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Pensionnats indiens sur Google Earth, une cartographie politique de la douleur ?

Hanen Hattab

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Dans la rubrique Explorateur de la nouvelle version de Google Earth, la plateforme affiche un nouveau sujet. Son intitulé « Les pensionnats indiens du Canada » est illustré par une photo noir et blanc. Elle annonce aux non-avertis une visite mémorielle. C’est un projet initié par Canadian Geographic Education (Can Geo Education) en collaboration avec le Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR) de l’Université du Manitoba et Google Earth Voyager, mis en ligne le 11 décembre 2017.

Google Earth lance sa plus récente version en avril 2017 pour Chrome et Android. Rappelant qu’elle est désormais disponible sur mobile. Les visites dans l’atlas numérique de Google sont notamment munis de fiches descriptives et de liens vers les articles de Wikipédia commentant les images tridimensionnelles immersives (moyennant l’application et le casque HTC) offertes au public.

Le contenu de la rubrique Explorateur est créé par des narrateurs, dont on cite la Nasa, la BBC, etc. « Les pensionnats indiens du Canada » a été créé par Can Geo Education, le premier organisme canadien à avoir réalisé un contenu pour Google Earth.

Quatre articles sont proposés : Contexte et historique, Au pensionnat, Les effets du système et enfin, La vie continue. L’ordre chronologique des articles dénote l’inscription du contenu dans le contexte socio-politique et culturel post-colonial.

« L’histoire des pensionnats autochtones sur Google Earth Voyager est un outil pédagogique extrêmement important qui encourage la discussion d’une façon qui s’accorde bien avec les styles d’apprentissage des élèves d’aujourd’hui », a précisé Ry Moran, directeur du CNVR. « C’est exactement ce dont nous avons besoin pour aborder un sujet aussi difficile que les pensionnats autochtones, si l’on veut entamer la réconciliation », a t-il ajouté. (Source Newswire)

Lors de la consultation de chaque article, Google Earth choisit pour l’internaute une région canadienne sur laquelle il pointe son curseur et visualise des images aériennes, représentant des pensionnats ou bâtiments gouvernementaux dans lesquels des décisions politiques importantes quant à la destinée des populations autochtones ont été prises.

Benoît St-Onge, professeur au département de géographie à l’UQAM et expert en images satellites, « trouve cette façon de présenter les choses excellente.»  « C’est interactif, très visuel et cela capte l’attention. Donc beaucoup attrayant que des cartes figées ou des photos hors contexte.», a t-il indiqué.

Les articles racontent les processus d’acculturation en rapportant les témoignages des survivants et les mesures entreprises par ces derniers afin de rétablir les vérités, notamment sur les séquelles de ce système.

« Cette démarche illustrative peut être utile car elle permet de visualiser/remémorer aux gens visés, sinon aux commentateurs de pareilles réalités, les lieux/bâtiments où se sont incarnés pareilles conceptions et traitements des autochtones », souligne Mario Bédard, professeur agrégé de géographie culturelle au Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal.

M. Bédard fait remarquer que cette initiative peut participer à paver la voie de la « transparence et l’information dans le cadre d’une vaste démarche de contrition et de réconciliation »

La visite guidée parcourt tout le territoire canadien offrant parfois des images satellitaires statiques aux rendus très peu réalistes. D’ailleurs, M. Bédard a mis l’accent notamment sur les limites de cette mise en images.

Il est question aussi de s’interroger sur les choix des lieux et le rapport entre texte et illustration.

« Par cette géolocalisation, que cherche-t-on ici à illustrer ? Que ce phénomène était largement répandu ou fort concentré ? Que certains lieux/municipalités/villes étaient plus particulièrement visés/touchés ? », a t-il indiqué.

Pour M. Bédard « toute visualisation est toujours virtuelle car elle tient plus du registre de la représentation (travail de mémoire et d’interprétation), voire de la conception (pure création par des gens qui ne l’ont pas vécue) que de la perception (en présence de ) »

« Est ce que l’entreprise menée par le CNVR en est une information désintéressée, de pédagogie auprès des tous les acteurs, ou plutôt d’une campagne de rectification ou de nouvelle rectitude politique face à des conceptions et traitements abusifs, foncièrement colonialistes et assimilateurs, de l’autre ici assimilé à l’autochtone ? », a t-il conclu.

Le dernier article s’achève par un onglet intitulé “En savoir plus sur la réconciliation”. Il permet d’ouvrir une vidéo de l’Assemblée des Premières Nations présentant d’autres témoignages. Charlene Belleau, chef de la Première Nation Esk’etemc, espère que le processus participera à encourager la nouvelle génération à entreprendre des études de langues et de culture autochtones.

 

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Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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L’entrepreneuriat à Montréal attire les immigrants

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Selon une étude, publiée ce mardi, 25 septembre, par la Ville de Montréal, la métropole est un milieu propice à l’entrepreneuriat.

Un chiffre clé du sondage effectué pour réaliser cette étude montre l’ancrage de la culture entrepreneuriale dans la métropole.

En effet, 36,7% des répondants montréalais ont déclaré que l’entrepreneuriat représenterait leur choix optimal de carrière.

Les immigrants sont aussi attirés par l’entrepreneuriat que les natifs d’ici

L’étude est titrée « Portrait du dynamisme entrepreneurial ». Elle met en exergue l’indice entrepreneurial, à savoir les intentions d’entreprendre.

« Le nombre de gens qui passent du rêve à la réalité d’entreprendre est significativement plus élevé sur le territoire montréalais que dans le reste du Québec. » Robert Beaudry, responsable du développement économique et commercial et des relations gouvernementales au comité exécutif.

La métropole occupe la première place au Québec concernant le nombre de personnes ayant l’intention de se lancer en affaires. Le taux, en hausse par rapport 2014 (22,5%), se chiffre à 25,7%. Dans le reste de la province, il s’élève à 19,6%.

« Cette tendance est particulièrement notable chez les immigrants », indique M. Beaudry. « L’entrepreneuriat semble être un formidable vecteur d’intégration », a-t-il précisé.

Par ailleurs, l’étude mentionne aussi que les immigrants ont confié qu’ils se trouvent face au « manque de soutien conseil, technique et financier. »

L’étude indique aussi que Montréal attire aussi les jeunes et les femmes qui souhaitent se lancer en affaires. En effet, « 7,4 femmes pour 10 hommes ont l’intention de se lancer en affaires. » Ailleurs au Québec, on compte 6,2 femmes pour 10 hommes. Quant aux jeunes, l’étude révèle que « le tiers des entrepreneurs actuels se sont lancés en affaires avant l’âge de 35 ans. »

Les initiatives de la Ville de Montréal

Afin d’encourager à la création d’entreprises, la Ville déploie les actions suivantes :

  • Le plan d’action Entreprendre Montréal
  • La mise en place de l’École des Entrepreneurs du Québec à Montréal
  • Le lancement d’Expo Entrepreneurs

Lire aussi : Immigrants investisseurs, Québec ouvre un nouveau programme et offre 1900 places

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Facebook ne soutient plus les campagnes électorales

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Facebook a déclaré ce jeudi, 20 septembre, qu’il changera les modalités des services offerts aux partis politiques pendant les élections.

Après le scandale de Cambridge Analytica, Facebook a décidé de revoir ses rapports avec les partis politiques.

Selon Bloomberg, le réseau social continuera de proposer ses services aux compagnes et organisations politiques. Il sera, par ailleurs, plus distant.

En effet, l’entreprise veut éviter de se salir les mains sur la question de la protection des informations personnelles des abonnés.

Le réseau de Zuckerberg va, pour ce faire, cesser de fournir des conseils stratégiques ciblés. Il réduira notamment ses visites aux quartiers généraux des partis politiques, comme c’est le cas pendant 2016.

Pour rappel, le PDG de la plateforme avait promis aux parlementaires américains de s’assurer de protéger les données des utilisateurs pendant les élections, partout dans le monde.

Facebook avait admis aussi avoir fourni un soutien particulier à l’équipe de Trump en 2016.

Est-ce parce ce qu’il était un gros client ?

Dans une analyse interne de Facebook, obtenue par Bloomberg en 2018, un scientifique de l’entreprise a expliqué que la propagande de Trump était plus élaborée que celle de Clinton.

De juin à novembre 2016, l’équipe du locataire de la maison blanche s’est bien servie des outils de la plateforme.

Alors que la campagne de Trump a déboursé 44 millions de dollars sur les publicités de la plateforme, Clinton a seulement dépensé 28 millions de dollars.

Les élections 2020 se dérouleront elles sans le soutien de Facebook ?

Afin d’adopter une approche plus neutre, l’entreprise se concentrera sur l’interface de son portail politique. Elle optimisera l’accés aux informations dont les clients ont besoin.

Cependant, les campagnes et les organisations peuvent toujours contacter directement l’entreprise. Ils pourront recevoir des formations de base sur l’utilisation des annonces et demander de l’aide pour les faire approuver.

Lire aussi : Le niet à la neutralité du net…

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Éthique et Intelligence Artificielle : ses usages au Canada

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La question éthique est-elle prise en considération dans les entreprises canadiennes qui manipulent l’Intelligence Artificielle (IA) ? Un rapport réalisé par SAS, Accenture Applied Intelligence, Intel et Forbes Insights a tenté d’apporter un éclairage sur le sujet.

© SAS, Accenture, Intel 2018

Le rapport est basé sur un sondage réalisé en juillet 2018. 305 chefs d’entreprise de partout dans le monde y ont participé. L’échantillon canadien a été important : 44 entreprises du pays ont répondu au sondage.

Selon l’étude, publiée ce jeudi 20 septembre, les entreprises qui utilisent l’IA représentent 72% des organisations dans le monde. Au Canada, ils représentent 68%.

À l’échelle mondiale, 70% des entreprises offrent une formation en éthique à leurs technologues. Et 63% ont des comités d’éthique qui observent l’utilisation de l’IA.

Au Canada, le nombre des entreprises qui ont adopté une démarche éthique est un peu plus faible :

  • Formation en éthique des technologues : 67%
  • Comités d’éthique pour examiner l’utilisation de l’IA : 73%

Quels sont les enjeux d’une démarche éthique en IA ?

Comme l’indiquent les chiffres présentés ci-haut, l’étude s’est intéressée aux méthodes d’intervention des entreprises afin de sensibiliser ses collaborateurs sur l’éthique. Or, Rumman Chowdhury, chef de l’IA chez Accenture, souligne que « les organisations doivent aller au-delà des codes d’éthique directionnels. »

© SAS, Accenture, Intel 2018

« Elles doivent fournir des lignes directrices prescriptives, précises et techniques pour élaborer des systèmes d’IA sûrs, transparents, explicables et responsables », a-t-il précisé.

L’étude a observé le déploiement d’une démarche éthique qui a notamment des enjeux sociaux. Il s’agit de la surveillance des résultats obtenus par l’IA.

Ce volet de l’étude interroge donc l’implication de l’humain dans les activités qui ont recours à l’IA.

74 % des entreprises ont déclaré avoir adopté une surveillance étroite de leurs activités. Et ce grâce « au moins à un examen ou une évaluation hebdomadaire des résultats. »

Les taux des entreprises canadiennes qui ont recours à ce processus sont les suivants :

  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par des chefs de file de l’IA : 55%
  • Examens/évaluations hebdomadaires des résultats de l’IA par le reste des adoptants de l’IA : 42%

L’étude veut montrer aussi que cette démarche éthique impacte les relations entre une entreprise et ses partenaires.

« La capacité à comprendre comment l’intelligence artificielle prend des décisions renforce la confiance et permet une surveillance humaine efficace. » Yinyin Liu, responsable de la science des données chez Intel AI.

Pour consulter le rapport : Critical mass: Managing AI’s unstoppable progress

Lire aussi : Forum sur l’intelligence artificielle, Montréal entame le débat sur l’éthique

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