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Culture

Mythomania, ou le sérieux mal placé

Saoud Maherzi

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Justine Latour.

Mythomania, la pièce écrite et mise en scène par Nicolas Berzi, présentée au théâtre de La Chapelle,  se veut une quête dans l’amour, son histoire, ses mythes, son évolution digitale ; L’amour occidental pris entre ses traditions, ses évolutions, ses trahisons et ses victoires. Un thème enivrant, sans doute.

Les spectateurs entrent dans la salle et ils voient, au milieu de la scène, une kaaba blanche en toile portant en son centre un cube. L’installation est fascinante. À gauche, un ingénieur son et à droite une femme, amorphe, le corps fin dans des leggings et un sweater. Assise à un piano, les mains sur les jambes et le regard vide, elle ne se préoccupe pas des badauds qui entrent en discutant bruyamment. Tant que la lumière assiège les bancs, rien ne lui appartient. Quand elle s’éteint, elle contrôle tout. Et il faut rendre à Livia Sassoli ce qui lui appartient, elle a contrôlé cette pièce d’une main de maître, avec un attachement méticuleux aux gestes, aux expressions, aux notes – car le rôle lui fait également jouer du piano.

La lumière s’éteint donc, et la femme commence à raconter, avec une voix langoureuse et ténébreuse, qu’elle ne lâchera pas tout au long de la pièce. Elle raconte un mythe, un Dieu qu’elle ne nomme pas et qu’on devine être Éros. Puis, elle raconte l’histoire d’Alex et Alex, un couple à travers les âges, semble-t-il. D’abord, les rencontres physiques, essentielles, les sensations chevrotantes du premier contact, puis l’évolution numérique vers les « connexions », les Tinder d’aujourd’hui. Tout cela est entrecoupé du récit scientifique sur la dopamine, l’ocytocine et la vasopressine ; sur l’intrication quantique aussi, et de la philosophie antique avec le mythe des androgynes de Platon. Le sujet est maîtrisé, il faut le dire.

La plus grande richesse de la pièce est la mise en scène. Cette kaaba blanche et les projections de photos, de vidéos, de textes sur la toile, sur la robe blanche de l’actrice étaient somptueuses. Mythomania est une pièce de théâtre cinématographique. Les enregistrements, qui répètent les paroles de l’actrice, montrent le décalage entre réalité et représentation. Le cube qui, comme un cœur au centre, illuminé de rouge, a connu un passage du plein au transparent. À la fin, il ne lui restait plus que les arêtes témoignant de l’objectif de l’œuvre, de découvrir le cœur et ses intentions. Et Livia, seule interprète, comme pour évoquer la solitude de la quête d’amour et la névrose.

Malheureusement, la mise en scène, l’investissement de l’actrice et les jeux de projection et de lumière ont été sabotés par le texte : un texte qui se prend trop au sérieux, servi parfois au passé simple. Rien n’évoque la complexité, la distance relationnelle comme le passé simple. Un texte emphatique, pompeux, déconnecté et profondément dépressif. « Une plante desséchée gisait dans mon cœur », « c’est le néant qui me frappe », « La terre a tourné, en elle et en nous, pour nous réunir dans ce rêve », « je pense à la finitude de mon existence », « je t’attends depuis toujours ». Rien n’est plus comique que le sérieux mal placé, irréaliste. Comme si, pendant une discussion Tinder – dont la finalité objective est de se retrouver nu transpirant après un coït d’une relative jouissance – quiconque allait penser à la finitude de son existence. La pauvre Livia Sassoli paraît névrotique, prise d’une pathologie clinique, loin de l’amour ordinaire, quotidien, véritable. En un mot, suicidaire. D’ailleurs, à tous les suicidaires qui hésitent encore, allez voir la pièce et faites le grand saut*.

Au final, on peut retenir avec plaisir de Mythomania la mise en scène novatrice, forte et représentative, l’engagement de la seule actrice ; et du reste, le décalage d’un texte irréaliste, loin de la vérité populaire et crue de l’amour qui ne reconnait pas les conceptions dépressives, des « étoiles » et des « constellations »,  et peut-être que c’est cela que la mythomanie face à la réalité de l’amour dans Mythomania. C’est une pièce intéressante par sa dualité. Voilà !

 

 

* : ceci est un trait d’humour. À ne pas confondre avec une invitation sincère au grand saut.

Crédit photo:
Justine Latour.

Diplômé de HEC Montréal, Saoud a écrit depuis 2013 dans divers médias. Il dédie le plus clair de son temps libre à la lecture, l’écriture et à la boxe trouvant une cohérence dans l'unité de ces activités. "Find what you love and let it kill you" - Bukowski

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1 Commentaire

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Culture

Astuces pro et gratuits pour motiver son enfant à lire

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Avec la panoplie de moyens de divertissement auxquels les enfants sont exposés, l’éveil à la lecture s’avère souvent pour les parents une mission complexe.

Pour aider les parents à comprendre les besoins de leurs enfants afin de leur inculquer l’habitude de lire, le gouvernement du Québec a lancé un nouveau périodique destiné aux enfants âgés de 3 à 5 ans.

Cet outil pédagogique est sorti à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur et a été réalisé en partenariat avec la maison d’édition La Boîte à Livres inc.

« Ce nouveau périodique représente une mesure concrète qui s’inscrit parfaitement dans les objectifs que s’est fixés notre gouvernement pour agir tôt auprès des enfants et dans la continuité du programme éducatif Accueillir la petite enfance », a précisé Mathieu Lacombe, ministre de la Famille.

Le périodique est composé de deux brochures : « On sème la lecture », qui s’adresse aux parents et aux intervenants, et « Explora-lire », pour les enfants. Les deux documents sont complémentaires et apportent une aide à l’apprentissage, l’éducation et l’intégration socio-culturelle saine des tous petits.

Le périodique 2019 est disponible en ligne

En versions papier et numérique

Les parents peuvent désormais se procurer la version papier du périodique dans tous les organismes communautaires Famille, les organismes communautaires offrant des activités de halte-garderie communautaires et les centres de pédiatrie sociale en communauté.

Il est aussi disponible gratuitement en ligne sur http://onsemelalecture.ca

Après cette édition 2019, neuf autres documents sont prévues sur trois ans, à raison de trois par année.

Lire aussi : Contenus francophones : le Québec et la France vont promouvoir la diversité des expressions culturelles en ligne

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Culture

Cinq artistes québécois en lice pour le prestigieux prix Sobey

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La Fondation Sobey pour les arts et le Musée des beaux-arts du Canada ont dévoilé ce mardi, 16 avril, la liste du Prix Sobey pour les arts 2019, considéré comme le plus prestigieux en art contemporain canadien.

Les 25 artistes visuels canadiens nominés par des leaders de communautés artistiques d’un océan à l’autre, ont été sélectionnés pour concourir pour le grand prix de 100 000 $ CA.

Les membres du jury 2019 sont :

  • Peter Dykhuis, directeur/conservateur de la Dalhousie Art Gallery, pour les provinces Atlantiques,
  • Jo-Ann Kane, conservatrice de la Collection Banque Nationale, pour la région du Québec,
  • Swapnaa Tamhane, commissaire, artiste et auteure pour l’Ontario,
  • Lindsey Sharman, conservatrice de du Musée des beaux-arts de l’Alberta, pour la région des Prairies et du Nord,
  • Nigel Prince, directeur de la Contemporary Art Gallery, pour la Côte Ouest et le Yukon et membre du jury international,
  • Henriette Bretton-Meyer, conservatrice du Kunsthal Charlottenborg de Copenhague, au Danemark.

Les prix

Le grand prix de 100 000 $ CA est remis au lauréat, 25 000 $ CA vont à chacun des quatre finalistes et 2000 $ CA sont accordés aux vingt artistes figurant dans la liste préliminaire.

Outre les prix en argent, trois des 25 artistes seront choisis par le jury du Prix Sobey pour les arts pour participer au Programme de résidences Sobey, un programme de résidences internationales dont la durée varie de trois à six mois. Enfin, l’un des finalistes sera sélectionné par Fogo Island Arts en vue de participer à une résidence annuelle.

Les cinq artistes québécois en lice pour le grand prix sont :

  • Marie-Michelle Deschamps
  • Nicolas Grenier
  • Caroline Monnet
  • Celia Perrin Sidarous
  • Sabrina Ratté

Le dévoilement de la liste des finalistes aura lieu le 12 juin, le nom des artistes en résidence suivra le 18 septembre.

L’exposition des cinq finalistes du Prix Sobey pour les arts sera présentée à l’Art Gallery of Alberta à Edmonton du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020.

Le lauréat du grand prix sera connu le 15 novembre 2019 lors d’un gala organisé par le Musée des beaux-arts de l’Alberta.

Le nom du gagnant de la résidence au Fogo Island Arts sera dévoilé dans les semaines suivant le gala.

Lire aussi : Montréal : des installations RV vous plongent dans des peintures célèbres

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Cinéma

Voici les films en tête des nominations du gala Québec Cinéma

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Québec Cinéma a dévoilé ce jeudi, 11 avril, les finalistes aux prix Iris 2019. Cette année, la grande fête du cinéma québécois dédiera une journée entière à la célébration et au rayonnement du talent de celles et ceux qui sont à l’origine des films d’ici.

Dès 16 h le dimanche 2 juin, Karine Gonthier-Hyndman et Guillaume Lambert donneront le coup d’envoi des festivités avec le Gala Artisans Québec Cinéma, en direct sur ICI ARTV et au RadioCanada.ca/galaquebeccinema.

La fête se poursuivra à 20 h, avec le Gala Québec Cinéma animé par Guylaine Tremblay et Édith Cochrane, en direct sur ICI TÉLÉ et sur Radio-Canada.ca/galaquebeccinema.

Ce sont 46 longs métrages de fiction, 35 longs métrages documentaires, 25 courts métrages d’animation et 25 courts métrages de fiction qui ont été évalués au cours des dernières semaines pour la nomination d’un total de 188 finalistes.

Rappelons que, pour les Iris de la catégorie long métrage de fiction, plus de 1 200 membres votants issus de l’industrie cinématographique ont allié leur voix à celles du jury, lors d’un premier tour de vote pondéré à 50/50.

1991 et À tous ceux qui ne me lisent pas, en tête des nominations du gala Québec cinéma

Ségolène Roederer, la directrice générale de Québec Cinéma s’est réjouie de la forte réponse des membres votants au nouveau système de votation pour le choix des finalistes. « 1200 votes, c’est énorme et cela montre l’intérêt du milieu pour son Gala », a-t-elle indiqué.

 En plus des finalistes qui comptent les films 1991 de Ricardo Trogi et À tous ceux qui ne me lisent pas de Yan Giroux, le public découvrira les œuvres qui se sont démarquées dans les catégories du Prix du public, Meilleur premier film, documentaire, des films qui ont brillé à l’internationale, court métrage et Iris Hommage 2019.

Lire aussi : Karine Gonthier-Hyndman et Guillaume Lambert animeront Le Gala Artisans Québec Cinéma

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