaume sunnite crient leur indignation. Au point où Riyad qui avait nié toute implication dans l’assassinat du chroniqueur du Washington Post a fini par reconnaître que l’homme avait été tué, [torturé, étranglé puis démembré], au son sein du Consulat saoudien à Istanbul.

L’Arabie saoudite, le royaume des armes de guerre!

Ceux qui mettent la pression aujourd’hui sur l’Arabie saoudite ne veulent pourtant pas jeter le bébé avec l’eau du bain. En dehors de l’Allemagne, ni les États-Unis, ni la France, encore moins le Canada, ne souhaitent [pour l’instant] mettre un terme aux juteux contrats de vente d’arme de guerre aux Saoudiens. Pour eux, quoi qu’il en soit, l’Arabie saoudite reste l’un des meilleurs partenaires économiques que la planète puis avoir.

Que dire de plus face à ces vies humaines qui sont fauchées au Yémen par les balles assassines vendues par les occidentaux, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni? Quand il s’agit d’intérêts économiques entre États, les intérêts des populations civiles désintéressent. Pendant ce temps, l’ONU continue de tirer la sonnette d’alarme sur « la pire crise humanitaire au monde ». On parle de plus 10 000 morts, dont des milliers d’enfants depuis le déclenchement de la guerre en 2015 au Yémen par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, soutenue par les États-Unis.

Et les enfants meurent de faim, sous les balles…

En août 2018, un bombardement mené par la coalition saoudienne avait tué 51 civils dont 40 enfants dans une province yéménite de Saada selon le Comité international de la Croix-Rouge. En septembre dernier, les commanditaires de cet « acte ignoble » avaient reconnu que cela avait été une « erreur » de la part de la coalition, alors que le raid avait visé un autobus transportant des enfants.

Au moment où le meurtre de Khashoggi remet au goût du jour les questions de violations de droit de l’homme par l’Arabie saoudite, surtout la mise en cause des armes vendus par l’occident, les positions des dirigeants américains, français et canadiens laissent pantois.

À Washington, le président américain se réjouit d’avoir raflé « le plus gros contrat jamais signé dans l’histoire ». Donald Trump veut « bien » sanctionner Riyad pour son implication dans la mort de Khashoggi, mais tout en le caressant « très bien » dans le sens du poil pour ne pas affecter les contrats de vente d’armes, qui créeraient de nombreux emplois aux États-Unis. D’autant plus que pour son premier voyage officiel à l’étranger, le président Trump avait choisi l’Arabie saoudite, d’où il est reparti avec des promesses d’investissements de 450 milliards de dollars pour des « choses », disait-il, et 110 milliards de dollars de contrats d’armement.

Que vaut Khashoggi face aux  juteux contrats ?

Du côté de Paris, le président français pique une colère bleue lorsqu’on lui pose la question de savoir si la France, comme lui demande l’Allemagne, stoppera-t-elle ses exportations d’armes aux Saoudiens malgré le meurtre du journaliste Khashoggi? En retour, Emmanuel Macron refuse de répondre en disant : « Ce n’est pas parce qu’un dirigeant dit quelque chose que je suis censé réagir à chaque fois ». Ce silence vaut la poursuite des 12 milliards d’euros de commandes saoudiennes passés entre 2008 à 2017.

Sans oublier qu’en septembre dernier, le gouvernement espagnol a essuyé de vives critiques pour avoir décidé de maintenir la livraison de 400 bombes à guidage laser à l’Arabie saoudite.

Ici, à Ottawa, le premier ministre canadien dénonce avec la dernière énergie la mort de Jamal Khashoggi et l’incarcération « injuste » du blogueur Raif Badawi, dont la famille se trouve au Canada, mais reconnaît qu’il sera difficile de déchirer le contrat de 15 milliards de dollars de véhicules blindés signé par son prédécesseur Stephen Harper avec l’Arabie saoudite. Estimant que la pénalité financière s’élèverait à au moins 1 milliard de dollars pour les Canadiens.

Certains se demandent pourquoi ces pays du G7, taxés de grandes démocraties, vendent des armes à un pays ou la culture démocratique est au bas à l’échelle planétaire? Mais, ils ne demandent pas pourquoi [pour qui et contre qui] l’Arabie saoudite injecte des milliards de pétrodollars, rien que dans les armes?

Plus besoin de rappeler que les humanitaires sont en train de “perdre la lutte contre la famine” au Yémen, « que 22 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire (75% de la population), que 18 millions sont en insécurité alimentaire, dont une grande partie sont des enfants, que 8 millions ne savent pas comment obtenir leur prochain repas, et que 73% de la population n’a pas accès à l’eau potable ». Non! La seule chose qui prime, c’est comment trouver le juste milieu pour sauver les contrats juteux déjà ficelés avec un pays qui bafoue les droits et la dignité des êtres humains.

En vérité, les vrais complices des Saoudiens [dans leurs agissements], ce sont les occidentaux. Ceux là-même qui sont guidés par le gros gain du pétrole que tout autre chose. Ils réclament la vérité sur la « tuerie sauvage » du journaliste de 60 ans, mais ils n’ont pas fini de dire [toute] la vérité sur leur lien avec l’Arabie saoudite.

« L’assassin qui marche dans les funérailles de sa victime » – Proverbe oriental.

En attendant, le prince héritier Mohammed ben Salmane alias MBS se la coule douce au royaume des armes. L’assassinat de Jamal Khashoggi n’est qu’un « incident hideux » selon les propres mots de MBS. Comme quoi, l’affaire Khashoggi finira [sans doute] par s’éteindre comme un feu de paille. Il suffit juste de révoquer les visas [en occident] des 21 personnes qui seraient impliquées dans la disparition macabre du journaliste saoudien, qui dérangeait tant le pouvoir de MBS. Et c’est tout!

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