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États-Unis

En perte de vitesse, Trump remanie son équipe à Washington !

Baba-Idriss FOFANA

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| Photo Nicholas Kamm. AFP |

Le président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé le remaniement de son entourage, au moment où de plus en plus de voix soutiennent la destitution du successeur de Barack Obama.

Une crise secoue la Maison Blanche. Frustré de l’incapacité de son équipe à contenir les bruits persistants entourant les allégations d’ingérence russe, dans l’élection qui l’a porté au pouvoir, le président américain, Donald Trump, a envisagé un remaniement de son entourage et un retour à ses anciens stratèges de campagne. Selon The Associated Press, un blitz de recrutement a été mis en branle pour former les équipes d’avocats et de relationnistes d’expérience, qui affronteront le raz-de-marée de révélations sur l’ingérence du Kremlin et sur sa possible collusion avec l’entourage de M. Trump.

Ainsi, Marc Kasowitz, un avocat de longue date de M. Trump, aurait donc rejoint l’équipe mise sur pied pour affronter l’intensification des enquêtes sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle et le rôle qu’aurait joué l’équipe républicaine dans ce dossier. À cette nouvelle équipe, devraient s’ajouter des avocats expérimentés en matière d’enquêtes au sein du gouvernement. Des experts de gestion de crise en relations publiques devraient également gonfler leurs rangs.

À en croire une source familière avec la manière de penser de Donald Trump, rapporte AP, celui-ci croit faire face à un problème sur le plan des communications — et non de la loi. Le locataire de la Maison Blanche aurait aussi envisagé de faire appel à son ex-directeur de campagne, Corey Lewandowski, et l’ancien adjoint de ce dernier, David Bossie.

De nouveau stratèges à la Maison Blanche !

Ce revirement de dernière minute intervient au moment où les élus Démocrates réclament l’application “impeachment”, cette loi américaine qui permet au membre du Congrès de destituer le président. Il faut dire que de la signature de son décret anti-immigration, à celui remettant en cause les mesures sur le climat prises par son prédécesseur Barack Obama, Donald Trump ne fait pas l’unanimité depuis son investiture en janvier 2017. Et les accusations d’ingérence ainsi que les liens troubles de l’administration américaine avec la Russie viennent comme pour enfoncer le clou.

Rentré de sa première tournée diplomatique, le président Trump se trouve « embarrassé », suite aux informations récemment mises en lumière dans les médias se rapprochant dangereusement du Bureau ovale, en impliquant Jared Kushner, qui se trouve être le gendre et proche conseiller du président des Etats-Unis. Puisqu’il avait été révélé la semaine dernière que Jared Kushner avait proposé à l’ambassadeur russe, à Washington, de mettre en place une voie de communication secrète entre Moscou et l’équipe de son beau-père durant la période de transition à la Maison-Blanche. Mais, le Numéro 1 américain avance que « plusieurs fuites qui viennent de la Maison-Blanche sont des mensonges fabriqués », accusant au passage des journalistes d’inventer leurs sources de toutes pièces.

Pourtant, le 15 mai, le Washington Post a révélé que le président américain avait dévoilé des informations top secrètes à la Russie. Le lendemain, le New York Times a fait état d’une note du président Trump demandant à James Comey, -le directeur du FBI qu’il a depuis soudainement congédié- de “laisser tomber” l’enquête en cours sur Michael Flynn. Ce dernier est l’ancien conseiller à la sécurité du président, forcé de démissionner en février après la révélation de contacts répétés avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis alors même que l’administration Obama imposait des sanctions contre Moscou.

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| Photo Nicholas Kamm. AFP |

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Un “doc” pour déstabiliser Hillary et le FBI

Baba-Idriss FOFANA

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Photo libre de droit

La peur a-t-elle changé de camp à Washington ? Acculé par le camp Hillary et le FBI dans l’affaire « ingérence russe » lors de la présidentielle américaine 2016, Donald Trump semble prendre sa revanche sur ses adversaires depuis la fin janvier 2018. Mais comment ?

Le président milliardaire ne serait pas passé par quatre chemins pour donner du fil à retordre à ceux qui manœuvrent pour sa destitution, le fameux « impeachment ». Même si la résolution proposée par le démocrate du Texas Al Green a été rejetée en décembre dernier, « l’aptitude » de Donald Trump à exercer la fonction de président des États-Unis continue d’être mis en cause par ses détracteurs. Mais aussi, les propos de ‘’l’homme le plus puissant du monde’’ tendant à inciter à la haine, ont encouragé l’ouverture d’enquêtes au niveau de certaines commissions et par le procureur spécial sur la Russie, Robert Mueller. Sauf que ce n’est pas de cela qu’il s’agit.

Seulement voilà ! Donald Trump a donné son feu vert, vendredi 2 février, à la publication d’un « mémo » accusant la police fédérale (le FBI) et le département de la Justice de malversations. Et ce n’est pas tout ! le « doc », qui considéré comme « explosif ». Fait état de ce que le processus ayant conduit le FBI et le département de la Justice à obtenir. D’une cour spéciale, un mandat d’écoutes téléphoniques visant un ancien conseiller de Trump, Carter Page, a été politisé en faveur des Démocrates.

Trump dénonce un processus politisé

De quoi à réjouir celui qui est sous le feu des projecteurs. Dans les messages de Trump sur Twitter, aux premières heures, on pouvait lire le « bonheur » de quelqu’un qui venait de gagner une bataille : « Les dirigeants et enquêteurs du FBI et du département de la Justice ont politisé le processus sacré d’enquêtes en faveur des démocrates et contre les républicains – quelque chose qui aurait été impensable, il y a encore peu de temps ».

Toujours selon le mémo, cette cour n’aurait pas été informée qu’une partie des informations provenait d’un « dossier » établi par un ancien espion britannique, en la personne de Christopher Steele. Alors que celui-ci travaillait pour le compte d’un cabinet d’enquêtes privées de Washington. De plus, si l’on s’en tient au document rendu public, les recherches de M. Steele en Russie auraient été payées en partie par le Comité national démocrate et la campagne de Hillary à hauteur de 160.000 dollars. Et pour le locataire de la Maison Blanche, tout cela est une « honte » pour les Américains. « Ce qui se passe dans notre pays est une honte […] Beaucoup de gens devraient avoir honte », aurait lâché M. Trump devant des journalistes.

De là, faut-il croire que l’époux de Melania Trump est en train de faire basculer tout ce qui était en train d’être établi contre lui ? Pas si sûr ! Dans la mesure, le fameux « mémo » ou le ‘’dossier béton’’ est gravement controversé puisqu’il a été rédigé par du personnel politique travaillant pour la commission du renseignement de la Chambre des représentants, qui est dirigée par le républicain Devin Nunes.

Qu’à cela ne tienne !

Toujours est-il que le « doc » perturbe le sommeil du camp Hillary qui n’a pas attendu longtemps à produire un « contre-mémo » pour expliquer semble-t-il les « incongruités » du mémo dit « républicain » et jeter le discrédit sur le rédacteur. Tout comme le FBI qui a presque perdu sa quiétude, s’était prononcé contre la publication dudit mémo avant l’autorisation, car susceptible d’entretenir de « graves inquiétudes » et même pour des informations « inexactes » et d’autres qui devraient « demeurer confidentielles ».

En attendant que le FBI, le département de la justice et le camp démocrate – qui se débattent – renversent la vapeur. Donald Trump aura réussi un gros coup. Celui de se faire « innocenter » depuis la déclassification de ce mémo, arguant qu’il n’y a eu ni « collusion » ni « obstruction ». Obstruction : un mot qui, selon lui, peut être « désormais utilisé parce qu’après avoir cherché sans fin pendant un an et n’avoir rien trouvé, la collusion est morte ». Vraiment morte ? Et pendant combien de temps Hillary Clinton pourrait continuer à vivre cette mort ? Seul le temps nous le dira.

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Paris: Trump se déplace avec une poudrière américaine…

Baba-Idriss FOFANA

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|Photo : Philippe Wojazer/REUTERS|

Depuis ce jeudi, le Président des États-Unis est à Paris, en France, pour prendre part au traditionnel défilé militaire du 14 Juillet. Un voyage qui ne se fait pas à n’importe quel prix. Le Secret Service y est pour quelque chose…

Quand Donald Trump se déplace, c’est comme si c’était les États-Unis qui voyageaient comme un seul homme dans le Air Force One. C’est le moins que l’on puisse dire ; avec l’arrivée du numéro 1 Américain sur le sol Parisien, ce mercredi 13 Juillet (où 10 000 hommes, Français et Américains, auraient été mobilisés), après voir répondu positivement à l’invitation de son homologue Français, Emmanuel Macron, en début Juillet.

200 soldats Américains dans la place !

En attendant le fatidique vendredi du 14 Juillet pour le défilé, – où environ 200 militaires Américains sont attendus sur les Champs-Élysées – des indiscrétions laissent entendre que le Service secret Américain, responsable de la sécurité du Président des Etats-Unis, veut parer, à toutes les éventualités, dans la capitale Française. « Vendredi, lors du défilé du 14 Juillet sur les Champs-Elysées, un dispositif anti-drone unique sera également déployé : pour la première fois, l’armée Française met en service le drone Reaper, atout majeur de la surveillance des jihadistes au Sahel, selon l’état-major.  Car, rien ne doit venir perturber cette première visite officielle du Président Donald Trump en France », écrit RFI.

D’autant plus qu’on a encore en mémoire, l’attentat terroriste au camion-bélier qui a causé la mort de 86 personnes et fait 458 blessés à Nice (Alpes-Maritimes, France), dans la soirée du 14 Juillet 2016 sur la promenade des Anglais.

Ainsi, un convoi aurait été acheminé des Etats-Unis, il y a plusieurs jours, avant l’arrivée du couple Présidentiel Trump. Le Secret Service, serait donc arrivé avec ses voitures dont celle de 8 tonnes, entièrement blindée, du Président Trump. Le média Français (RFI), rapporte même que les Américains seraient également venus avec leurs hélicoptères, et même leurs propres brouilleurs d’ondes disposés sur le parcours du Président pour éviter qu’une bombe ne soit déclenchée par téléphone.

Le serpent n’est pas encore mort…

Du côté de la first lady, Melania Trump, rien ne serait également négligé. Si l’on en croit RFI, les déplacements de la Première dame Américaine sont également placés à haute sécurité, comme à l’hôpital Necker, à Paris, où des agents des services Américains se sont déployés le jeudi matin où elle était attendue.

C’est aussi le lieu de souligner que cette visite de 24 heures du Président Trump, a inévitablement provoqué des chamboulements dans les habitudes des Français, qui vont devoir prendre leur mal en patience. « Pendant deux jours, des rues, des boulevards, des monuments comme les Invalides et le tombeau de Napoléon où se rendra le Président Américain, la tour Eiffel où les couples Trump et Macron doivent dîner ce jeudi soir, des stations de métro, etc, seront fermés au rythme des déplacements du convoi présidentiel », rapporte Radio France Internationale.

Il est clair que cette situation de fête devenant “morose” risque de créer un trou dans les recettes de plusieurs commerces Parisiens ; et biens d’autres. D’ailleurs, on apprend qu’une heure avant l’arrivée de Donald Trump, le jeudi matin en France, le plan des vols commerciaux autour d’Orly a été modifié. Évidemment, cela a aussitôt provoqué « des retards pouvant atteindre une heure pour les passagers ».

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|Photo : Philippe Wojazer/REUTERS|
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Trump et la Russie, du complot à la surinformation

Hanen Hattab

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Crédit photo Mike Segar / Reuters

Avec les révélations de Trump junior, la saga de la famille locataire de la maison blanche prend un virage double, peut être glissant. L’entrée fracassante de l’héritier Trump dans l’affaire de la Russie soulève des interrogations sur la possibilité d’une stratégie médiatique façon Hollywood.

Donald Trump Jr, le fils aîné du Président Américain, a déclaré, lors d’une interview accordée à la chaîne Fox News le 11 Juillet, qu’il avait rencontré une avocate présentée comme émissaire du gouvernement Russe pendant les élections de 2016. M. Trump Jr a rajouté, notamment, que son père n’était pas au courant de cette rencontre qui a eu lieu le 9 Juin 2016 à la Trump Tower, à Manhattan.

Surinformations du labyrinthe médiatique

Avant que le New York Times publie cette information, le fils Trump lui a volé la vedette, en témoignant qu’il avait rencontré une représentante de Moscou afin de nuire à la réputation de l’adversaire numéro un, de son père. Il n’a pas lésiné sur les détails croustillants de l’affaire controversée en publiant sur son compte Twitter les documents illustrant les tenants et les aboutissants de la rencontre. Des courriels et des conversations échangés avec l’intermédiaire Britannique Rob Goldstone en contact avec le procureur général de Russie dépeignent, à coup d’indices percutants, comment la famille en tête des États-Unis a saboté la campagne de Hillary Clinton.

Le 9 Juillet, le fils tenait des propos complétement différents de ceux révélés hier. Il avait confirmé que sa rencontre avec l’avocate Natalia Veselnitskaya avait pour objet de discuter des adoptions d’enfants Russes aux Etats-Unis et de la levée des sanctions qui frappent la Russie depuis l’affaire Magnitski.

L’email en date du 3 Juin 2016, twitté par l’héritier Trump, montre que M. Goldstone se proposait comme intermédiaire avec le père du chanteur Russe Emin Agalarov (dont la famille connaît bien celle de Trump), qui lui-même voulait aussi faire le médiateur avec le procureur général Russe. Ce dernier voulait « donner, à l’équipe de campagne de Trump, des informations et documents officiels qui incrimineraient Hillary et ses transactions avec la Russie […] ».

6 jours après ces échanges, l’héritier Trump a rencontré, au 25e étage de la Trump Tower, l’avocate Veselnitskaya Jared Kushner, et son directeur de campagne, Paul Manafort.

Par ailleurs, le fils rassure les Américains, dans un communiqué, que tout bonnement cette avocate « n’était pas une responsable gouvernementale » et qu’elle est venue, à la rencontre, les mains vides.  Mme Veselnitskaya, qui selon Trump Jr, n’a fourni aucune information, a souligné dans une interview donnée à la chaîne de télévision Américaine NBC que ses contacts de l’équipe Trump « cherchaient ce genre d’information ». « ils la voulaient tellement !» a-t-elle ajouté.

Si le Kremlin nie avoir des relations avec l’avocate, après l’éclatement de cette affaire, le public se trouve avec un amas d’informations ingérables ou les rapports entre les différents protagonistes sont difficiles à cerner.

René Naba ne nous a-t-il pas rappelé dans son article « Les Médias comme véhicule d’une idéologie dominante » (En point de mire, Septembre 2017) que les ricains excellent dans l’art de la surinformation. « les Etats-Unis auront constamment cherché à rendre leurs ennemis inaudibles, au besoin en les discréditant avec des puissants relais locaux ou internationaux, tout en amplifiant leur offensive médiatique, noyant les auditeurs sous un flot d’informations, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de faire des auditeurs lecteurs de parfaits «analphabètes secondaires», pour reprendre l’expression de l’Allemand Hans Magnus Einsensberger. »

Ce nouvel épisode de l’affaire Trump et la Russie ouvre un chapitre nouveau dans lequel James Comey, portraituré par ses adversaires comme un complotiste, a été exclu ou peut-être reviendra-t-il un de ces jours rajouter un couloir dans cette partie du labyrinthe façonnée par le fils Trump.

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Crédit photo Mike Segar / Reuters
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