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Asie & Océanie

Liu Xiaobo n’est plus, alors que la philosophie du porc s’écrit au G20

Hanen Hattab

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La Chine a perdu hier, le 13 Juillet, son poète et essayiste Liu Xiaobo. Emprisonné depuis 2009 dans son pays natal, l’artiste n’a pu ni recevoir son Nobel, ni renouer avec ses rêves du « Printemps de Pékin ».

Alors que le président Chinois Xi Jinping refait le monde avec les présidents des démocraties occidentales au G20, une des figures dissidentes universelles a succombé au cancer du foie dans une chambre d’hôpital, sous haute surveillance comme un dangereux criminel. Quelques temps plutôt, des médecins Allemands et Américains avaient affirmé qu’il était en état de voyager pour recevoir des soins en Allemagne, comme il l’avait souhaité.

Le pouvoir a lancé de la poudre aux yeux à la communauté internationale qui a commencé à faire des tapages après l’annonce de sa maladie : un montage montrant le détenu recevoir des soins médicaux était suffisant pour faire croire qu’il était en bonne santé.

Le poète n’a pas oublié ce qui s’est passé dans la révolution étouffée. Il avait fait de la prison entre 1989 et 1991 qui n’a fait qu’attiser sa soif de dénoncer le régime communiste. Tous les événements importants étaient une occasion pour le créateur de la philosophie du porc de faire résonner les voies de la raison. Après deux séjours en prison entre 1995 et 1999, Xiaobo a été inculpé pour la quatrième fois et condamné à 11 ans de prison, à la suite de la rédaction de la Charte 08. Rédigée en 2008, l’année des JO de Pékin, le texte demandait à ce que la liberté de parole soit inscrite dans la constitution Chinoise. Voici un passage de ce manifeste qui a réuni 303 intellectuels Chinois et militants des droits de l’homme et dont il est auteur principal :

« Une « modernisation » qui s’éloigne de ces principes universels et de ces éléments fondamentaux revient à dépouiller les gens de leurs droits, à dégrader les rapports humains, à supprimer la digne lutte des hommes contre le malheur. Dans quelle direction la Chine du 21e siècle ira-telle ? »

On retrouve dans cet extrait, les craintes du poète de voir la Chine succomber à la séduction du capitalisme, développées dans son livre « La philosophie du porc et autres essais », paru en 2011.

Un an après sa dernière condamnation, un prix Nobel lui a été discerné. Son amour inconditionnel, sa femme Liu Xia a été empêchée d’aller recevoir la récompense à sa place, au Norvège. Le prix a été placée sur une chaise vide. Ses amis l’ont pris en photo dans son lit d’hôpital enlaçant sa femme, tous les deux cranes rasés.

Ses amis n’assisteront pas à ses obsèques et n’ont pas d’informations sur sa famille.

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Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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