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Société

Loi sur la laïcité de l’État : un « permis général » de discriminer au Québec ?

Baba-Idriss FOFANA

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Finalement, la Loi sur la laïcité de l’État est passée le dimanche 16 juin 2019 comme « lettre à la poste » à l’Assemblée nationale du Québec. Bien évidemment sous le bâillon imposé par le gouvernement dirigé par la Coalition avenir Québec (CAQ). Mais, la Commission des droits de la personne et des droits la jeunesse (CDPDJ) a tenu à faire une mise en garde contre toutes situations de discrimination.

Les sorties du Parti libéral du Québec (PLQ) et de Québec solidaire (QS) à l’effet de freiner la CAQ dans son « élan laïque » n’ont pas eu gain de cause. Le projet de loi sur la laïcité (PL 21) est devenue Loi. Dimanche soir, vers 22h30, 73 députés ont voté en faveur de cette loi et 35 autres ont voté contre.

Désormais, cette Loi interdit le port de signes religieux chez les enseignants et les directeurs des écoles publiques, tout comme chez d’autres agents de l’État en position d’autorité (policiers, gardiens de prison, avocats et juges). Tous les employés qui occupaient ces fonctions lors du dépôt projet de loi à la fin mars bénéficient d’un droit acquis, une mesure communément appelée « clause grand-père »

La Loi sur la laïcité de l’État contient une clause dérogatoire qui a pour effet de la soustraire à l’application des chartes canadienne et québécoise des droits de la personne.

Même si plusieurs dispositions de la loi sont contraires à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et « enfreignent certaines obligations internationales liant le Québec », puisque le législateur a fait le choix d’utiliser la clause dérogatoire, la CDPDJ se voit dans l’obligation de se conformer à la Loi. Toutefois, « la Loi sur la laïcité de l’État ne doit pas être vue comme un permis général de discriminer », a prévenu la Commission qui entend être « particulièrement vigilante » à cet égard.

Des dispositions de La Loi sur la laïcité sont contraires à la Charte…

D’ailleurs, la Commission dénonce la banalisation, perceptible dans certains commentaires, des atteintes aux droits et libertés protégés par la Charte québécoise, ainsi que par le malaise exprimé par certains par rapport à l’expression publique de la religion. Cela se traduit, selon la CDPDJ, notamment par des commentaires stigmatisants et parfois discriminatoires sur les réseaux sociaux et médiatiques : « Il sera donc primordial de redoubler les efforts de sensibilisation et d’éducation pour atténuer les effets de la loi sur la cohésion sociale au sein de la société québécoise ».

« Maintenant que la Loi est en vigueur, qu’adviendra-t-il des ambitions de toutes les personnes qui se sont investies et ont étudié pendant plusieurs années pour enseigner? Ou que dire encore de ceux et celles qui ont accumulé des dizaines d’années d’expertise pour devenir directeurs et directrices d’école? » – Philippe-André Tessier, président de la CDPDJ

Malgré tout, l’organisme gouvernemental rassure qu’elle n’arrêtera pas de défendre les droits de chaque personne au Québec, peu importe leur genre, leur âge, leur orientation sexuelle, leurs croyances ou leur religion. « Refuser un emploi ou une promotion à une personne en raison de sa religion est une discrimination », a rappelé Philippe-André Tessier, président de la Commission des droits de la personne et des droits la jeunesse.

« Notre nous, celui de tous les Québécois, a volé en éclats »

M. Tessier ajoute que dans les cas où la Loi sur la laïcité de l’État s’applique, bien que la Commission ne puisse faire enquête, elle pourra répertorier les situations qui lui seront rapportées, lui permettant notamment de documenter et d’analyser l’impact de cette loi sur les personnes directement visées et, plus généralement, sur le climat social.

À lire : Laïcité : l’Archevêque de Montréal met en garde Québec contre un recul des libertés…

C’est le lieu de rappeler que la Commission avait recommandé au gouvernement de ne pas adopter plusieurs dispositions de la loi jugées discriminatoires envers une partie de la population québécoise.

« On ajoute non seulement l’insulte à l’injure avec ces amendements, mais on ajoute l’inacceptable. Des mesures disciplinaires, des surveillants de l’application de la loi, c’est difficile d’aller plus loin dans la honte et la tristesse. Le Québec se souviendra qu’à partir d’aujourd’hui, notre nous, celui de tous les Québécois et Québécoises, a volé en éclats », avait déclaré, dans les minutes qui ont suivi l’adoption de la Loi, Hélène David, porte-parole du Parti libéral (PLQ) en matière de laïcité.

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Société

MIL Montréal : ce nouveau quartier accueillera 1300 logements sociaux et communautaires

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Samedi 21 septembre avait lieu la grande fête citoyenne « Le MIL en fête », sur la place centrale du nouveau quartier, face au complexe des sciences de l’Université de Montréal. Plusieurs citoyennes et citoyens ont participé aux activités organisées gratuitement par la Ville de Montréal et l’Université de Montréal. 

Le MIL en fête était l’occasion de venir célébrer la première phase de réalisation du projet MIL Montréal. Les participants ont pu découvrir la diversité des espaces proposés par le nouveau quartier. Les activités ont aussi permis de créer des liens entre les diverses communautés qui l’habitent et de souligner les efforts collectifs déployés dans la réalisation de ce projet d’envergure.

La Ville et l’Université de Montréal se réjouissent de l’engouement qu’a suscité l’événement. Un nouveau quartier prend forme, au croisement des arrondissements d’Outremont, de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, de Rosemont-La Petite-Patrie et du Plateau-Mont-Royal, où il fera bon travailler, étudier et vivre. L’implantation du campus MIL permet de revitaliser une vaste friche industrielle au cœur de l’île de Montréal et de dynamiser le développement urbain, économique et social des quartiers limitrophes.

Un nouveau quartier prend forme : MIL Montréal

 « Ce secteur était délaissé depuis de nombreuses années. Ce grand projet urbain vient le revaloriser. Cette fête était une belle occasion pour la communauté locale de s’approprier ces nouveaux lieux et de tisser des liens. L’apport des organismes des quartiers environnants a grandement contribué à la réussite de l’événement et nous tenons à les remercier », a souligné le responsable de l’urbanisme, de la mobilité et de l’Office de consultation publique de Montréal au sein du comité exécutif, Éric Alan Caldwell.

 « Je suis fier de voir que l’Université de Montréal est au cœur de ce nouveau quartier. Cette fête citoyenne était, je suis certain, le premier de nombreux événements qui se tiendront sur le campus MIL! Un événement comme celui-là illustre la volonté de l’UdeM d’être un acteur ouvert et à l’écoute de la communauté qu’elle dessert », a déclaré le recteur de l’Université de Montréal, M. Guy Breton.

Premier projet phare d’aménagement durable

Le projet MIL Montréal (site Outremont et ses abords) accueillera 1300 logements, dont 15 % conçus à des fins sociales et communautaires, et 15 % à des fins abordables. Récemment, la Ville de Montréal a fait l’achat d’un terrain situé sur le site du projet MIL Montréal afin d’y développer 95 nouveaux logements sociaux et communautaires.

Depuis la mi-septembre, le nouveau complexe des sciences de l’Université de Montréal accueille quelque 2 000 étudiants des départements de chimie, de physique, de géographie et des sciences biologiques ainsi que 200 professeurs et chercheurs.

Le nouveau quartier est aussi pourvu d’une grande place publique, de nouveaux parcs, et propose une accessibilité améliorée qui privilégie les modes de transport actif et collectif. Soulignons enfin la création de nouveaux liens entre les quartiers, dont la nouvelle passerelle de l’Université de Montréal reliant le campus à la station de métro Acadie.

Pour plus d’information sur le MIL Montréal : https://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=9517,123331598&_dad=portal&_schema=PORTAL

À lire : Métropole mixte : Montréal prévoit 20% de logements sociaux dans tous les nouveaux projets résidentiels privés

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Éducation

Projet de loi n° 37 : vers une augmentation des coûts et une diminution de l’efficacité des universités québécoises ?

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C’est avec “consternation” que les chefs d’établissement universitaire québécois disent avoir pris connaissance du contenu du projet de loi n° 37 – Loi visant principalement à instituer le Centre d’acquisitions gouvernementales et Infrastructures technologiques Québec – qui a pour objectif de centraliser les achats de biens et de services des ministères, des organismes publics de l’administration gouvernementale ainsi que des établissements du réseau de la santé, des services sociaux et des réseaux de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

Sans égards aux arguments et aux préoccupations émis par les établissements universitaires au cours des dernières semaines à ce sujet, “le gouvernement propose, par ce projet de loi, une structure décisionnelle obligatoire et centralisée qui ne répondra pas à leurs besoins, voire qui nuira à leur capacité à répondre en temps opportun à ces derniers”, dénonce le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI). 

En effet, la diversité et les particularités des services, des équipements et des technologies requis par chacun des établissements universitaires, notamment pour leurs activités de recherche, ne pourront être prises en compte de manière efficiente, dans le cadre du Centre d’acquisitions gouvernementales et Infrastructures technologiques Québec.

Bien que les objectifs d’efficacité visés par ce projet de loi soient louables, les chefs d’établissement souhaitent rappeler que les établissements universitaires ont déjà mis sur pied, il y a plus de 40 ans, avec succès, des structures de concertation et de partage d’achats regroupés. De cette manière, la réalisation d’économies d’échelle, jumelée au développement de l’expertise nécessaire en matière d’acquisitions et de gouvernance, existe déjà au niveau universitaire.

Le projet de loi n° 37 va à l’encontre des promesses de Québec!

« Mes collègues et moi sommes d’autant plus étonnés que cette proposition du gouvernement va à l’encontre de ses promesses d’allègement des exigences de reddition de comptes, d’amélioration de l’agilité des processus décisionnels et organisationnels et de décentralisation structurelle dans le réseau de l’éducation. Ce projet de loi aura aussi un impact néfaste direct sur l’approvisionnement local et le tissu socio-économique de toutes les régions où sont déployés les établissements universitaires », a déclaré Pierre Cossette, président du Conseil d’administration du BCI.

Les universités québécoises sont toujours prêtes à créer de nouveaux partenariats dans la mesure où ceux‑ci génèrent une efficacité accrue avec des économies réelles et qu’ils ne sont pas imposés d’emblée, mais plutôt basés sur la collaboration dans la perspective du bien commun. Un “tel projet de loi est incompatible avec cette perspective”, a conclu le Bureau de coopération interuniversitaire.

À lire : Frais de scolarité : Québec solidaire défend les étudiants internationaux des universités francophones

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Santé

Le cannabis et l’alcool liés à la majorité des hospitalisations en raison de l’utilisation de substances chez les jeunes

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L’année dernière, plus de 23 500 jeunes de 10 à 24 ans ont été hospitalisé si en raison de méfaits causés par l’utilisation de substances, soit l’équivalent de 65 hospitalisations par jour. Un nouveau rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) montre que le cannabis et l’alcool étaient les substances les plus souvent associées aux hospitalisations dans ce groupe d’âge en 2017-2018.

Au Canada, chez les 10 à 24 ans, une hospitalisation sur 20 était attribuable aux méfaits causés par l’utilisation de substances. Le cannabis était mentionné dans près de 40 % des dossiers liés à ces hospitalisations, et l’alcool, dans 26 %.

Environ un jeune sur 6 (17 %) hospitalisé en raison de méfaits causés par l’utilisation de substances n’en était pas à sa première hospitalisation dans la même année pour la même raison.

Les méfaits causés par l’utilisation de substances pouvant entraîner un séjour à l’hôpital comprennent les surdoses, les symptômes de sevrage, les blessures causées par l’intoxication, certaines affections chroniques ainsi que les psychoses induites par une substance nécessitant des soins de santé mentale. Ces méfaits imposent un fardeau aux personnes et à leurs familles, aux systèmes de santé, aux services sociaux et à la sécurité publique.

Le cannabis et l’alcool : Qui est hospitalisé?

Les taux de séjours à l’hôpital attribuables à l’utilisation de substances
varient considérablement d’une province ou d’un territoire à l’autre. Voir la figure ci-dessous.

Dans le groupe des 12 à 16 ans, le taux d’hospitalisations était plus élevé chez les personnes de sexe féminin que chez les personnes de sexe masculin. Toutefois, cette tendance s’inversait dans le groupe des 19 ans et plus. Les écarts entre les taux d’hospitalisations peuvent être liés aux habitudes d’utilisation et aux types de substances utilisées, de même qu’aux différences physiologiques et aux problèmes de santé mentale concomitants. Les taux d’hospitalisations en raison de l’utilisation de substances augmentaient avec l’âge pour les 2 sexes. 

Utilisation de substances et santé mentale chez les jeunes

Près de 70 % des hospitalisations en raison de méfaits causés par l’utilisation de substances chez les jeunes comprenaient des soins pour un problème de santé mentale concomitant; c’était par ailleurs le cas pour 81 % des jeunes hospitalisés en raison de méfaits causés par le cannabis. Les jeunes étaient 2 fois plus susceptibles que les 25 ans et plus d’avoir reçu un diagnostic en santé mentale. Ces problèmes de santé mentale comprennent notamment les troubles de l’humeur, la schizophrénie et les troubles anxieux.

Source : Institut canadien d’information sur la santé

Bon à savoir :

Ce rapport, qui repose sur l’indicateur de l’ICIS Séjours à l’hôpital en raison de méfaits causés par l’utilisation de substances, examine plus en détail les hospitalisations chez les jeunes.

Le Rapport de l’administratrice en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada, 2018 : Prévenir la consommation problématique de substances chez les jeunes présente un résumé des interventions visant à prévenir et à réduire la consommation problématique de substances chez les jeunes au Canada.

Le document Les troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale : Guide d’information présente de l’information sur le traitement et la gestion de troubles concomitants de santé mentale pour les jeunes et leurs familles.

Jeunesse sans drogue Canada offre aux parents de l’information sur les façons de protéger leurs enfants contre les méfaits causés par l’utilisation de substances, et d’intervenir le cas échéant.

À lire : L’INSPQ se dit contre la commercialisation d’une gamme élargie de produits de cannabis au Québec

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