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Messenger kids : les enfants, la nouvelle cible de Facebook

Baba-Idriss FOFANA

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Le géant américain mondial des réseaux sociaux, à la recherche d’une nouvelle clientèle, Facebook, a fait une annonce fracassante le lundi 4 décembre : la présentation de « Messenger Kids », comme la nouvelle application pour les enfants sur sa plateforme. Un nouveau produit qui se positionne sur un terrain glissant, au vu de certaines réactions sur le web.

Avec Messenger Kids, l’objectif visé selon la société de Mark Zuckerberg serait de permettre aux enfants de discuter en ligne et de communiquer en toute sécurité avec leur famille et leurs amis, lorsqu’ils ne peuvent pas être ensemble en personne. Si cette innovation n’en est pas une, selon des internautes, Facebook explique que la nouvelle application offre, aux enfants et aux parents, une solution amusante et plus sûre, utilisable sur des tablettes ou des smartphones pour enfants, mais qui peut être contrôlée à partir du compte Facebook d’un parent ; puisqu’il revient aux parents de créer le compte Messenger kids de leurs enfants et de savoir qui est ami ou deviendra ami de leurs enfants.  

Et ce n’est pas tout ! Contrairement à la version pour adultes de l’application, la firme américaine précise qu’il n’y aura pas de publicités ou d’achats intégrés. Ajoutant à cela que « les données de l’enfant ne seront pas utilisées à des fins commerciales ». Pourtant, « les contenus et les échanges des enfants resteront la propriété de Facebook même si le compte était supprimé », fait remarquer Mélanie Millette, professeur au Département de communication sociale et publique à l’UQAM, en entrevue à RDI.

Vigilance oblige, face à « Messenger »

Tout en soulignant qu’il faut « rester vigilant », face à cette application qui cible les moins de 13 ans, Mme Millette qui est également membre du Laboratoire de communication médiatisée par ordinateur (LabCMO) – un espace de recherche et d’expérimentation sociotechnique – met en garde sur la question de ‘’l’engagement de Facebook’’ à ne pas monnayé les ‘’données des enfants’’. Sachant que les comptes des enfants seront interconnectés à ceux des parents, l’enseignante croit savoir que Facebook pourrait toujours recueillir plus de données de la famille par le canal de Messenger kids.

Des arguments qui pourraient donner raison à la levée de boucliers auxquels on assiste sur la toile, depuis l’annonce de Facebook, notamment sur Twitter. En suivant le mot clé #messengerkids, certains n’ont pas manqué de crier leur  »indignation », estimant que les enfants n’ont pas ‘’forcément’’ besoin des réseaux sociaux pour discuter. Pour d’autres, cette application ouvre officiellement la ‘’porte’’ aux pédophiles pour accéder aux enfants. « Après avoir conquis votre cerveau, Facebook s’attaque désormais à celui de votre enfant : Facebook, c’est la nouvelle cigarette, mais en pire », a martelé sur Twitter, Margaux Duquesne, Social Media Editor.

Jusqu’où ira Facebook avec les « kids » ?

Face au débat que suscite la mise en route de Messenger kids, le compte Twitter « Sondage Français » a, à son tour, lancé un petit sondage, à la question de savoir ceux qui sont pour ou contre la nouvelle application de Facebook dédiée aux enfants. Dans les résultats, 74% des participants se sont prononcés « Non/Contre » ; 11 % se sont prononcés « Oui/Pour » ; alors que « Monster Messenger » – une autre application dédiée aux enfants en France – se dit « pour » Messenger kids. « En revanche, souligne-t-elle dans un tweet, on est peu à l’aise avec le fait de « donner » ses enfants à Facebook si jeunes… Notre alternative « made in France » existe depuis 2 ans. Les parents approuvent les contacts, les contenus sont modérés ».

À la vérité, comme l’a souligné Mélanie Millette dans son entrevue à RDI, Facebook est en perte de vitesse depuis 2013, face à certains réseaux sociaux comme Snapchat qui attire de plus en plus les plus jeunes par de nouvelles stratégies. C’est sans doute pour corriger le tir que Facebook vient de lancer Messenger kids. Mais, jusqu’où ira cette nouvelle application qui vient, une fois de plus, réveiller la question de la cyberdépendance chez les enfants et les jeunes ?

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Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Technologie

Canada en programmation : une semaine pour apprendre le codage aux élèves

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La Semaine Canada en programmation est une semaine complète consacrée à l’apprentissage de la programmation qui a lieu du 3 au 10 décembre 2018. L’organisme Canada en programmation conçoit et met en œuvre des programmes d’apprentissage de la technologie et établit des partenariats d’enseignement pour les populations canadiennes.

En apprenant la programmation, les élèves découvrent le plaisir de créer avec la technologie et d’aller au-delà de la simple consommation de celle-ci. Durant cette semaine, Canada en programmation propose aux enseignantes et aux enseignants un grand nombre d’activités amusantes conçues pour les aider à initier leurs élèves à la programmation et à la pensée informatique.

Cette année, les leçons abordent les thèmes suivants :

  • L’assistance vocale, avec un exercice de réflexion sur la conception;
  • Une leçon de programmation hors ligne sur le basketball;
  • L’innovation au Canada, avec le développement Web;
  • L’avenir avec des voitures autonomes;
  • La création d’un monde de réalité virtuelle inspiré d’une œuvre d’art autochtone.

« J’ai vraiment aimé les leçons! Plus la sélection est grande, mieux c’est. Je vous remercie pour ce bel événement. Mes élèves l’ont adoré! Aujourd’hui, ils m’ont demandé d’organiser une autre heure de code. Nous avons programmé une heure par jour pendant une semaine, et ce fut une excellente expérience. » – Ka Scott, Conseil scolaire du district de Thames Valley (Ontario)

L’organisme croit que les compétences numériques sont des outils d’épanouissement. « Notre société évolue, et nous souhaitons préparer le Canada à ce changement. Nous sommes là pour nous assurer que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens, particulièrement les femmes, les jeunes filles, les personnes handicapées, les jeunes autochtones et les nouveaux arrivants, ont accès aux connaissances essentielles afin de s’épanouir dans une société numérique », confie Canada en programmation sur son site web.

Quand Trudeau était prof…

Sur son compte Twitter, le premier ministre Justin Trudeau avoue que lorsque qu’il était prof, « les écoles enseignaient rarement le codage ». « Mais, poursuit-il, plus d’enfants apprennent maintenant à coder, un grand atout pour l’avenir de notre économie ». M. Trudeau a felicité tous les enseignants qui participent à la semaine #CanadaEnProgrammation de @learningcode.

À lire aussi : la Barbie de l’ère numérique initie au codage

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Technologie

États-Unis, le premier service de taxi sans conducteur est lancé à Phoenix

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Alphabet, la filiale de Google, entame le projet des premiers Taxis sans conducteurs aux États-Unis.

La voiture Waymo, initialement appelée Google Car, est désormais lancée à Phoenix. À partir d’une application, les utilisateurs peuvent avoir recours au service du véhicule autonome 7/7 et 24/24. Trois adultes et un enfant peuvent monter à bord de la toute première Waymo One.

Déploiement d’une première version du service

Dans une première étape, les clients prendront la place du conducteur pour éviter les accidents. Ils auront un accès rapide à l’assistance téléphonique et par chat. Le service met à leur disposition notamment des réponses aux questions courantes, par exemple s’ils peuvent ou non changer de destination une fois en route. Cela permettra à l’entreprise de tester l’interaction des clients avec le véhicule et ses services principaux.

Tout comme les autres prestataires de services de transports privés, la plateforme donne une estimation du prix du trajet et affiche les commentaires des utilisateurs. Les premiers usagers sont des personnes qui ont déjà participé au programme de tests de l’entreprise.

Californie, le taxi sans conducteur en attente de la première législation

Alphabet qui développe Waymo compte introduire le service de taxi autonome progressivement afin d’éviter de faire des faux pas comme Uber. L’entreprise est autorisée à tester ses voitures sur les routes californiennes. Or cela ne lui garantit pas de lancer prochainement un service payant dans cet état. Les projets à long terme de la société reposent en fin de compte sur la législation (en cours), tout autant que sur des perfectionnements technologiques.

Lire aussi :

Voiture autonome, Québec lance le premier projet pilote sur voie publique au Canada

Candiac, lancement du premier transport en commun sans conducteur

Source : medium.com

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Technologie de l'information

Des organismes de protection des consommateurs européens portent plainte contre Google

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Sept organismes européens ont déposé des plaintes contre Google auprès des régulateurs nationaux ce mardi, 27 novembre.

Les plaintes contre Google ont été déposées en République tchèque, en Grèce, aux Pays-Bas, en Norvège, en Pologne, en Slovénie et en Suède. Les organismes accusent le géant de suivre sans consentement préalable les mouvements des utilisateurs, violant ainsi règlement de l’UE sur la protection des données. Les plaintes reposent ainsi sur le règlement général de l’UE sur la protection des données, entré en vigueur en mai.

Apport du Conseil norvégien de la consommation

Les plaintes font état d’une étude réalisée par le Conseil norvégien de la consommation. Celle-ci stipule que Google utilise des techniques trompeuses qui mènent subrepticement les utilisateurs à accepter d’être suivis en permanence.

Le conseil pointe du doigts les applications Historique de localisation et Activités Web qui sont intégrées à tous les comptes Google.

Des consommateurs bernés

« Les données de localisation peuvent révéler beaucoup d’informations sur une personne: Mouvements en temps réel, lieux fréquemment visités, activités quotidiennes, intérêts, etc. », indique la plainte. À ce propos le texte explique que ces données peuvent être utilisées pour influencer l’usager, notamment en politique, religion, etc.

« L’ampleur avec laquelle Google trompe ses utilisateurs pour suivre et monétiser chacun de leurs mouvements est à couper le souffle », déclare Monique Goyens, directrice générale du conseil.

Google a répondu que l’application Historique de localisation peut être désactivée. Le géant a précisé aussi qu’elle est utilisée afin d’améliorer les services de localisation tels que la prédiction du trafic concernant le trajet prévu.

Or, Gro Mette Moen, responsable du Conseil affirme que « Google utilise des données personnelles extrêmement détaillées et exhaustives sans base judiciaire appropriée. » De plus, « ces données sont acquises au moyen de techniques de manipulation », a-t-il ajouté.

Source : Phys.org

Lire aussi : Google revient en Chine et cède à la politique de censure

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