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Philippe Couillard : « la peur, ce n’est pas quelque chose qui est fréquent en moi »

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit photo: Page Facebook du premier ministre

À moins de six mois de la fin de son mandat, nous avons eu l’occasion de poser trois questions au premier ministre du Québec, Philippe Couillard. C’était en marge du « Grand rassemblement de la diversité » organisé, samedi 7 avril, par la Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec (CCCPLQ). Le chef des libéraux a répondu aux questions du magazine Avant-Première MTL, sans langue de bois. M. Couillard explique comment les lignes vont bouger au PLQ d’ici le 1er octobre, afin de solliciter un prochain mandat de quatre ans.

B.I.F : Nous sommes à moins de six mois des élections et le parti libéral est toujours talonné dans les sondages. On a l’impression que les libéraux dorment un peu sur leur laurier. Est-ce que vous n’avez pas un peu peur de ce qui s’en vient ? Sinon, à quand le décollage de la machine libérale ?

P.C : Je dirais d’abord que la peur, ce n’est pas quelque chose qui est fréquent en moi. Par compte, vous pourriez dire que le budget qu’on a déposé, c’est le début d’une communication beaucoup plus intensive de notre bilan et de nos propositions. À partir de ce budget, tout va s’accélérer de façon organisée jusqu’à l’élection du 1er octobre 2018. Je pense qu’on va voir ça.

 » Sur la question du port de signe religieux à la police, je ne changerais pas ma position « 

En ce qui concerne les sondages, nous, on ne pense pas que la politique fait les sondages. On parle de la politique sur les opinions et les convictions. Par exemple, sur la question des uniformes de police [le port de signes religieux], disons qu’un sondage est publié où les gens en majorité disent qu’ils ne sont pas d’accord avec moi, je ne changerais pas ma position. Cette position est basée sur des valeurs et des principes. Et ça, c’est important.

Pour ce qui est de la communication de notre parti, de notre gouvernement, je pense que vous pouvez considérer que le grand début a été le dépôt du budget qui vient d’être fait, il y a quelques semaines.

B.I.F : Pour ce budget qui est considéré comme « du jamais vu », on vous accuse d’avoir attendu à la dernière minute pour le sortir. Comment expliquez-vous cela ?

P.C : La réponse est facile. D’abord, on avait dit exactement qu’on ferait ça. On avait dit, au début en 2014, souvenez-vous qu’on va établir l’équilibre des finances publiques. Quand nous sommes arrivés aux affaires, on a découvert sept milliards de dollars de déficit [On a fait une loi pour que cela n’arrive plus une autre fois]. Est-ce qu’il fallait laisser ce déficit comme tel ? Non ! Ça nous a pris deux ans de travail. Les deux premières années du mandat nous ont occupés à rétablir l’équilibre des finances publiques.

Philippe Couillard

Philippe Couillard lors des réponses aux questions. Crédit: Baba Idriss Fofana

Après, on a eu des marges de manœuvre. Et dès qu’on a eu des marges de manœuvre, on a investi dans les services publics. C’est donc la continuation de ce qu’on avait dit qu’on ferait et du plan gouvernemental depuis le début. La première somme qu’on a investi dans l’éducation, c’était en décembre 2015. Là, l’économie du Québec, elle va tellement bien en grande partie grâce à nos politiques ; les revenus du gouvernement sont très élevés et on est capable d’investir massivement en immigration, en éducation, en santé et pour continuer à moderniser l’économie : parce que l’économie va bien, pas parce qu’on sent l’obligation de le faire pour les élections.

L’autre grand message, c’est que le budget reste équilibré. Ce qui aurait été très mauvais, c’est de dire avant les élections : on va faire un autre déficit pour donner des politiques populaires. On a gardé le budget équilibré, parce qu’on est capable de le faire, parce que l’économie va tellement bien, parce que les revenus en l’état actuel permettent de faire ça.

B.I.F : Faut-il comprendre que le budget Leitão est suffisant pour les libéraux de regagner la confiance des Québécoises et Québécois en vue d’obtenir un prochain mandat ?

P.C : Non, non ! il ne faudrait surtout pas comprendre ça. On va faire campagne en grande partie sur notre bilan, mais pas seulement sur notre bilan. On va dire aux gens en 2014, on vous avait dit « ceci-ceci, cela » et on a fait exactement ce qu’on vous avait dit qu’on ferait. C’est la première étape de la conversation. Une fois que la plupart des gens disent « c’est vrai », nous allons leur proposer notre projet pour les prochains quatre ans.

On va avoir des projets qui vont être basés sur les finances, l’économie, l’emploi mais également l’éducation, la société du savoir, la qualité de vie et l’équité dans la société. Ça, c’est notre projet qu’on va déposer. Les gens vont dire : « la première fois, ils ont tenu parole. Ils ont fait exactement ce qu’ils avaient dit qu’ils feraient. On croit que cette fois encore, ils vont tenir parole ». C’est comme ça qu’on va procéder. Ce n’est pas difficile, mais c’est important.

Crédit photo:
Crédit photo: Page Facebook du premier ministre

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Bilan de la COP24 : opposition et gouvernement divisés au Québec

Baba-Idriss FOFANA

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Au terme de la 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, tenue du 3 au 14 décembre, en Pologne, c’est l’heure de rendre des comptes. De retour au Québec, l’envoyée du gouvernement à Katowice et ceux de l’opposition ne parlent presque pas le même langage lorsqu’ils font le bilan de la COP24.

Celle qui a conduit la délégation officielle du Québec, du 8 au 12 décembre à Katowice, dresse un bilan positif de la COP24. Une semaine chargée d’événements et d’entretiens qui devrait générer des retombées positives pour les Québécoises et les Québécois. « Cette mission m’a bien sûr donné l’occasion de présenter l’action climatique du Québec et de faire valoir son expertise, mais aussi de tisser des liens avec mes homologues internationaux. (..) Nul doute que cette mission enrichira nos décisions des prochains mois et des prochaines années », a déclaré MarieChantal Chassé, ministre québécoise de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

En attendant les retombées positives des COP…

Mme Chassé se réjouit ainsi d’avoir pu faire rayonner l’expertise des entreprises québécoises et du Québec en matière de tarification du carbone, d’électrification des transports, de technologies propres et de coopération climatique internationale, véritables cartes de visite du savoir-faire québécois.

En la matière, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de PME et d’innovation, Monsef Derraji, ne dit pas le contraire. Après 6 jours à Katowice, le député libéral de Nelligan soutient que cette conférence des Nation Unies sur le climat est « l’endroit tout indiqué pour promouvoir l’innovation du Québec en matière de lutte aux changements climatiques et pour exporter le savoir-faire des entreprises de chez nous à l’international ».

À lire aussi : COP24 : malgré tout, le Québec « bien représenté » à Katowice

D’après M. Derraji, le Québec s’est vu saluer à maintes reprises au cours de l’événement son rôle de leader et sa bourse du carbone. Sauf que, déplore-t-il, la Coalition avenir Québec (CAQ) ne prend aucune mesure concrète ni les moyens financiers pour relancer la diplomatie verte sous leur gouverne et ainsi conserver le rôle de meneur du Québec à l’international.

L’opposition officielle met en garde sur les GES!

Parlant de gaz à effet de serre (GES), le représentant du Parti libéral du Québec à Katowice met en garde le premier ministre François Legault et la ministre MarieChantal Chassé. Car pour lui, « pas question pour le Québec de laisser tomber ses objectifs de réduction des GES pour 2020 ».

D’ailleurs, Monsef Derraji annonce que dans les prochaines semaines les libéraux talonneront le gouvernement afin qu’ils déposent le plus rapidement possible un plan de transition pour atteindre les objectifs de réduction des GES. « La population se mobilise, car l’urgence d’agir est bien présente. C’est au gouvernement de donner le ton », a-t-il martelé.

Et pour donner le ton, la porte-parole de Québec solidaire en matière de transition économique et écologique, Ruba Ghazal, ne passe pas par quatre chemins. Elle demande à la ministre de l’Environnement de « poser un premier geste concret ». « (..) Québec doit se montrer prêt à entamer une transition ambitieuse et à devenir un leader mondial. La ministre Chassé doit poser un premier geste concret: fermer la porte au projet de Gazoduc polluant qui traverserait l’Abitibi-Témiscamingue jusqu’au Saguenay », a exhorté celle qui juge « décevante » la participation du Québec à la COP24.

COP24 « décevante », Ghazal attaque Chassé…

Au dire de la députée solidaire de Mercier, qui s’était rendue à Katowice, « l’accord final de la COP24 est faible et insuffisant pour répondre à l’urgence de la crise » climatique. Mais, reconnait-elle, c’est mieux que de ne pas avoir d’entente du tout. « Mme Chassé est passée en coup de vent à la COP24. Elle est restée seulement 4 jours…le temps de participer à quelques mondanités protocolaires. Une belle occasion manquée de donner une impulsion à son gouvernement en matière de lutte au changement climatique », a critiqué Ruba Ghazal.

À lire aussi : Urgence climatique : la pression monte sur le gouvernement Legault

La solidaire va jusqu’à dire qu’elle commence à « douter que la ministre de l’Environnement ait vraiment reçu le mandat du premier ministre » de réaliser un plan de transition énergétique. « Ce ne serait pas la première ministre de l’Environnement à manquer de marge de manœuvre …c’est un problème chronique », a-t-elle enfoncé.

Au moins, l’opposition et l’envoyée du gouvernement Legault se sont entendus sur une chose : compenser les émissions de gaz à effet de serre générées par l’ensemble des déplacements aériens et terrestres en Pologne.

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Vacances des fêtes : des jeunes remplacent les députés à l’Assemblée nationale du Québec

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La 69e législature du Parlement Jeunesse du Québec (PJQ) réunira du 26 au 30 décembre une centaine de jeunes parlementaires et journalistes. Venant des quatre coins du Québec, ces jeunes âgés de 18 à 25 ans feront l’expérience du système parlementaire québécois en débattant d’enjeux de société de façon non partisane.

Au cours de cette législature du Parlement Jeunesse du Québec, quatre projets de loi rédigés par des participantes et participants occupant le rôle de ministre seront débattus. Les jeunes parlementaires auront l’opportunité de débattre sans être contraints par une ligne de parti. Cette expérience leur permettra d’exprimer librement leurs opinions et d’apprendre à échanger dans un cadre formel. Parmi les thèmes qui seront abordés par les jeunes parlementaires, il sera question de procréation assistée, de transport durable, de justice algorithmique ainsi que d’un projet portant sur le statut de l’artiste dans la société.

À l’expérience du système parlementaire québécois…

À l’occasion de sa 69e législature, le Parlement jeunesse du Québec est fier d’annoncer que Michèle Audette agira à titre de lieutenante-gouverneure lors de notre simulation. Elle présidera la cérémonie d’assermentation des députées et députés de cette législature et prononcera le discours du trône ainsi que le discours de clôture de la simulation, les 26 et 30 décembre.

À lire aussi : Le Parlement jeunesse lance une campagne de recrutement

Mme Audette est une activiste reconnue pour son travail au sein de l’Association des femmes autochtones du Québec et de l’Association des femmes autochtones du Canada. Elle est actuellement commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Pour un recrutement représentatif de la jeunesse québécoise…

En plus d’être plus que paritaire dans sa composition, le Parlement jeunesse du Québec accueillera pour sa 69e législature environ 35 % de représentants et représentantes de différentes communautés culturelles et autochtones du Québec. Il accueillera aussi de nombreux participants et participantes issus des différentes régions de la province, en plus de recevoir des délégations internationales. Ce travail constant depuis des années pour atteindre une grande représentativité porte ses fruits!

Source : AssNat

À lire aussi : Des étudiants s’installent au Parlement québécois

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#Macron20h, pour mettre fin à la crise des gilets jaunes…

Baba-Idriss FOFANA

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En lien avec la crise des gilets jaunes, l’hashtag #Macron20h est l’un des mots clés les plus populaires et suivis ce lundi 10 décembre 2018 sur le réseau social Twitter. En cause, le chef de l’État français, Emmanuel Macron, a décidé de sortir de son mutisme pour s’adresser à ses concitoyens à 20 h, heure de Paris.

Cette allocution d’Emmanuel Macron qui cristallisait toutes les attentions, dans le monde entier, va-t-elle mettre fin à la crise des gilets jaunes qui secoue la France depuis le 17 novembre dernier? En tout cas, le chef a essayé de faire son mea culpa et bien plus que ça!

Tout en décrétant « l’état d’urgence économique et sociale », le président Macron a annoncé une augmentation du SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) de 100 euros par mois dès 2019, la défiscalisation des heures supplémentaires, et une annulation de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités percevant moins de 2000 euros.

Macron déclare l’état d’urgence économique et social…

La sortie du président français était très attendue par le mouvement des gilets jaunes pour désamorcer la crise. Ces derniers, les gilets jaunes, qui dénoncent leur paupérisation, revendiquent entre autres un SMIC à 1 300 euros, la fin de la hausse des taxes sur le carburant, l’indexation à l’inflation du salaire de tous les Français ainsi que les retraités et les allocations, la baisse du prix du gaz, de l’électricité, la limitation des loyers et l’augmentation de logements à loyers modérés, la création d’emplois pour les chômeurs etc. La liste est longue!

Le déploiement de 89 000 forces de l’ordre, une douzaine de blindés de la gendarmerie, n’ont pas suffi a ramené le calme samedi 8 décembre. Les violences engendrées par les manifestations ont occasionné près de 2 000 interpellations dont 1 700 gardes à vue au quatrième jour de la contestation dans l’ensemble du pays. Et le ministère de l’Intérieur faisait état de 31 000 manifestants, 135 blessés, dont 17 policiers.

M. Macron, issu d’un mouvement politique qui ne se réclame ni de la gauche, ni de la droit, qui a gagné la confiance des Français en mai 2017, a vu devant lui depuis quatre semaines, des gens qui eux aussi ne se réclament ni de la droite, ni de la gauche mais très déterminés dans leur revendication.

Malgré ces “mesures fortes”, il est clair qu’Emmanuel Macron ne sera pas capable de satisfaire à toutes les demandes, les exigences et revendications des uns et des autres. Cependant, ce discours pourrait déboucher sur une sorte de dialogue avec les protestataires et mettre fin à la violence que le président a condamné sans resserve.

En attendant la position officielle du mouvement des gilets jaunes, même si certains d’entre eux estiment que les « gestes » du président sont insuffisants, les commentaires et autres spéculations vont bon train sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter avec l’hashtag #macron20h. 

À lire aussi : Macron, un « jeune bourré » de stéréotypes sur les Africains

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