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Montréal, l’Intelligence Artificielle à l’affût de la mode

Hanen Hattab

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L’entrepreneuriat exige un regard perspicace sur le futur. Aujourd’hui, s’embarquer dans le numérique n’est pas le seul ingrédient pour apprivoiser ce qui s’en vient. C’est pour cette raison que Lamia Boucheneb, fondatrice Fashion Stylist & Shopping Tour Guide et Gabrielle Ferland, designer, photographe de mode et fondatrice de TrendsConnection ont décidé de lancer une série de conférences et de discussions pour questionner l’avenir de la mode à la lumière des dernières tendances technologiques. Qu’est ce qui attend les fashionistas du millénaire ?

Dans le cadre des Fashion Forward Conference Series a eu lieu le 31 janvier 2018, à l’École supérieure de mode de l’ESG UQAM, la conférence Fashion Forward : Tech & AI Influences Panel.

De gauche à droite : Gabrielle Ferland et Lamia Boucheneb. Crédit photo Avant Première

Création, gestion et consommation  

Le panel a été animé par Sophie Montminy, influenceuse, youtubeuse et ancienne rédactrice en chef mode du magazine Clin D’œil. « Est ce qu’on doit voir l’intelligence artificielle (IA) comme un compétiteur ou plus comme un outil qui va nous aider dans ce qu’on fait ?», a entamé le débat, Mme. Montminy. Une discussion riche et passionnante sur les applications de l’intelligence artificielle dans la mode a réuni quatre intervenants de plusieurs horizons :

  • Joanna Berzowska, vice-doyenne de la recherche à la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia, fondatrice de XS Labs et chef des textiles électroniques à OMsignal, mène des recherches et développe des textiles prêts-à-porter, des méthodes, des matériaux et des technologies qui stimulent l’innovation en matière de fibres fonctionnelles composites, d’électronique textile et de fabrication additive.
  • Vincent Boucher, président-fondateur et chef de la direction chez Montréal.AI et Québec.AI, premiers conglomérats en intelligence artificielle au Québec.
  • Marwa Ben Aissa, diplômée en Administration des affaires à HEC Montréal et fondatrice de la startup Shoofping Inc. qui propose des technologies de réalité augmentée pour les plateformes de e-commerce.
  • Quentin Schwaab, professeur assistant en Thermodynamique, designer de mode et fondateur de la marque de vêtements androgynes Litige, en collaboration avec le designer graphique Loïc Untereiner.

De gauche à droite : Quentin Schwaab, Marwa Ben Aissa, Joanna Berzowska et Vincent Boucher. Crédit photo Avant Première MTL

Si l’on parle aujourd’hui des enjeux futuristes de l’IA dans le domaine de la mode, c’est parce que des projets en cours l’appuie concrètement. De la conception assistée par des algorithmes de génération de formes à l’impression 3D des vêtements et accessoires qui a conquis l’univers du luxe et du sport, les technologies numériques sont présentes aussi bien dans la recherche et le développement que la production, la vente et le service à la clientèle.

« L’IA apporte des systèmes de recommandations très performants», mentionne M. Boucher, qui a introduit le public dans le monde magique de l’apprentissage profond et les agents supra-humains. « Les dernières technologies transforment le e-commerce et l’IA va le faire de la meilleure façon parce qu’on va être capable de mieux comprendre chaque personne, ses réactions, ses préférences, lui proposer ce qui lui convient et améliorer son expérience d’achat.», a exemplifié Mme. Ben Aissa. L’analyse des données des consommateurs sera capable d’influencer l’évolution des styles et des goûts à l’échelle sociale et apporter aussi des solutions écologiques à l’industrie. La Fast Fashion, décriée pour son impact environnemental en raison du renouvellement effréné des collections et des articles, pourra peut être devenir moins énergivore.  

« L’autre grand potentiel que je vois dans l’IA c’est qu’elle va permettre de faire des meilleures prédictions de ce que les gens vont acheter, combien de pièces vont être produites. On va mieux prédire les tendances et les micro-tendances, puis une meilleure gestion des stocks ; on espère moins de déchets et moins d’invendus », a précisé Schwaab.

L’aspect social et humain, à ne pas négliger

« Je trouve que chaque technologie a un côté utopique qui veut résoudre un problème, mais il y a toujours des dangers aussi. En créant des systèmes de prédictions, il y a toujours un risque d’effacer les petites différences qui nous rendent uniques.», a nuancé Mme. Berzowska.  

Si l’optimisation numérique des modèles en fonction des morphologies a déjà sa place dans l’industrie de la mode, la création des vêtements intelligents grâce aux textiles ayant des propriétés électriques et électroniques est entrain de flouer les frontières entre le vêtement et l’appareillage de diagnostic médical à l’instar des moniteurs d’activités intelligents.

« À OMsignal, on fait des habits biométriques qui peuvent capter les battements du cœur, la respiration, etc. À partir de ces données très très précises, comme dans les milieux médicaux, on espère dans quelques années qu’avec l’IA on pourra prédire le niveau de stress, à mieux nous connaître pour parvenir au bien être.», a expliqué Mme Berzowska.

Injecter cette innovation dans son projet ou son idée nécessite une attention particulière à la création et la gestion des mégadonnées, car selon Schwaab, on risque toujours de tomber dans la création de stéréotypes qui ne correspondent pas forcément aux attentes et aux profils des consommateurs.

« Quand les algorithmes sont biaisés comme ça, c’est parce qu’ils n’ont pas été bien conçus, ce n’est pas à cause de l’IA », explique M. Boucher.

Cet angle éthique a ponctué toute la conversation en interrogeant l’importance de l’intervention créative et manuelle des artisans et des artistes dans les processus d’idéation et de production.

Reportage Vidéo de la conférence : Tech & AI Influences Panel:

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Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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  1. Pingback: À quel point la mode a intérêt à s’habiller en numérique ? - Avant Premiere Mtl

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Les Canadiens sont-ils plutôt amateurs de vin ou de bière?

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En 2017-2018 le marché du vin a connu une croissance à l’échelle du pays, tandis que la vente de bière est restée stable.

Selon un rapport publié ce mardi, 23 avril, par Statistique Canada, la vente des boissons alcoolisées a atteint 23,2 milliards de dollars, en hausse de 3,1 % par rapport à l’année précédente. Cela correspond à 3 098 millions de litres de boissons vendues durant cette période. L’achat par personne ayant l’âge légal de consommer l’alcool au Canada a été estimée à 507,1 verres standard.

Le Québec, le plus important marché du vin

La hausse des ventes des vins (4,6 %) a été plus importante que celle des bières (0,8 %). Les ventes des deux produits se sont chiffrées à respectivement 7,5 milliards de dollars et 9,2 milliards de dollars.

Les Canadiens ont acheté au total 2 215 millions de litres de bière et 531 millions de litres de vin en 2017-2018. Le volume de bière vendue a connu ainsi une baisse de 0,8 % par rapport à 2016-2017 tandis que celui du vin a monté de 4,9 %.

Pour ce qui est des ventes par type de vin, le rouge est en tête de la liste en représentant 52,8 % de toutes les ventes de vin au Canada en 2017-2018. Il est suivi par le vin blanc (32,2 %) et le vin mousseux (5,9 %).

Les ventes des autres types de boissons alcoolisées ont aussi augmenté. En effet, le marché des spiritueux et celui des cidres, coolers et autres boissons rafraîchissantes ont progressé respectivement de 4,4 % et de 7,2 % par rapport à l’année précédente.

Ce sont les sociétés des alcools, leurs agences et les autres points de vente au détail du Québec qui ont vendu le plus de vin à l’échelle du pays. La part de ce marché a atteint 43,8 % des ventes totales de boissons alcoolisées en 2017-2018.

Lire aussi : La Canadienne Liz Palmer, parmi les meilleurs influenceurs du vin 2019

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Arrestation de cinq milliardaires algériens dans le cadre d’une enquête anti-corruption

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La gendarmerie algérienne a procédé ce dimanche à l’arrestation de plusieurs industriels dont Issad Rebrab, considéré comme la première fortune du pays.

Alors que « l’ancien système  » se prépare aux élections présidentielles qui sont prévues pour le mois de juillet, l’atmosphère politique et sociale est de plus en plus électrique dans le pays.

Les Algériens continuent de manifester en espérant évincer les personnalités du régime Bouteflika.

Un autre événement survenu ce dimanche, 21 avril, risque de faire monter encore plus les tensions à Alger.

La gendarmerie algérienne a arrêté cinq milliardaires, parmi lesquels quatre des frères Kouninef, une puissante famille d’hommes d’affaires proche d’Abdelaziz Bouteflika.

Le milliardaire Issad Rebrab, qui dirige la société Cevital, a également été interpellé.

Des enquêtes sont ouvertes sur des faits de corruption et de détournements de foncier, ont annoncé plusieurs médias locaux.

En outre, la télévision d’état a révélé que l’ex-premier ministre Ahmed Ouyahia et l’actuel ministre des finances Mouhamed Loukal sont entendus ce lundi, 22 avril, par le parquet d’Alger dans le cadre d’une enquête sur la dilapidation de l’argent publique.

Lire aussi : Algérie : foule immense pour dire « non » à un 5è « mandat Bouteflika »

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Laval : Les militaires mobilisés afin de prévenir les inondations

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Météo Média a annoncé ce lundi, 22 avril, que les risques d’inondations sont en train d’augmenter en raison des crues. Le niveau des eaux monte un peu partout au Québec et des régions avoisinant Montréal sont en état d’alerte.

Depuis quelques jours, la Ville de Montréal ne cesse d’informer les citoyens sur les aides mises à leur disposition afin de faire face aux inondations printanières.

Avec la fonte des neiges, les risques de montée des eaux sont à prendre en considérations même en absence de pluies.

Les quartiers de plusieurs arrondissements proches des eaux, dont Ahuntsic-Cartierville, Pierrefonds-Roxboro ainsi que l’île Bizard, resteront en alerte jusqu’à la fin du mois.

Laval craint la montée des eaux à la fin de cette semaine

« Au nord de Laval aux abords de la Rivière-des-Mille-Îles, l’eau a commencé à monter », prévient ce lundi, Patrick De Bellefeuille, le reporter de Météo Média.

Les 20 mm de pluies prévues demain dans le secteur risquent d’aggraver la situation. Il faut compter en plus les précipitations de fin de semaine qui feront monter la barre de 50 à 70 mm.

La Ville de Laval et l’armée sont mobilisés. En effet, 200 militaires des Forces de l’armée canadienne sont déployés sur le territoire pour prêter main-forte aux citoyens.

Des visites des zones les plus vulnérables sont effectuées aujourd’hui. De plus, 1375 résidences ont reçu des palettes de sacs de sable à installer au pourtour de leur maison.

La Ville rassure notamment que « les autorités surveillent de près la situation et informeront rapidement les résidents advenant la fermeture du pont. »

Lire aussi : Montréal : La saison des pluies commence demain

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