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Culture

Michel Campeau, la nostalgie de l’argentique

Hanen Hattab

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Michel Campeau
Photo libre de droits

Pour avoir vécu le tournant numérique de la photographie dans une nostalgie anticipée, le photographe montréalais Michel Campeau nous en dit des choses du 16 février au 6 mai 2018 au musée McCord.

L’exposition Michel Campeau Avant le numérique tente un double jeu : Celui de porter un regard documentaire sur sa collection de clichés amateurs et ses œuvres saisissant le monde de la photographie d’antan ; Et celui de faire du témoignage imagé le lieu de captures multi-sensorielles d’un passé qu’il partageait déjà dans un regret d’avant l’heure avec ses confrères et des inconnus. Ces tableaux nous invitaient à sentir les dernières gouttes de révélateurs versés dans un bac de tirage et à entendre le silence de l’attente et du geste précautionneux dans la chambre noire.

Ses prises ont été faites entre 2005 et 2017 et ses trouvailles ont été dénichées partout où les praticiens de l’argentique peuvent trouver leur bonheur. Après la quête des perles rares de l’industrie de la photographie et des images anodines de partout dans le monde, comment ne pas être épris par le sentiment que partage tout ceux qui éprouvent le besoin de figer l’instant sur une pellicule ou un bout de papier. Voilà ce que nous en dit le cartel du musée :

« Parmi les diapositives trouvées sur le marché en ligne, Michel Campeau retient celles où s’exprime la volonté de photographier, puis de partager les images. Il met en évidence qu’au cœur de l’acte photographique se trouve un désir vital de prolonger l’instant et de le revivre. »

Plusieurs univers du faire photographique se croisent. Entre les manuels pour amateurs et les objets qui habitent ses rituels et son artisanat, une panoplie de palettes, de filtres et de rendus de couleurs accroche le regard. Une esthétique de l’image photographique surgit comme un flash nous rappelant les origines insoupçonnées de ces fonctions qu’on trouve dans les logiciels de retouches d’images numériques, les applications et les appareils à l’effigie des technologies d’hier.

Il est tentant de dire que l’approche de Campeau rappelle celle du simulationnisme étasunien par cette mise en abîme des photos, des cartes postales et pellicules, artefacts historique du genre, mais la touche subjective qu’il a revendiquée ne peut que témoigner d’un mariage subtil entre la passion de collectionner et celle d’apprivoiser le temps.

Puis au final quel incroyable destin ont vécu ces survivants de la photographie argentique en se trouvant révélé par l’impression et le montage numérique.

Crédit photo:
Photo libre de droits

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Culture

Youngnesse, un spectacle psychédélique pénétrable

Hanen Hattab

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Projets Hybris se dit influencé par les pratiques queers et féministes. Les poncifs de leurs langages mondain et artistique sont revisités avec légèreté et frénésie dans la création Youngnesse.

Au milieu du spectacle, les performeurs ont abrité le côté public sous une bâche. La représentation était déjà on ne peut plus envahissante. Le nouvel espace dans l’espace a accueilli une scène différente et intempestive.

Youngnesse, un spectacle interartial immersif

Une série de lectures de proses et de poésies simultanées et superposées a encerclé l’audience. On a pénétré l’espace de performance sans préavis. Les artistes veulent-ils nous faire comprendre que nous sommes assiégés ? Quelque soit le sens de leur présence expansive, ils passaient du jeu figuratif à l’interprétation abstraite avec une surprenante fluidité et vigueur.

Crédit photo Keven Lee

Il faut dire que le jeu s’est dès le début révélé intense. Le groupe de musique Dry Sec a créé un environnement sonore propice à la transe. La fièvre a très rapidement gagné les autres habitants fous et joyeux de la scène. Les performeurs ont progressivement transformé le plancher avec un mashup de happening et d’arte povera in progress. Chacun de son côté, vibrant au rythme de la musique enragée, réalisait des sortes de sculptures-symboles et de dispositifs mouvants : Un arsenal de manifestants en délire.

Du psychédélisme au service d’une scénographie dévastée

Les décibels déchaînés et les corps manipulant du plastique, de l’aluminium, des vêtements et des bidules inidentifiables formaient des entropies spatio-sonores psychédéliques. Les paillettes, le vinyle, les regards allumeurs, les talons à aiguilles et d’autres références visuelles queer participaient à construire et détruire cet espace multidimensionnel.

Crédit photo Keven Lee

Une vive effervescence est aussi créée par la scénographie. Les halos de lumières émanant des performeurs, les ombres colorées et le volume assourdissant augmentent la densité de l’espace. Projet Hybris nous a prévenu qu’il voulait produire de l’énergie pure, ou l’essence de la politique de la jeunesse.

L’intelligence de la mise en scène, réalisée par Philippe Dumaine, réside en outre dans la multiplication des points de vue par les jeux-motifs antinarratifs. C’est une autre ruse pour rendre le spectacle captivant et immersif.

Une ambiance de concert punk domine Youngnesse. Mais cela ne nous a pas empêché de retracer ses origines théâtrales. Car avec les bribes de représentation il y avait surtout l’ardeur des mouvements corporels qui manifestait la matérialité anthropologique si importante et vitale pour Antonin Artaud.

Youngnesse joue à La Chapelle le 25, 27 et 28 septembre.

Billeterie et informations ICI

Lire aussi : MAC 2018 : brillance au tapis rouge du Musée d’art contemporain de Montréal

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Culture

MAC 2018 : brillance au tapis rouge du Musée d’art contemporain de Montréal

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Près de 800 invités issus des milieux des arts et des affaires étaient réunis au Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) le 22 septembre dernier, à l’occasion du célèbre Bal annuel du MAC.

Placé sous le thème « Interruption », le plus gros événement-bénéfice de la Fondation du MAC évoquait la transformation prochaine du Musée qui débutera en 2019. Cette soirée a permis aux invités de profiter une dernière fois des espaces du Musée dans son état actuel.

Une soirée d’exception… montréalaise!

Le DJ Thomas H a fait danser la foule. Photo : Max Messier (CNW/Musée d’art contemporain de Montréal)

Ponctué de jeux de lumières, de projections et de performances spéciales, l’événement a fait vivre aux invités une expérience surréelle, à la fois sublime et divergente. L’ambiance colorée, mystérieuse et festive a été amplifiée notamment par une performance de l’artiste Loud, qui a électrisé la foule.

[ La « très » sélecte soirée proposait aux convives de se plonger dans un espace où le temps semblait arrêté. Un univers parallèle où la lumière et la transparence étaient de mise, à l’image de l’architecture du nouveau MAC. ]

Les DJs Thomas H et Nils Fluck, ainsi qu’Alex Nevsky, devenu DJ le temps de la soirée, étaient aussi de la programmation musicale pour faire danser les invités. Une tradition de la soirée, le célèbre encan du Bal a permis aux invités de faire l’acquisition d’une œuvre ou d’un lot et de soutenir la Fondation par la même occasion. L’encan est rendu possible grâce à la générosité de donateurs, d’artistes et de partenaires du MAC.

La transformation éminente du MAC au cœur des festivités

L’une des performances de la soirée. Photo : Max Messier (CNW/Musée d’art contemporain de Montréal)

En plus de s’imprégner du thème de la soirée, directement inspiré de la transformation du MAC, les invités ont pu découvrir la maquette du nouveau Musée qui a été présentée pour la première fois publiquement. Conçu par le consortium d’architectes québécois Saucier+Perrotte Architectes / GLCRM & Associés Architectes, le projet inspirant, lumineux et actuel fera du Musée une construction résolument contemporaine en complète cohérence avec sa raison d’être.

[ Une campagne de financement majeure, orchestrée par la Fondation du MAC, sera lancée prochainement pour atteindre l’objectif financier de recueillir 7 millions de dollars. ]

Source principale de financement de la Fondation, le Bal du MAC affiche complet chaque année plusieurs mois d’avance. La soirée-vedette de la rentrée culturelle et ses invités prestigieux contribuent à développer un écosystème fort autour du Musée tout en bâtissant une communauté de mécènes engagés dans la culture d’ici.

Soutenir les producteurs et designers québécois

Gilles Saucier, architecte concepteur du nouveau MAC et Valérie Plante, mairesse de Montréal (CNW/Musée d’art contemporain de Montréal)

Le Bal du MAC est reconnu pour son tapis rouge glamour où se mêlent les tenues les plus spectaculaires. Plusieurs invités du Bal ont choisi des designers québécois cette année, mentionnons notamment Laruelle, choisi par les membres du Comité organisateur du Bal, Marie-Josée Simard, Violette Cohen, Nathalie Goyette et Elizabeth Camiré. Aussi membres du comité, Debbie Zakaib et Sophie Banford, ont quant à elles encouragé les créations de Denis Gagnon.

Source : MAC

Lire aussi : Montréal, un musée à ciel ouvert

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Culture

Notre sélection de sorties cinéma

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La saison du popcorn et des salles obscures commence timidement. Alors, quoi de neuf à l’affiche cette semaine ? Beaucoup de cinéma et de folie !

L’Amour à la plage

C’est une romance tournée par Judith Plamondon et Lessandro Socrates. Le film est sorti ce 14 septembre.

Synopsis :

L’Amour à la plage offre un portrait intimiste de quatre hommes et femmes de 70 ans qui vivent des débuts amoureux. Ces snowbirds québécois migrent chaque hiver pour la Floride en quête de soleil, de chaleur et de compagnie. Derrière leur quête d’amour se cache un désir de profiter de cette deuxième -et ultime- jeunesse qui vient avec la retraite. Avec un humour doux-amer, L’amour à la plage témoigne de leurs tribulations conjugales et autres désillusions, mais surtout, de leur grand besoin d’amour. Car ces vieux amoureux caressent tous l’espoir d’avoir quelqu’un avec qui faire le reste du chemin.

Billetterie et salles

La chute de l’empire américain

Ce drame réalisé par Denys Arcand est sorti le 29 juin 2018.

Synopsis :

Pierre-Paul, 36 ans, intellectuel et docteur en philosophie est forcé de travailler comme livreur pour avoir un salaire décent. Un jour, en allant livrer un colis, il tombe sur une scène de vol à mains armées qui tourne mal : deux morts. Il se retrouve devant deux sacs de sport remplis de billets de banques. Pierre-Paul est confronté à un dilemme: repartir les mains vides ou prendre l’argent et fuir?

Billetterie et salles

Laissez bronzer les cadavres

Hélène Cattet et Bruno Forzani ont réalisé ce western français !

Synopsis :

La Méditerranée, l’été : une mer d’azur, un soleil de plomb… et 250 kilos d’or volés par Rhino et sa bande! Ils ont trouvé la planque idéale : un village abandonné, coupé de tout, investi par une artiste en manque d’inspiration. Hélas, quelques invités surprises et deux flics vont contrecarrer leur plan : ce lieu paradisiaque, autrefois théâtre d’orgies et de happenings sauvages, va se transformer en un véritable champ de bataille… impitoyable et hallucinatoire !

Adapté du premier roman du même nom de Jean-Patrick Manchette, l’un des auteurs les plus marquants du polar français, voici un western transposé dans un style post-moderne si particulier au tandem derrière le film qui se joue des conventions et apporte du coup un résultat sensoriel inédit.

Billetterie et salles 

Bientôt dans les salles : Quand les pouvoirs s’emmêlent : Un film sur la femme et la laïcité

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