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Montréal – Cap Haitien : Entrepren’Elle retourne aux sources pour innover

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit Photo: Baba I. F /Avant-Première MTL

Passé le temps du « goudougoudou » [tremblement de terre en créole] et les interminables crises politiques, la Québécoise d’origine haïtienne, Luckny Guerrier, a lancé la Mission Exploratoire Économique Entrepren’Elle (M3E) afin de sortir la jeune femme haïtienne du secteur informel. Une initiative qui passe selon la Cheffe de mission par un « retour aux sources » de la diaspora pour non seulement s’impliquer, mais aussi se ressourcer pour mieux rebondir.

Avant le « Retour aux sources », du 4 au 11 mars 2018 au Cap-Haitien [deuxième grande ville d’Haïti], Luckny Guerrier nous a reçu au « Casserole Kréole » pour nous en dire un peu plus sur ses « motivations entrepren’Elle ». « Cela fait déjà trois ans que nous existons. Les deux premières éditions ont eu lieu à Port-au-Prince. Suite à une invitation de Mme Dieudonne Luma [1ère femme sénatrice d’Haïti], cette année, j’ai décidé de sortir de la capitale pour aller dans les régions et mieux connaître les réalités des jeunes femmes dans le reste du pays », précise la Cheffe de Mission Entrepren’Elle qui entend « créer une alliance entre les femmes du Québec et d’Haïti ».

La diaspora et ses racines : rectifier le tir

C’est justement dans ce cadre qu’une conférence se tient, jeudi 22 février, sous le thème « Entrepreneuriat, Innovation et Créativité au féminin : Retour aux sources », au Centre des Arts de la Maison d’Haïti, à Montréal. Et pour Mme Guerrier, le retour aux sources, n’est rien d’autre qu’une « reconnexion avec ses racines ». Car pour elle, « pour mieux créer et mieux innover, il faudra connaître d’où l’on vient pour savoir où l’on va ». « Je crois que les jeunes de la diaspora ont besoin d’une connexion avec leur origine pour mieux avancer au Québec ou au Canada. J’ai décidé d’utiliser la voie de l’entrepreneuriat féminin pour pouvoir atteindre cet objectif », dit-elle avant de souligner les raisons qui ont motivé le choix de la première vice-présidente du Québec, Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique en qualité d’invitée d’honneur.

Des modèles de femmes à jour…

Luckny Guerrier

Luckny Guerrier, Cheffe de la M3E, prône une alliance entre les femmes du Québec et d’Haiti. Photo : Baba I. Fofana

À en croire Luckny Guerrier, les jeunes femmes de la diaspora haïtienne doivent commencer à avoir des modèles à jour. « Et je peux vous dire sans risque de me tromper que Mme Anglade est un modèle à jour pour ces jeunes femmes. Non seulement son profil et son parcours inspirent les femmes au Québec et en Haïti, mais aussi c’est une Haïtienne qui pense au développement de son pays d’origine. En plus, elle est ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la stratégie numérique. Chose qui cadre avec le thème de cette troisième Mission Exploratoire Économique (M3E) », soutient celle qui pense que les populations haïtiennes doivent se réveiller et se prendre en main.

« Qu’on arrête de s’impliquer aux côtés des hommes politiques et se consacrer à nos propres affaires. L’entrepreneuriat est une solution qui pourra aider à relever les femmes et le pays. Une fois que le secteur économique ira mieux, tout ira de mieux en mieux pour chaque Haïtien », conscientise Mme Guerrier tout en reconnaissant que l’entrepreneuriat au féminin ne date pas d’aujourd’hui en Haïti. « Sauf que, poursuit-elle, la majorité de ces femmes évoluent dans l’informel. Je pense que cela est une réalité dans la plupart des pays du Sud. C’est ce que nous voulons changer ».

Entre intentions et actions

Sachant qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, la Cheffe de M3E compte passer à l’action, lors de la conférence du 7 mars prochain, dans la ville du Cap en abordant spécialement la question de l’accès au financement. « Nous allons voir comment les femmes peuvent avoir un accès facile au financement de leur projet. Cette problématique est une réalité en Haïti tant bien du côté des femmes que des hommes. Nous allons également aborder la question des outils en matière de création d’entreprise avec le plan d’affaire et initiés des ateliers sur le business model. Mais aussi, on aura un défi de créer collectivement un incubateur cette journée-là », rassure Luckny Guerrier, ex-déléguée de la diaspora du Gouvernement jeunesse d’Haïti.

Luckny Guerrier

Mme Guerrier veut reconnecter Haiti et « ses origines africaines ». Crédit : Baba I. Fofana

Celle qui est née au Canada, qui y a étudié et travaillé dit être tombée en amour pour Haïti après avoir participé à la Semaine de la diaspora en Haïti et au premier Forum jeune avec Élan Haïti en 2014. Avec sa compagnie M3E, la jeune « Guerrier » a « élu domicile dans l’avion » pour pouvoir étendre sa toile dans le monde entier, mais aussi de pouvoir connecter Haïti à ses racines : « Je n’ai jamais créé d’événements à Montréal, parce que mon bureau est dans l’avion. Je suis plus dans les projets à l’international. J’ai décidé de commencer par Haïti. Mais mon objectif, c’est de travailler à travers le monde, surtout aller vers mes racines ». Et aller vers ses racines, c’est aussi « le retour à la source » en Afrique : avec l’ambition de conduire une toute première Mission Entrepren’Elle sur le continent en 2020.

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Crédit Photo: Baba I. F /Avant-Première MTL

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Crise en Haïti : entre rapatriement et mise en garde aux Canadiens et Américains!

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La crise en Haïti a atteint son paroxysme depuis le déclenchement le 7 février d’un nouvel épisode de violence, qui a déjà enregistré au moins 7 morts. Des milliers de personnes protestent contre l’inflation galopante dans laquelle baigne le pays. Ils exigent le départ du président Jovenel Moïse, au pouvoir depuis le 7 février 2017.

Alors que la situation se dégrade de jour en jour, en plus des morts, le Canada a décidé de procéder au rapatriement de certains de ses ressortissants en Haïti afin de préserver leur vie au moment où les affrontements font rage entre population civile et policiers. L’ambassade des États-Unis dans la capitale à Port-au-Prince aurait mis en garde son personnel quant à la possible présence d’hommes armés près de leur logement.

En coordination, Ottawa, Québec et Montréal ont déjà pris les dispositions pour l’évacuation de plusieurs fonctionnaires et touristes dans le pays. Le ministère des Affaires étrangères a également mis en garde tous les Canadiens qui souhaiteraient se rendre dans la « Perle des Antilles » pendant cette période de trouble.

Au moins 7 morts depuis le 7 février

Photo : Rezo Nòdwès

Jeudi, l’ambassade du Canada était fermée pour une quatrième journée consécutive. « Évitez tout voyage non essentiel en Haïti en raison des troubles civils qui sévissent à travers le pays », peut-on lire dans la dernière mise-à-jour effectuée le 14 février par Affaires mondiales Canada sur son site web. « Nous fournissons des services consulaires aux Canadiens sur place, et nous sommes prêts à fournir de l’aide à ceux qui pourraient en avoir besoin », indique un communiqué.

À lire aussi : Haïti : Les émeutes ont fait au moins quatre morts

Mardi, le porte-parole de la police nationale d’Haïti (PNH) a laissé entendre que les 78 détenus de la prison d’Aquin, une petite ville sur la côte sud, se sont évadés. Ce même jour, l’AFP a rapporté qu’au moins sept personnes ont trouvé la mort depuis le 7 février dernier : « La police n’a fourni un bilan des pertes de vies humaines qu’après la première journée de mobilisation nationale de l’opposition, le 7 février : deux personnes avaient alors trouvé la mort en marge des manifestations. Depuis, quatre autres décès par balle ont été recensés par les journalistes de l’AFP ».

À lire aussi : Québec-Haïti : rêves, secret et ambition de Dominique Anglade

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