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Culture

Particules d’existence, les récits immersifs entre phénoménologie, esthésie et esthétique

Hanen Hattab

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Crédit photo Centre Phi

Proches ou éloignées des vies ordinaires, les existences qu’incarnera le public au centre Phi du 27 mars au 12 août sauront lui faire perdre le nord.

C’est la mission que se donne la réalité immersive en se dotant de technologies qui stimulent simultanément les sens pour nous transporter ailleurs sans que nos coordonnées spatio-temporelles quittent les lieux de l’exposition. Cette promesse d’ubiquité, les installations interactives et multi-sensorielles de l’exposition Particules d’existence ont su la tenir en interpellant les perceptions kinesthésiques de façons spectaculaires. Sachant que le spectacle se vit de l’extérieur et de l’intérieur comme un rêve qui nous est raconté en états de réveil et de conscience.

Il est tentant de comparer ces histoires aux rêves lucides parce que la narration se construit aussi avec les interactions du spectateur réagissant au contenu.

La réception synchronique des informations diégétiques, visuelles, olfactives, sonores et vibratoires fait des œuvres des expériences synesthésiques pénétrantes. L’effet d’immersion est particulièrement saisissant dans les œuvres Chalkroom, créée par Laurie Anderson et Hsin-Chien Huang et Treehugger : Wawona de Marshmallow Laser Feast. Toutes les deux donnent des sensations de vol avec des effets de déplacements et de vertiges différents.

Isle of Dogs : Behind The Scenes est « une expérience de réalité virtuelle [qui] plonge le spectateur dans l’univers miniature du prochain film d’animation image par image de Wes Anderson » Et si les personnages fantastiques des films d’animation pouvaient réagir comme des acteurs humains dans les coulisses, l’œuvre nous dit que les casques de réalité virtuelle peuvent nous transporter dans cette autre fiction sur la fiction. Dans celle-ci, les images paraissent aussi vivantes que leurs artisans et créateurs parce qu’elles sont mues par le même dispositif.

Vivre dans cet univers en regardant dans les lentilles du casque amène à s’interroger sur la fonction de dédoublement de la représentation que joue cet autre médium. Ici, on se rend compte notamment que la diégèse vaut autant que le signifiant.

Dans Chorus, créée par Tyler Hurd, l’effet de présence des joueurs, participant à l’installation, met en exergue un autre élément significatif propre aux images immersives à savoir l’expérience proprioceptive du corps. Dès qu’on est emporté par les images, la sensation du corps s’atténue, l’interaction avec l’histoire et les autres joueurs restituent partiellement cette impression.

La dimension phénoménologique est moins saisissante dans les œuvres The Sun Ladies de Christian Stephen et Céline Tricart et Roxham de Michel Huneault, Maude Thibodeau et Chantal Dumas. Les témoignages documentaires enregistrés, respectivement, dans les terres de combat irakiennes et les frontières canado-américaines infiltrées par les migrants, sont beaucoup plus engageants que l’artifice virtuel.

Le sentiment intersubjectif engendré par l’histoire est particulièrement puissant dans Roxham. Les images bidimensionnelles des demandeurs d’asile, épousant les formes de couvertures et de tapis suggérant les affaires qu’ils transportent avec eux, sont poignantes autant dans l’installation immersive que dans l’exposition photographique au premier étage du centre Phi.

Il est de même pour le jeu Discovery Tour By Assasin’s Creed : Ancien Egypt où, à partir d’un certain moment, l’histoire racontée par le guide transcende et surpasse le rendu hyper-réel saisissant de l’Égypte Antique.

En réunissant des productions artistiques d’ici et d’ailleurs, des storytelling imaginaires et empreints du réel, Particules d’existence poursuit la mission qu’entreprend le centre depuis des années visant à faire découvrir les derniers espaces de rencontre de l’art, les sciences et les technologies et les interfaces imageant les imaginaires les plus fous et les traces multi-sensorielles du réel les plus troublantes.

Crédit photo:
Crédit photo Centre Phi

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Culture

Semaine du français au travail : la FTQ en action pour la francisation des entreprises au Québec

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Photo FTQ

Dans le cadre de la Semaine du français au travail, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), en collaboration avec le Secrétariat à la promotion et à la valorisation de la langue française du ministère de la Culture et des Communications, présente cette année une exposition qui retrace les 50 ans d’actions de la FTQ en matière de francisation.

« La FTQ est fière du chemin parcouru, bien que, encore aujourd’hui, le français reste menacé par l’envahissement de l’anglais dans le monde du travail et dans notre quotidien. Plus que jamais, il faut se retrousser les manches et prendre des actions pour imposer le français dans nos milieux », déclare le président de la centrale syndicale FTQ, Daniel Boyer.

« Le français reste menacé par l’envahissement de l’anglais »

La francisation des entreprises n’étant pas une « tâche facile », pour y répondre, la FTQ annonçait dans les années 1980 la création de son service permanent de la francisation qui coordonne les actions de la FTQ en matière de francisation. Il s’agissait entre autres, de rencontre annuelle de francisation, du bulletin Travailler en français, d’une campagne d’affichage et de sensibilisation dans les milieux de travail ou soutien aux comités de francisation.

À lire aussi : La Société St-Jean Baptiste, pour un Québec libre et francophone

C’est en novembre 1969, lors du 11e Congrès de la FTQ, que les délégués ont ratifié la première politique linguistique de la FTQ affirmant que « le français doit devenir la langue de travail normale et courante à tous les paliers de l’activité économique au Québec », indique un communiqué de la centrale syndicale.

« Revendiquer le respect de notre langue qu’est le français »

Selon la plus grande centrale syndicale au Québec (FTQ), qui représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses, les défis que représente la francisation dans les milieux de travail et dans la société en général sont immenses. « Plus que jamais, il faut serrer les rangs et ne pas hésiter à revendiquer le respect de notre langue qu’est le français », a souhaité M. Boyer, martelant que la mondialisation exerce une « immense pression » sur « nos sociétés et nos organisations ». « C’est pourquoi, encourage le président de la FTQ, il ne faut pas hésiter à revendiquer le respect de notre langue commune ».

À lire aussi : Francisation : l’OQLF lance les Mérites du français 2019

C’est le lieu d’indiquer que cette exposition sur la francisation qui se tiendra dans le hall du Fonds de solidarité de la FTQ, situé au 545, boulevard Crémazie Est à Montréal, intervient deux jours avant la Journée internationale de la Francophonie, célébrée le 20 mars chaque année.

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Culture

Événements culturels à ne pas manquer ce weekend

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Avant-Première MTL est à l’affût des événements culturels de Montréal. Voici notre sélection pour cette fin de semaine.

Danse

Phenomena

La dernière représentation de Phenomena aura lieu ce samedi, 15 mars, à l’Édifice Wiler de l’Agora de la danse à partir de 19h.

L’artiste Ismaël Mouaraki questionne le corps et les nouvelles technologies numériques. « Il s’interroge sur notre évolution, tant d’un point de vue sociologique ou scientifique, que philosophique. Si la technologie continue dans la direction de ces dernières années, finira-t-elle par intégrer totalement le corps et devenir imperceptible ? »

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Théâtre

Le mystère Carmen

Ce spectacle musical d’Eric‑Emmanuel Schmitt se termine demain au Théâtre du nouveau monde.

« Eric‑Emmanuel Schmitt partage la scène avec l’envoûtante soprano Marie‑Josée Lord, tous deux guidés par Lorraine Pintal, pour nous entraîner à la rencontre d’un génie sublime et précoce, Georges Bizet, qui n’a trouvé sa voie qu’à l’âge de 36 ans avec la création de Carmen : or, un infarctus le foudroie trois mois après la première. Ensemble, ils retracent le trajet bouleversant de ce génie musical qui disparaît trop tôt pour réaliser qu’il a révolutionné l’opéra et, surtout, qu’il venait de créer un nouveau mythe féminin. »

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La mode s’expose

Thierry Mugler Couturissime

L’exposition tant attendue du célèbre créateur Thierry Mugler a commencé au début du mois et se termine le 8 septembre prochain. L’événement « dévoile les multiples univers de cette figure artistique incontournable – couturier visionnaire, metteur en scène, photographe et parfumeur – en revisitant notamment ses créations prêt-à-porter et haute couture. »

Billetterie et infos

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Cinéma

La comédie culte « Tanguy, le retour » à l’affiche bientôt

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La suite du film français Tanguy, sortie en 2002, a été annoncée en novembre 2017 sur Europe 1 par l’acteur André Dussollier. La comédie française culte sortira en France et au Québec le mois prochain et mettra en vedette les acteurs qui ont joué les personnages principaux de la première partie.

Le film « Tanguy, le retour » sera à l’affiche au Québec et en France dès le 19 avril prochain. Le public retrouvera les acteurs André Dussollier (Adopte un veuf, Belles Familles, Diplomatie), Sabine Azéma (Knock, Cezanne et moi, Raid dingue!) et Éric Berger (Ma famille t’adore déjà!, Un homme à la hauteur ) dans leurs rôles mythiques, sous la direction d’Étienne Chatiliez (L’Oncle Charles et Agathe Cléry).

Synopsis 

16 ans plus tard, Tanguy, qui a maintenant 44 ans, revient chez ses parents avec sa fille Zhu sous le bras car Meï Lin l’a quitté. Catastrophés de voir leur « tout-petit » dans cet état, Paul et Édith font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la corde pour se pendre. Car Tanguy recommence à se sentir bien chez ses parents…

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